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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 18:42
Lettre sur le Sillon "Notre Charge apostolique", de saint Pie X, condamnant le libéralisme (texte complet).
 
Présentation par Arnaud de Lassus de l'A.F.S. (Action Familiale Scolaire) :
 
Le 25 août 1910, en la fête de saint Louis, le pape saint Pie X adressait à l'épiscopat français la lettre « Notre charge apostolique » sur le Sillon. Évènement qui joua un rôle décisif pour la France en ces années précédant la guerre de 1914 et qui risque d'être oublié. Ne commettons pas le même oubli.
Le mouvement du Sillon fut lancé à la fin des années 1890 par Paul Renaudin, Etienne Isabelle et Marc Sangnier (1873-1950) qui en fut le principal protagoniste. Constitué par un groupe de jeunes démocrates travaillant les questions sociales et politiques dans l'esprit du Ralliement, il apparut, dans ses débuts, « comme la traduction exacte, sur le terrain, de la volonté de Léon XIII » et bénéficia, de ce fait, de l'approbation de l'épiscopat.
Très vite, il afficha l'idée-clef du libéralisme catholique : marier l'Église et la Révolution et défendit le régime politique correspondant appelé démocratie chrétienne (basé sur la théorie de la souveraineté populaire). Hostile à toute idée de hiérarchie, il fut partisan d'un égalitarisme très poussé. Il « prêcha un humanisme mystico-socialiste » et défendit le régime politique correspondant appelé démocratie chrétienne (basé sur la théorie de la souveraineté populaire). Hostile à toute idée de hiérarchie, il fut partisan d'un égalitarisme très poussé. Il « prêcha un humanisme mystico-socialiste », il connut un assez grand succès dans les années 1900-1910.

Le caractère dangereux du Sillon fut mis en évidence par Charles Maurras (livre Le dilemme de Marc Sangnier, édité en 1906) et par l'abbé Emmanuel Barbier (livres Les idées du Sillon, édité en 1905 et Les erreurs du Sillon - Histoire documentaire, édité en 1906).

 

  • La réaction de saint Pie X

Par un Motu Proprio en date du 18 décembre 1903, saint Pie X avait donné, un « règlement fondamental de l'action populaire chrétienne », sur lequel le Sillon essaya de faire silence.

 

C'est la précision même et l'ordonnance trop claire du Motu proprio qui gênait le Sillon. La différence, l'opposition devenait trop manifestes entre ses tendances et les règles formulées au nom de l'Église.

 

Voici le premier article de ce Motu Proprio qui s'oppose directement à l'égalitarisme contre nature voulu par le Sillon.

I. - La société humaine, telle que Dieu l'a établie, est composée d'éléments inégaux, de même que sont inégaux les membres du corps humain ; les rendre tous égaux est impossible et ce serait la destruction de la société elle-même. (Enc. Quod apostolici muneris.)

Par la suite, saint Pie X indique que ces éléments inégaux de la société humaine (chefs d'État et sujets, patrons et ouvriers, riches et pauvres...) tous unis par un lien d'amour, doivent s'aider réciproquement à atteindre leur fin dernière dans le ciel, et, sur la terre, leur bien-être matériel et moral. (Enc. Quod apostolici muneris.)

Ayant rappelé les règles à suivre, voyant que le Sillon n'en tenait aucun compte, saint Pie X se décida à agir directement par la lettre à l'épiscopat français « Notre charge apostolique » du 25 août 1910.

