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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 18:35

Selon la maxime « le mort saisit le vif », Henri III mourant transmet à son cousin le royaume de France (Tapisserie du XVIe siècle - Château d'Ecouen). Pourtant cette règle d'instantanéité de la succession (selon l'ordonnance de 1403) ne s'appliquera pas à Henri de Navarre car la règle de catholicité n'était pas respectée.

 

La crise religieuse provoquée par le protestantisme obligea Henri III, après avoir reçu le consentement des états généraux ligueurs, à confirmer par un texte normatif la règle coutumière du principe de catholicité du roi (édit d'union de 1588) (1). A sa mort (1589), Henri de Navarre, Chef  de la Maison de Bourbon, devait lui succéder selon la règle de la primogéniture. Mais, le prince héritier n'était pas catholique. Henri de Navarre devait accepter la dernière règle de dévolution de la Couronne de France et se convertir : « Paris vaut bien une messe ». La cérémonie du Sacre de Sa majesté le roi Henri IV se déroula dans la majestueuse cathédrale Notre-Dame de Chartres. Mais, contrairement à Louis XVI (2), qui était inaudible lorsqu'il fallu prêter serment de lutter contre les forces centrifuges du chaos, Henri IV, l'ancien membre de la « Religion Prétendument Réformée », le fit entendre clairement : « Je promets au nom de Jésus Christ, au peuple chrétien, qu'en bonne foi je travaillerai selon mon pouvoir à mettre hors de ma terre et juridiction tous les hérétiques déclarés par l'Eglise ». Malheureusement, quelques années plus tard, avec l'Edit de Nantes, il devint, pour les monarchomaques, un relaps. Le 14 mai 1610, Ravaillac l'assassina.

Durant les guerres de religion entre 1573 et 1598, les monarchomaques (François Hotman, Théodore de Bèze, Duplessis-Mornay pour les protestants et Jean Boucher, Guillaume Rose pour les catholiques) proclamèrent l'origine contractuelle du pouvoir et l'obligation de respecter la loi divine et le droit naturel. Ils reprirent la théorie de saint Thomas d'Aquin selon laquelle tout pouvoir vient de Dieu. Pour lutter contre le tyrannicide, saint Thomas d'Aquin recommande la prière, l'intervention du pape (3), ou la déposition du roi par un groupe représentatif. Les monarchomaques, quant à eux, affirmèrent qu'il pouvait être assassiné par un héros manifeste envoyé par Dieu. Hostile à la pression de la sainte Ligue lui « imposant » la règle de la catholicité, Henri III fit assassiner leur chef, le duc de Guise (1588) (4). Le moine Jacques Clément lui fera justice et exhala l'âme du roi tyrannique.

C'est sur cette remise en cause du pouvoir monarchique que fleurit le Grand Siècle. La monarchie absolue sera alors « un moyen pour le roi de réaliser le bien commun de son royaume » (5). Michelet, pourtant peu complaisant avec l'Ancienne France, constatait qu'il y avait eu, au XVIIème siècle, « le plus complet triomphe de la royauté, le plus parfait accord du peuple en un homme qui se soit trouvé jamais. Richelieu avait brisé les grands et les protestants, la Fronde avait ruiné le Parlement en le faisant connaître. Il ne resta debout sur la France qu'un peuple et un roi. Le premier vécut dans le second ». Mais, comme le dira le Professeur Jean-Pierre Brancourt lors du prochain colloque « La religion dans la Cité » à la Sorbonne (samedi 29 mai 2010) : « En 1700, Louis XIV écrivait à son petit fils Philippe d'Anjou devenu roi d'Espagne : « écoutez, consultez votre Conseil, mais décidez : Dieu, qui vous a fait roi, vous donnera les lumières qui vous sont nécessaires tant que vous aurez de bonnes intentions ». Mais, le 25 décembre 1792, Louis XVI notait dans son testament politique « Je recommande à mon fils s'il avait le malheur de devenir roi, de songer qu'il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu'il ne peut faire le bonheur des Peuples qu'en régnant suivant les Lois ». En moins d'un siècle le roi de France, puissant, sûr de lui, du bien-fondé de son autorité et du soutien accordé par Dieu, s'est métamorphosé en un personnage falot dont l'autorité s'est évaporée et dont l'idéal est de faire « le bonheur des peuples » en appliquant une loi castratrice et coupée de toute référence divine.

