Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 07:53
Après l'Irak, l'Italie, le Pape sans masque défie la pandémie et laisse tomber les gestes barrières

Le baciamano qui défie la pandémie. Que se passe-t-il au Vatican?

Miguel Cuartero Sampiri

Via www.marcotosatti.com (original www.sabinopaciolla.com)

Source (Traduction de) : Benoit-et-moi.fr

 

Le dimanche 11 avril, le pape François a célébré l’Eucharistie dans l’église Santo Spirito in Sassia (de Rome) Ndlr.) connue sous le nom de Sanctuaire de la Miséricorde Divine, pour honorer la célébration de la Fête de la Miséricorde Divine. Une fête que, depuis 2000, par la volonté du pape Jean-Paul II, l’Église catholique célèbre le deuxième dimanche de Pâques.

 

À la fin de la célébration, le Saint-Père s’est arrêté pour saluer quelques fidèles en présence de Mgr Rino Fisichella et de Mgr Joseph Bart, recteur du sanctuaire.

Les images du Saint-Père saluant les fidèles ont toutefois suscité l’étonnement et la perplexité des fidèles du monde entier. En effet, le Pontife ne portait pas de masque, pas plus que ses accompagnateurs qui l’encadraient à quelques centimètres de lui, Mgr Fisichella, Mgr Bart et le majordome à côté de l’archevêque italien. Et ce n’est pas tout : la quasi-totalité des fidèles qui se sont approchés pour saluer le pape François ne portaient pas de masque ou le gardaient baissé. Tous ont serré la main du pontife, beaucoup ont même embrassé l’anneau du pêcheur. Tout cela comme si nous n’étions pas au milieu d’une pandémie de coronavirus ou comme si le virus avait soudainement disparu de l’horizon.

 

Le sujet pourrait facilement être balayé comme un épisode limité de peu d’importance (je peux déjà imaginer que beaucoup s’arrêteront aux premières lignes, agacés par un article qui traite du baisemain papal sans masque ni distanciation) mais l’épisode est en fait digne de quelques questions qui méritent une réponse.

 

L’observation des images de dimanche a rappelé à certains un autre épisode similaire, mais de signe opposé. Nous sommes en mars 2019, un an avant la propagation mondiale de la pandémie de Covid-19: à la fin d’une célébration dans la Sainte Maison de Lorette, le pape François refusa le baise-main des fidèles avec une évidente grossièreté (essayez d’embrasser l’anneau d’un évêque : s’il n’est pas une prima donna, il retirera discrètement sa main), suscitant curiosité et surprise. Nombreuses furent les hypothèses des différents commentateurs sur les raisons du geste, en premier lieu celle de l’humilité d’un Pontife qui aime les choses simples et rompt volontiers les protocoles pour vivre comme un citoyen normal et être parmi les gens… A cette occasion, l’évidence et la grossièreté du geste répété plusieurs fois obligèrent le porte-parole du Vatican Alessandro Gisotti à expliquer à la télévision mondiale la raison du grand refus. Eh bien, le pape, a expliqué Gisotti, a retiré sa main pour des raisons d’hygiène.

 

« La raison est très simple: l’hygiène, a expliqué Gisotti. Lorsqu’il y a de longues files de fidèles, le pape veut éviter les risques de contagion pour les personnes. Donc pas pour lui-même, mais pour les fidèles eux-mêmes ».

Il ne s’agissait donc pas de rompre le protocole en faveur de la simplicité évangélique, mais simplement d’un besoin de prudence sanitaire.

 

[...] Alors que s’est-il passé le 11 avril à Santo Spirito? Certains ont fait remarquer que le pape François et Mgr Fisichella ont déjà été vaccinés et ne seraient donc pas tenus de maintenir des masques et une distance. Cette observation ne tient toutefois pas compte des prescriptions du ministère de la santé, qui recommande de maintenir les mesures de sécurité même après avoir reçu le vaccin. Cela dit, (et en précisant au passage que cela n’assure pas une protection totale contre la transmission du virus) que dire des personnes qui ont embrassé l’anneau l’un après l’autre sans qu’il soit au moins désinfecté (souvenez-vous du baiser au crucifix du Vendredi saint avant la pandémie? Le prêtre ou les ministres passaient un purificateur sur la croix après chaque baiser pour éviter les contagions et infections de toutes sortes).

 

Pour l’instant, nous ne savons pas pourquoi le pape, l’évêque, les fidèles qui sont venus ce jour-là, se sont sentis libérés du dangereux virus qui a semé et sème encore la terreur dans le monde entier, surtout chez les plus fragiles de corps et d’esprit, les personnes âgées et leurs familles, avec la complicité d’une campagne de terrorisme médiatique qui présente chaque jour le compte des morts et des infectés pour ne pas perdre de vue que nous sommes attaqués et que nous ne pouvons pas nous offrir le luxe de vivre sereinement.

 

Il est bien connu que, depuis le début de la pandémie, le pape François a eu une « attitude ambivalente à l’égard du virus », comme l’a souligné la vaticaniste de Il Messaggero Franca Giansoldati dans un article du 21 octobre.

