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26 août 2007 7 26 /08 /août /2007 07:13

Le 26 août 1789 était proclamée la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Un auteur, Edmund Burke, en fit une critique systématique dès 1790, en des termes précis qui sapent les fondements argumentaires de l'idéologie nouvelle.

Prétendre que "les hommes naissent libres et égaux en droits" (article 1er de la
Déclaration des droits de l'Homme) est un mensonge que la réalité contredit. Il est d'abord impossible que "chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant..." (J.-J. Rousseau, Du contrat social, liv. I, ch. VI.) Ensuite, à l'âge d'une minute, les hommes sont-ils libres? Et selon la thèse égalitaire, à ce même âge, sont-ils aussi libres que père et mère?... La réponse à ces questions est naturellement négative et vient contredire directement l'article 1er de la déclaration: "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits". C'est pourtant à partir de cette prémisse qu'est bâtie toute la société moderne

L'irlandais Edmund Burke qui se présenta comme un défenseur de la Loi naturelle dans ses grands combats "libéraux", s'éleva dès 1790 contre la prétendue filiation du libéralisme français avec le libéralisme anglais. Il était alors considéré comme un des grands penseurs libéraux britanniques siégeant au Parlement anglais avant de se fâcher résolument avec ses amis quand il prit ouvertement le parti contre-révolutionnaire français. Alors que Maurras pense "que le libéralisme anglais ne soit point un libéralisme, c'est ce qu'il est un peu trop facile de voir..." (Charles Maurras, Kiel et Tanger, La République française devant l'Europe 1895-1921, Bibliothèque des Œuvres Politiques Versailles, Évreux 1928, p. 104), Edmund Burke, en 1790 écrivait que le prétendu libéralisme en France n'était qu'une corruption du libéralisme anglais... Depuis l'époque où E. Burke écrivait, le libéralisme anglais a malheureusement plus ou moins suivi les erreurs du jusqu'auboutisme idéologique de son pendant français. Il est bon aujourd'hui d'en retracer une rétrospective historique pour sortir de l'ornière despotique du code moderne.

Pour Burke, la Révolution dite "française" de 1789 repose sur des principes totalement étrangers au libéralisme. Il commence d'abord par observer que dans la Déclaration britannique des droits de 1689, "on ne trouve, écrit-il, pas un mot ni même une allusion concernant un droit général 'de choisir nous-mêmes ceux qui nous gouvernent; de les destituer pour cause d'indignité; d'instituer notre propre forme de gouvernement'..." (Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France, 1790, Pluriel Histoire, Paris 2004, p. 21). Il écrit ensuite que "si l'on s'accordait sans scrupule la facilité de changer de régime autant et aussi souvent et d'autant de manières qu'il y a de fluctuations dans les modes et dans les imaginations, on romprait toute la chaîne et toute la continuité de la chose publique. Il n'y aurait plus aucun lien d'une génération à l'autre. Les hommes ne vaudraient guère mieux que les mouches d'un été...." (Edmund Burke, ibid., p. 120).

"
Chaque membre de la société renonce au premier droit fondamental de l'homme naturel, celui de juger par lui-même et de défendre son propre droit. Il abdique le droit d'être son propre gouverneur. ... Les hommes ne peuvent jouir à la fois des droits de l'état de nature (uncivil) et de ceux de la société civile. Pour obtenir justice, l'individu renonce au droit de la déterminer dans ce qui lui importe le plus. Et pour s'assurer d'un certain degré de liberté, il s'en déssaisit en totalité pour en confier la garde à d'autres instances" (ibid., p. 75-76). Ce mot de Burke implique naturellement que pour vivre en société, l'homme n'est pas libre de d'être son propre gouverneur, il abdique ce droit naturel en vue d'obtenir une plus grande liberté, la justice. Autrement dit l'homme n'est pas libre de se choisir ses propres gouvernants sans amener la ruine de la société. Prétendre que les hommes naissent libres est une monumentale tromperie (idéologique), le mensonge premier qui conduit pratiquement la société à l'anarchie (on ne le voit que trop aujourd'hui...) et l'homme à la mort. La liberté n'est pas un droit (un droit que l'on acquerrait à la naissance), elle est une faculté; Léon XIII disait qu'elle est "la faculté de se mouvoir dans le bien".

"Nous ne sommes, dit-il, ni les catéchumènes de Rousseau ni les disciples de Voltaire; et
Helvétius n'a guère pénétré chez nous. Les athées ne sont pas nos prédicateurs, ni les fous nos législateurs. Nous savons bien qu'en morale nous ne pouvons nous prévaloir d'aucune découverte; mais c'est que nous pensons qu'en la matière il n'y a pas de découvertes à faire, et fort peu quant aux grands principes de gouvernement et aux idées de liberté, qu'on comprenait tout aussi bien longtemps avant que nous fussions au monde qu'on les comprendra lorsque la terre se sera refermée sur notre présomption et que le silence de la tombe aura mis fin à notre impudent verbiage" 

(Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France, 1790, Pluriel Histoire, Paris 2004, p. 109).

Concluons avec Oliveira Salazar: 

"Nous sommes antilibéraux, mais pourquoi? Parce que nous voulons garantir les libertés publiques..." (
Oliveira Salazar, Une Révolution dans la paix, Paris 1957, p. XXXII).

                                                                   ***

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Une critique détaillée de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen

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