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Christ Roi

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27 novembre 2025 4 27 /11 /novembre /2025 10:44

« … [N]ous produirons la génération la plus dangereuse de l’histoire : des esprits de géants avec des âmes de bébés gâtés. »

 

À une époque obsédée par les chiffres, les données et les compétences mesurables, nous avons construit un système éducatif dont le seul objectif est de fournir des rouages performants à la machine économique. On enseigne le code, mais pas la compassion ; l’ingénierie, mais pas l’empathie ; les faits, mais pas la force d’âme. Nous sommes devenus experts de l’intellect et totalement étrangers à l’âme.

 

C’est exactement ce vidage de l’être humain que C.S. Lewis (1898-1963) a diagnostiqué il y a plus de quatre-vingts ans, avec une clairvoyance effrayante : une éducation qui ignore le sentiment moral ne forme pas des citoyens éclairés, mais des « humains intelligents et creux », techniquement brillants et moralement perdus.

 

▪️La prophétie d’une société sans cœur

 

C.S. Lewis (1898-1963) reste célèbre pour Les Chroniques de Narnia, mais son petit livre le plus redoutable s’appelle L’Abolition de l’homme (1943). Tout part d’un simple manuel scolaire qu’il avait lu : les auteurs y expliquaient aux enfants que les jugements de valeur (« ceci est beau », « ceci est injuste ») ne sont que des opinions subjectives, sans aucune réalité objective.

 

Pour Lewis, c’était une bombe à retardement. Si on enseigne à la jeunesse qu’il n’existe aucune valeur objective, on la rend incapable de courage, de loyauté, d’indignation devant le mal ou de sacrifice pour le bien.

 

On fabrique alors des « hommes sans cœur » : une tête puissante (l’intellect) et un ventre plein d’appétits bruts, mais rien au milieu pour relier les deux et les discipliner.

 

Son image est restée célèbre :

• la tête = raison

• le cœur = sentiments moraux bien formés

• le ventre = instincts et désirs

 

Une éducation moderne qui ne développe que la tête produit des cerveaux surpuissants posés sur des pulsions sauvages, sans cœur pour les guider. Résultat : des gens très compétents, très malins… et capables de justifier n’importe quelle atrocité avec un PowerPoint.

 

Pourquoi ça nous concerne encore plus aujourd’hui

 

Ce que Lewis annonçait en 1943 s’est réalisé à grande échelle :

 

• la morale réduite à « mon ressenti personnel »,

• les émotions remplacées par des algorithmes,

• l’école et l’université conçues pour le marché du travail plutôt que pour la grandeur d’âme.

 

Le relativisme moral qu’il combattait est devenu la doctrine officielle de nombreux systèmes éducatifs. On apprend aux enfants qu’il n’existe pas de vérité morale objective, puis on s’étonne qu’ils grandissent sans repères, incapables de résister à la pression du groupe ou à l’autorité.

 

Lewis ne réclamait pas un retour naïf au passé. Il demandait simplement qu’on forme aussi le cœur : qu’on apprenne aux enfants à reconnaître le beau, le juste, le courageux comme des réalités objectives qui s’imposent à nous, et non comme de simples goûts personnels.

 

Faute de quoi, disait-il, nous produirons la génération la plus dangereuse de l’histoire : des esprits de géants avec des âmes de bébés gâtés.

 

Sa phrase finale reste glaçante :

« Nous rions de l’honneur et nous sommes choqués de trouver des traîtres parmi nous. Nous châtrons les hommes et nous leur ordonnons ensuite d’être féconds. »

 

Quatre-vingts ans plus tard, elle n’a jamais été aussi actuelle.

©️ philosopheasy Péonia

Commentaire du blog Christ Roi.

 

"Le relativisme moral qu’il [C.S. Lewis] combattait est devenu la doctrine officielle de nombreux systèmes éducatifs."

 

Former le cœur dans le cadre d'un système politique qui neutralise le cœur revient à faire pousser un arbre avec un plafond posé au-dessus de lui. Cela n'a pas de sens et condamne l'arbre à terme.

