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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 13:30

Mis à jour, Christ-Roi, 07/03/2014, 16h27.

 

http://1.bp.blogspot.com/-ofai15RuI9Y/UulO9D-2FiI/AAAAAAAABR4/3zDlLOEvqsU/s1600/Rwanda.jpg

 

Au moment où vont débuter les commémorations du 20e anniversaire du génocide rwandais, Bernard Lugan, expert au tribul pénal international pour le Rwanda dans les divers procès, présente son ouvrage "Rwanda un génocide en questions", publié en janvier 2014 : "Le tribul pénal international pour le Rwanda va terminer ses travaux l'année prochaine en 2015. On peut dire qu'il a quasiment terminé.... Une fausse histoire du génocide a été écrite. On peut dire aujourd'hui que tout ce qui avait été affirmé auparavant concernant le génocide du Rwanda est faux".

 

 

Source video : http://bernardlugan.blogspot.fr/2014/01/bernard-lugan-presente-rwanda-un.html 

 

Date de publication : 26/01/2014

Durée : 25:33

 

Une fausse histoire du génocide a été écrite.

 

« Depuis 1994, date du début du génocide, une fausse histoire de ce génocide a été écrite, une fausse histoire qui est l'histoire officielle. Cette histoire se résume de la manière suivante : des extrémistes hutus ont abattu leur propre président hutu afin de déclencher un génocide qui était programmé, afin d'éliminer les tutsis, pour se maintenir au pouvoir. Et c'est autour de cette idée, que depuis 20 ans, les uns et les autres écrivent. Et c'est autour de cette idée que s'est construite l'histoire officielle qui sert à légitimer l'actuel pouvoir rwandais. Or, cette histoire officielle est une histoire qui est totalement obsolète aujourd'hui. Il est bien évident que les journalistes ne le savent pas et ceux qui écrivent sur le Rwanda non plus.

 

J'ai eu la chance et le privilège d'être nommé expert auprès du tribunal pénal international pour le Rwanda (TPRI), tribunal créé par le Conseil de sécurité de l'O.N.U. en 1995, afin de juger les responsables, les commanditaires, les acteurs principaux de ce génocide. Et je fus expert dans les principaux procès, notamment les procès militaires.

 

Ce tribunal a commencé à siéger en 1995. Il va terminer ses travaux l'année prochaine en 2015. On peut dire qu'il a quasiment terminé. Et pendant plus de dix ans, devant ce tribunal l'histoire officielle a totalement été remise en question. Pourquoi ? Parce que ce tribunal a siégé selon le principe anglo-saxon de la common law, dans lequel il n'y a pas de juge d'instruction qui en amont déblaie le dossier. L'instruction se fait à l'audience. Il y a l'accusation et il y a la défense. Et dans ces procès qui se sont déroulés, le procureur qui avait comme argumentaire l'argumentaire officiel du régime de Kigali est parti, et a dressé ses actes d'accusation, toujours selon le même principe : ce sont des Hutus qui ont abattu l'avion de leur président hutu car ils considéraient qu'il les avait trahis, et ils l'ont abattu de façon à créer l'irréversible, qui allait permettre de lancer le génocide qu'ils avaient programmés afin d'éliminer les Tusis. Et, face à cela, procès après procès, les défenses des accusés ont remis en question cette doxa officielle. Et moi j'étais l'expert dans une dizaine de ces procès, notamment les principaux procès. Et j'ai eu accès absolument à toutes les archives du TPIR.

 

Ces archives du TPIR, ce sont des dizaines de milliers de dossiers, des milliers d'heures d'enregistrement, des centaines de témoins, des dizaines d'experts, des tonnes de rapports, une masse considérable. Personne n'a fait le travail qu'a fait le TPIR. Il y a eu en permanence quatre chambres qui siégeaient, devant lesquelles il y avait la défense, l'accusation. Du côté du procureur, plusieurs membres de l'accusation, de la défense une dizaine d'avocats dans chacune de ces chambres. Ce qui fait qu'on est allé véritablement au fond des choses.

 

Et, on peut dire aujourd'hui, en se basant sur les travaux du TPIR, tout ce qui avait été dit auparavant, tout ce qui avait été affirmé auparavant concernant le génocide du Rwanda est faux. Et c'est ce que je démontre dans mon livre en reprenant les grandes idées, en remettant en perspective cette démonstration, et en montrant ce que nous savons maintenant du génocide du Rwanda qui est bien différent de ce qui continue à être dit dans les medias, et qui est affirmé par le régime du Rwanda. Car le régime du Rwanda tire toute sa légitimité du génocide.

 

Pourquoi les travaux du TPIR ont-ils permis de renverser les connaissances au sujet du génocide ?


