Étant donné que la liturgie est à l'ordre du jour du consistoire extraordinaire des cardinaux convoqué par le pape Léon XIV cette semaine, l'un des plus anciens membres du clergé traditionaliste français a envoyé aux membres du Sacré Collège une lettre proposant une nouvelle voie pour l'ancien rite romain dans l'Église catholique.
Publiée ici exclusivement en traduction française et anglaise, la lettre vise à ouvrir un dialogue constructif et à fournir un cadre pastoral stable aux communautés et aux fidèles consacrés à la liturgie romaine traditionnelle.
Écrite par le père Louis-Marie de Blignières, fondateur de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, et datée du 24 décembre, la lettre a été envoyée en version papier à quinze cardinaux connus pour leur intérêt pour la liturgie traditionnelle, et à une centaine de cardinaux supplémentaires par courrier électronique. À la base se trouve une proposition visant à établir une juridiction ecclésiastique - sur le modèle des ordinariats militaires - dédiée au vetus ordo, offrant une structure canonique qui respecte à la fois la tradition et la communion avec le Saint-Siège.
Le père de Blignières, 76 ans, est largement considéré comme ayant une autorité morale considérable et une vaste expérience du mouvement traditionaliste. En 1988, à la suite des consécrations épiscopales illicites de Mgr Marcel Lefebvre, le père de Blignières faisait partie du clergé qui a engagé le dialogue avec le pape Jean-Paul II, contribuant ainsi aux discussions qui ont conduit à la création de la Commission pontificale Ecclesia Dei pour réconcilier les groupes attachés au rite traditionnel. Il a été prieur de la Fraternité Saint-Vincent Ferrer depuis sa fondation en 1979 jusqu'en 2011, puis de 2017 à 2023, où il a dirigé la communauté pendant plus de trois décennies pendant deux mandats.
Le concept d'une juridiction ecclésiastique dédiée à l'Ancien Rite n'est pas nouveau et a été discuté, en particulier parmi les communautés traditionalistes françaises, au cours de la dernière décennie. Ces conversations, cependant, ont été largement interrompues après le motu proprio du pape François en 2021, Traditionis Custodes, qui imposait de sévères restrictions au vetus ordo.
Pour comprendre comment une telle juridiction pourrait fonctionner dans la pratique, Diane Montagna a interrogé le père Matthieu Raffray, supérieur du district européen de l’Institut du Bon Pasteur et ancien professeur de philosophie à l’Angelicum de Rome. Le père Raffray, qui connaît bien la lettre et soutient sa proposition, apporte une vaste expérience pastorale et institutionnelle, ainsi qu'un apostolat des médias sociaux qui a conduit de nombreuses personnes - en particulier des jeunes adultes - à se convertir ou à revenir à la foi catholique.
Dans cette interview, elle discute de la façon dont une juridiction ecclésiastique dédiée à l'ancienne liturgie romaine pourrait fonctionner, de sa relation avec les communautés ex-Ecclesia Dei, à la formation sacerdotale, en passant par son impact sur la célébration de la liturgie traditionnelle dans les diocèses existants.
Le père Raffray note que la lettre n'a pas été envoyée au pape Léon XIV et qu'elle n'est pas une "requête ou une demande". Il s'agit plutôt d'une "hypothèse de travail adressée aux cardinaux" avant le consistoire du 7 au 8 janvier, et il faudrait naturellement l'examiner et la développer davantage, en particulier avec l'aide des canonistes.
Une telle approche, dit-il, reconnaît dès le départ que cette proposition n'est pas la seule solution possible. Il est probable que certains membres des communautés traditionnelles ne soient pas favorables à cette voie ou suggèrent d'autres voies d'étude. La lettre ne cherche pas à imposer une réponse uniforme, mais à ouvrir une discussion sérieuse et raisonnée.
Selon le Père Raffray, l'élément le plus positif de la lettre est son approche constructive et proactive qui vise à renforcer "l'unité ecclésiale, dans un esprit de communion et au service du Saint-Siège".