La conception du tyrannicide resurgit au XXème siècle dans une Allemagne païenne. Malgré la politique de déchristianisation menée par le régime démocratiquement élu, une résistance d'inspiration chrétienne la releva. Jean-Louis Thiériot (6) dans l'entretien qu'il accorda au Figaro hors-série Opération Walkyrie rappela que « Dans sa jeunesse, Stauffenberg avait été un catholique d'habitude. Confronté à l'horreur du nazisme, il revient à l'éducation religieuse de sa jeunesse. Il consulte les bons auteurs. Sa réflexion sur la guerre juste se nourrit de la lecture de saint Thomas d'Aquin ». Philippe Maxence dans l'Homme Nouveau (7) précisa que la Gestapo avait saisi l'encyclique de Pie XII Mit Brennender Sorge et les sermons du « Lion de Munich », Mgr von Galen, opposant irréductible au nazisme. Avant de commettre l'attentat contre Hitler, suivant l'exemple du roi Charles Ier d'Autriche qui missionna secrètement Sixte et Xavier de Bourbon-Parme d'entreprendre des négociations de Paix avec la France de Clémenceau, le vicomte-colonel Claus von Stauffenberg sollicita le Prince de la Trémoille. Curieusement, au lendemain de son entrevue avec Sir Hamilton, haut dignitaire britannique, le dernier Prince de La Trémoille rendit l'esprit.

Nicolas Chotard.

Président.

 

(1) : Selon le fameux arrêt de Parlement de Paris du 28 juin 1593 (arrêt Le Maistre), un prince étranger ne peut pas monter sur le trône de France. Cependant, il ne s'agit pas d'une règle de nationalité mais du principe de sanguinité (il faut entendre : être étranger à la famille royale).

(2) : Comme le rappelle si bien Dominique Venner dans La Nouvelle Revue d'Histoire (Janvier-Février 2010) : « Concernant le titre de l'ouvrage de Jean de Viguerie, il faut comprendre que cet excellent historien utilisait « roi bienfaisant » de façon très critique. Il visait en effet l'éducation donnée au futur Louis XVI dans l'esprit peu réaliste de Fénelon qui, dans son opposition à Louis XIV, souhaitait que les successeurs de ce dernier aient comme préoccupation dominante d'être « bienfaisants ». Et Viguerie ironise sur ce conseil qui devait coûter si cher au malheureux Louis XVI. »

(3) : Les monarchomaques protestants prétendaient que c'était le peuple qui jouait le rôle d'intermédiaire entre Dieu et le roi.

(4) : Son frère, le duc de Mayenne se déclarera Lieutenant général du Royaume.

(5) : « Les Parlements contre l'absolutisme traditionnel au XVIIIème siècle » Olivier-Martin, Paris, 1997.

(6) : Stauffenberg, Perrin

(7) : N° 1439 du 14 février 2009.

 

 

Samedi 15 mai 2010

 

 

 

 

à 20 h

Quatrième centenaire de l'assassinat d'Henri IV (14 mai 1610)

Jean-Marie Constant

Professeur émérite à l'université du Maine

Président de la Société d'études du XVIIe siècle

« Henri IV, roi d'aventure »

Tricentenaire de la chapelle du château de Versailles

Alexandre Maral

Conservateur au Château de Versailles

Commissaire de l'exposition « Une Chapelle pour le roi »

« La Chapelle royale de Versailles sous Louis XIV »

(Vidéo-conférence)

 

   

 

174, rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris VIIIe  (entrée au fond de la cour).

