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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 08:02

Mis à jour, le 17/01/2019

Bible selon la Vulgate de Saint Jérôme. Editeur: DFT (EDITIONS). Traduite en français, avec des notes par l'Abbé Glaire (mort en 1879). Introduction, notes complémentaires et appendices par F. Vigouroux. Seule approuvée après examen fait à Rome par la Sacrée Congrégation de l´Index. Edition 1902.

Bible selon la Vulgate de Saint Jérôme. Editeur: DFT (EDITIONS). Traduite en français, avec des notes par l'Abbé Glaire (mort en 1879). Introduction, notes complémentaires et appendices par F. Vigouroux. Seule approuvée après examen fait à Rome par la Sacrée Congrégation de l´Index. Edition 1902.

Le succès du christianisme entraîna une réaction hostile des pharisiens et une polarisation. Après la révolte nationaliste juive en Palestine tous les Juifs présents en Palestine furent exterminés par les armées de Titus, empereur romain (79-81). Ceci fit aussi disparaître les membres des courants nationalistes juifs (y compris ceux ce la diaspora montés prêter main forte en Palestine). Cela laissa alors le champ libre aux extrémistes religieux et ce furent donc les pharisiens qui prirent le dessus sur la communauté juive. Ils redéfinirent de manière étroite les concepts de «judaïsme» et de «juif», de manière à exclure les chrétiens. Ils mirent par écrit au cours des siècles leur tradition orale (dénoncée par Jésus dans l'évangile de Saint Marc), donnant naissance au Talmud, le "Nouveau Testament" des juifs. Ils modifièrent l'Ancien Testament dans un sens anti-chrétien. Par exemple la «vierge» dans la prophétie d'Isaie 7,14 est transformée en «jeune fille». [1] Ces falsifications, les Juifs et les gnostiques commencèrent à les faire au IIe siècle après J.-C., si l'on en croit le témoignage de saint Irénée dans son ouvrage Contre les hérésies

 

« Une altération juive de la prophétie de l'Emmanuel

 

Dieu s'est donc fait homme, et le Seigneur lui-même nous a sauvés en nous donnant lui-même le signe de la Vierge. On ne saurait dès lors donner raison à certains, qui osent maintenant traduire ainsi l'Écriture : « Voici que la jeune femme concevra et enfantera un fils. » Ainsi traduisent en effet Théodotion d'Éphèse et Aquila du Pont, tous les deux prosélytes juifs. Ils sont suivis par les Ébionites, qui disent Jésus né de Joseph, détruisant ainsi autant qu'il est en eux cette grande « économie » de Dieu et réduisant à néant le témoignage des prophètes, qui fut l'œuvre de Dieu. Il s'agit en effet d'une prophétie qui fut faite avant la déportation du peuple à Babylone, c'est-à-dire avant l'hégémonie des Mèdes et des Perses ; cette prophétie fut ensuite traduite en grec par les Juifs eux-mêmes longtemps avant la venue de notre Seigneur, en sorte que personne ne puisse les soupçonner d'avoir traduit comme ils l'ont fait dans l'éventuelle pensée de nous faire plaisir : car, s'ils avaient su que nous existerions un jour et que nous utiliserions les témoignages tirés des Ecritures, ils n'auraient certes pas hésité à brûler de leurs mains leurs propres Écritures, elles qui déclarent ouvertement que toutes les autres nations auront part à la vie et qui montrent que ceux-là mêmes qui se vantent d'être la maison de Jacob et le peuple d'Israël sont déchus de l'héritage de la grâce de Dieu.

 

« […] Ceux qui changent le texte d'Isaïe pour lire : "Voici que la jeune femme concevra en son sein" et qui veulent que l'enfant en question soit le fils de Joseph, qu'ils changent donc le texte de la promesse qui se lit en David, là où Dieu lui promettait de susciter « du fruit de son sein » une "Corne" (Psaumes 131, 17) qui ne serait autre que le Christ Roi ! Mais ils n'ont pas compris ce texte, sans quoi ils auraient eu l'audace de le changer lui aussi. »

(S. Irénée de Lyon, Adversus Haereses, Contre les Hérésies, Livre III, 2e partie, 2. L'ouvrage Contre les hérésies a été écrit vers 180 ap. J.-C. par S. Irénée, disciple de S. Polycarpe qui fut lui-même disciple de S. Jean l'Évangéliste.


