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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 09:13

Individualisme, consumérisme, chacun-pour-soi, satisfaction des pulsions, le temps des désillusions s'accélère. Dans un entretien au Monde du 28.09.2011, la féministe soixante-huitarde Elisabeth Badinter tombe des nues, réalise soudainement le gouffre ouvert sous ses pieds par la génération d'apprentis sorciers à laquelle elle appartient, et découvre que la société qu'elle a contribué à construire n'est finalement qu'une "forme de barbarie" !

 

Pour la philosophe Élisabeth Badinter, la fin des grandes idéologies du XXe siècle a fait place à un désarroi, à un vide de sens qu’il s’agit de combler (NdCR. mais de combler par quoi ?) "pour contrer le retour en force du religieux et la tentation du fondamentalisme et ainsi défendre la laïcité française". 

 "Nous assistons, dit-elle ... à un formidable retour en force du religieux depuis une vingtaine d’années, tant dans le judaïsme que dans l’islam.

Par exemple, depuis les années 1990, s’impose l’idée qu’un bon Juif doit absolument manger casher et les kippas jadis réservées au moment des prières se répandent de plus en plus dans l’espace public, au cas où l’on prononcerait le nom de Dieu chez son épicier !" (NdCR. Ce qu'Elisabeth Badinter n'a pas encore compris, - ou bien feint-elle de ne pas le comprendre ? - c'est qu'on ne lutte pas contre une religion quelle qu'elle soit, par le vide de la soit-disant "laïcité" maçonnique...).

 

"Nous vivons, en parallèle à la fin des idéologies, une révolution technologique qui bouleverse nos rapports humains, notre façon d’accéder au savoir, les relations entre les individus, mais aussi une révolution des mœurs inouïe… Observez la pauvreté de notre pensée, au niveau mondial. Elle est sans génie. Notre littérature est pauvre et je suis frappée de voir à quel point ma génération post-soixante-huitarde est d’une médiocrité philosophique incroyable par rapport à celle de nos maîtres.

Mon regard d’historienne m’aide à prendre du recul : il existe de nombreuses périodes, dans l’histoire, de désert de talent et de pensée. Cela peut durer un demi-siècle ou plus. Le désarroi actuel est si profond que la tentation du retour à la pureté initiale, au fondamentalisme, est grande. Cette tentation de nous dire : « Nous nous sommes trompés, nous avons fait fausse route en nous fourvoyant dans le consumérisme, dans un monde d’artifices. Revenons aux éternels fondamentaux : Dieu et/ou la nature qui ne nous trompent pas… »

L’individualisme extrême, qui est trop souvent le nôtre, m’inquiète. Nous sommes passés en l’espace de quarante ans - soit de manière très brutale - d’un modèle à un autre, avec les excès que cela comporte. Je ne sens plus bien la volonté de vivre ensemble. Nous sommes vraiment dans le « chacun-pour-soi ». En conséquence, nous assistons à un mépris de la loi collective et démocratique qui me bouleverse. La pulsion est devenue toute-puissante comme un effet pervers de la reconnaissance très positive des désirs de l’individu. Aucune société ne peut survivre sans le respect de la loi. Cela renvoie à une forme de barbarie."

 

Fermez le ban. Bienvenue dans le réel ! Et bienvenue dans le camp des réacs Madame Badinter ! Cela fait deux siècles que les contre-révolutionnaires (Rivarol) avaient parlé des "droits de l'homme" (sans Dieu) comme un retour à la barbarie... Comme quoi il n'est jamais trop tard pour reconnaître qu'on s'est trompé. Au suivant !

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