(M° : Saint-Philippe-du-Roule / Bus : 22, 43, 52, 83, 93)

PAF : 7 €  (Adhérent : libre participation)

Les conférences seront suivies d'une vente-dédicace autour d'un verre de l'amitié.

Fin de la manifestation : 22 h

Professeur émérite à l'université du Maine, Jean-Marie Constant est ancien directeur de recherche en histoire anthropologique, doyen de la faculté des lettres, Jean-Marie Constant est aujourd'hui  président de la Société d'études du XVIIe siècle (www.17e-siecle.org). Il est l'auteur, en particulier, d'ouvrages primés par l'Académie française : Les Guise et La Ligue.

Après de brillantes études - École du Louvre (1992), archiviste paléographe (93), docteur ès-lettres (1997) - Alexandre Maral est reçu au concours d'entrée à l'École nationale du Patrimoine (1997). Affecté comme conservateur en charge des sculptures du musée Granet d'Aix-en-Provence (1999), il se spécialise dans le domaine de la sculpture française des XVIIe et XVIIIe siècles. En collaboration avec Luc Georget et Anne Pingeot, il publie « Sculptures, la galerie du Musée Granet ».

En 2005, il accède au poste de conservateur chargé des sculptures au Château de Versailles. Depuis, il contribue à l'organisation de plusieurs expositions dont celle "La Galerie des Glaces : Charles Le Brun, maître d'Oeuvre" (2007) et de colloques dont celui "Louis XIV : l'image et le mythe" (21, 22, 23 janvier 2010).

En 2006, il a été élu membre correspondant de l'Académie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d'Aix-en-Provence.

 

Dimanche 16 mai 2010

Château de Versailles

Visite de l'exposition « Une chapelle pour le roi »

sous la conduite de Monsieur Alexandre Maral, Commissaire de l'exposition.

 

Commencée en 1699 sur les plans de Jules Hardouin-Mansart et achevé en 1710 sous la direction de Robert de Cotte, la chapelle royale représente sans doute la partie de Versailles la plus aboutie, qui a fait l'objet d'une longue maturation et pour laquelle les efforts financiers ont été considérables.

Ce magnifique édifice est la cinquième chapelle du Château, les précédentes n'ayant eu qu'un caractère provisoire.

La chapelle dédiée à Saint Louis, ancêtre et saint patron de la famille royale, est le dernier édifice construit à Versailles sous le règne de Louis XIV.

A l'occasion de son tricentenaire, l'exposition évoquera la genèse de cette étonnante chapelle, ainsi que les fastes de son histoire depuis trois siècles. Elle nous permettra de mieux comprendre les audaces architecturales et la richesse inouïe de son décor, que complétait son mobilier disparu.

 

Rendez-vous devant la grille royale dorée, en haut de la cour d'honneur à 14 h 30 (Début de la visite : 15 h)

PAF : 25 € (Adhérent : 22 € - Gratuit pour les moins de 18 ans)

Nombre de places limité. Inscription par ordre d'arrivée des chèques

 (Pour les familles et les personnes en difficultés matérielles, adhérentes ou non, nous consulter)

 

 

Chez nos amis

 

Du 12 au 22 mai 2010 : Festival de Cannes

Le film « L'Emmurement, Louis XVII, un règne sous la Terreur » de Fabrice Condominas a été sélectionné au Festival de courts métrages de Cannes. Il est produit par Yann Soitiño, chorégraphe de Combats, (http://www.maitredarme.com). En 2007, il avait animé le Bal de la Saint-Nicolas au Château de Chambord.

http://vimeo.com/11031072

 

Vendredi 14 mai 2010 : Abbaye royale d'Ourscamp (Picardie - Oise)

A 20 h 30, conférence de Jean Sévillia « Charles d’Autriche, un empereur pour la paix »

