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Saint Grégoire opéra tant de prodiges, que, de son vivant, il fut appelé le Thaumaturge, c'est-à-dire faiseur de miracles.[1]
Grégoire le Thaumaturge (né vers 213 à Néocésarée en Cappadoce maritime d'une famille païenne et mort vers 275 dans la même ville) est un évêque de Néocésarée (actuelle Niksar) dans la région du Pont (aujourd'hui de la mer Noire, Turquie) où il a largement contribué à la diffusion du christianisme. Ses écrits ont aidé au développement de la doctrine de la foi, et il est devenu célèbre pour avoir accompli un grand nombre de guérisons et de miracles notoires.
Il se révéla très tôt être d'une intelligence hors du commun. Dès son enfance il eut le sentiment de la vérité du christianisme. Encore adolescent, il embrassa la foi chrétienne. Il contemplait l'harmonie du monde créé, délaissant les liaisons dangereuses que ses amis lui proposaient.[2]
Il perdit son père à l’âge de 14 ans, et il nous apprend lui-même qu’à cette époque un rayon de la grâce illumina son âme et lui fit comprendre la fausseté de la religion païenne. Sa mère lui fit suivre le plan d’études que son père avant de mourir avait eu la précaution de tracer. Destiné au barreau, Grégoire apprit la rhétorique, où il acquit les plus légitimes succès, la langue latine, et le droit romain. [3]
Peu après le décès de son père, il quitte sa ville natale pour se rendre avec sa sœur à Césarée. Il espère, depuis Césarée, pouvoir se rendre ensuite à Béryte pour y étudier le droit romain.
Mais arrivé à Césarée, Grégoire découvre que la ville abrite Origène, fameux théologien chrétien qui y a trouvé refuge après avoir dû quitter Alexandrie. Curieux, Grégoire va l'écouter et est fasciné par son enseignement. Origène lui montre le ridicule de la religion païenne, et que la philosophie est la seule étude digne de fixer l’attention d’un esprit sérieux.
Il reçoit alors le baptême chrétien, puis devient élève et disciple d'Origène, ce qu'il reste pendant cinq à sept ans.
Quoique simple catéchumène, sa conduite fut si régulière que les autres étudiants la prirent pour une censure tacite de la leur. Dans leur méchanceté, ils suscitèrent contre lui une infâme prostituée qui s’en vint demander à Grégoire, occupé à traiter des questions de la philosophie avec ses amis, le paiement de ce qu’il lui devait pour ses complaisances. Les amis de Grégoire entendant de pareilles paroles s’apprêtaient à chasser cette malheureuse, mais lui, conservant toute la sérénité de son âme : « Donnez-lui, dit-il à un de ses amis, ce qu’elle demande afin que nous puissions continuer notre démonstration. » Devant cette réponse, quelques-uns de ses amis commencèrent à former des soupçons sur son innocence, mais ils furent bientôt dissipés. A peine cette femme eut-elle reçu l’argent que le démon s’empara d’elle. Les yeux hagards, la bouche écumante, elle se roule*a à terre dans d’horribles convulsions ; Grégoire touché de compassion invoqua le Christ en sa faveur et força le démon à s’enfuir aussitôt. Ce fut le premier miracle de saint Grégoire.
"Servez-vous, lui écrivit Origène, des talents que Dieu vous a donnés pour la défense de la religion du Christ, et pour cela, ayez surtout soin de joindre la prière à l'étude."
Il quitte son maître et retourne dans sa ville natale dans le but de s'y dédier à la prière. Grégoire peut occuper les plus hautes places; il préfère vendre tous ses biens, en donner le prix aux pauvres et se retirer dans la solitude pour y converser seul à seul avec Dieu. Il doit bientôt accepter le fardeau de l'épiscopat. Instruit des intentions de Phédime d'Amasée, évêque très pieux et doué de l’esprit de prophétie, qui ayant entendu parler de ses vertus, désirait le consacrer évêque de Néocésarée, Grégoire se mit à errer de solitude en solitude, pour éviter la lourde charge dont sa modestie s’effrayait. Phédime voyant qu’il ne pourrait jamais faire consentir Grégoire à accepter l’épiscopat, et poussé par l’esprit de Dieu, ne craignit pas de l’élire, malgré son absence, évêque de Néocésarée, ville qui comptait une infinité d’idolâtres et seulement dix-sept chrétiens.
