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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:35

Étienne Chouard - conférence sur la création... par culture-libre
 
Sur la violence de l'"Assemblée populaire" qui peut "commettre les pires injustices et commettre des abus de pouvoir", c'est très bien vu de la part d'Etienne Chouard. La violence et le dogmatisme sont en effet comme une seconde nature du progressisme révolutionnaire et de son sens de l'histoire. Cet aspect trop peu connu de la Révolution dite "française" a bien été analysé par Patrice Gueniffey dans son ouvrage "Histoires de la Révolution et de l'Empire" (Perrin, Collection Tempus, Paris 2011), qui s'il n'emploie pas le mot de dogmatisme au sujet des révolutionnaires décrit la même réalité :
 
"Le conflit révolutionnaire s'apparente ainsi aux conflits religieux dont l'enjeu - une conception du salut - est si absolu qu'il n'est pas négociable et que le combat ne peut finir qu'avec la destruction totale des adversaires en présence" (P. Gueniffey, ibid., p . 167). L'adage illuministe d'Adam Weishaupt "La fin sanctifie les moyens" : la fin (liberté, égalité, etc.) justifie les pires massacres (crimes de guerres, génocides, etc.) Cette justification de la violence révolutionnaire est à la base de tous les totalitarismes et comme une seconde nature du mythe démocratique et révolutionnaire. P. Gueniffey poursuit : "La 'révolution'... offre une promesse vague de liberté et de bonheur qui ouvre un espace sans limites aux spéculations. ... Là réside le moteur de l'hubris révolutionnaire qui, d'outrance en surenchère dans la définition des buts et dans le choix des moyens, conduit inexorablement à la violence à travers une dynamique de radicalisation cumulative du discours. ... La surrenchère est nécessairement la règle, et la violence un aboutissement inéluctable" (P. Gueniffey, ibid., p. 186-187.)
 
Lorsque Etienne Chouard évoque le tirage au sort comme alternative à l'"élection", il est proche de la doctrine classique et contre-révolutionnaire de l'origine du pouvoir : la monarchie en effet "est héréditaire, ce qui est la meilleure transmission puisqu'elle vient de Dieu, alors que tous les autres systèmes ne reposent que sur la sagesse humaine. (N'est-il pas curieux de voir que, pour des raisons analogues, les Athéniens démocrates, tiraient leurs fonctionnaires au sort ?)" (B. Faÿ, Louis XVI ou la fin d'un monde, 1955, réed. La Table ronde, Paris 1981, p. 35.) Pour préférer l'hérédité monarchique à l'"élection", on pourrait encore mettre en avant l'argument de la paix favorisée par une dévolution paisible du pouvoir, l'argument économique, les élections soit-disant "démocratiques" coûtent une fortune, etc.
 
Etienne Chouard dénonce une réalité de plus en plus connue du grand public, ce qu'il nomme "la causes des causes". "Des gens très riches, dit-il, qui ont le pouvoir, parce qu'ils ont réussi à acheter l'élection, ils ont acheté les 'élus' grâce à la campagne électorale". Encore bien vu de la part d'Etienne Chouard qui ne fait que dire ce que tous les contre-révolutionnaires ont dit depuis deux siècles : "1789: Une artistocratie en chasse une autre, naissance de la bourgeoisie d'affaires et de l'Argent-Roi, la ploutocratie"...
 
L'erreur d'Etienne Chouard
 
A partir de 52:14, Etienne Chouard suggère deux choses, que d'une part la destruction de la nation française et le vol de la nation et de l'Etat seraient réalisés par les descendants des privilégiés de l'Ancien Régime et que d'autre part nous assisterions en fait à une "contre-révolution". S'il est exact que de nombreux privilégiés d'Ancien Régime préparèrent la "Révolution" de 1789 (dont les parlementaires, et à la tête de la franc-maçonnerie, le Grand maître du grand Orient de France de l'époque, le duc d'Orléans), - ce que ne dit d'ailleurs pas Chouard - il n'est pas vrai que les actuels mondialistes soient des contre-révolutionnaires issus de l'école catholique et contre-révolutionnaire ! Chouard fait là une grossière erreur, il n'a apparemment pas compris que la Révolution dite française de 1789 n'a jamais été qu'une entreprise de déstabilisation fomentée par l'Angleterre contre la France, un coup d'Etat financé par... les banques.
 
