Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 08:06

On peut lire sur Le Salon Beige un article titré "La pièce de Castellucci : des cathos l'ont vue". Un prêtre, l'abbé Grosjean qui a vu la "pièce de théâtre" "Sur le concept du visage du Fils de Dieu" affirme ne pas avoir "d'intention blasphématoire" dans cette pièce où des excréments sont jetés sur le visage du Christ. Ce prêtre affirme en être sorti "bousculé, marqué"...

 

... Puis Le Salon Beige qui, d'une manière surpenante, semble se désolidariser le lendemain des manifestants ayant protester hier soir contre la "pièce" de Castelluci, poursuit en présentant une "tribune libre" de Myriam Picard pour Nouvelles de France légitimant la "pièce" sans produire aucune contre-analyse. C'est cela qui est surpenant.

 

Dans son texte, Myriam Picard explique :

"J’ai 26 ans, je suis catholique et je sors du Théâtre de la Ville.

J’en sors troublée, infiniment. J’ai pris une claque dans la gueule. Pas une claque de génie, non. Castellucci n’est ni Claudel ni Dostoïevsky. Il se contente de mettre sous nos yeux une scène, une scène infiniment banale et brutale, quotidienne, atrocement classique et sordide : un fils s’occupe de son père qui se souillera trois fois. C’est tout. Le texte ? Rien du tout, un échange basique qu’un adolescent rédigerait aisément. Le seul intérêt de la pièce : le visage du Christ s’y trouve en permanence, interrogation et réponse silencieuse dans ce face à face du vieillard qui se venge sur Dieu de sa déchéance, et de ce Christ qui porte les stigmates, sur son visage, du péché de cet homme. Merde ou crachats, peu importe : le Christ endosse ce désespoir et cette solitude et prévaut du début à la fin de la pièce (...)

A la sortie du théâtre, j’ai discuté avec deux femmes, une athée et une juive agnostique. Les deux étaient troublées, les deux m’ont dit avoir trouvé la pièce profondément chrétienne. Juste avant le spectacle, j’avais interrogé un trentenaire qui m’avouait venir voir la pièce pour la deuxième fois : férocement athée depuis des années, il avait « reçu un choc » une première fois et pris conscience que « le christianisme, en fait, ça a peut-être un sens ». Il voulait vérifier cette impression, courageusement, car elle ébranlait des années de combat forcené contre la foi.

Quant à moi, oui, je l’affirme, cette pièce m’a conduite encore plus au Christ… La froideur terrible de cette scène de théâtre où le mobilier suinte la solitude et la mort, cette froideur bousculée par l’incontinence du père et par l’amour de son fils qui se démène pour le soigner et réconforter, cette froideur dominée par la lumière et la puissance qui se dégage du Christ de Messine m’aura renvoyée à deux choses : l’apparente vacuité de notre vie terrestre – tout particulièrement à notre époque – et le seul sens, la seule question qui peuvent y être opposés : le Christ. Le Berger. My shepherd". (Fin de citation)

 

Note de Christroi. Le raisonnement de l'abbé Grosjean ou celui similaire de Myriam Picard en vient à tout justifier dans l'"art", y compris le blasphème, sous l'argument fallacieux du Christ souffrant (Isaïe 53), présentant les humiliations du Christ "homme de douleur", ses souffrances, Christ portant sur lui nos péchés, nos faiblesses, nos iniquités, nos crimes.

 

L'art qui justifie ainsi tous les blasphèmes tire prétexte de l'humanité du Christ et des faiblesses endossées pour blasphémer le mystère de la Rédemption (Dieu fait homme). 

 

Un commentaire de Polydamas publié sur Nouvelles de France pointe la faiblesse majeure de ce type de raisonnement (celui de l'abbé Grosjean et de Myriam Picard) :

 

"le seul souci avec ce raisonnement, c’est le fait qu’on puisse à peu près tout justifier de cette manière, puisque finalement, rien de ce qui est humain nous est étranger ou étranger au Christ. On peut donc tout salir, et mettre le Christ à toutes les sauces. Or, il faut AUSSI une limite, on ne peut pas tout faire non plus, le blasphème peut être un appel à l’aide, une demande de divinité ou de transcendance, mais il reste aussi un blasphème, on ne peut pas éluder la seconde partie au prétexte de la première." (Fin de citation)

 

Le fait que le Christ ait été flagellé, torturé et crucifié n'est pas assez parlant pour ces chrétiens. Il faut en plus y ajouter des jets d'excréments, des grenades au visage (scène supprimée après coup).

