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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 07:32

Il n'y a pas qu'en France que les sanctions européennes contre la Russie font des mécontents. "Effet boomerang" de celles-ci, comme le dit Poutine, les sanctions se retournent contre l'Allemagne. Mais l'échec allemand ne s'explique pas que par cet "effet boomerang". La synthèse du communisme et du libéralisme dans la social-démocratie échoue lamentablement à protéger le travailleur (précarisation de l'emploi, néo-esclavagisme) et assurer un avenir au pays (crise démographique) :

 

L'Allemagne en «déclin» : des économistes donnent l'alerte

 

Le Figaro, Mis à jour le 29/09/2014 à 12:51 Publié le 29/09/2014 à 12:31

 

Effondrement des naissances, manque cruel d'investissements, répercussions du conflit entre l'Ukraine et la Russie... Le PIB allemand a été revu à la baisse. Certains économistes parlent ouvertement d'échec, de déclin et même de chute du pays.

 

On est loin de la situation de croissance nulle et d'envolée du déficit de la France. Il n'empêche: après un début d'année prometteur grâce à un hiver exceptionnellement doux qui a favorisé l'activité dans le secteur de la construction, l'économie allemande connaît quelques difficultés. Son PIB a ainsi diminué de 0,2% au cours du deuxième trimestre.

 

Interrogé dimanche par la radio publique Deutschlandfunk, le ministre de l'Économie social-démocrate Sigmar Gabriel a annoncé que la croissance allemande serait plus faible cette année que le 1,8% prévu par le gouvernement. Deux raisons à cela: la première, la lenteur de la croissance de la zone euro. Jusqu'ici, l'Allemagne faisait office d'exception dans une Europe en panne. Force est de constater que le principal moteur de la zone euro semble s'être quelque peu grippé. La chute de l'euro devrait constituer une bonne nouvelle mais les produits «hauts de gamme» allemands sont moins sensibles à l'effet de change que des pays comme la France ou l'Italie. L'impact devrait être donc moindre pour l'Allemagne. «Il n'est pas question de parler d'une quelconque fin de cycle ni même d'ailleurs d'un essoufflement du modèle allemand, relativise Marc Touati, économiste chez ACDEFI. Car de toute évidence le socle de croissance du pays demeure solide. Un effet de correction (pour la croissance, ndlr) était inévitable au deuxième trimestre».

 

En sus de cette correction technique, le ministre allemand avertit sur la crise ukrainienne. Selon lui, elle a porté atteinte au climat des affaires en Allemagne - les chefs d'entreprise du pays n'ont jamais été si pessimistes depuis avril 2013 - en affectant directement les entreprises qui traitent directement avec la Russie. Car Moscou a toujours été un partenaire privilégié de l'Allemagne. Or, dans un contexte où l'Europe s'emploie à sanctionner sévèrement la Russie, les exportations allemandes vers Moscou ont chuté de près de 15% depuis le début de l'année. Conséquence: le commerce extérieur de l'Allemagne a contribué négativement à la croissance du pays. Fait rare.

 

«L'Allemagne se proclame modèle du monde mais l'orgueil précède la chute»

Marcel Fratzscher, économiste allemand

 

Ces déclarations de Sigmar Gabriel coïcindent avec les pensées de l'économiste allemand Marcel Fratzscher, qui publie ce lundi un ouvrage intitulé Die Deutschland illusion (Allemagne, l'illusion) dans lequel il n'hésite pas à parler de pays en «déclin» qui «vit sur ses acquis». Selon lui, la compétitivité retrouvée du pays, la chute du nombre de chômeurs et l'amélioration des comptes publics ne doivent pas occulter ses «faiblesses fondamentales», à savoir «le manque d'investissements» ou encore l'effondrement démographique. «L'Allemagne est en voie de redevenir l'homme malade de l'Europe. L'Allemagne se proclame modèle du monde mais l'orgueil précède la chute», ose-t-il. «L'économie de ce pays est en échec. Sa croissance depuis l'an 2000 est plus faible que la moyenne européenne. Les salaires y ont progressé moins vite, et la pauvreté, en hausse, touche un enfant sur cinq», poursuit-il encore.


Chant du cygne d'une grande nation économique

 

Après de mauvais indicateurs ces derniers mois, Olaf Gersemann, chef du service économique du groupe de médias Welt, voit aussi l'avenir en noir, dans un livre paru lundi dernier «La bulle Allemagne», (»Die Deutschland Blase»). Nous assistons au «chant du cygne d'une grande nation économique», prévient-il, convaincu que le pays profite d'une conjonction de «circonstances très favorables» qui vont «bientôt disparaître», voire s'inverser.

 

Il n'en fallait pas plus également au front «pro-croissance» en Europe, avec en tête Paris et Rome, pour réclamer à l'Allemagne «un soutien plus ferme à la croissance». Ce qui a fait sortir de ses gonds la chancelière allemande, Angela Merkel et creusé le fossé entre Berlin et les pays du sud. «Si la zone euro a besoin de l'Allemagne, l'inverse n'est en revanche pas si évident, rappelle Marc Touati. Afin d'éviter le scénario du pire - une sortie de l'Allemagne de la zone euro -, l'Europe doit se réveiller et comprendre que l'Allemagne n'est pas un ennemi mais un modèle à suivre».

 

Source: http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/09/29/20002-20140929ARTFIG00137-l-allemagne-en-declin-des-economistes-donnent-l-alerte.php

 

Pour connaître "le modèle à suivre", il suffit de savoir qu'en Allemagne, les allemands sont payés au lance-pierre, le salaire minimum n'existe pas. Et c'est ce modèle qu'a loué François Hollande en visite en Allemagne pour le 150e anniversaire du SPD (Parti social-démocrate), à Leipzig le 23 mai. Il a fait l'éloge des réformes de Gerhard Schröder, l'"homme de gauche" social-démocrate. Les "réformes Schröder" (du nom d'"Agenda 2010") louées par Hollande, avaient pour "objectif de 'faire un choc de compétitivité'" par une remise à plat du 'marché du travail', se conjuguant par des mesures intéressantes pour les patrons comme la 'baisse du coût du travail', la 'baisse de l'impôt sur les sociétés'. Mais ce qu'on dit moins ce sont les inconvénients pour les travailleurs : 'licenciements facilités', 'durcissement de l'assurance chômage', établissement des 'mini-jobs', bref précarisation des gens à tous les étages... Elu chancelier en 1998 à la tête de la première coalition rouge-verte aux élections législatives fédérales, Gerhard Schröder n'a rien fait durant son premier mandat à part libéraliser les procédures de naturalisation..., avant dans le second de faire une politique libérale avec la mise en place de l'"agenda 2010", un paquet de réformes libérales qui ont provoqué une hausse du chômage et entraîné l'échec de Schröder aux élections de 2005 qui vit l'arrivée au pouvoir d'Angela Merkel, ancienne adhérente de Jeunesse "libre" allemande (Freie Deutsche Jugend), mouvement de jeunesse marxiste-léniniste officiel des 14-25 ans... rallié à l'économie de marché après la chute du mur de Berlin. Le modèle à suivre est une synthèse du communisme (ou ce qu'il en reste : étatisme,  économie dirigée) et du libéralisme dans ce qu'il a de plus odieux (exploitation et précarisation des gens) pour donner au final, ce qui est comme leur marque de fabrique aux deux, la grande société moderne d'esclavagisation chère aux Illuminés...

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