"La Contre-Révolution ne doit pas être une révolution contraire mais le contraire de la Révolution" (Joseph de Maistre, Considérations sur la France. Suivi de: Essai sur le principe générateur des constitutions politiques, préface de P. Manent, Complexe, Bruxelles 1988, p. 166).
 
Contrairement aux principes révolutionnaires et illuministes issus de Machiavel et Adam Weishaupt, pour un catholique et un contre-révolutionnaire, la fin ne justifie pas les moyens.
Comment la Révolution a-t-elle toujours avancé ? La Révolution a avancé en sanctifiant ses crimes. 
Brissot de WarvilleLa révolution dans l'histoire a toujours prospéré sur le chaos qu'elle avait elle-même créé, puis jutifié au nom de la "liberté" : génocide vendéen 1793-94, guerre européenne de 1792-1815 déclenchée par les ultras de la Révolution (lire sur ce sujet les développements de Patrice Gueniffey dans son ouvrage Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, pages 176, 227 et 670, au sujet des Brissotins ou "Girondins" qui entraînèrent l'Assemblée dans une politique de surenchère tous azimuts, dont la guerre contre l'Autriche, en vertu de principes idéologiques et de calculs partisans. Les Girondins avaient voulu en déclarant la guerre à l'Autriche, porter un coup fatal à la monarchie, en se réjouissant par avance de la défaite militaire de la France, qui établirait enfin la preuve de la "trahison du roi"... Cette guerre allait embraser l'Europe. Brissot de Warville était franc-maçon, l'agent du duc d'Orléans. Source: Bernard Faÿ, qui dans son ouvrage La Grande révolution 1715-1815, explique: (Brissot) voulait "lancer une grande campagne en faveur de la guerre. Il rêvait d'une croisade contre tous les rois de l'Europe, qui eût permis de républicaniser la France et le continent. Pour y parvenir, il souhait un conflit avec l'Empereur". B. Faÿ, ibid., Paris 1959, p. 68, 135, 330, 332, 334); famine et génocide en Ukraine dans les années 30, nouvelle guerre civile européenne en 1914, 1939,... guerres actuelles atlantistes incessantes, massacres, crimes de masses, etc. Le tout sur la base du principe révolutionnaire et illuministe "la fin sanctifie les moyens" d'Adam Weishaupt. Rien de catholique là-dedans !
 
Aujourd'hui, contrairement à ce qu'avance d'une manière erronée Etienne Chouard, nous n'assistons donc pas à une "Contre-révolution" mais à la consécration de la Révolution et de ses principes (la fin justifie les moyens...) et la réalisation de la "République universelle" des francs-maçons dont le plan avait été établi et défini dès 1776 par le fondateur des Illuminés de Bavière, Adam Weishaupt, via guerres et chaos orchestrés au plan mondial. Il ne faut donc pas tout mélanger, il ne faut pas obscurcir ce qui reste très simple à comprendre. Il ne faut pas intervertir le sens des mots !
Plutôt qu'à une "Contre-Révolution", nous assisterions donc tout au plus à un complot dans le complot destiné à renverser les idéalistes et autres doux rêveurs qui jusqu'ici n'ont joué que le rôle de supplétifs, de fourriers et d'idiots-utiles de la "Révolution".
 
En 1789, la même technique a été employée. Patrice Gueniffey le dit très clairement : "Longtemps ils passèrent inaperçus. On commença à parler de l'existence d'une faction républicaine vers le printemps de 1790, au moment d'ailleurs où le roi finissait dépouillé de toute prérogative caractéristique de la souveraineté"... (P. Gueniffey, ibid., p. 89) On assistait à un coup d'Etat dans le Coup d'Etat.
 
C'est exactement ce à quoi nous assistons. Mais aucun "contre-révolutionnaire" là-dedans. Que des élites maçonniques qui justifient le vol, le pillage des Etats-nations et les guerres au nom de la "Liberté" et du "progrès de l'Humanité".
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