Renseignement : Librairie de l'Abbaye  (Tél. : 03 44 75 72 00)

 

22, 23 et 24 mai 2010 : Pèlerinages de Pentecôte

- Notre-Dame de Chrétienté (en union avec Rome) de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres (www.nd-chretiente.com)

- Pèlerinages de Tradition (Fraternité Saint Pie X) de Chartres à Paris (www.pelerinagesdetradition.com)

 

Samedi 29 mai 2010 : Colloque universitaire de l'Association des Amis de Guy Augé et la revue La Légitimité

sur le thème « La religion dans la Cité »

avec MM. Jean-Pierre Brancourt, Thierry Buron, Pascal Gourgues, Claude Polin, Claude Rousseau et Philippe Toulza.

de 10 h à 17 h dans la Salle des Conseils de la Faculté de Droit

12, place du Panthéon, Paris Ve

Renseignement : Association des Amis de Guy Augé (La Croix d'Épine - 61170 Saint-Agnan-sur-Sarthe)

 

Sous la présidence de Charles-Eric Rousseau, la Chouannerie Mayennaise, à l'occasion de son 30ème anniversaire, a émis un timbre postal commémoratif représentant Antoine-Philippe de La Trémoille, Prince de Talmont. Ce tableau se trouve aujourd'hui au Château de Serrant en Anjou. Initialement il faisait honneur à l'hôtel de La Trémoille à Paris avant que la demeure du dernier prince de La Trémoille ne soit vendue et ne devienne la résidence de l'ambassadeur de Serbie.

 

Catholicité

L'Express a révélé le 16 mars 2010 que la Grande Loge Nationale de France (GLNF) avait entrepris des démarches pour initier le Prince Albert II de Monaco, duc de Mayenne. Il était précisé dans le courrier envoyé le 3 mars 2009: "Je me permets de vous faire la proposition d'occuper la fonction de grand maître de la future Grande Loge régulière de la principauté de Monaco, lui écrit-il. Nous aménagerons les conditions d'une initiation secrète, où ne seraient présents que des officiers de votre choix et des hauts dignitaires de mon obédience dignes de confiance.""Vous vous doutez bien que sa réponse ne pouvait être que négative", affirme un conseiller du palais."Le prince n'a pas une bonne opinion des réseaux secrets", confie un de ses amis.

 

Dans son discours d'avènement le 12 juillet 2005, S.A.S Le Prince Albert II rappelait ses origines et les valeurs qui s'y rattachent « Venus de Ligurie, de Gênes, nous sommes les héritiers de la Grèce, de Rome et de la chrétienté : notre religion d'Etat catholique, apostolique et romaine est là pour nous le rappeler ».  De ce  catholicisme, le Prince Albert II ne peut pas ignorer l'encyclique Humanum Genus de Léon XIII (20 avril 1884) portant sur « la secte des francs-maçons ».

Le 26 novembre 1983, le Cardinal Joseph Ratzinger, Préfet de la Sacré Congrégation pour la Doctrine de la Foi rappelait « le jugement négative de l'Église sur la franc maçonnerie demeure inchangé parce que ses principes ont toujours été considérés comme incompatibles avec la doctrine de l'Église ; c'est pourquoi il reste interdit par l'Église de s'y inscrire. Les catholiques qui font partie de la franc maçonnerie sont en état de péché grave et ne peuvent s'approcher de la Sainte Communion »

 

Culture

 

En 2009, la troupe du Théâtre du Soleil a joué Tartuffe à Kaboul (République islamique d'Afghanistan) puis est venue présenter la pièce de Molière aux parisiens. Cet événement avait reçu le soutien (financier !) du Service Culturel de l'Ambassade de France, du Centre Culturel français à Kaboul, de la Ville de Paris et de la Région Rhône-Alpes.

 

 

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Lys de France

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Source : http://lys-de-france.org/qui.php

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