Ici est l'entretien de Diane Montagna avec le Père Matthieu Raffray:
ROME, 5 janvier 2026 — Alors que la liturgie figure à l'ordre du jour du consistoire extraordinaire des cardinaux convoqué cette semaine par le pape Léon XIV, l'un des plus hauts dignitaires traditionalistes du clergé français a adressé aux membres du Sacré Collège une lettre proposant une nouvelle voie pour l'ancien rite romain dans l'Église catholique.
Publiée ici exclusivement en français et en traduction anglaise , cette lettre vise à ouvrir un dialogue constructif et à fournir un cadre pastoral stable aux communautés et aux fidèles attachés à la liturgie romaine traditionnelle.
Diane Montagna (DM) : Père Raffray, quel est l'objectif principal de la lettre envoyée aux cardinaux par le Père de Blignières ?
Le Père Matthieu Raffray (MR) : Son objectif principal est de proposer une solution ecclésiale stable et constructive à une opposition qui, depuis de nombreuses années, s'est enlisée dans la division de l'Église : celle entre les personnes attachées au rite latin ancien et celles qui s'y opposent. Constatant l'impasse pastorale et humaine engendrée par ce conflit récurrent, le texte cherche à dépasser la confrontation et à ouvrir une voie positive au service de la communion ecclésiale.
Cette opposition prolongée a engendré de réelles souffrances, notamment au sein des communautés attachées à la liturgie traditionnelle, souvent fragilisées institutionnellement et parfois confrontées à des attitudes laissant entendre qu'elles n'ont aucun avenir légitime au sein de l'Église. La lettre prend cette réalité au sérieux et souligne l'urgence d'une solution juste, pacifique et durable.
Dans cette perspective, elle propose l’érection d’une juridiction ecclésiastique dédiée – telle qu’une administration apostolique personnelle ou un ordinariat – offrant un cadre canonique stable aux prêtres et aux fidèles pleinement en communion avec le Saint-Siège et attachés à l’ancien rite latin. Loin de présenter cette liturgie comme une menace ou un repli nostalgique sur un passé idéalisé, le texte souligne sa fécondité actuelle comme authentique moyen de sanctification et d’évangélisation, particulièrement dans les sociétés fortement sécularisées.
Ainsi, cette lettre ne vise pas à raviver une controverse liturgique, mais à proposer une réponse institutionnelle pragmatique, dans la continuité de la tradition vivante de l’Église, qui a maintes fois conçu des structures juridiques pour préserver l’unité tout en respectant la diversité légitime. Son mérite particulier réside dans la proposition d’une solution constructive à une impasse, plutôt que dans l’ouverture d’une nouvelle phase de confrontation interne.
(DM):
La lettre propose une juridiction ecclésiastique analogue, à certains égards, aux ordinariats militaires. Pour les lecteurs qui ne connaissent pas ces structures, pourriez-vous expliquer comment fonctionnerait la juridiction proposée, notamment en ce qui concerne la juridiction cumulative et les relations avec les évêques locaux des diocèses existants ?
(MR) : La lettre s’appuie sur l’analogie des ordinariats militaires pour montrer comment la solution proposée pourrait s’intégrer harmonieusement aux structures diocésaines existantes. Un ordinariat militaire est une juridiction ecclésiastique personnelle, définie non par un territoire mais par les personnes qui y appartiennent en raison d’un besoin pastoral particulier. En l’espèce, ce besoin consisterait en un attachement libre et volontaire à la liturgie traditionnelle.
La juridiction proposée chevaucherait donc les diocèses territoriaux sans les remplacer, dans un cadre de complémentarité et de communion. L’évêque chargé de cette structure – au niveau d’un pays ou d’une aire linguistique – travaillerait en coordination avec les évêques diocésains afin de discerner, selon les contextes locaux, les dispositions pastorales les plus appropriées.
Un point essentiel de cette proposition est qu’elle ne vise pas à isoler les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle, mais plutôt à leur offrir un cadre pastoral clair et légitime, accessible à tous ceux qui peuvent en bénéficier, que ce soit de manière temporaire ou permanente. Placée sous l’autorité du Saint-Siège et en harmonie avec les Ordinaires du lieu, une telle juridiction pourrait ainsi contribuer à une pastorale plus sereine, au service de la communion et de l’unité au sein de l’Église.
