Dire : "Dieu est sadique parce qu’il guérit après avoir laissé souffrir" repose sur une erreur métaphysique.
Selon saint Thomas d’Aquin, Dieu ne veut jamais le mal (ST I, q.19, a.9). La souffrance n’est pas voulue comme fin ni comme moyen. Elle est permise, car le mal n’a pas d’être propre : c’est une privation.
Dire que Dieu "aurait dû guérir plus tôt" suppose que la santé est un droit absolu que Dieu serait tenu de garantir. Or, pour nous, Dieu ne doit rien à la créature par justice stricte : l’existence elle-même est déjà un don gratuit.
Le miracle n’est donc pas la réparation d’une injustice, mais une surabondance de grâce (Cajetan). Si Dieu guérissait toujours immédiatement, il n’y aurait plus de miracle, mais une nature mécaniquement garantie.
Quand l’Évangile dit que la maladie sert à manifester la gloire de Dieu (Jn 9,3), cela ne signifie pas que Dieu inflige la souffrance pour se glorifier. Jean de Saint-Thomas disait : la souffrance n’est pas instituée pour la gloire de Dieu, elle est ordonnée à une restauration plus profonde.
Enfin, l’accusation de sadisme s’effondre sur un point décisif :
Dieu n’est pas extérieur à la souffrance qu’il permet.
Dans le Christ, Dieu touche le lépreux, assume l’impureté, souffre et meurt.
Un sadique utilise la douleur des autres.
Le Dieu chrétien entre lui-même dans la douleur qu’il permet.
Conclusion :
L’objection projette une morale d’agents finis sur l’Acte pur.
Ce n’est d'ailleurs pas le thomisme qui justifie la souffrance mais c’est bien l’objection qui suppose une métaphysique du "droit au bonheur" étrangère au christianisme.
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