Redoublant alors de jeûnes et de mortifications, il prie le Seigneur avec larmes, de lui prêter aide et secours pour la conversion du peuple confié à ses soins, et pour pouvoir le préserver des atteintes de ceux qui mêlent leurs erreurs à la pure doctrine de Jésus-Christ.
Son œuvre pastorale ainsi que les nombreux miracles qu'il fait évangélisent la région, qui était initialement païenne, et très rapidement, le nombre de fidèles s'accroît considérablement. [4]
Sa science et ses miracles lui donnent une influence étonnante. Grégoire était un homme doué de l'esprit des Apôtres et des Prophètes.
L'un des cas le plus ancien d'apparition mariale (avec Notre-Dame du Pilier en Espagne) date des années 240, lorsque Notre-Dame et saint Jean l'évangéliste apparaissent à Grégoire et lui transmettent une "mystagogie" de théologie trinitaire afin de l'instruire sur le mystère de la Sainte Trinité que les conciles œcuméniques ultérieurs affirmeront pleinement et dogmatiseront.[5] Cette apparition de la Vierge Marie et de saint Jean à saint Grégoire le Thaumaturge au IIIe siècle témoigne de l'intérêt que les saints du ciel portent à nos affaires terrestres et du fait que Dieu se sert parfois d'eux pour nous aider.
Pendant trente ans à Néocésarée, dans l'actuelle Turquie, il joua un rôle déterminant dans la défense de la doctrine orthodoxe de la Trinité contre diverses hérésies durant les décennies précédant le concile œcuménique de Nicée en 325. L'une de ces hérésies était le sabellianisme (ou "modalisme"), qui enseignait que le Père, le Fils et le Saint-Esprit n'étaient pas trois personnes, mais trois "modes" d'une seule personne divine.
L'apparition de la Vierge Marie et de saint Jean à saint Grégoire rapportée par saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), un grand Père de l'Église orientale qui a écrit au IVe siècle, entre 379 et 380 environ, le principal récit antique de la vie de saint Grégoire le Thaumaturge dans sa Vie de saint Grégoire le Thaumaturge. La Vierge Marie et saint Jean ont transmis à saint Grégoire un credo qui exposait une formulation orthodoxe de la doctrine trinitaire, ce qui lui fut sans doute d'une grande aide pour défendre la foi contre les hérétiques. L'apparition de la Vierge Marie et de saint Jean à saint Grégoire le Thaumaturge eut apparemment lieu juste après son ordination épiscopale. Comme il mourut en 270 et fut évêque pendant les trente dernières années de sa vie, cela signifie que l'apparition se produisit aux alentours de l'an 240.
Les détails de l'apparition sont consignés comme suit (§§28-33) 1 :
(§28) Ainsi, lorsqu’il [saint Grégoire le Thaumaturge] s’était ainsi, bon gré mal gré, soumis à l’autorité, et après avoir reçu toutes les cérémonies requises [son ordination épiscopale], et ayant demandé un peu de temps à celui qui l’avait appelé au sacerdoce pour comprendre le sens exact de ce mystère, il ne jugea plus, comme le dit l’Apôtre, convenable de s’attacher "à la chair et au sang" (Gal. 1, 16), mais demanda à Dieu de lui manifester ce qui est caché. Et il ne se sentit pas en confiance pour prêcher la parole tant que la vérité ne lui aurait pas été révélée visiblement. (§29) Tandis qu'il passait la nuit à méditer sur la doctrine de la foi, et à examiner toutes sortes de pensées (car déjà à cette époque, certains falsifiaient la vraie doctrine et, par la plausibilité de leurs propositions, rendaient souvent la vérité obscure même pour les experts), alors, couché et plongé dans ses pensées, lui apparut en vision un homme d'apparence âgée, vêtu avec une grande dignité, rayonnant de toutes les vertus par la grâce de son visage et la sérénité de son expression. Étonné par cette vision, il se leva de son lit pour savoir qui était cet homme et pourquoi il était venu. Lorsque celui-ci apaisa son trouble d'une voix douce et lui dit qu'il lui était apparu par ordre divin à cause des questions qui le préoccupaient, afin que la vérité de la foi orthodoxe lui soit révélée, il fut réconforté par ces paroles et le regarda avec joie et émerveillement. (§30) Alors que la silhouette étendait soudain