Que signifierait concrètement la création d'un Ordinariat ou d'une juridiction ecclésiastique personnelle pour le Vetus Ordo pour les anciennes communautés Ecclesia Dei , comme la vôtre ? Ces communautés seraient-elles placées sous l'autorité d'un tel Ordinariat ? Compte tenu de leur diversité, comment seraient prises en compte les questions d'autonomie et de charisme ?
Concrètement, une telle solution n’entraînerait aucun changement substantiel du statut ni de la vie interne des communautés autrefois rattachées à la Commission Ecclesia Dei. Ces instituts conserveraient leur autonomie canonique, leur gouvernance propre et leur charisme spécifique. Comme c’est déjà le cas, leurs prêtres pourraient être mis au service de différentes réalités ecclésiales par le biais d’accords clairement définis : soit au sein de diocèses territoriaux, soit, lorsque les besoins pastoraux l’exigent, au sein de l’Ordinariat proposé ou de la juridiction personnelle.
Les relations entre ces communautés, l’autorité de l’Ordinariat et les évêques diocésains seraient régies par des dispositions canoniques claires, garantissant le respect des compétences respectives de chacun et une pleine communion ecclésiale. Une telle configuration permettrait de mettre l’expérience liturgique et pastorale de ces communautés au service de l’Église sans les absorber ni les uniformiser, tout en offrant un cadre juridique plus stable et intelligible à leur mission.
Comment la formation sacerdotale serait-elle organisée au sein d'une telle juridiction ecclésiastique ? Prévoirait-elle ses propres séminaires, des séminaires partagés ou une coopération avec les institutions existantes ? Comment la formation garantirait-elle à la fois la fidélité à la tradition et la pleine communion ecclésiale ?
En principe, un ordinariat ou une juridiction ecclésiastique personnelle pourrait avoir son propre séminaire, pourvu que les conditions pastorales, humaines et institutionnelles le permettent. Une telle possibilité exigerait cependant un discernement prudent et progressif et ne saurait être envisagée de manière uniforme ou immédiate.
En pratique, l’organisation de la formation sacerdotale devrait être adaptée aux réalités de chaque pays ou zone géographique. Selon le contexte, elle pourrait prendre diverses formes : la création de séminaires dédiés lorsque le nombre de candidats et la stabilité des structures le justifient ; des programmes de formation dispensés au sein des séminaires diocésains ; ou encore une formation assurée dans des séminaires ou maisons de formation appartenant à des communautés spécialisées dans la célébration de la liturgie traditionnelle. Des solutions mixtes pourraient également être envisagées, permettant une formation commune dans certaines disciplines académiques tout en garantissant une formation liturgique et spirituelle spécifique.
Une telle approche progressive et pragmatique, fondée sur de réels besoins pastoraux, apporterait les garanties nécessaires pour assurer à la fois la fidélité à la tradition liturgique et doctrinale propre au Vetus Ordo et la pleine insertion dans la communion ecclésiale, sous l'autorité du Saint-Siège et en coordination avec les structures de formation existantes de l'Église.
Quels effets pratiques l'établissement d'une telle juridiction aurait-il sur l'utilisation du Vetus Ordo au sein des diocèses existants, et sur le clergé diocésain qui souhaite le célébrer ?
L’établissement d’une juridiction ecclésiastique personnelle dédiée au Vetus Ordo aurait des conséquences essentiellement pastorales et pragmatiques, à apprécier au cas par cas , selon les circonstances locales. Dans les diocèses où l’évêque et les fidèles concernés sont satisfaits des dispositions existantes, il ne serait pas nécessaire de modifier l’organisation actuelle : le Vetus Ordo pourrait continuer d’être pleinement appliqué dans le cadre diocésain ordinaire.
En revanche, dans les situations de tension ou lors de l'émergence d'un nouveau groupe de fidèles, la juridiction proposée offrirait un cadre clair de médiation et de coordination. Dans ces cas, il appartiendrait à l'ordinaire de la juridiction personnelle d'engager un dialogue avec l'ordinaire diocésain afin de déterminer les solutions pastorales les plus appropriées, dans le respect des compétences respectives de chacun et pour le bien des fidèles.