  Tout simplement parce que nous sommes allés au fond des choses. Au TPIR on affirmait que le génocide avait été programmé et pour mettre en avant la démonstration, la preuve de cette programmation, l'accusation et le régime de Kigali disaient oui ce génocide a été programmé pour plusieurs raisons :

 

(1) parce que les extrémistes hutus avaient créé des structures génocidaires. La première de ces structures génocidaires c'était la radio télévision des Mille Collines qui était la radio génocidaire et son fondateur Ferdinand Nahimana, que j'avais eu comme étudiant en 1973-76 au Rwanda, qui ensuite est devenu mon collègue à l'université puis mon doyen, avait été qualifié par Jean-Pierre Chrétien de Goebels du Rwanda. Donc le Goebels du Rwanda a créé la radio génocidaire.

(2) Il y avait une structure secrète qui s'appelait l'Akazu et qui était une petite cellule créée autour de l'entourage de la belle-famille du président Habyarimana et qui coordonnait le génocide.

(3) Troisième élément, ces génocidaires avaient prévu par un certain nombre d'organisations, de listes qu'ils avaient constituées, de tuer les Tutsis.

 

Donc, tout ceci existait. Or, tout cela a été enlevé, tout cela s'est dispersé, tout cela a été détruit devant le TPIR.

Par exemple : le premier procès emblématique, le procès de Ferdinand Nahimana qui était présenté par la presse et le régime de Kigali comme le procès du Goebels du Rwanda, la radio télévision des Mille Collines a été créée pour organiser le génocide. Et bien, jugement d'appel, Ferdinand Nahimana a été condamné à la prison, certes, mais pas pour génocide : il a été acquitté de cette accusation de programmation du génocide. Et le jugement est très clair, le jugement dit : la radio télévision des Milles Collines n'a pas été créée dans un but génocidaire avant la date du 8 avril.

 

Ensuite il y a eu des appels au génocide mais elle n'a pas été créée pour cela. Donc il y a un élément essentiel dès le départ dans la programmation du génocide qui disparaît.

 

Deuxième élément, le procès de ce celui qu'on a appelé monsieur Z, monsieur Protais Zigiranyirazo, qui était le beau-frère du président, le frère de l'épouse du président Habyarimana et qui était accusé d'être l'organisateur en sous-main du génocide parce qu'il aurait créé une cellule secrète qui s'appelait l'Akazu.

Or, devant la cour du TPIR, nous avons fait citer un certain nombre de témoins. Notamment deux anciens ministres de l'opposition au général Habyarimana, qui sont venus expliquer que c'est eux qui avaint inventé le terme « Akazu », c'est eux qui avaient créé le terme Akazu en 1991, dans le contexte interne de lutte politique au Rwanda, de façon à discréditer le président Habyarimana.

Et ce terme Akazu a été repris par l'accusation alors que l'Akazu n'a jamais existé. Monsieur Z Protais a été acquitté et mis en liberté.

 

Donc le premier pilier (du génocide) saute, la radio des Mille Collines, 2e pilier l'Akazu, troisième pilier, le procès de celui qu'on a appelé l'organisateur suprême du génocide, c'est-à-dire le colonel Bagosora, l'artisan principal, on le présentait comme l'homme qui avait organisé tout ce génocide. Et bien, il a été acquitté de tout cela. Certes il a été condamné à de la prison pour des arguties juridiques. Il a été condamné parce qu'on lui reproche de ne pas être intervenu sur une chaîne de commandement à laquelle il ne participait pas, et concernant des meurtres qui ont été commis par des hommes de base supposés être dans sa chaîne de commandement alors qu'il n'était plus militaire, il était à la retraite depuis deux ans.

Et le colonel Bagosora supposé être l'artisan du génocide, l'organisateur, l'architecte du génocide, a été acquitté par le TPIR de ce chef d'accusation. Donc les trois principaux chefs d'accusation montrant la préméditation sautent.

 

Et le tribunal d'Arusha, le TPIR n'a dans aucun procès pu mettre en évidence la préméditation: donc saute cette idée de préméditation.

 

Ce qui fait que toute l'explication du génocide est à reprendre. À partir du moment où il n'y a pas préméditation, c'est que ce génocide est spontané.

 

Alors pourquoi ce génocide a-t-il eu lieu et comment a-t-il eu lieu ?

 

C'est ce que j'explique dans mon livre.

 

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Juvénal Habyarimana

 

Par les travaux du TPIR nous avons réussi à montrer que le procureur a été incapable de soutenir sa thèse de génocide programmée. Et à partir de ce moment-là, toute l'histoire du génocide doit être réécrite. Et on retombe sur l'idée : qui a tué le président Habyarimana ? Qui a organisé l'attentat du 6 avril 1994 ? Attentat qui a vu la destruction en vol de l'avion du président rwandais. À la suite de cet attentat a lieu le génocide. On revient à la case de départ.

 

Or, ce qui est fort intéressant, le TPIR n'a pas eu l'autorisation d'enquêter sur cet attentat. Le TPIR a été créé par le Conseil de sécurité de l'O.N.U.. Et les alliés du régime rwandais, les Etats-Unis et les Britanniques, se sont toujours opposés à ce que l'on enquête sur cet attentat.

 

Il y a eu un début d'enquête qui a démarré au mois d'octobre 1994, jusqu'en 1995, qui a été diligenté par l'O.N.U. sur place au Rwanda, et le rapport qui a été remis était un rapport qui dès 1995, désignait l'entourage du président Kagame, c'est-à-dire l'entourage de l'actuel régime rwandais.

