"Aucune réforme ne peut se concevoir sans consultation, sans association" a déclaré Christiane Taubira au congrès de l'Union syndical des magistrats, vendredi 15 novembre. Elle devrait dire ça aux gens qui ont signé les 700000 pétitions contre la loi sur le "mariage" homosexuel mises à la poubelle..., ainsi qu'aux centaines de milliers de personnes incroyablement ignorées qui se sont déplacées aux cinq manifestations de la "Manif pour tous" du 17 novembre 2012 au 26 mai 2013 (manif nationale le 17 novembre 2012, régionales le 8 décembre 2012, nationale le 13 janvier, nationale le 24 mars, nationale le 26 mai), pour dire "non au mariage homosexuel".
Les magistrats à Taubira : "Nous sommes déçus"
Lors de son congrès annuel, l'USM (Union syndicale des magistrats) n'a pas ménagé ses critiques vis-à-vis de la garde des Sceaux. Qui lui a répondu sur le même ton.
Pas de standing ovation, cette fois, après le discours de la ministre de la Justice au congrès de l'USM (Union syndicale des magistrats), majoritaire (68,4%) chez les 8.200 magistrats de France. Un an après l'accueil "chaleureux" réservé à la garde des Sceaux lors du dernier congrès à Colmar, les magistrats n'ont pas fait preuve, vendredi 15 novembre au palais de Justice de Paris, du même enthousiasme. C'est peu de le dire. "L'année qui vient de s'écouler, au-delà des paroles publiques souvent apaisantes, est clairement celle des désillusions quant aux actes", a attaqué d'emblée le président de l'USM, Christophe Régnard, devant une 1ère chambre civile de la cour d'appel de Paris bondée. "Objectivement, que garderons-nous des douze derniers mois ?" a-t-il lancé, costume sombre et cravate grise. "Une réforme de société emblématique, celle du mariage pour tous (...). Quelques circulaires en matière pénale. Une réforme symbolique et a minima des relations entre le ministère et les parquets. Et la création d'innombrables et parfois redondants groupes de travail, missions et commissions. Voilà un bilan sommaire et finalement, pour l'instant, plutôt limité de votre action place Vendôme". Le ton est donné. Et le discours sans détour : "La réalité est que, dix-huit mois après votre arrivée place Vendôme, nous sommes déçus".
"A vous écouter, j'avais le cœur serré en me disant que le ministère de la Justice n'avait jamais connu de garde des Sceaux aussi hostile à la magistrature", lui a ensuite calmement répondu la ministre de la Justice, veste noire et écharpe colorée. Dans un long discours de plus d'une heure articulé autour de la parole –l'intitulé du congrès, "Paroles", est selon l'USM un "clin d'œil" à ses "beaux discours"- Christiane Taubira a réaffirmé que la sienne se voulait "claire, forte, constante, sans ambiguïté, sans calcul ni stratégie et sans hésitation", qu'elle soit prononcée en public ou en réunion de travail.
"Je consens des désaccords, des divergences" a-t-elle ajouté, énumérant les différentes actions menées par son ministère et défendant son engagement. "Vous avez passé en revue l'action que nous avons menée de manière subjective", a-t-elle aussi rétorqué, accusant l'USM de partialité. Quant au dialogue social, elle a assuré être "convaincue" de son caractère "essentiel", et du fait "qu'aucune réforme ne peut se concevoir sans consultation, sans association". "Je reconnais que la situation doit être améliorée", a-t-elle aussi admis, s'efforçant de conclure positivement : "Si vous le souhaitez, nous allons lever les malentendus, je suis prête." Applaudissements, certes, mais pas de standing ovation.
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