la main et, par le geste de ses doigts, lui indiquait ce qui se trouvait à ses côtés, il tourna les yeux dans la direction indiquée par la main et vit, en face de celle qu'il avait vue, une autre apparition, de forme féminine, plus grande qu'un être humain. De nouveau stupéfait, il baissa les yeux et resta sans voix devant ce spectacle, incapable de supporter la manifestation. Car le paradoxe de la vision résidait précisément en ceci : bien que la nuit fût avancée, la lumière éclairait les apparitions, comme une lumière vive allumant une lampe. Aussi, ne pouvant supporter la vision de ses yeux, il entendit, par une sorte de voix, ceux qui lui étaient apparus discuter entre eux de la doctrine sur laquelle il méditait, de sorte qu'il fut non seulement instruit de la véritable connaissance de la foi, mais aussi reconnut par leur nom ceux qui lui étaient apparus, puisque chacun d'eux s'adressait à l'autre par son nom propre. (§31) Car il aurait entendu celle qui lui était apparue sous forme féminine exhorter l'évangéliste Jean à révéler au jeune homme le mystère de la vérité ; et ce dernier aurait déclaré être prêt à faire de même avec la mère du Seigneur, puisque cela lui plaisait. Après avoir ainsi exposé la doctrine, équilibrée et clairement définie, ils disparurent de nouveau. Il aurait consigné par écrit cette initiation divine ("mystagogie") dès que possible, et s'en serait ensuite servi comme fondement de sa prédication dans l'Église, léguant cet enseignement divin à ses successeurs comme un héritage, par lequel le peuple est initié jusqu'à ce jour, demeurant ainsi à l'abri de toute hérésie.
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(§32) Voici les paroles de la "mystagogie":
"Un seul Dieu : Père du Verbe vivant, de la sagesse et de la puissance qui subsistent et de l'empreinte éternelle [Hébreux 1:3] ; engendrant parfait du parfait ; Père du Fils unique engendré.
"Un seul Seigneur : issu d’un seul ; Dieu issu de Dieu ; empreinte et image de la Divinité ; Verbe efficace ; sagesse embrassant la structure de l’univers et puissance qui crée toute la création ; vrai Fils du vrai Père ; invisible de l’invisible, incorruptible de l’incorruptible, immortel de l’immortel et éternel de l’éternel.
"Un seul Esprit Saint ; tenant l’existence de Dieu et manifesté par le Fils (à savoir aux êtres humains) ; image parfaite du Fils parfait ; vie, cause de la vie ; sainteté qui rend possible la sanctification ; par qui se manifestent Dieu le Père, qui est au-dessus de tout et en tout, et Dieu le Fils, qui est à travers tout.
"Trinité parfaite ; dans la gloire, l'éternité et la souveraineté, ni divisée ni séparée.
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"Il n’y a donc rien de créé ni de subordonné dans la Trinité, ni rien d’introduit qui n’existât auparavant mais soit venu après. C’est pourquoi ni le Fils n’a été inférieur au Père, ni l’Esprit du Fils ; la même Trinité demeure toujours immuable et inaltérée.
"Quiconque voudrait en être convaincu devrait écouter l'Église où il (Jésus-Christ) proclama la doctrine, et où l'inscription même de sa main bénie est conservée jusqu'à ce jour.
"Ces inscriptions n'égalent-elles pas, par la grâce merveilleuse qu'elles inspirent, les tables de pierre divinement façonnées ? Je fais référence à ces tables sur lesquelles fut gravée la législation de la volonté divine. Car, de même que la Parole dit que Moïse, ayant quitté le monde des apparences et apaisé son âme dans les sanctuaires invisibles (car c'est ce que représentent les 'ténèbres') (Exode 24, 12-15), apprit les mystères divins et instruisit personnellement tout le peuple dans la connaissance de Dieu, la même chose se produit pour ce Grand. Il n'avait pas de montagne visible [le Sinaï], mais le sommet d'un désir ardent pour les vrais enseignements ; les ténèbres, la vision que les autres ne pouvaient comprendre ; la tablette d'écriture, l'âme ; les lettres gravées sur les tables de pierre, la voix de celui qu'il voyait. Par tout ce processus, lui et ceux qu'il avait initiés bénéficiaient d'une manifestation des mystères.
