La situation sociale des personnes les plus vulnérables s’est « dégradée », selon le 6e rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale.
Le taux de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté (soit moins de 60 % du revenu médian, soit 908 € par mois) n’a guère évolué. Il est passé de 13,6 % à 13,4 % de la population entre 1998 et 2007, ce qui représente plus de huit millions de personnes en 2007 (plus d’une personne sur huit).
« Parmi les personnes pauvres, la situation des plus pauvres s’est donc sensiblement dégradée », s’alarme l’ONPES. « La dégradation du marché du travail, en touchant les personnes qui étaient déjà les plus vulnérables, engendre un risque d’irréversibilité du chômage et de la pauvreté », s’est inquiétée Agnès de Fleurieu, présidente de l’ONPES. Un million de chômeurs vont se retrouver en fin de droits en 2010, a-t-elle rappelé, en présentant le rapport aux côtés du secrétaire d’État chargé du Logement Benoist Apparu et du Haut commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch.
Si les statistiques disponibles sur la pauvreté ne donnent pas encore de données précises sur les effets de la crise, l’ONPES note que les associations sont « particulièrement préoccupées par l’augmentation des demandes d’aide alimentaire et financière enregistrée depuis l’automne 2008 ». Un « système de veille sociale » mis en place en 2009 fait apparaître un recours plus important des jeunes et des personnes âgées aux aides sociales.
Phénomène déjà souligné il y a deux ans, la pauvreté touche également les personnes employées. Les travailleurs pauvres étaient 1,9 million en 2007, soit 6,7 % des salariés. En 2005, ils étaient déjà 1,7 million (7 % des travailleurs).
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