La découverte des rouleaux de la Mer Morte a permis de montrer que l'Ancien Testament grec (la version des Septantes, IIIe s. av. J-C.), utilisé par les chrétiens des premiers siècles et par l'Église orthodoxe grecque est plus proche du texte original, et que la version massorétique (Ancien Testament en hébreu datant de l'an 1000 environ) a été volontairement «retouché». Source

Ainsi, alors que le texte massorétique du Psaume XXI (Hébr. 22), 17 s'exprime en ces termes: "Comme un lion mes mains et mes pieds", les Manuscrits de la Mer Morte reviennent à l'original: "Ils ont percé mes mains et mes pieds" (préservé dans la Version des LXX = Septante), dont l'application à la crucifixion du Fils de Dieu est évidente... [2]

La préface à l'édition de la Vulgate précise que "l'oeuvre de Saint Jérôme aboutit à une nouvelle traduction latine de la Bible : la Vulgate, ainsi appelée parce que d'usage général ou "vulgaire". Saint Jérôme avait à sa disposition les manuscrits hébreux les plus anciens et de précieux documents qui ont disparu depuis, et qui n'avaient pas été altérés par les falsifications introduites par les Juifs qui voulaient gommer ou atténuer les prophéties qui les condamnaient clairement. ... Aucun des manuscrits que nous possédons aujourd'hui n'a l'antiquité de ceux que suivait saint Jérôme; ils sont de beaucoup postérieurs à la Vulgate elle-même (l'hébreu massorétique - compilation et révision des anciens manuscrits - date du Xe siècle).

Il fallut la Réforme Protestante pour se défier de la Vulgate et opérer un retour aux prétendus "textes originaux" hébreux, araméens et grecs, et opérer de nouvelles traductions faites sur ces textes. De là viennent toutes les bibles modernes actuellement disponibles qui, même chez les catholiques, rejettent comme un "écran" la Vulgate de saint Jérôme. Or, ... le
texte massorétique hébreu que nous possédons ... a subi plusieurs variantes, altérations et d'interpolations. Ce texte hébreu n'est pas, tant s'en faut, le texte authentique et primitif. D'autre part, la Vulgate a elle-même été rédigée par saint Jérôme sur le texte primitif, original hébreu qui a disparu. La Vulgate est à ce titre au même niveau que la Septante (grecque)." (Source : La Sainte Bible selon la Vulgate traduite en français par l'Abbé J.-B. Glaire, Nouvelle Edition, Editions D.F.T. 2002, p. VII, VIII).

Cette falsification de la Bible par les Pharisiens au Xe siècle (Bible "massorétique") peut être mise en relation avec ce passage du Christ Notre-Seigneur sur les Pharisiens, et qui révèle que ces Pharisiens changeaient déjà la Parole de Dieu, du temps du Christ, pour la conformer à des traditions humaines :


Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7,1-13.

"Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem. Ils se réunissent autour de Jésus,
et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c'est-à-dire non lavées. -
Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, fidèles à la tradition des anciens ;
et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s'être aspergés d'eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d'autres pratiques : lavage de coupes, de cruches et de plats. -
Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas sans s'être lavé les mains. »
Jésus leur répond : « Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l'Écriture : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son coeur est loin de moi.
Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ; les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains.
Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Il leur disait encore : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour observer votre tradition.
En effet, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère. Et encore : Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.
Et vous, vous dites : 'Supposons qu'un homme déclare à son père ou à sa mère : Les ressources qui m'auraient permis de t'aider sont corbane, c'est-à-dire offrande sacrée. '
Vous l'autorisez à ne plus rien faire pour son père ou sa mère,
et vous annulez la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »
(L'Evangile au quotidien
)

