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7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 15:38
Via le Forum catholique, "Voici des propos hors des sentiers battus sur ce gravissime problème de la société française au bord de la guerre civile. Tout est bien senti mais il faut aller jusqu'au bout de l'enregistrement pour entendre la diatribe contre le Cardinal Ricard qui a troqué Saint-Augustin pour Rousseau! Finkielkraut

Il ridiculise les progressistes: "les progressistes disaient autrefois: 'La fin justifie les moyens' [précepte de l'illuminé sectaire Adam Weishaupt au XVIIIe siècle]. Ils ont du mal à le dire aujourd'hui. Ce discours ne fait plus recette parce que Staline est passé par là. Mais, le progressisme est insubmersible, il s'est donc replié sur une autre position. A la logique de l'efficacité (la fin justifie les moyens), on substitue la logique de l'excuse: 'La cause justifie les moyens'. Et donc il y a une sorte de course à la désimputation des coupables: soit on dissimule leurs origines ("il est jeune", etc.), soit quand on est obligé de la reconnaître et de l'admettre, on dénonce aussitôt leurs conditions de vie (le mal que font ces gens-là vient du malheur, le malheur vient de l'inégalité, l'inégalité c'est la droite.) ...

"Je ne sais pas si on peut trouver des remèdes, mais il faut regarder la réalité en face et à ce moment-là, la seule chose que l'on pourrait espérer, c'est une éducation sévère. Rigoureuse et sévère. Mais cela l'institution ne le veut pas. Et les évêques non plus ne le veulent pas. J'ai été complètement aterré par leurs déclarations [des évêques de France]. Et voici ce que l'archevêque de Bordeaux, Président de la Conférence des Evêques de France a déclaré, Mgr Jean-Pierre Ricard: 'La répression et l'incitation à la peur collective ne sont pas une réponse à la hauteur de ces tensions dramatiques de notre société. Il est vital d'ouvrir à ces nouvelles générations souvent en mal d'espoir, un avenir de liberté, de dignité et de respect de l'autre.' 
Alors voir l'Eglise de France, si vous voulez, abandonner complètement la vision augustinienne du mal, pour cette espèce de rousseausime délavé, c'est absolument navrant. Plus personne ne peut tenir un langage de vérité. Je crois qu'on va s'avancer vers le pire. Et l'institution scolaire, elle-même, suivra peut-être les conseils des évêques?"...

Sur
Dailymotion ("Finkielkraut aime Benoît XVI"), Finkielkraut analyse l'élection du cardinal Ratzinger qu'il salue. Et mentionne, d'une façon surprenante (pour un juif), l'intervention de l'Esprit-Saint (1ère partie de l'entretien): 

"L'esprit du temps s'est fâché; il n'a pas pardonné cette incartade à l'Esprit-Saint. L'Esprit-Saint aurait du obéir à l'esprit du temps, visiblement il n'a pas voulu le faire. D'où la colère de ceux qu'on devrait appeler les vrais gardiens du Magistère. Les préfets de la Congrégation pour la propagation de la doctrine de la foi progressiste et médiatique ont, avec une grande vigueur, excommunié le pape. Ils attendaient Zapatero Ier, ils ont eu Ratzinger Benoît XVI. Cela ne leur a pas fait plaisir".

Or, seuls les catholiques croient à l'intervention de l'Esprit-Saint lors de l'élection d'un nouveau pape.

Deuxième partie de l'entretien, sur le discours progressiste de la libération, Finkielkraut explique :

"Et ce pape pensant, que nous dit-il? He bien, il nous dit que le monde actuel est en proie au nihilisme de l'indifférentiation. A force de libération, tout commence à s'équivaloir. Plus de différence entre les adultes et les enfants, entre les sexes. Tout s'équivaut, tout est interchangeable. Et la question, c'est: voulons-nous d'un monde absolument indifférencié? Ne devons-nous pas penser à notre tour et maintenant au moyen de nous libérer de ce processus de libération continuelle?

"Deuxième question, qui va dans le même sens: voulons-nous d'un monde exclusivement et totalement profane? Si la sécularisation, c'est la profanation de toutes choses, n'a-t-elle pas manqué son but? Et cela des laïques peuvent se le demander aussi bien que des religieux. Or, c'est précisément la question que pose Benoît XVI."

La diatribe contre des évêques qui troquent Saint-Augustin contre
Rousseau, l'Esprit-Saint, la libération du processus de libération continuelle, autant de réflexions que l'on entend régulièrement chez nous. Alain Finkielkraut, quand vous faites-vous baptiser?

Lire aussi:

Le jour et la nuit, la liberté et la servitude
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