"(§33) Il (Grégoire) fut rempli d’une certaine audace et confiance grâce à cette vision, comme un athlète qui, fort de son expérience de la compétition et de sa force acquise à l’entraînement, se prépare avec confiance pour la course et se lance dans le combat contre ses concurrents ; de même, oint dans son âme par le soin qu’il prenait de lui-même et par l’aide de la faveur qui lui avait été révélée, il entreprit ainsi ses combats – car toute sa vie dans le sacerdoce mérite d’être qualifiée de combats ou de luttes dans lesquels, par la foi, il a combattu toutes les puissances de l’Adversaire."
Le récit de cette apparition antique recèle de nombreux détails fascinants et révélateurs.
Tout d'abord, saint Grégoire demande l'aide de Dieu afin de mieux comprendre le mystère de la foi chrétienne (surtout compte tenu du nombre d'hérétiques qui la contestaient), et (selon saint Jean), Dieu a ordonné à la fois à la Vierge Marie et à saint Jean de l'assister.
Deuxièmement, saint Jean apparaît à la fois digne et âgé. Cela se comprend s'il a effectivement écrit l'Apocalypse vers la fin de sa vie (probablement à la fin du Ier siècle). Les Évangiles le décrivent comme très jeune, mais l'image qu'il renvoie à saint Grégoire le Thaumaturge, celle d'un homme digne et âgé, témoigne de sa vieillesse.
Troisièmement, la Vierge Marie est apparue "plus grande que la taille humaine". Sur terre, il est pratiquement impossible d'imaginer que la Vierge Marie soit physiquement plus grande que n'importe lequel des Apôtres – et certainement pas plus grande que la taille humaine elle-même. Le fait qu'elle apparaisse plus grande lors de cette apparition à saint Grégoire implique qu'elle possède une autorité ou une stature plus grande au ciel – plus grande que celle de saint Jean – ce qui est en accord avec la doctrine catholique concernant la royauté et le rôle de la Vierge Marie dans le mystère du salut.
Quatrièmement, malgré sa plus grande notoriété, c'est saint Jean qui transmit à saint Grégoire une mystagogie expliquant le mystère de la Sainte Trinité, mais à la demande de la Vierge Marie. En effet, "il était prêt à accorder cette faveur à la Mère du Seigneur, car cela lui plaisait". Cela semble indiquer que les demandes (c'est-à-dire les prières) adressées à la Vierge Marie reçoivent une attention particulière et possèdent un pouvoir unique. Il s'agissait peut-être aussi d'un signe de respect et de vénération de la Vierge Marie envers un prêtre de son Fils.
Cinquièmement, la mystagogie transmise à saint Grégoire est non seulement parfaitement orthodoxe en ce qui concerne la Trinité, mais elle fut transmise près d'un siècle avant le concile œcuménique de Nicée en 325, qui a formellement défini la doctrine de la Trinité pour toute l'Église (ou du moins a commencé à le faire). De plus, cette mystagogie aborde en détail chacune des trois Personnes de la Trinité. Le concile de Nicée, par exemple, a certes affirmé la croyance au Saint-Esprit, mais sans plus. Les détails concernant le Saint-Esprit furent laissés à l'appréciation du concile œcuménique de Constantinople Ier en 381, soit environ 140 ans après les apparitions de la Vierge Marie et de saint Jean à saint Grégoire. Or, la mystagogie qu'ils lui ont transmise était parfaitement conforme au Credo révisé du deuxième concile œcuménique, aujourd'hui connu sous le nom de "Credo de Nicée-Constantinople", récité à la messe chaque dimanche.
Credo - Symbole de Nicée-Constantinople
Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant,
Créateur du ciel et de la terre,
de l’univers visible et invisible.
Je crois en un seul Seigneur,
Jésus Christ, le Fils unique de Dieu,
né du Père avant tous les siècles :
Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière,
vrai Dieu, né du vrai Dieu,
engendré, non pas créé, de même nature que le Père,
et par lui tout a été fait.
Pour nous les hommes, et pour notre salut,
il descendit du ciel ;
par l’Esprit Saint,
il a pris chair de la Vierge Marie,
et s’est fait homme.
Crucifié pour nous sous Ponce Pilate,
il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisème jour,
comformément aux Ecritures,
et il monta au ciel ;
il est assis à la droite du Père.
Il reviendra dans la gloire,
pour juger les vivants et les morts ;
et son règne n’aura pas de fin.
Je crois en l’Esprit Saint,
qui est Seigneur et qui donne la vie ;
il procède du Père et du Fils ;
avec le Père et le Fils,
il reçoit même adoration et même gloire ;
il a parlé par les prophètes.