 

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Paul Kagame, Actuel président du Rwanda

 

Dès 1995, un rapport qui est le rapport Hourigan, confirmé par un enquêteur sénégalais qui était le capitaine Deme, qui a également écrit un livre, explique qu'ils vont remettre au procureur du TPI, le résultat de leur enquête, ils ont les aveux de trois des membres du commando, trois des membres du commando qui ont abattu l'avion. Et, à partir ce ce moment là, on leur interdit de continuer leur enquête. Le rapport est complètement étouffé, on n'en parle plus. Ce rapport dort et est enterré. Ce rapport a été ressorti par le juge Bruguière, ce qui lui a permis de lancer un certain nombre de mandats d'arrêts après la publication de son ordonnance.  

 

Donc il y a une obstruction complète dans cette affaire de l'attentat et le régime de Kigali est très embêté parce que le éléments sortent de plus en plus.

Nous savons par exemple, que nous avons tout concernant cet attentat. Nous avons même les numéros d'identification des missiles. Nous savons que ces missiles venaient d'un stocke de l'armée ougandaise. Nous savons que ces missiles avaient été livrés par l'ex-Union soviétique à l'armée ougandaise. Nous savons que 16 de ces missiles sont sortis des stockes de l'armée ougandaise. Certains de ces missiles avaient abattu des avions rwandais durant la guerre civile dans les années 91-93. Nous savons comment ces missiles sont arrivés à Kigali, cachés dans des camionnettes de chargement de bois. Nous avons la couleur des véhicules, les plaques d'immatriculation des véhicules, les noms des chauffeurs des véhicules, les noms des quatre membres du commando. Nous avons le détail de l'opération. Le premier missile qui frôle l'avion, qui le rate, qui est tiré par un sergent qui loupe, le lieutenant qui prend le tir et qui tire le 2e missile et qui touche l'avion.

 

Nous savons absolument tout, mais si vous voulez il y a une opacité complète qui fait qu'on ne peut pas aller au-delà. Et pour le moment, tous les éléments qui s'additionnent vont dans le sens contraire à celui de la thèse officielle. C'est-à-dire, ce ne sont pas les Hutus gouvernementaux qui ont abattu l'avion de leur propre président. D'ailleurs pourquoi auraient-ils abattu l'avion de leur propre président avec leur chef d'Etat-major, avec le chef de la mission militaire. Ils auraient donc abattu leurs propres partisans, leurs propres chefs. Ce serait complètement incohérent.

 

Le génocide n'était pas programmé

 

Si ce génocide n'est pas programmé, c'est qu'il est spontané. S'il est spontané, quel est la cause qui l'a déclenché ? Je viens de vous le dire, l'attentat contre le président Habyarimana. Et pourquoi cet attentat a-t-il déclenché le génocide ? Parce que soyons clairs, moi je ne nie pas l'existence du génocide. Ce que je nie, c'est sa programmation. Ce génocide s'est inscrit dans un mouvement de longue durée. Il faut bien voir que ce génocide va s'inscrire dans un mouvement de longue durée qui débute en 1959, quand au nom de la démocratie, l'Eglise catholique de l'époque et la tutelle belge décide d'imposer le suffrage universel au Rwanda. Le suffrage universel va faire que les 10% de tutsis qui sont au pouvoir vont être balayés par les 90% de Hutus. Parce que le suffrage universel en Afrique, c'est de l'ethno-mathématique.

À partir de ce moment-là, les Tutsis se retrouvent minoritaires, commencent à subir un certain nombre de massacres, et une partie des Tutsis quittent le Rwanda, va se réfugier dans les pays voisins, notamment en Ouganda. Ceux qui vont prendre le pouvoir en 1994 sont les descendants de ceux qui étaient partis en Ouganda entre 1959 et 1962-63.

 

Et, dans toute l'histoire du Rwanda, il y a régulièrement des massacres de Tusis qui sont faits chaque fois que le régime hutu a un problème politique. Le bouc émissaire tutsi est là, on tue des Tutsis.

Or, ce climat délétère va être pacifié en 1973 avec l'arrivée du général  Habyarimana au pouvoir. Le général Habyarimana est un hutu du nord qui prône la réconciliation et pendant les premières années du régime Habyarimana, la réconciliation se fait entre les Tutsis et les Hutus, il n'y a plus de problème de Tutsis Hutus. Certes il y a le non-dit, mais il n'y a plus de massacres. Or, tout va basculer à partir des années 1990 où deux phénomènes vont arriver en même temps. L'attaque du Rwanda par des réfugiés tutsis d'Ouganda, et au même moment, l'obligation faite par la France au régime Habyarimana de démocratiser.