 

Nous conclurons donc que la traduction catholique classique peut être conservée. De manière assez récurrente, les textes qui apparaissent comme prophétiques dans la traduction des LXX perdent cette portée dans les Massorètes. On trouvera un autre exemple de ce phénomène sur la virginité de Marie. (Source) Ainsi, les bibles dites "oecuméniques" (catholiques protestantes) donne dans le Nouveau Testament un tout autre sens au verset 25 du premier chapitre de l'Evangile selon saint Matthieu. Dans la T.O.B., par exemple, la version est: "24. A son réveil, Joseph fit ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit: il prit chez lui son épouse, 25. mais il ne la connut pas jusqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus." La Vulgate mentionne : "24. Ainsi réveillé de son sommeil, Joseph, fit comme l'ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme avec lui. 25. Or il ne l'avait point connue, quand elle enfanta son fils premier-né, à qui il donna le nom de Jésus." La version moderne laisse entendre que Joseph eut des relations avec Marie après "qu'elle eût enfanté un fils" tandis que la Vulgate nous dit simplement que Joseph ne l'avait point connu quand elle enfanta Jésus. Dans Le Nouveau Testament, traduit en français courant d'après le texte grec. Alliance Biblique Universelle. Traduction Société Biblique française, Imprimatur Paris 22 mars 1973, le verset 25 sous-entend que Joseph a eu des relations après avec Marie. Un pas est franchi : "Mais il n'eut pas de relations avec elle jusqu'à ce qu'elle ait mis au monde son fils, que Joseph appela Jésus".

 

Notes

 

[1] En ce qui concerne Isaïe 7,14, il convient de se reporter au dictionnaire de Mayer-Lambert (ancien grand Rabbin de France) qui ne donne que deux traductions possibles pour 'alma : vierge ou jeune-fille. Mais pas jeune-femme. Source

[2] Dans certaines traductions de la Bible, on ne trouve pas « ils m’ont percé les mains et les pieds » mais « comme un lion, [ils sont] à mes mains et à mes pieds », ce qui fait perdre au texte sa portée prophétique [et n'a aucun sens. Ndlr.].

C’est ce que donne la traduction du texte massorétique qui s’écarte de la version des Septante : dans le texte massorétique, on trouve le mot ka’ari qui veut dire « lion » ; il faut donc supposer que les Septante, qui ont traduit par « ils ont percé » (oruxsan) disposaient d’un texte différent. Lequel ? C’est assez simple : en l’occurrence, le verbe « percer » pourrait s’écrire karu. Comment trancher ? Nous avons ici deux éléments :

1. le texte massorétique n’est grammaticalement pas très satisfaisant, puisqu’il manque un verbe dans la phrase (littéralement, on devrait traduire par « comme un lion, mes mains et pieds »).

2. Les manuscrits hébreux de Nahal Hever datés de 50-68 ap. J.-C., donc plus anciens que la version massorétique, portent le mot ka’aru, forme archaïque de karu, ce qui conforte les Septante (Source: Peter W. Flint, « Biblical Scrolls from Nahal Hever », Discoveries in the Judean Desert, 38, Oxford, Clarendon Press, 2000, p. 133-166).

La Bible selon la Vulgate de Saint Jérôme. Editeur: DFT (EDITIONS), traduite en français, avec des notes par l'Abbé Glaire (mort en 1879), introduction, notes complémentaires et appendices par F. Vigouroux, seule approuvée après examen fait à Rome par la Sacrée Congrégation de l´Index, Edition 1902, précise dans la note 17., p. 1127 : "Ils ont percé mes mains et mes pieds. Il faut renoncer à toutes les lois de la critique et de l'herméneutique, pour traduire avec les Juifs, comme un lion, mes mains et mes pieds, et avec les hébraïsants rationalistes, ils ont lié, ou souillé mes mains et mes pieds." 

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