Je crois en l’Eglise,
une, sainte, catholique et apostolique.
Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés.
J’attends la résurrection des morts
et la vie du monde à venir.
Amen.
Sixièmement, la "mystagogie" de la Vierge Marie et de saint Jean, lorsqu'elle parle du Saint-Esprit, affirme qu'il est "manifesté par le Fils" et qu'il est "l'image parfaite du Fils parfait". Ce faisant, elle préfigure ce qui sera plus tard appelé le "filioque", ou la formule "et [du] Fils", ajoutée ultérieurement au Credo pour décrire la procession du Saint-Esprit du Père et du Fils, et souvent utilisée pour justifier le schisme entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe. Ainsi, un Père de l'Église orientale – saint Grégoire de Nysse – rapporte une apparition mariale/johannique à un autre Père de l'Église orientale – saint Grégoire le Thaumaturge – qu'il déclare parfaitement orthodoxe, tout en semblant également soutenir le filioque.
Septièmement, saint Grégoire Nysse nous apprend que les paroles de cette "mystagogie" transmises à saint Grégoire le Thaumaturge furent gravées dans la pierre et pouvaient encore être vues de son vivant dans l’église même où saint Grégoire enseignait.
Les principaux enseignements à tirer de cette apparition de la Vierge Marie à saint Jean sont les suivants :
-Les saints au ciel sont conscients des personnes et des événements sur terre.
-Il arrive que Dieu permette – ou, comme ici, ordonne – à des saints d'apparaître aux chrétiens sur terre pour les encourager, les avertir et/ou les guider/enseigner.
-Cette apparition montre que les prières de la Vierge Marie sont particulièrement importantes, car c'est elle qui a demandé à saint Jean d'enseigner à saint Grégoire la doctrine correcte. Et saint Jean a déclaré qu'il était "prêt à faire plaisir à la mère du Seigneur en cela aussi, puisque cela lui plaisait".
-Cette apparition ancienne témoigne de la vérité de la foi catholique, non seulement dans ses enseignements sur la Sainte Trinité, mais aussi sur la communion des saints, en particulier l’implication des saints de l’Église triomphante dans la vie de ceux d’entre nous qui sommes ici sur terre dans l’Église militante.[6]
Revenu à lui, Grégoire s’empressa d’écrire ce que l’apôtre bien-aimé venait de lui révéler. Cet écrit est connu sous le nom de symbole de saint Grégoire. L’attachement des fidèles de Néocésarée pour ce symbole était tel que saint Grégoire en mourant le leur légua comme un précieux héritage, ce qui empêcha cette église de tomber dans les erreurs des Pélasgiens.
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Saint Grégoire de Nysse, dans son Éloge de Grégoire le Thaumaturge vers 379, raconte que fortifié par cette vision, et délivré de ses angoisses, saint Grégoire, comme un vaillant athlète, muni des armes de la prière et de la vérité, ne résista plus à la voix de Dieu, et se mit en route pour aller prendre possession de son diocèse. Pendant son voyage la nuit le surprit, et une pluie violente l’obligea de s’abriter avec sa suite dans un temple d’idoles qui se trouvait sur son chemin. Ce temple était renommé dans toute la contrée pour les réponses que les démons rendaient à ceux qui venaient les consulter. A peine saint Grégoire eut-il mis les pieds dans le temple que les démons épouvantés s’enfuirent. Le saint purifia l’air par un signe de croix et se mit en devoir de chanter l’office divin avec sa suite. Le jour étant venu, Grégoire continua sa route. Cependant, le prêtre des idoles s’étant rendu dans le temple, fit les évocations accoutumées, mais les démons répondirent qu’il ne leur était plus permis d’entrer dans le temple, parce que l’homme qui y avait passé la nuit les forçait de s’éloigner. Le prêtre des idoles irrité, se mit à la poursuite de Grégoire, et l’ayant atteint, il le menaçait d’aller porter plainte aux magistrats et à l’empereur. Mais Grégoire lui répondit qu’il avait reçu de Dieu le pouvoir de chasser les démons. Le prêtre des idoles surpris, pria Grégoire de montrer sa puissance en ordonnant aux démons de rentrer dans le temple. Le saint y consentit, et écrivit sur un morceau de parchemin ces simples mots : "Grégoire à Satan : Rentre." Le prêtre prit le parchemin, alla le placer sur l’autel, et aussitôt les démons rentrèrent et rendirent leurs réponses. Alors rempli d’admiration, il vint trouver Grégoire, le priant de lui faire connaître ce Dieu à qui les démons eux-mêmes obéissent. Grégoire se mit alors à lui expliquer les vérités de la religion chrétienne, mais comme le prêtre refusait de croire le mystère de l’incarnation, Grégoire lui répondit qu’on ne pouvait point prouver ce mystère par des paroles mais seulement par des miracles. Le prêtre montrant une énorme pierre dit à Grégoire de la transporter par la seule puissance de la foi dans un lieu qu’il désignait. Grégoire sans différer donna l’ordre et la pierre obéit. Ce miracle acheva la conversion du païen, il abandonna sa famille, son pays, le culte des idoles pour s’attacher à saint Grégoire, et devenir le compagnon de ses travaux.