Concernant le clergé diocésain, plusieurs possibilités peuvent être envisagées. Les prêtres diocésains pourraient être mis à la disposition de la juridiction personnelle pour une durée limitée ou solliciter une incardination permanente au sein de celle-ci. Cette pratique s'inscrirait dans un modèle canonique déjà bien établi, comparable à celui des prêtres diocésains affectés, temporairement ou définitivement, au service des ordinariats militaires.
Ainsi comprise, la création d'une telle juridiction n'aurait pas pour but de priver les diocèses de leur clergé ni d'imposer des solutions rigides, mais plutôt d'offrir une flexibilité canonique capable de répondre plus sereinement aux besoins pastoraux liés à l'utilisation du Vetus Ordo , au service de la paix et de la communion ecclésiales.
Compte tenu du chevauchement géographique entre les diocèses et la juridiction ecclésiastique proposée, cette structure pourrait-elle offrir des solutions dans des situations impliquant des fermetures d'églises, des bâtiments sous-utilisés ou un déclin de la vie paroissiale ?
La question des lieux de culte et des structures paroissiales appelle une fois de plus des réponses différenciées, fondées sur un discernement pastoral pragmatique et attentives aux réalités locales. La coexistence géographique de diocèses territoriaux et d'une juridiction ecclésiastique personnelle permettrait d'offrir des solutions flexibles à une grande diversité de situations.
Dans certaines régions du monde, notamment en Europe, où un nombre croissant d'églises sont fermées ou sous-utilisées, une telle juridiction pourrait apporter une réponse pastorale fructueuse. Les édifices religieux pourraient être confiés à l'Ordinariat par les évêques diocésains au moyen d'accords clairement définis, garantissant ainsi la préservation du patrimoine ecclésiastique et le rétablissement d'une vie liturgique et pastorale stable.
Dans d’autres contextes, par exemple en Amérique latine ou en Asie, où les dynamiques ecclésiales sont différentes et où les besoins pastoraux sont davantage axés sur la croissance que sur la restructuration, l’Ordinariat pourrait encourager la construction de nouveaux lieux de culte, avec le soutien des communautés locales. Selon les circonstances, l’acquisition de bâtiments existants adaptés à un usage liturgique et pastoral pourrait également être envisagée.
Ainsi, de par sa nature personnelle et sa capacité de coordination avec les ordinaires locaux, une telle juridiction serait bien placée pour contribuer de manière réaliste et ordonnée à la gestion des lieux de culte, en soutenant la vitalité pastorale là où elle est fragile et en favorisant une utilisation plus fructueuse des ressources ecclésiales existantes, toujours dans un esprit de communion et de respect des responsabilités des évêques diocésains.
Comme le souligne la lettre, cette solution a déjà été proposée à plusieurs reprises. Le pape Benoît XVI a institué les Ordinariats anglicans par la Constitution apostolique Anglicanorum coetibus de 2009 , mais a opté pour une approche différente – Summorum Pontificum – pour traiter le Vetus Ordo. Pourquoi pensez-vous qu'une juridiction personnelle serait une solution appropriée, voire préférable, aujourd'hui ?
Depuis la promulgation de Summorum Pontificum , les communautés et groupes traditionalistes ont tenté de collaborer directement avec les paroisses et les diocèses. Or, force est de constater que cette approche a porté ses fruits dans certains endroits, tandis qu'elle a échoué dans d'autres. Il semble donc judicieux de rechercher une nouvelle solution plutôt que de revenir à Summorum Pontificum.
La pertinence actuelle d'une solution fondée sur l'établissement d'une juridiction ecclésiastique personnelle repose avant tout sur une clarification théologique. En effet, les différentes approches du Vetus Ordo ont mis en lumière une réelle tension concernant son statut liturgique. Le pape Benoît XVI, dans Summorum Pontificum, a proposé une interprétation unificatrice en parlant de deux formes – ordinaire et extraordinaire – d'un seul rite romain. Le pape François, en revanche, a explicitement affirmé qu'il n'existe qu'une seule forme du rite romain, à savoir celle issue de la réforme liturgique.
Face à cette contradiction apparente, la solution la plus cohérente semblerait être la reconnaissance, de facto sinon de jure , de l’existence de deux rites latins distincts : un rite latin ancien ou traditionnel et un rite latin réformé. Une telle reconnaissance permettrait de dépasser une opposition conceptuelle devenue de plus en plus difficile à maintenir, tout en offrant un cadre théologique et canonique plus clair.
