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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 09:08

Joachim Gauck sera en principe élu dimanche, par le Congrès des parlementaires allemands, président de l'Allemagne. L'ancien pasteur de Rostock a en face de lui Beate Klarsfeld, qui, chassant les nazis, avait giflé un président allemand.

 

Joachim Gauck est inattaquable. Avant la chute du mur de Berlin, il était un pasteur prostant dans la ville de Rostock, très engagé dans la contestation contre le régime totalitaire. Il s'est fait connaître du plus grand nombre en tant que responsable des archives de la Stasi après la chute du Mur de Berlin : une tâche bien sûr essentielle dans l'édification de l'Allemagne nouvelle, puisque les tout-puissants services secrets de Berlin-Est avaient fiché la quasi-totalité de la population de RDA. Un homme qui se dit "de gauche libéral et conservateur".

 

Le pasteur a en face de lui la femme (juive) du "chasseur de nazis" Serge Klarsfeld, Beate, qui partage sa vie entre Paris et Berlin, et qui s'est fait connaître en Allemagne grâce à la gifle mémorable assénée en 1968 au chancelier de l'époque, Kurt Kiesinger (de la CDU), un ancien cadre hitlérien. Ses adversaires l'accusent d'avoir touché des subsides de la Stasi pour accomplir ce geste spectaculaire: ils parlent de 2000 marks de l'époque. Ils l'accusent surtout d'avoir pactisé avec les services secrets de la RDA, ce dont l'intéressée de se cache d'ailleurs pas: ne fallait-il pas, expliquent Beate Klarsfeld et ses partisans, savoir faire des concessions afin d'obtenir certains documents indispensables pour confondre certains anciens nazis ?

 

Mais ce "pacte avec le diable" fait de la femme de Serge Klarsfeld une postulante "intolérable" pour le parti d'Angela Merkel. Ni les sociaux-démocrates, ni les Verts, ni les libéraux du FDP ne la soutiennent non plus. En face du front pro-Gauck, Beate Klarsfeld ne bénéficie que du soutien de "Die Linke", la gauche de la gauche. Ironie de cette candidature de témoignage quin'a pas de chance d'aboutir: Mme Klarsfeld n'est pas sur la même ligne en France puisqu'elle n'hésite pas à afficher son soutien à ... Nicolas Sarkozy.

 

Source: Sud-Ouest du samedi 17 mars 2012, p. 5

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