Et le général Habyarimana va dire au président Mitterrand : si je démocratise avec des élections en pleine période de guerre civile, nous allons être dans un climat d'anarchie totale. Et le président Mitterrand va donner une garantie au général Habyarimana. Il va lui dire : non, vous démocratisez, vous faites des élections, mais si jamais certains veulent profiter de cela pour prendre le pouvoir nous interviendrons pour vous aider. Et le général  Habyarimana se lance dans la politique de multipartisme et dans la politique de démocratisation. Et à partir de ce moment-là, toutes les forces de dissociation se développent au Rwanda. Et ces forces de dissociation sont dirigées par le FPR, qui est très minoritaire, mais qui va essayer de s'appuyer sur un certain nombre de Hutus pour déstabiliser le régime rwandais. Et le FPR qui est aujourd'hui au pouvoir au Rwanda va développer la politique de la terreur.

 

Je l'explique très bien dans mon livre : les attentats qui se sont déroulés entre 1991 et début 1994, comment les assassinats politiques sont attribués au FPR. Le FPR va assassiner des hommes politiques hutus, dits "modérés", de façon à ce que l'on accuse le régime rwandais de liquider ses adversaires. Et, par une campagne de presse parfaitement organisée par les medias mondiaux qui sont contrôlés par le FPR, ou qui roulent pour le FPR, cette thèse va apparaître. Ce qui fait que le régime rwandais va apparaître comme étant un régime de terreur, avec des escadrons de la mort qui n'existaient pas puisque les escadrons de la mort sont du FPR et ne sont pas du côté des Hutus et du régime hutu. Et tout ceci va faire que dans cette cocotte minute rwandaise, il y a une sorte d'ébullition qui se fait et ne demande qu'à exploser. Et qui va exploser au lendemain de l'assassinat du président Habyarimana. Parce qu'une partie de la population hutu va dire : nous avons fait la paix avec les tutsis pour la paix, l'accord d'Arusha de 1993 et le FPR nous tue notre président qui était notre seul rempart et là, la folie génocidaire va se déclencher. Mais ce génocide est spontané, qui part de la base, qui va se décaler en fonction des régions, n'est pas organisé par une cellule, une structure, mais un génocide qui part de la base et va toucher ce pays.

 

Le génocide éclate véritablement le 8-9-10 avril. Des massaces généralisés en 1994. La France intervient pour évacuer ses ressortissants. Quelques jours plus tard, tout le monde est parti. Et pendant les mois d'avril, mai et juin, a lieu véritablement ce génocide. La France va intervenir fin juin, début juillet pour essayer de limiter les dégâts sur vote de l'O.N.U.. Ce sera l'opération Turquoise. La France intervient dans le sud du Rwanda. La France va essayer ensuite de créer une zone humanitaire sûre pour essayer de protéger les Tutsis qui n'ont pas été massacrés. Et le régime actuel prend le pouvoir. Le général Kagame prend le pouvoir et à partir de là, le régime rwandais crée l'historie, son histoire du génocide. Parce qu'il ne faut pas oublier que le régime est en place parce qu'il y a eu une attaque en pleine période de paix, profitant de l'attentat qui a tué le président Habyarimana, le FPR, donc le général Kagame reprend les hostilités, il déclenche la guerre. Et il va conquérir le pouvoir militairement. Et il faut qu'il justifie cette conquête militaire. Et il va la justifier en disant : nous avons conquis le Rwanda pour lutter contre les génocidaires. Et l'histoire officielle va être celle de la légitimité de ce régime qui est arrivé au pouvoir pour lutter contre le mal absolu qu'était le mal génocidaire. Et l'idée essentielle est la suivante : l'attentat du 6 avril n'a aucun lien avec le génocide puisque ce génocide était programmé. Même si cet attentat n'avait pas eu lieu, dit le régime de Kigali, le génocide aurait eu lieu puisqu'il a été programmé. Or, je viens de vous expliquer, que devant le TPIR, il a été démontré que le génocide n'était pas programmé. C'est donc bien l'attentat du 6 avril 1994 qui est l'étincelle qui va déclencher ce génocide, qui vient au terme d'une tension politique considérable, qui a éclaté depuis 1990 car le pays est en guerre depuis 1990.

 

Alors aujourd'hui, nous allons arrivés au 20e anniversaire de ce génocide, et le régime de Kigali est très embêté parce que l'histoire officielle est en train de se fissurer de toute part. Et l'histoire officielle se fissurant de toute part, le régime de Kigali est lancé dans une surrenchère médiatique, et essaie de freiner la seule enquête judiciaire sérieuse qui ait été menée, l'enquête française qui avait été initiée par le juge Bruguière.

 

Pourquoi une enquête française ? Parce que l'équipage de l'avion présidentiel abattu le 6 avril 1994 était français et les familles de cet équipage ont déposé une plainte pour assassinat et c'est la juridiction antiterroriste française qui a instruit cette l'enquête.