 

Lire :

 

Le Christ Roi a les droits d'auteur de la laïcité. Chasser le Christ Roi au nom du neutralisme, c'est supprimer la laïcité

 

Dans son livre "Défendre la démocratie directe. Sur quelques arguments antidémocratiques des élites suisses", Antoine CHOLLET explique ce qu'est la démocratie :

 

""[...] Nous ne pouvons nous référer qu'à nous-mêmes pour décider, ce que les Athéniens, [...] avaient parfaitement compris puisque toutes leurs lois contenaient la formule liminaire suivante : 'edoxe te boule kai to demo...' (que l'on peut traduire par : 'il a paru bon au conseil et au peuple...', sans autre justification).

"[...] Être démocrate, c'est aussi accepter cette indétermination et cette incertitude quant aux fins dernières du combat politique.

"Dire que la démocratie n'a pas de fondement qui lui soit extérieur, c'est [...] reconnaître qu'elle est en réalité une an-archie. Elle n'a pas d'arkhè, de commencement et de commandement, elle ne connaît pas d'autorité... Pas même le passé et la tradition n'ont d'autorité absolue dans une démocratie, puisque aucune de leurs règles n'est à l'abri d'un réexamen." [1]

 

Cette définition de la démocratie anéantit le coeur, ce supplément d'âme nécessaire à toute vie en société. C'est "mon ressenti personnel", le moi je qui compte, un ventre plein d’appétits bruts. C'est aujourd'hui la religion de l'humanisme séculier sans Dieu : déification de l'homme [par les moyens du diable] en tant que centre de l'univers, placé au-dessus de toute loi objective, sans permettre à l'homme de s'élever moralement.

 

Lire: L'"origine luciférienne" de la franc-maçonnerie : Karl Van der Eyken, ex-"vénérable Maître" de la "Grande Loge de France"

*

Or, "selon les études du comportement électoral, le peuple vote en premier lieu pour des raisons morales, c'est-à-dire par sentiment du devoir civique". [2] Suite

 

D'où la contradiction entre ce qu'est fondamentalement la démocratie (une an-archie sans commandement) et ce qu'est fondamentalement l'hommeun être créé avec le commandement du coeur à "l'image de Dieu" (Gn 1,27) pour lequel "Dieu qui scrute les cœurs" fait lui-même "tout contribuer" à son bien, puisqu'il est appelé "selon le dessein de son amour." (Rm 8,27-28). L'homme est appelé avec un coeur, une morale et un esprit, que la démocratie ne reconnaît pas. Comment fait-on ?

 

"La divinisation n'a rien à voir avec l'autodéification de l'homme. Au contraire, la divinisation nous préserve de la tentation primordiale de vouloir être comme Dieu (cf. Gn 3, 5). Ce que le Christ est par nature, nous le devenons par grâce. Par l'œuvre de la rédemption, Dieu a non seulement restauré notre dignité humaine comme image de Dieu, mais Celui qui nous a créés de manière merveilleuse nous a rendus participants, d'une manière plus admirable encore, de sa nature divine (cf. 2 P 1, 4). La divinisation est donc la véritable humanisation", écrit le Pape Léon XIV dans In Unitate Fidei § 7

 

Benoît XVI parlait de "développement humain intégral".

 

Il est temps de reconnaître simplement que la démocratie sans le coeur, est une impasse!

La démocratie sans le coeur est une impasse. C.S. Lewis : comment nous fabriquons des "hommes sans cœur"

Sources:

 

[1] Antoine CHOLLET, Défendre la démocratie directe. Sur quelques arguments antidémocratiques des élites suisses, Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne 2011, p. 86

[2] Francis DUPUIS-DERI, La peur du peuple, Agoraphobie et agoraphilie politiques, LUX Humanités, Québec 2016, p. 207

 

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commentaires

C
Lewis décrivait l'éducation de 1943, qui au moins formait encore "techniquement".<br /> Aujourd'hui elle ne forme ni techniquement, ni intellectuellement, mais continue de former moralement, ayant adopté pour religion la loi de la gauche.<br /> <br /> En ce sens-là, le manuel scolaire qu'il cite est meilleur car en disant que le "beau est subjectif", il laisse libre.<br /> <br /> Un jugement subjectif peut être en théorie chrétien, car un esprit libre peut choisir cette voie, seul de lui-même.<br /> <br /> (alors qu'il pourrait pas dans un système éducatif totalitaire ou musulman.)<br /> C Lewis en tant qu'anglican confondait l'église et malheureusement l'état qui selon lui devait suivre.<br /> <br /> Ne faisons pas son erreur. Jésus a dit "laissez les enfants venir à moi" et<br /> pas "amenez les moi".
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