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30 août 2023 3 30 /08 /août /2023 12:00
 Sainte Jeanne Jugan

Autrefois boudée et oubliée, la fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres, Jeanne Jugan, brille désormais.

 

La française sainte Jeanne Jugan (1792-1879), dont la fête est célébrée le 30 août, a fondé la congrégation des Petites Sœurs des Pauvres, qui s'est répandue dans le monde entier, y compris aux États-Unis. Son intuition en matière de soins aux personnes âgées pauvres est aujourd'hui saluée par ceux qui reconnaissent la dignité des personnes âgées, mais ce que l'on sait moins, c'est que, contrairement à d'autres fondatrices d'ordres religieux, Jeanne Jugan a passé une grande partie de sa vie oubliée, mise à l'écart par les siens. congrégation.

 

Née à Cancale en Bretagne le 25 octobre 1792, Jeanne, fille de marin, savait très tôt qu'elle voulait se consacrer à Dieu. Selon le site des Petites Sœurs des Pauvres, à 25 ans, elle entre dans le troisième ordre fondé par saint Jean Eudes au XVIIe siècle, travaille comme aide-soignante et n'a qu'un désir : servir Dieu dans les plus pauvres parmi les pauvres.(1)

 

 

En 1810, un jeune marin la demande en mariage : elle souhaite réfléchir. Six ans plus tard, à la suite d'une mission prêchée dans la paroisse et prête à « coiffer sainte Catherine »7, elle décline définitivement la demande du marin :

 

"Dieu me veut pour lui. Il me garde pour une œuvre qui n'est pas connue, pour une œuvre qui n'est pas encore fondée". (2) 

 

En 1817, en dépit de son attachement à sa famille, elle quitte Cancale pour Saint-Servan (commune alors indépendante de Saint-Malo, Ille-et-Vilaine). Elle entre comme aide à la pharmacie de l'hôpital du Rosais. En 1823, à cause d'une trop grande fatigue, elle se met au service de Mlle Lecoq, avec qui elle s'était liée d'amitié. Ensemble, elles visitent les nombreux pauvres de la paroisse, récitent le chapelet, fréquentent l'église régulièrement. C'est à cette époque qu'elle obtient son affiliation au tiers-ordre eudiste. Mais en 1835, Mlle Lecoq meurt. Jeanne Jugan devient journalière.(3)

 

Un soir d'hiver 1839, la vie de Jeanne change radicalement : dans le froid glacial, elle découvre une vieille femme aveugle et infirme. Émue de compassion, elle porta la femme sur ses épaules jusqu'à son humble grenier, la déposant dans son propre lit. Peu de temps après, elle a ramené chez elle une deuxième vieille femme, puis une troisième. Quatre ans plus tard, en 1843, une association s'était constituée autour de ces premiers actes de service. À cette époque, Jeanne était rejointe par trois compagnes, s'occupant d'une quarantaine de personnes âgées.

 

Mais très vite, Jeanne Jugan – qui deviendra dans la vie religieuse sœur Marie de la Croix – est sévèrement mise à l’écart. Sur la base de fausses informations, elle fut déchue de son poste de supérieure et envoyée mendier le soutien des maisons qui s'ouvraient dans toute la France.

 

"Elle s'est tue et a accepté en silence la mise à l'écart", explique Sœur Sophie, membre du conseil général de la maison mère, dans un entretien à CNA. "C'est ça Jeanne Jugan : se mettre à l'écart dans la conviction que l'œuvre de Dieu est plus importante que tout. Elle l'a peut-être fait… [Son] souci était des pauvres, des personnes âgées pauvres, et sa spiritualité était centrée sur le Christ. C'est de cela dont il s'agit. Si elle a accepté de se taire, c'est parce que tout était pour le Christ."

 

Entre 1843 et 1852, Jeanne recueille le soutien financier de donateurs et fonde plusieurs maisons en France. Il y a une histoire selon laquelle elle aurait pu recevoir la visite du romancier anglais Charles Dickens. Les journaux bretons la félicitent et elle reçoit également le prestigieux prix Montyon de l'Académie française pour son travail. Mais au sein de sa congrégation, son ostracisme injuste persiste. En 1852, elle fut rappelée à la ville de Rennes, puis à La Tour Saint-Joseph, maison mère de la congrégation, avec instruction de cesser toute activité et toutes relations avec les bienfaiteurs.

 

Cette retraite forcée dura jusqu'à la mort de Jeanne, à 86 ans, le 29 août 1879, dans l'obscurité et l'oubli.

Elle n'a laissé aucune trace écrite.

Cependant, son héritage spirituel a laissé une forte empreinte sur la congrégation. En effet, pour sœur Sophie, "c'est la providence qui a permis au père [Auguste] Le Pailleur, qui avait pris la direction de la congrégation, de la ramener à la maison mère, au cœur des novices. Tous les novices qui sont passés par là depuis des générations l'ont vue, la côtoyaient, lui parlaient. Et même si elle n'était pas la formatrice, elle communiquait son esprit par de petites phrases, comme "Prends bien soin des bons vieux" ; "Ce que vous faites est pour Jésus." Nous en récoltons les fruits aujourd’hui.

Plus de vingt ans après sa mort, à partir de 1902, la lumière commence à être faite sur la vie de Jeanne Jugan et sa réputation à se réhabiliter.

Ses paroles de sagesse, racontées par les religieuses qui l'ont connue, éclairent aujourd'hui l'esprit des Petites Sœurs des Pauvres. "Dans vos ennuis, dites toujours : 'Béni soit Dieu, merci mon Dieu, ou gloire à Dieu'", disait-elle.

 

Jeanne Jugan a été béatifiée le 3 octobre 1982 par le pape Jean-Paul II et canonisée le 11 octobre 2009 par le pape Benoît XVI.

 

Au fil des années, la commande de Jeanne Jugan s'est étoffée.

Aujourd'hui, les Petites Sœurs des Pauvres sont une congrégation religieuse comptant 1 400 membres répartis dans plus de 200 foyers répartis dans 31 pays sur cinq continents.

La congrégation a gardé comme priorité le soin des personnes âgées pauvres.

 

"En France, toutes les maisons s'appellent "Ma Maison", dans d'autres pays, cela peut être "casa", ou "home"... nous voulons vraiment que [les personnes âgées] soient chez elles et que ces maisons soient pour les les plus pauvres", dit sœur Sophie. 

 

Le Dr Edward Erwin Gatz, médecin américain du Nebraska, est reconnu guéri d'un cancer de l'œsophage à la suite d'une neuvaine à la bienheureuse Jeanne Jugan, en 1989.

 

En 2009, 2 710 religieuses accueillaient plus de 13 000 résidents dans deux cents maisons sur les cinq continents.

 

Sa fête liturgique est le 30 août. (4)

 Sainte Jeanne Jugan

Sources

(1) https://www.catholicnewsagency.com/news/255222/once-shunned-and-forgotten-little-sisters-of-the-poor-founder-jeanne-jugan-now-shines

(2) A. HELLEU, Une grande bretonne, Jeanne Jugan (Sœur Marie de la Croix) Fondatrice des Petites Sœurs des pauvres 1792-1879, Rennes, 1938, p. 6

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_Jugan

(4) https://petitessoeursdespauvres.org/agenda/fete-de-sainte-jeanne-jugan/

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