Alors aujourd'hui le dossier Bruguière a été repris par le juge Trévidic, le juge Bruguière est parti à la retraite, et les autorités rwandaises de Kigali font tout pour freiner, paralyser. Le but est que le juge Trévidic : on y comprend rien, c'est une affaire très compliquée, on arrivera pas du tout à savoir qui a organisé cet attentat. Donc le but est un enfumage politique avec prériodiquement des articles dans la presse. Le journal Libération est coutumier de ce genre de publications. Ces journalistes, soit sont abusés, soit sont naïfs, soit se font manipuler et périodiquement Libération sort des révélations sur l'attentat. Par exemple, dans mon livre j'explique longuement la dernière manipulation qui date de l'année dernière. Libération sort un article en disant nous avons trouvé la preuve que les Hutus disposaient de missiles parce que voilà tel document qui a été retrouvé dans les archives de l'O.N.U. à New York. Manque de chance, nous avions montré que ce document était un document qui ne reposait sur rien du tout, que c'était un faux document qui avait été complètement manipulé.

Et donc périodiquement, il y a des tentatives pour enfumer, pour obscurci, parce qu'il ne faut surtout pas pour le régime de Kigali qu'à l'occasion du 20e anniversaire qui va se dérouler au mois d'avril de cette année, l'on puisse avoir un doute en disant certes il y a eu un génocide mais ce génocide a été programmé par quoi ? Par l'attentat du 6 avril. Mais qui? Qui a commis cet attentat puisque nous savons maintenant que ce ne sont pas les Hutus dits extrémistes. »

 

 

Mis à jour, Christ-Roi, 07/03/2014, 16h27.


http://www.realpolitik.tv/wp-content/uploads/2014/04/rwanda-604x272.jpg

 

Rwanda : un génocide en questions

 

Publié par Bernard Lugan le 7 avril 2014

 

Source: http://www.realpolitik.tv/2014/04/rwanda-un-genocide-en-questions/


Rwanda : un génocide en questions, par Bernard Lugan. Assassinat du président Habyarimana, jeu trouble de Washington, enquête du juge Trévidic : clés de compréhension et d’explication.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/73/Juv%C3%A9nal_Habyarimana_%28Andrews_Air_Force_Base%2C_Maryland%2C_USA_-_1980%29.jpg/220px-Juv%C3%A9nal_Habyarimana_%28Andrews_Air_Force_Base%2C_Maryland%2C_USA_-_1980%29.jpg

Juvénal Habyarimana

 

Le 6 avril 1994, l’avion transportant deux présidents africains en exercice, MM. Juvénal Habyarimana du Rwanda et Cyprien Ntaryamira du Burundi était abattu par un missile [1]. Aucune enquête internationale ne fut ouverte afin d’identifier les auteurs de cet attentat qui fut le déclencheur du génocide du Rwanda [2].


Les États-Unis à la manœuvre

 

Mis en place au mois de mai 1995 après sa création au mois de novembre 1994 par le Conseil de sécurité de l’ONU avec compétence pour la période allant du 1er janvier au 31 décembre 1994, le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) fut installé à Arusha, en Tanzanie.

 

Dès le début, les États-Unis d’Amérique firent pression afin que l’attentat du 6 avril 1994, pourtant totalement inclus dans les limites chronologiques imparties au TPIR, soit écarté de son champ d’investigation. Avec une grande constance, tous les Procureurs qui se succédèrent à la tête de ce tribunal respectèrent cette étrange exclusion. Le TPIR spécialement créé pour juger les responsables du génocide, refusa donc de rechercher les auteurs de l’acte terroriste qui en fut la cause (!!!).

 

L’insolite attitude des États-Unis pose d’autant plus problème qu’en 1995, il ne faisait alors de doute pour personne que les auteurs de l’attentat du 6 avril 1994 étaient ces « Hutu extrémistes » tant de fois dénoncés par les ONG américaines. Pourquoi les États-Unis étaient-ils donc opposés à ce que la responsabilité de ces derniers dans l’attentat qui déclencha le génocide du Rwanda soit officiellement mise en évidence par une enquête du TPIR? La réponse à cette question est peut-être que les services de Washington savaient déjà que l’attentat n’avait pas été commis par les « Hutu extrémistes »… En interdisant au TPIR de mener l’enquête sur l’assassinat du président Habyarimana, les États-Unis protégèrent donc de fait ceux qui, en détruisant en vol son avion, permirent au FPR (Front patriotique rwandais), mouvement essentiellement tutsi totalisant de 10% à 15% de la population, de s’emparer militairement d’un pouvoir que l’ethno-mathématique électorale lui interdisait de conquérir par les urnes. Un retour en arrière est ici nécessaire.

 

Washington qui avait décidé de créer un fort pôle d’influence en Afrique centre-orientale, fit de l’Ouganda le pivot de sa stratégie dans cette partie du continent. A partir de ce pays, les États-Unis armèrent et conseillèrent le FPR qui, depuis octobre 1990, menait la guerre contre le Rwanda. Ils lui fournirent une aide diplomatique et, par le biais d’ONG liées à leurs services, ils montèrent des campagnes internationales de diabolisation du régime Habyarimana tout en présentant au contraire les hommes du général Kagamé comme des combattants de la démocratie.

 

Tant que François Mitterrand fut au pouvoir en France, ce plan de conquête du Rwanda fut mis en échec. Il réussit en 1994 quand, à la faveur de la seconde cohabitation, une droite en partie atlantiste occupa l’Hôtel de Matignon.

