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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 12:41

Nous nous proposons dans cet article de présenter quelques bases philosophiques de l'actuel mouvement du Printemps français.

 

En effet, à propos de la création d'un "parti politique",  Béatrice Bourges, porte-parole du Printemps français, a déclaré qu'elle préfèrait d'abord "tracer un sillon des convictions, dégager une véritable philosophie, quelque chose de profond avec un fil rouge", d'où émergera ensuite une "solution". C'est exactement ce que nous pensons qu'il faut faire si l'on veut que le Printemps français soit efficace politiquement.


Dans cette perspective, nous présenterons la réflexion de Vincent Peillon, ministre de l'"Education nationale", qui dans un entretien aux Editions du Seuil pour la publication de son livre "La Révolution française n'est pas terminée", avoue qu'il veut tuer le catholicisme et, dans cette fin, trace un programme :

  • "On a laissé le moral et le spirituel à l'Eglise catholique. Donc il faut remplacer ça. On ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique."

 

Il dit également - ce qui doit éveiller notre attention - s'opposer à la vision de la Révolution "française" de l'historien François Furet "et tous les historiens qui l'ont accompagné", à qui il reproche d'avoir présenté, au moment de la commémoration du bicentenaire de la Révolution, en 1989 un récit historique de "l'histoire de France et de la pensée républicaine" avec lequel il dit être "en désaccord".

 

 

 

 

Source video: http://www.gloria.tv/?media=457883
 

 

Dans cette video publiée par par Editions du Seuil le 08/10/2008), Vincent Peillon dit encore :

  • "Il faut s'enfanter soi-même et donc faire le propre récit de sa naissance.
  • ... On ne peut pas faire une révolution uniquement dans la matière, il faut la faire dans les esprits. Or on a fait la révolution essentiellement politique, mais pas la révolution morale et spirituelle. Et donc on a laissé le moral et le spirituel à l'Eglise catholique. Donc il faut remplacer ça. [...] On ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique. Comme on ne peut pas non plus acclimater le protestantisme en France comme on l'a fait dans d'autres démocraties, il faut inventer une religion républicaine. Cette religion républicaine, qui doit accompagner la révolution matérielle, mais qui est la révolution spirituelle, c'est la laïcité. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'au début du XXe siècle, on a pu parler de foi laïque, de religion laïque, et que la laïcité voulait être la création d'un esprit public, d'une morale laïque, et donc l'adhésion à un certain nombre de valeurs."
     


Dans La Révolution française n’est pas terminée (Le Seuil, Paris, 2008), il écrit :

  • « La révolution française est l’irruption dans le temps de quelque chose qui n’appartient pas au temps, c’est un commencement absolu, c’est la présence et l’incarnation d’un sens, d’une régénération et d’une expiation du peuple français. 1789, l’année sans pareille, est celle de l’engendrement par un brusque saut de l’histoire d’un homme nouveau. La révolution est un événement méta-historique, c’est-à-dire un événement religieux. La révolution implique l’oubli total de ce qui précède la révolution. Et donc l’école a un rôle fondamental, puisque l’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches pré-républicaines pour l’élever jusqu’à devenir citoyen. Et c’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle église avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la loi.»


Et, le 2 septembre dernier, dans le Journal du dimanche, répondant à la journaliste Adeline FLEURY, Vincent Peillon déclare :

 

 

Peillon peut bien vouloir "écrire notre histoire" (en réalité la sienne et celle de sa Secte), "chaque génération réécrit son histoire..., pour s'accoucher dans le présent", dit-il, il n'en demeure pas moins qu'une nouvelle génération d'historiens avance, à la suite de François Furet, que "la Révolution est terminée"... Lire: Patrice Gueniffey : "La Révolution est morte" (Conférence du 3 octobre 2011).

 

D'un point de vue sociologique, un marqueur actuel fort de la mort de la Révolution dans l'inconscient collectif de la jeunesse de France nous semble être l'ensemble des Résistants, allant des "Veilleurs", aux maires de France contre la loi Taubira, aux Hommens, aux Antigones, aux Résistants passifs.

 

Les Veilleurs sont ces jeunes qui au cours du Printemps français, se sont levés pour refuser la fin de l'histoire vue sous le simple angle de la dialectique marxiste matérialiste. Ils prônent une autre "fin de l'histoire", une société fondée sur le réel et non sur l'idéologie.

 

A la violence révolutionnaire, les Veilleurs opposent la douceur évangélique et le principe de non-violence, inscrit dans les principes mêmes du Printemps français. Cela fait toute la différence entre notre société et la leur.

 

Les Veilleurs s'opposent au "diviser pour régner" engendré et entretenu par la société révolutionnaire, ils s'opposent à la repentance victimaire, ils s'opposent au creusement des inégalités engendré par la société dite "révolutionnaire" en réalité réactionnaire et oligarchique.

 

Les Veilleurs sont là pour dire que notre présent se construit dans le réel et non dans l'idéologie, que la société se construit dans l'affirmation et non dans la négation. Ils sont dans l'affirmation
des principes de l'Ordre naturel et non dans l'agitation-propagande de la déconstruction à l'infini de tout repètre traditionnel et naturel qui ne conduit qu'à la société constructiviste volontariste totalitaire.