Ces scènes eurent de nombreux spectateurs : fidèles païens venus offrir leurs dons et présenter leurs demandes aux idoles, ou encore simples curieux pour qui la lutte spirituelle qui se préparait présentait plus d’attraits encore que le combat de deux gladiateurs ! Le récit s’est transmis oralement jusqu’à ce que saint Grégoire de Nysse le couche par écrit (car d’autres témoignages écrits ont probablement été perdus). Saint Grégoire de Nysse, dont la pensée est connue pour être systématique et logique, n’a pu rapporter ces faits sans s’être assuré lui-même de la fiabilité de leurs sources historiques. Louis Bouyer, par exemple, écrivain jésuite du début du XXe siècle, le considérait comme "l’un des penseurs les plus puissants et les plus originaux que connaisse l’histoire de l’Église, un des rares écrivains dont on puisse être sûr qu’il a lu intégralement les Anciens et qu’il les a parfaitement assimilés." (La Spiritualité du Nouveau Testament et des Pères, Aubier, 1960).[7]
Arrivé dans sa ville épiscopale, il se mit le même jour, à prêcher la parole de Dieu et convertit assez d’idolâtres pour former un groupe important de chrétiens fervents. Le lendemain il guérit un grand nombre de malades, et en peu de temps, les conversions furent si nombreuses, que le saint évêque fut obligé de faire bâtir une église. Tous tinrent à cœur de contribuer soit par leurs aumônes, soit par leur travail à la construction de l’édifice. Les historiens rapportent que, pour faciliter l’accomplissement de l’œuvre, il fit par ses prières reculer une montagne qui le gênait, vérifiant ainsi à la lettre la parole de l’Evangile : ''Si vous avez la foi comme un grain de senevé, vous diriez à cette montagne : passez d’ici là ; et elle y passerait.'' (Matth. 17, 19.) Plus tard malgré les édits portés pour la démolition des églises, malgré un tremblement de terre, il n’y eut pas même une pierre d’enlevée. L’observation des lois, la paix et la tranquillité devinrent les fruits des nombreuses conversions opérées par saint Grégoire. Un grand accroissement de bien, une grande concorde et charité fut la récompense qu’ils obtinrent de celui qui promet tout le reste par surcroît, à ceux qui cherchent d’abord son royaume.
Un jour, deux frères ayant reçu en héritage un champ dans lequel se trouvait un étang, voulaient chacun avoir la possession complète de cet étang plutôt que de l’avoir en commun. Ils vinrent consulter saint Grégoire, qui tenta inutilement divers moyens de conciliation. Leur haine devint telle qu’ils résolurent de soutenir leurs droits par la force des armes. La veille du jour fixé pour le combat, le saint évêque voulant prévenir l’effusion du sang, se mit en prières sur le bord du lac qui se dessécha aussitôt.
Le Lycus qui prend sa source dans les montagnes de l’Arménie, passait devant les murailles de Néocésarée. Pendant l’hiver il débordait quelquefois avec tant d’impétuosité, qu’il emportait les moissons, et réduisait les habitants à la plus complète misère. Saint Grégoire, ému de compassion pour son peuple, se rendit près du fleuve sur les bords duquel il planta son bâton, et ordonna aux eaux de la part de Dieu de ne jamais plus dépasser cette borne. Saint Grégoire de Nysse rapporte que depuis lors jusqu’au moment où il écrivait, il n’y avait pas eu de débordement. Le bâton lui-même prit racine et devint un arbre.