 

Le 7 avril, une fois le président Habyarimana assassiné, le FPR reprit unilatéralement les hostilités violant ainsi les accords de paix d’Arusha. Le président Mitterrand fut alors partisan d’une intervention militaire française destinée à ramener le FPR sur ses lignes de départ et cela afin de sauver le processus de paix d’Arusha [3]. Comme le gouvernement de Monsieur Edouard Balladur y était opposé, le général Kagamé eut le champ libre pour conquérir le pays et au mois de juillet 1994 il fut le maître à Kigali.

 

A partir du Rwanda, les États-Unis préparèrent ensuite la seconde phase de leur plan qui était le renversement du maréchal Mobutu du Zaïre. En 1997, paralysée par les fausses accusations de complicité avec les « génocidaires » montées de toutes pièces par les services américains et qui avaient été relayées par la presse hexagonale, la France n’osa pas intervenir pour soutenir son allié zaïrois attaqué par une coalition ougando-rwandaise. Le Zaïre redevenu RDC (République démocratique du Congo) fut démembré et l’exploitation-pillage des richesses du Kivu par les sociétés-écran rwandaises débuta. La connaissance de cet arrière-plan est indispensable à la compréhension du dossier rwandais [4].


Les preuves contre le FPR s’accumulent

 

Revenons à l’attentat du 6 avril 1994. En 1998, saisi des plaintes déposées par les familles de l’équipage français de l’avion et par la veuve du président Habyarimana, le juge anti-terroriste Bruguière mena son enquête. Au mois de novembre 2006, il rendit une ordonnance de soit-communiqué et mit en examen neuf personnalités très proches du général Kagamé, accusées d’avoir organisé ou perpétré l’attentat du 6 avril 1994. Ne pouvant poursuivre le chef de l’État rwandais car il était protégé par son immunité, le juge français demanda au TPIR de l’inculper. En vain.

 

La contre-attaque du général Kagamé se fit à travers ses puissants réseaux d’influence français et par le biais d’une presse qui ne cessa jamais de lui servir de porte-voix, notamment Libération et Le Figaro quand Patrick de Saint-Exupéry collaborait à ce dernier titre. Appuyé sur les uns et sur les autres, il tenta une manœuvre dilatoire destinée à discréditer le travail du juge Bruguière en prétendant que ce dernier aurait été influencé par des témoins dont les propos lui auraient été mal traduits ou qu’il aurait mal interprétés.

 

Cette argumentation qui fut reprise sans vérification par les médias ne correspond pas à la vérité car les témoins entendus par le juge Bruguière furent également auditionnés par le TPIR devant lequel la traduction simultanée (kinyarwanda-français-anglais) était faite par des traducteurs assermentés. Or, les procès-verbaux des audiences montrent que ces témoins firent aux juges internationaux les mêmes déclarations qu’au juge français. Avec une différence toutefois : ils déposèrent sous serment et en pleine connaissance des graves sanctions – dont l’incarcération à l’audience – qu’entraînait le parjure devant ce tribunal international.

 

Le juge Trévidic ayant succédé au juge Bruguière en 2007, de nouveaux éléments accablants pour les responsables de l’actuel régime de Kigali s’ajoutèrent peu à peu au dossier. Entre autres :

 

- Le jeudi 21 juin 2012, à Johannesburg, le général Faustin Kayumba Nyamwasa, ancien chef d’état-major de l’APR (Armée patriotique rwandaise), qui était en 1994 responsable du renseignement militaire du général Kagamé, affirma sous serment devant un tribunal, que ce dernier « a ordonné le meurtre du président Habyarimana» [5], confirmant ainsi les termes de l’ordonnance du juge Bruguière.

 

- Le 9 juillet 2013, la correspondante de RFI en Afrique du Sud, Madame Sonia Rolley, publia deux entretiens exclusifs, l’un avec le général Faustin Kayumba Nyamwaza, l’autre avec le colonel Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements du général Kagamé, dans lesquels les deux hommes accusaient de la façon la plus claire ce dernier d’être l’ordonnateur de l’attentat du 6 avril 1994 qui coûta la vie au président Habyarimana.

 

Patrick Karegeya qui avait affirmé au micro de RFI qu’il était en mesure de prouver d’où les missiles avaient été tirés, fut étranglé dans sa chambre d’hôtel de Johannesburg le 1er janvier 2014.

 

Le général Kayumba et le colonel Karegeya demandaient depuis des mois à être entendus par le juge Trévidic. Ce dernier ne pourra donc plus interroger le second…Quant au premier, le juge doit se hâter de le rencontrer car il a échappé de justesse à une seconde tentative de meurtre le 4 mars 2014…

 

- En juillet 2013 puis en janvier 2014, Jean-Marie Micombero, ancien secrétaire général au ministère rwandais de la Défense et qui, le 6 avril 1994, était affecté à une section chargée du renseignement dépendant directement de Paul Kagamé, témoigna devant le juge Trévidic. Réfugié en Belgique depuis 2010 où il est placé sous protection policière, il a donné les noms des deux hommes qui, le 6 avril 1994, tirèrent deux missiles sur l’avion présidentiel. Il a également livré nombre de détails sur les préparatifs et sur le déroulement de l’attentat [6]. Ces déclarations recoupaient en les confirmant celles recueilles en leur temps par le juge Bruguière auprès d’autres témoins.