 

En poussant ce type de raisonnement jusqu'au bout, on peut imaginer une pièce de théâtre ou un tableau mettant en scène un Christ sodomisé. Sa souffrance et son humiliation serait-elles assez symboliques et assez parlantes pour ces pauvres catholiques en mal d'inspiration ?

Partager cet article
Repost0

commentaires

D
<br /> "Je bénirai les maisons où l'image de mon Coeur sera exposée ET HONOREE." (Jésus à sainte Marguerite Marie)<br /> <br /> Et aussi : " Qui me voit voit le Père."<br /> <br /> <br />
Répondre

Articles RÉCents

  • Saint Henri II, empereur d'Allemagne (1014-1024)
    Saint Henri, roi d'Allemagne, puis roi d'Italie, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 90-91. Saint Henri II, empereur d'Allemagne (973- 1024). Sixième et dernier empereur du Saint Empire romain germanique de la dynastie...
  • Saints Martyrs de Gorcum
    Les Saints Martyrs de Gorcum sont un groupe de 19 victimes de la Réforme protestante qui ont souffert le martyre pour la foi catholique près de la ville néerlandaise de La Brielle (ou Den Briel), quatre prêtres séculiers, quatorze religieux franciscains...
  • Saint Olivier Plunket, archevêque et martyr (1629-1681)
    Il naquit à l'époque où le gouvernement royal d'Angleterre dépossédait les Irlandais de leurs terres pour les donner aux Anglais protestants qu'il installait dans l'île catholique. Il eut vingt ans au moment où Cromwell noya dans le sang la révolte de...
  • Le journal officiel du Vatican affirme que Satan n'est pas mentionné dans la Genèse… donc, pas de péché originel ?
    Le journal du Vatican vient de remettre en cause l'un des fondements du christianisme : le péché originel. Un article paru dans L'Osservatore Romano le 4 juillet affirme que la Genèse ne mentionne ni Satan ni le péché originel. Cette analyse explique...
  • 11 Martyrs de Damas
    11 Martyrs de Damas, Martyrs franciscains et Frères Massabki Les Martyrs de Damas (+ 1860), constituent un groupe de huit franciscains et de trois laïcs syriens maronites, qui furent massacrés par des syriens druzes, en haine de la foi chrétienne, lors...
  • Saintes Martyres d'Orange († 1794)
    Sous la Révolution française furent arrêtées et rassemblées à la prison d'Orange, cinquante-deux religieuses du Vaucluse et de la région d'Avignon, accusées "d'avoir voulu détruire la République par le fanatisme et la superstition." Ce qu'elles vécurent...
  • Sainte Amandine de Hasselt
    Sainte Amandine de Hasselt, martyre (1872 - 1900) Née en Belgique, Pauline Jeuris se fit sœur Marie-Amandine, franciscaine, et partit en mission en Chine. Sa joie de vivre et sa bonté firent qu'on l'appela la "Vierge européenne qui rit toujours". Elle...
  • Saint Thibaud de Marly, abbé († 1247)
    Saint Thibaut offrant à Saint Louis et Marguerite de Provence un lys à onze branches (1776), Château de Versailles. Né Thibaud de Marly, apparenté aux Montmorency, il reçut une éducation toute militaire, quoique chrétienne. L'enfant manifesta, dès son...
  • Le pape nomme Christian Würtz nouvel évêque d'Eichstätt : il a soutenu les réformes du Chemin synodal
    Le pape a nommé Christian Würtz nouvel évêque d'Eichstätt. Un évêque "en pleine communion", "en règle", qui administre des sacrements "valides". >il a soutenu les réformes du Chemin synodal allemand > il a défendu l'ordination des femmes > le changement...
  • Dom Alcuin Reid, moine bénédictin : l’unité de l’Église mérite que "tout soit mis en œuvre" pour la préserver
    La récente déclaration du Saint-Siège concernant les consécrations épiscopales de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) continue de susciter des réactions au sein de l'Église. Dom Alcuin Reid, moine bénédictin, liturgiste et figure emblématique du mouvement...