Durant la persécution de Dèce, vers 250, Grégoire choisit avec un certain nombre de fidèles de se cacher dans les montagnes entourant Néocésarée plutôt que de s'exposer inutilement à la mort, et afin de protéger la foi des plus faibles. Toutefois, sa cachette est découverte par des soldats, mais miraculeusement, Grégoire et ses compagnons disparaissent des yeux de leurs poursuivants, qui rentrent bredouilles. Quand les persécutions cessent, les difficultés de Grégoire ne sont pas pour autant terminées, la peste sévit peu après, suivie d'une invasion des Goths décrite dans sa Lettre canonique. Il arriva qu’un jour de fête consacré à honorer les faux dieux, il se fit à Néocésarée un grand concours d’infidèles qui s’y étaient rendus pour assister aux spectacles qui se donnaient sur le théâtre. La foule fut si grande que la place vint à manquer. Les acteurs et les musiciens ne pouvant se faire entendre, plusieurs des assistants prièrent Jupiter de leur procurer de la place. Grégoire informé de la demande qu’ils avaient faite au démon, prédit qu’ils ne seraient pas longtemps à manquer de place. En effet peu de jours après, une terrible peste se déclara dans toute la province du Pont et fit un nombre considérable de victimes. Le saint évêque obtint par ses ferventes prièrent la cessation du fléau de Néocésarée. Un grand nombre d’idolâtres se convertirent en voyant la puissance du serviteur de Dieu s’exercer même sur les maladies.
Il fit d’utiles règlements pour réparer les abus et institua des fêtes anniversaires en l’honneur des martyrs qui avaient dans la dernière persécution confessé la foi de Jésus-Christ.
Il doit défendre l'orthodoxie au concile d'Antioche de 269 contre les hérésies anti-trinitaires de Paul de Samosate, alors évêque d'Antioche, qu'il accuse de ne pas reconnaître la divinité du Christ.
Toute sa conduite, selon saint Basile, portait l'empreinte de la perfection évangélique. Il parlait avec simplicité et modestie; il avait en horreur le mensonge, l'habileté et tous les détours qui ne s'accordent point avec l'exacte vérité. Il ne pouvait supporter ce qui blesse la douceur et la charité.
Vers 275, alors qu'il s'apprête à mourir, Grégoire demande combien il reste d'idolâtres à Néocésarée, on lui apprend qu'il y en a dix-sept. Il aurait alors répondu: "C'est autant que j'y ai trouvé de Chrétiens quand j'ai pris l'administration du diocèse". Il pria Dieu pour la conversion des uns et pour la persévérance des autres, et fit promettre alors à ses amis de ne point lui acheter un lieu particulier pour enterrer son corps, mais de le placer dans la sépulture commune. "Ayant toujours vécu comme un étranger sur la terre, disait-il, je ne voudrais pas perdre ce titre après ma mort. Aucun lieu ne doit porter le nom de Grégoire. La seule possession dont je sois jaloux est celle qui me fera soupçonner d’aucun attachement à la terre." Après avoir dit ces mots, il rendit son âme à Dieu le 17 novembre.
"Sa vie vertueuse, en resplendissant pour nos âmes à la manière d’un phare, grâce à la commémoration, est une voie vers le bien", écrit Grégoire de Nysse à propos de saint Grégoire le Thaumaturge.[8]
Il est fêté le 17 novembre.
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Œuvres
-Oratio Panegyrica (en honneur d'Origène)
-Ἔκθεσις τῆς πίστεως ("exposition de la foi")
-Metaphrasis eis ton Ekklesiasten tou Solomontos (paraphrase de Ecclésiaste)
-Epistola ad Philagrium
-Kephalaia peri pisteos dodeka ("douze chapitres de foi")
-(la) Canones paenitentiales
-(la) Canones paenitentiales, Venezia, Felice Valgrisi, 1584
Sources:
[1] Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950 https://sanctoral.com/fr/saints/saint_gregoire_le_thaumaturge.html
[2] https://nominis.cef.fr/contenus/saint/9155/Saint-Gr%C3%A9goire-le-Thaumaturge.html
[3] http://viedessaints.free.fr/vds/gregoireLeThaumaturge.html
[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A9goire_le_Thaumaturge
[5] Joshua Charles
[7] https://codexdei.mariedenazareth.com/1000-raisons-de-croire/173/saint-gregoire-le-thaumaturge-270
[8] https://orthodoxologie.blogspot.com/2016/01/jean-claude-larchet-recension-gregoire.html
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