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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 20:31
Un petit texte de Guillaume d'Offenbourg, "face à la finance : la troisième voie", explique l'origine de la crise financière actuelle. 
"... Il serait dommage d’oublier que la dénonciation de la cupidité du système capitaliste fait partie du patrimoine philosophique de ce qu’on appelait la « droite » si ce mot a encore un sens.
Les premiers à avoir dénoncé la dérégulation financière, sociale et professionnelle ont été des hommes que l’on qualifierait aujourd’hui volontiers comme les plus à droite sur l’échiquier politique [des royalistes]. Certains d’entre eux comme LA TOUR DU PIN ou Albert DE MUN ont même largement insipiré par la première encyclique du Pape sur la question sociale « RERUM NOVARUM ».
Car la crise que nous traversons n’est pas conjoncturelle et on le perçoit bien à travers les hésitations de certains sénateurs américains rétifs à l’idée de réinjecter 700 milliards de dollars pour sauver les banques américaines. C’est un système basé sur le primat de la spéculation et du profit au détriment de la personne, de la relation et du bien commun.
En France, les entreprises qui se portent le mieux sont celles du CAC 40, celles là même qui délocalisent tout en réalisant des profits colossaux. Si le principe de justice était strictement appliqué, il suffirait de rappeler cette règle simple, celle du bien commun de l’entreprise dans laquelle il y a trois catégories de personne :
-l’entrepreneur qui apporte son esprit d’entreprise, sa créativité.
-les actionnaires qui permettent le financement des grosses opérations
-Les travailleurs et leurs familles qui permettent à l’entreprise de tourner

... Si le bien commun de l’entreprise doit prendre en considération tous les acteurs y compris celui des actionnaires, ce bien ne pourra jamais être réduit au profit. Le profit est une des conditions pour que le bien commun soit assuré, il ne sera jamais la finalité. Lorsqu’on transgresse la loi naturelle – et la justice est un pilier de la loi naturelle – on finit tôt ou tard par le payer.

... Nicolas Sarkozy qui veut moraliser le capitalisme devrait méditer sur l’homélie de Benoit XVI sur l’esplanade des invalides où il n’a pas jugé bon de se rendre. Elle concernait le refus des idoles et en premier lieu celle de l’argent. Ce message est plus que jamais d’actualité. Tout ne se négocie pas, tout ne s’achète pas Monsieur SARKOZY. Car au commencement était le verbe c’est-à-dire la relation. Remettre l’homme et la relation au cours de tout échange fut-il économique doit être une priorité afin d’éviter le délitement du lien social et les pires catastrophes. La main invisible d’Adam Smith a montré en réalité qu’elle était l’alibi pour faire rentrer le renard dans le poulailler. Lorsque des féodalités financières s’installent sans contrôle ni limités, il ne suffit pas de leur tirer l’oreille. Autrefois, l’ennemi intérieur du royaume était constitué par les féodaux. Aujourd’hui, les féodaux n’ont pas gagné leurs titres sur les champs de bataille mais en spéculant avec des fonds pourris et en délocalisant les entreprises pour trouver une nouvelle main d’œuvre à exploiter. Si ce ne sont pas les hommes d’honneur qui se trouvent en premier ligne pour dénoncer ces nouveaux Shylock, que l’on ne s’étonne pas que tout ceci profit à des petits Besancenot et autres prophètes de la haine." (via Novopress.info)
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