 

A l'absolutisme de la Volonté générale, ils opposent la loi naturelle.

 

A la démocratie moderne volontariste, ils opposent les principes du réalisme.

 

Leur altruisme sociétal s'oppose directement à l'égoïsme nihiliste économico-marchand de la société individualiste issue de la Révolution. A la loi du plus fort, ils invoquent la défense des plus faibles, des pauvres, de la Veuve et de l'Orphelin.

 

A l'horizontalisme d'une société morne n'offrant au monde qu'un sous-produit du matérialisme faisant continuellement du passé table rase, ils opposent le verticalisme de la transcendance et du spiritualisme en prenant ce qu'il y a de meilleur dans notre passé, le sublimant et lui donnant son véritable être. Ils sont là pour construire, quand les révolutionnaires de mai 68 sont là pour détruire. Ils sont dans la vie quand les autres sont dans la mort. Ils sont dans les principes vitaux quand les autres sont dans des principes conduisant à la mort.

 

Historiquement, comme le dit l'historien Patrice Gueniffey, dans sa conférence du 3 octobre 2011 :

  • Aujourd'hui, "a disparu tout ce qui faisait l'originalité, le sel aussi de la Révolution française, c'est-à-dire son incroyable volontarisme, sa foi dans le progrès, ses tentatives mêmes violentes pour déraciner le monde ancien..., de fonder réellement un monde nouveau. 
  •  
  • La Révolution française a subi une sorte de déclassement depuis quelques années, qui fait qu'elle n'occupe plus dans notre inconscient collectif, dans notre paysage politique, l'importance qui avait été la sienne pendant environ deux siècles. ... 
  • Ce changement s'est fait progressivement et il a commencé il y plus d'une vingtaine d'années, on pourrait dire il y a trente ans, avant même le bicentenaire de 1989. Le premier signe sur la crise qui frappait le mythe de la Révolution française comme événément fondateur, a été le film d'Andrzej Wajda, "Danton" sorti en 1983.
  •  
    En 1989, les responsables des célébrations ont fini par opté pour la célébration la plus neutre possible, en choisissant comme symboles des personnages qui risquaient de ne choquer personne. Donc exit Robespierre, exit Saint-Just, exit Danton lui-même, dont il n'a plus été question. Et à la place on a vu émergé des personnages certes importants de l'évènement révolutionnaire, mais néanmoins de second rôle, comme Condorcet, ou l'abbé Grégoire...

  • Et c'était en quelque sorte logique dans une conjoncture des années 80 où la ferveur entourant l'évènement révolutionnaire commençait à disparaître, et où, corrélativement les Vendéens eux-mêmes, qui avaient combattu la république, devenaient presque aussi populaires que les soldats bleus qui avaient défendu la Révolution et combattu la Vendée. Aujourd'hui, ce changement est devenu irréversible. La magie du romantisme révolutionnaire s'est épuisé. Nous ne vibrons plus au récit des combats politiques de Robespierre, nous ne vibrons plus à la lecture des discours de Robespierre, ni même d'ailleurs de ceux de Danton, et les valeurs elles-mêmes qu'évoquaient Robespierre et Danton nous sont devenues en partie étrangères, indifférentes, ou plutôt sont entrées dans notre patrimoine, mais elles ne nous parlent plus....

  • Ce qui s'est effondré surtout avec le communisme c'est la croyance à un sens de l'histoire, la croyance que l'histoire aurait un sens. Ce qui a disparu, c'est la croyance à l'efficacité de l'action politique qui se trouvait au coeur du message délivré par la Révolution française. Et plus généralement par l'histoire de l'avènements de nos Etats démocratiques. En effet, la Révolution française avait porté cette croyance à l'efficacité de la politique à un point de paroxysme. Elle avait cru que la volonté humaine a une efficacité illimitée, c'est-à-dire que l'on pouvait absolument tout changer. Les évènements se sont alors chargés de montrer qu'en réalité en politique on ne peut pas tout faire, que les choses résistent, ne se laissent pas faire sans limites."

 

Ainsi, avec les Veilleurs, les Hommens, les Antigones, nous voyons aujourd'hui une jeunesse se lever pour dire "stop" : la politique ne peut pas tout faire à l'infini. Non le président de la république ne peut pas se prendre pour Dieu sur terre... Non la volonté humaine ne peut pas être illimitée. Il y a un moment où la liberté a besoin de bornes et de limites pour exister. Non la Volonté générale ne peut pas changer le réel à l'infini...

 

Ils sont là pour dire que si César a pu se prendre pour dieu au Bas-empire, est venu ensuite une génération chrétienne pour se dresser contre le césarisme et lui dire non...

 

Dans ce "non", la philosophie enseigne que se trouve le début de la liberté.


 

- Est-ce une révolte ? Non, c’est une contre-révolution ! (J. de Rouen)

- Contre le Nouvel Ordre mondial : en finir avec la révolution (IIe partie)

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