 

Pour le régime de Kigali, ces avancées du dossier sont terriblement destructrices et c’est pourquoi ses affidés ont reçu l’ordre d’allumer des contre-feux. La presse française est donc actuellement et une nouvelle fois à la manœuvre, n’hésitant pas à travestir les faits tout en continuant à réciter une histoire aujourd’hui obsolète.

 

La thèse fondant la « légitimité » du régime du général Kagamé, à savoir celle du génocide « programmé » et « planifié » par les « extrémistes » hutu, a en effet volé en éclats devant le TPIR. Dans tous ses jugements concernant les « principaux responsables du génocide », tant en première instance qu’en appel, ce tribunal international a en effet clairement établi qu’il n’y avait pas eu « entente » pour le commettre [7].

 

Conclusion : si ce génocide n’était pas « programmé », c’est donc qu’il fut « spontané ». Et s’il fut « spontané », c’est qu’un évènement d’une exceptionnelle gravité poussa certains à le commettre. Nous en revenons ainsi à l’assassinat du président Habyarimana.


Que contient le dossier du juge Trévidic ?

 

La question de savoir qui ordonna l’attentat du 6 avril 1994 est donc primordiale. Voilà pourquoi, depuis des années, les services rwandais tentent d’enfumer la justice française, précisément parce qu’elle est la seule à enquêter sur cette affaire depuis qu’en janvier 1997, Madame Louise Arbour ordonna à Michael Hourigan de cesser ses investigations.

 

Quelques mois auparavant, cet avocat australien devenu fonctionnaire de l’ONU avait été personnellement chargé par Madame Arbour, Procureur du TPIR de septembre 1996 à septembre 1999, d’identifier les commanditaires et les auteurs de l’attentat du 6 avril 1994. Madame Arbour voulait alors étayer l’acte d’accusation jusque là rachitique qu’elle était occupée à dresser contre les anciens dirigeants du régime Habyarimana afin de montrer que cet attentat avait été commis par des « extrémistes hutu » et qu’en le commettant, ces derniers avaient donné le signal du génocide qu’ils avaient programmé.

 

Or, sur place, à Kigali, menant son enquête, Michael Hourigan découvrit tout au contraire que les auteurs de l’attentat n’étaient pas des « Hutu extrémistes », mais des Tutsi du FPR… et il obtint même les noms de ceux qui auraient abattu l’avion du président Habyarimana sur ordre du général Kagamé. Il rédigea ensuite un rapport qu’il remit personnellement à Madame Arbour. A partir du moment où il lui fit ces révélations, cette dernière changea totalement d’attitude à son égard, devenant cassante, le sommant de mettre un terme à ses recherches et exigeant la confidentialité absolue sur ses découvertes. Le contrat de Michael Hourigan avec l’ONU ne fut pas renouvelé.

 

Bien que le TPIR ait refusé de le lui communiquer au prétexte qu’il n’existait pas (!!!), le juge Bruguière obtint malgré tout une copie du « Rapport Hourigan ». Devant le juge, Michael Hourigan authentifia son texte et il en confirma la teneur.

 

Le capitaine sénégalais Amadou Deme, adjoint de Michael Hourigan et ancien numéro 2 du renseignement de l’ONU au Rwanda a confirmé à la fois les résultats de l’enquête à laquelle il avait personnellement participé et l’insolite changement d’attitude de madame Arbour à partir du moment où le FPR fut suspecté d’avoir assassiné le président Habyarimana.

 

Tous ces éléments ainsi que de multiples autres témoignages figurent dans le dossier d’instruction et ils pèsent naturellement plus lourd que les tentatives d’enfumage médiatique périodiquement faites par les services de Kigali à travers les journaux français. C’est pourquoi, au mois de novembre 2013, le juge Trévidic refusa le non lieu demandé par les avocats des personnalités rwandaises mises en examen par le juge Bruguière en 2006. Cette décision était parfaitement justifiée car :

 

1) Comment le juge Trévidic aurait-il pu faire autrement que de refuser le non lieu avec un dossier donnant, entre autres, le lieu du tir des missiles, les noms des deux tireurs et des membres de leur escorte, la marque et la couleur des véhicules utilisés pour transporter les missiles depuis l’Ouganda jusqu’au casernement de l’APR situé au centre de Kigali et de là jusqu’au lieu de tir à travers les lignes de l’armée rwandaise ainsi que le déroulé de l’action ?

 

2) Comment le magistrat instructeur aurait-il pu rendre un non lieu quand son dossier contient la preuve que l’avion présidentiel rwandais a été engagé par deux missiles dont la traçabilité a été établie ? Grâce à la coopération judiciaire de la Russie il sait en effet que ces deux missiles dont les numéros de série étaient respectivement 04-87-04814 et 04-87-04835 faisaient partie d’un lot de 40 missiles SA 16 IGLA livrés à l’armée ougandaise quelques années auparavant. Or, Paul Kagamé et ses principaux adjoints furent officiers supérieurs dans l’armée ougandaise avant la guerre civile rwandaise et, de 1990 à 1994, l’Ouganda fut la base arrière, mais aussi l’arsenal du FPR.