 

  • Quelques extraits de la lettre « Notre charge apostolique »

Rien ne vaut le texte de saint Pie X pour bien comprendre ce qu'était le Sillon. Nous en donnons ici quelques extraits :

 

- L'objet de la lettre: les théories du Sillon, qui manquent de clarté, de logique et de vérité

Notre charge apostolique nous fait un devoir de veiller à la pureté de la foi et à l'intégrité de la discipline catholique, de préserver les fidèles des dangers de l'erreur et du mal, surtout quand l'erreur et le mal leur sont présentés dans un langage entraînant, qui, voilant le vague des idées et l'équivoque des expressions sous l'ardeur du sentiment et la sonorité des mots, peut enflammer les cœurs pour des causes séduisantes, mais funestes. Telles ont été naguère les doctrines des prétendus philosophes du XVIIIe siècle, celles de la Révolution et du libéralisme tant de fois condamnées ; telles sont encore aujourd'hui les théories du Sillon, qui, sous leurs apparences brillantes et généreuses, manquent trop souvent de clarté, de logique et de vérité, et, sous ce rapport, ne relèvent pas du génie catholique et français.

-   Le refus des principes essentiels de la société

Ils repoussent la doctrine rappelée par Léon XIII sur les principes essentiels de la société, placent l'autorité dans le peuple ou la suppriment à peu près et prennent comme idéal à réaliser le nivellement des classes.

- L'égalité silloniste et la triple émancipation proposée (politique, économique et intellectuelle)

Le Sillon a le noble souci de la dignité humaine. Mais cette dignité, il la comprend à la manière de certains philosophes dont l'Église est loin d'avoir à se louer. Le premier élément de cette dignité est la liberté, entendue en ce sens que, sauf en matière de religion, chaque homme est autonome. De ce principe fondamental il tire les conclusions suivantes : aujourd'hui, le peuple est en tutelle sous une autorité distincte de lui, il doit s'en affranchir : émancipation politique. Il est sous la dépendance de patrons qui, détenant ses instruments de travail, l'exploitent, l'oppriment et l'abaissent; il doit secouer leur joug : émancipation économique. Il est dominé enfin par une caste appelée dirigeante, à qui son développement intellectuel assure une prépondérance indue dans la direction des affaires ; il doit se soustraire à sa domination : émancipation intellectuelle. Le nivellement des conditions à ce triple point de vue établira parmi les hommes l'égalité, et cette égalité est la vraie justice humaine. Une organisation politique et sociale fondée sur cette double base, la liberté et l'égalité (auxquelles viendra bientôt s'ajouter la fraternité), voilà ce qu'ils appellent démocratie.

- L'erreur de la souveraineté populaire

C'est l'erreur fondamentale de la démocratie chrétienne.

Le Sillon place primordialement l'autorité publique dans le peuple, de qui elle dérive ensuite aux gouvernants, de telle façon cependant qu'elle continue à résider en lui. Or, Léon XIII a formellement condamné cette doctrine dans son Encyclique Diuturnum Illud (...)

Tout contraire est le sentiment des catholiques, qui font dériver le droit de commander de Dieu, comme de son principe naturel et nécessaire.

Sans doute le Sillon fait descendre de Dieu cette autorité qu'il place d'abord dans le peuple, mais de telle sorte qu' « elle remonte d'en bas pour aller en haut, tandis que, dans l'organisation de l'Église, le pouvoir descend d'en haut pour aller en bas ».

 

Mais, outre qu'il est anormal que la délégation monte, puisqu'il est de sa nature de descendre, Léon XIII a réfuté par avance cette tentative de conciliation de la doctrine catholique avec l'erreur du philosophisme. Car il poursuit : « Il importe de le remarquer ici : ceux qui président au gouvernement de la chose publique peuvent bien, en certains cas, être élus par la volonté et le jugement de la multitude, sans répugnance ni opposition avec la doctrine catholique. Mais si ce choix désigne le gouvernant, il ne lui confère pas l'autorité de gouverner, il ne délègue pas le pouvoir, il désigne la personne qui en sera investie ».

 

Suite : Action familiale et scolaire

 

- Benoît XVI dénonce le relativisme éthique de la démocratie

- Benoît XVI fait l'éloge de Saint Pie X

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commentaires

D


Le "SI...LLON" ? Les "SI...LLONISTES" ? Un jeu de mots qui cache un but planétaire anti-catholique, sûrement. D'ailleurs saint Pie X n'y fait-il pas lui-même une allusion dans le corps du texte ?


 



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