La coexistence pacifique de deux rites latins serait, de surcroît, conforme à la tradition même de l’Église, qui a depuis longtemps su concilier pluralité de rites et unité de communion ecclésiale. Elle correspond également à l’image évangélique du sage maître de maison qui "tire de son trésor ce qui est nouveau et ce qui est ancien", reconnaissant ainsi que la fécondité de la tradition ne réside pas dans l’exclusion, mais dans l’intégration harmonieuse de ce qui a été reçu et de ce qui a été développé.
Dans cette perspective, une juridiction ecclésiastique personnelle apparaîtrait non seulement comme une solution pastorale, mais aussi comme l’expression institutionnelle appropriée d’une réalité théologique qui a désormais atteint sa pleine maturité : à savoir, l’existence de deux rites latins appelés à coexister pacifiquement, au service de l’unité de l’Église et de sa mission d’évangélisation.
La lettre a-t-elle été envoyée au pape Léon XIV ?
À ma connaissance, le texte n'a pas été adressé directement au Pape. Ce point est significatif, car la lettre ne se présente ni comme une requête ni comme une demande, mais plutôt comme une hypothèse de travail adressée aux cardinaux dans un contexte préparatoire. Elle est proposée comme une contribution à la réflexion, destinée à être examinée et approfondie, notamment avec l'aide des canonistes.
Cette approche reconnaît d'emblée que cette proposition n'est pas la seule solution envisageable. Il est probable que certains membres des communautés traditionnelles ne soient pas favorables à cette voie ou suggèrent d'autres pistes de recherche. La lettre ne vise pas à imposer une position uniforme, mais à ouvrir un débat sérieux et argumenté.
Ce qui ressort le plus positivement de ce texte, c'est précisément cet esprit constructif. Les communautés traditionalistes ont souvent été critiquées pour leur attitude essentiellement réactive ou critique. Ici, au contraire, la lettre cherche à contribuer activement à l'édification de l'unité ecclésiale, dans un esprit de communion et au service du Saint-Siège.
Source :
https://dianemontagna.substack.com/p/exclusive-letter-to-cardinals-offers
J’ai répondu aux questions de @dianemontagna sur la proposition d’une juridiction propre à la liturgie traditionnelle.
— Abbé Matthieu Raffray (@AbbeRaffray) January 5, 2026
Il est temps de sortir du conflit par le haut : construire, dans la paix et la fidélité à Rome, une solution juste, durable et féconde pour l’Église. https://t.co/Ny1eDkvOGX
Add. 07-01-2026À la veille du consistoire, un prêtre exhorte à une nouvelle structure canonique pour résoudre le blocage de la messe en latin.
Alors que les cardinaux se réunissent cette semaine en un consistoire extraordinaire convoqué par le pape Léon XIV les 7 et 8 janvier, un prêtre traditionaliste français a adressé un mémorandum aux membres du Sacré Collège des cardinaux proposant la création d'une juridiction ecclésiastique spécifiquement structurée pour superviser la célébration de la messe traditionnelle en latin, dans le but de résoudre la crise liturgique qui a marqué l'Église ces dernières années.
La lettre, datée du 24 décembre 2025 et rendue publique par la journaliste américaine Diane Montagna, a été écrite par le père Louis-Marie de Blignières, fondateur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier en 1979 et figure importante du mouvement Ecclesia Dei post-1988 , qui a participé au dialogue avec saint Jean-Paul II suite aux consécrations épiscopales illicites de l'archevêque Marcel Lefebvre.
[...]
D'autres personnalités de l'Église ont toutefois déjà exprimé des réserves.
Le père Pierre Amar, prêtre du diocèse de Versailles près de Paris et également bien connu sur les réseaux sociaux, a affirmé que si une juridiction dédiée est « une solution », ce n'est « pas la meilleure » à son avis, prévenant qu'elle pourrait « isoler les traditionalistes au sein d'une structure, alors que le contact et l'interaction sont une source d'enrichissement pour tous ».
Cf. https://www.catholicnewsagency.com/news/268933/ahead-of-consistory-priest-urges-new-canonical-structure-to-resolve-latin-mass-standoff
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