 

3) Comment un non lieu aurait-il pu être envisagé quand, devant le TPIR, il fut amplement démontré que l’armée rwandaise ne disposait pas de tels missiles et que l’arme du crime était en revanche entre les mains du FPR ?

 

4) Comment le juge Trévidic aurait-il pu satisfaire à la demande exorbitante de non lieu alors qu’il sait que cette même armée rwandaise, paralysée par l’embargo sur les armes et la mise sous séquestre par l’ONU de son armement lourd et de ses hélicoptères, n’était pas en état de combattre et que ce fut le FPR qui reprit unilatéralement les hostilités car il savait qu’il allait gagner la guerre ?

 

5) Comment un tel non lieu aurait-il pu être justifié alors que, comme cela fut largement démontré devant le TPIR, les forces du FPR qui n’attendaient qu’un signal pour lancer leur offensive préparée de longue date, reçurent l’ordre de marche depuis leurs bases de la frontière ougandaise dans la nuit du 6 au 7 avril, juste après l’annonce de la mort du président Habyarimana ?


Le général Kagamé va-t-il néanmoins réussir à faire enterrer le dossier ?

 

En dépit de toutes les pressions qu’il subit, il faudra bien que, tôt ou tard, le juge Trévidic face la balance entre les éléments que contient le dossier de l’assassinat du président Habyarimana.

 

Or, si le magistrat instructeur a bien entre les mains suffisamment d’éléments pour renvoyer les mis en examen devant la Cour d’Assises, tout va in fine dépendre du Parquet chargé de porter l’accusation à l’audience.

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d1/Kagame_2012_Cropped.jpg/220px-Kagame_2012_Cropped.jpg

Paul Kagame, Actuel président du Rwanda

 

Nous voilà donc revenus aux réseaux d’influence que Kigali entretient en France et dont la mission est de tenter d’influencer le juge Trévidic pour que soit étouffé le dossier. En effet, et comme l’a dit Madame Carla Del Ponte qui succéda à Louise Arbour au poste de Procureur du TPIR : « S’il était avéré que c’est le FPR qui a abattu l’avion du président Habyarimana, c’est toute l’histoire du génocide du Rwanda qu’il faudrait re-écrire ».

 

Et de cela, les alliés, les soutiens et les obligés du général Kagamé ne veulent évidemment pas entendre parler.

 

Les éléments contenus dans cette analyse seront naturellement occultés par la presse française à l’occasion du vingtième anniversaire du début du génocide du Rwanda. Les journalistes paresseux continueront à réciter une histoire obsolète ; quant aux journalistes militants ils recopieront ou liront les fiches qui leur ont été remises par les agents de Kigali.

 

Bernard Lugan – 03/04/2014

bernardlugan.blogspot.com

 

[1] Un premier missile rata sa cible.

 

[2] La « communauté internationale » se montra plus empressée quand il s’agit d’identifier les assassins de M. Rafik Hariri (2005), ancien Premier ministre libanais, et de Mme Bénazir Bhutto (2007), Premier ministre du Pakistan.

 

[3] Si une telle opération avait été décidée, il n’y aurait pas eu de génocide.

 

[4] Aujourd’hui, à Washington, le général Kagamé voit son étoile pâlir en raison des accusations portées contre son régime par les défenseurs des droits de l’Homme.

 

[5] Après avoir rompu avec Paul Kagamé, le général Nyamwaza se réfugia en Afrique du Sud où au mois de juin 2010, il survécut par miracle à une tentative d’assassinat. C’est à l’occasion du procès des six Rwandais qui tentèrent de le réduire au silence qu’il fit cette déclaration.

 

[6] Voir à ce sujet l’interview donnée à Pierre Péan intitulée « J’ai assisté à la préparation de l’attentat qui a déclenché le génocide » (Marianne numéro du 28 mars au 3 avril 2014).

 

[7] A l’exception du jugement de Jean Kambanda, ancien Premier ministre condamné en 1998, après qu’il eut plaidé coupable contre la promesse d’une peine réduite, procédure qui de facto lui avait fait accepter l’acte d’accusation du procureur. Depuis, il est fermement revenu sur cette reconnaissance.

 

Crédit photo : dfid via Flickr (cc)

 

Source: http://bernardlugan.blogspot.fr/2014/04/rwanda-un-genocide-en-questions.html

viahttp://www.realpolitik.tv/2014/04/rwanda-un-genocide-en-questions/

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commentaires

T

http://blogthucydide.wordpress.com/2014/08/04/don-quichotte-au-rwanda/


 
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V

Il y a 20 ans : le début du génocide rwandais. 


 


http://www.blogactualite.org/2014/04/il-y-20-ans-debut-du-genocide-rwandais.html


 
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B

thanks so great.
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