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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 07:22

Au moment où des jeunes femmes protestent contre le mariage dit pour "tous" (en réalité contre les droits des enfants et donc de la majorité...) avec des bonnets phrygiens, revenons sur quelques éléments historiques de ce symbole de la tyrannie révolutionnaire.

En 1836, François-René de Chateaubriand publie un Abrégé de l'Histoire de France, détaché textuellement des études historiques, au sein duquel il livre le décompte des victimes du Tribunal Révolutionnaire :

 

« Le premier n° du Bulletin des lois contient le décret qui institue le tribunal révolutionnaire : on maintient ce décret à la tête de ce recueil, non pas, je suppose, pour en faire usage en temps et lieu, mais comme une inscription redoutable gravée au fronton du Temple des lois, pour épouvanter le législateur et lui inspirer l'horreur de l'injustice. Ce décret prononce que la seule peine portée par le tribunal révolutionnaire est la peine de mort. L'article 9 autorise tout citoyen à saisir et à conduire devant les magistrats, les conspirateurs et les contre-révolutionnaires ; l'art. 13 dispense de la preuve testimoniale ; et l'art. 16 prive de défenseur les conspirateurs. Ce tribunal était sans appel.

 

 

 

« Voilà d'abord la grande base sur laquelle il nous faut asseoir notre admiration : honneur à l'équité révolutionnaire ! honneur à la justice de la caverne ! Maintenant, compulsons les actes émanés de cette justice. Le Républicain Prudhomme, qui ne haïssait pas la Révolution et qui a écrit lorsque le sang était tout chaud, nous a laissé six volumes de détails. Deux de ces six volumes sont consacrés à un dictionnaire où chaque criminel se trouve inscrit à sa lettre alphabétique, avec son nom, prénoms, âge, lieu de naissance, qualité, domicile, profession, date et motif de la condamnation, jour et lieu de l'exécution.

 

« On y trouve parmi les guillotinés 18 613 victimes ainsi réparties :

Ci-devant nobles : 1 278

Femmes, idem : 780

Femmes de laboureurs et d'artisans : 1 467

Religieuses : 350

Prêtres : 1 135

Hommes non nobles de divers états : 13 633

TOTAL : 18 613

 

Ainsi, la proportion de guillotinés non nobles, non prêtres et non religieux, hommes et femmes compris, c'est-à-dire la proportion de guillotinés appartenant au Tiers-Etat (13 633 + 1 467 = 15 100) sur les 18613 victimes s'élève à  81%

 

Chateaubriand dénombre ensuite les victimes de la Terreur :

 

« Femmes mortes par suite de couches prématurées : 3 400

Femmes enceintes et en couches : 348

Femmes tuées dans la Vendée : 15 000

Enfants tués dans la Vendée : 22 000

Morts dans la Vendée : 900 000

Victimes sous le proconsulat de Carrier, à Nantes : 32 000, dont 500 enfants fusillés, 1500 enfants noyés, 264 femmes fusillées, 500 femmes noyées, 300 prêtres fusillés, 460 prêtres noyés, 1400 nobles noyés, 5300 artisans noyés

Victimes à Lyon : 31 000

 

« Dans ces nombres, ne sont pas compris les massacrés à Versailles, aux Carmes, à l'Abbaye, à la glacière d'Avignon, les fusillés de Toulon et de Marseille après les sièges de ces villes, et les égorgés de la petite ville provençale de Bédom, dont la population périt tout entière.

 

« Pour l'exécution de la loi des suspects, du 21 septembre 1793, plus de cinquante mille comités révolutionnaires furent installés sur la surface de la France. D'après les calculs du conventionnel Cambon, ils coûtaient annuellement cinq cent quatre-vingt-onze millions (assignats). Chaque membre de ces comités recevait trois francs par jour, et ils étaient cinq cent quarante mille ; c'étaient cinq cent quarante mille accusateurs, ayant droit de désigner à la mort. A Paris, seulement, on comptait soixante comités révolutionnaires ; chacun d'eux avait sa prison pour la détention des suspects. »

 

Plus loin Chateaubriand ajoute : « Des femmes ! Mais savez-vous que dans aucun pays, dans aucun temps, chez aucune nation de la terre, dans aucune proscription politique, les femmes n'ont été livrées au bourreau, si ce n'est quelques têtes isolées à Rome sous les empereurs, en Angleterre sous Henri VIII, la reine Marie et Jacques II ? La Terreur a seule donné au monde le lâche et impitoyable spectacle de l'assassinat juridique des femmes et des enfants en masse. »

 

Hugo Brémont


Source : http://www.democratie-royale.org/article-81-des-victimes-du-tribunal-revolutionnaire-sont-issues-du-tiers-etat-78702406.html

 

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