 

Alors qu’au début de la pandémie, le pape – tout en demandant d’obéir aux indications des gouvernements – a continué à célébrer en refusant de porter un masque, et à entrer en contact physique avec les fidèles, lors de la deuxième vague, il a commencé à prendre des précautions. Un changement soudain de stratégie que le Pontife lui-même a expliqué aux fidèles avant l’audience du 21 octobre en ces termes: « Aujourd’hui, nous devons changer un peu la façon dont nous menons cette audience à cause du coronavirus. Vous êtes séparés, avec le masque, et je suis un peu distant et je ne peux pas faire ce que je fais toujours, m’approcher de vous, parce qu’il se trouve que chaque fois que je m’approche, vous vous réunissez tous et la distance est perdue et il y a un danger de contagion pour vous. Je suis désolé de faire ça mais c’est pour votre sécurité. Au lieu de s’approcher de vous et de vous serrer la main, nous nous saluons de loin, mais sachez que je suis proche de vous avec le cœur. J’espère que vous comprenez pourquoi je fais cela ».

 

Six mois se sont écoulés depuis cette audience et il semble que le Pape ait jugé bon de revenir parmi les gens et de se passer des précautions qui, en octobre, le tenaient à bonne distance des fidèles. Pourtant, le virus ne semble pas avoir changé de stratégie et les contagions, selon ce dont les médias gouvernementaux nous informent assidûment chaque jour, ne semblent pas donner de répit.

 

[...] On ne peut certainement pas penser à un malentendu de la part des fidèles pris par l’émotion. On ne peut pas non plus penser à une faille dans le système de sécurité qui entoure le Pontife lors de ses visites officielles. Le personnel de sécurité du Pape, toujours extrêmement attentif au protocole, n’aurait pas pu se le permettre, pas plus que le recteur de la Basilique qui faisait les honneurs.

 

En réalité, la preuve qu’il ne s’agissait pas d’un événement fortuit se trouve dans la vidéo de l’événement. Une fois que le baise-main a commencé, après que la première personne s’est approchée du pontife en portant un masque, on peut clairement voir comment l’archevêque Fisichella invite les fidèles qui attendent leur tour à enlever le masque. Il le fait d’un geste sans équivoque, puis demande au majordome de passer le mot et d’exhorter les personnes dans la file à retirer leur masque avant de s’approcher du Pontife.

 

Mgr Fisichella, archevêque, invite les fidèles qui attendent leur tour à enlever le masque

 

François est en outre considéré comme le « pape des gestes ». Pour lui – il l’a clairement démontré à plusieurs reprises depuis 2013 – un geste vaut plus que mille mots, l’exemple plus qu’une bulle papale. On se demande donc quel message il a voulu faire passer avec ce geste d’extrême liberté en contraste avec les règles imposées dans le monde entier.

 

[...] Dans le monde entier, les conférences épiscopales ont collaboré avec les autorités en demandant à leurs prêtres et à leurs fidèles de faire preuve de la plus grande prudence. Deux épisodes récents le démontrent clairement. La semaine dernière, l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, a ouvert un procès canonique contre deux prêtres qui n’ont pas respecté l’obligation de porter un masque pendant la Veillée pascale tandis qu’il y a quelques jours, le père oblat Don Diego Minoni, curé de l’église des Saints Ippolito et Cassiano à Vanzago, a été « démis » par l’évêque auxiliaire de Milan Mgr. Luca Raimondi pour s’être opposé à l’utilisation du masque dans l’Église (un soi-disant « négationniste » ou « no mask » pour utiliser les termes en vogue pour désigner ceux qui remettent en question l’utilisation du masque ou les règles imposées par les autorités politiques et sanitaires).

 

___________

Note du blog Christ-Roi. Rappelons qu'à l’issue de la messe de Pâques dimanche 4 avril 2021 célébrée par le Pape François en la basilique saint-Pierre, le Souverain pontife a donné sa bénédiction Urbi et Orbi à la Ville et au monde en appelant les gouvernements à supprimer les restrictions d’accès au culte à cause de la pandémie.

 

Alors qu'on a vu en France des prêtres refuser de toucher le front des fidèles lors du Mercredi des Cendres, le pape n'a pas eu peur dimanche 11 avril de la Miséricorde divine, de s'approcher et de serrer la main des fidèles dans cette église église Santo Spirito in Sassia de Rome, en imitant le geste du Maître qui guérit les malades en les touchant. (Mt 9)

 

Dans le livre "Les 7 péchés capitaux ou ce mal qui nous tient tête" (Mame, Paris 2015, p. 33), Pascal IDE donne en exemple le moment où dans le film "Mission", Mendoza, le tortionnaire des Indiens d'Amérique, se convertit :  

 

"Ils parviennent enfin au sommet de la falaise où les Guaranis attendent les Jésuites. Ceux-ci émergent les premiers puis, hagard, titubant, Mendoza. Silence. Les Indiens reconnaissent le tortionnaire de leur peuple. L'ancien mercenaire tombe à genoux. Un indien s'approche et lève sa machette. Un autre murmure quelques mots à l'oreille de frère Gabriel. Le Guarani abat son arme... et rompt les liens qui retiennent Mendoza à sa faute. Puis l'Indien pousse le fardeau de mort qui s'abîme dans les chutes. Alors, l'impitoyable se met à sangloter comme un enfant. Son cœur s'ouvre enfin. Un Indien le touche de la main.

 

'Comment les remercier, demande Mendoza ? - Lisez ceci, répond Gabriel, qui lui tend la Bible.' Le repenti y découvre l'hymne à la charité (1 Co 13,7) : 'La charité excuse tout.'

 

On l'a compris : Mendoza ne peut s'absoudre lui-même de sa faute. Du moins doit-il reconnaître sa culpabilité : son fardeau est ce péché qui l'aliène et pèse aussi sur le groupe. Frère Gabriel représente l'Eglise qui poursuit l'œuvre du Christ, espérant pour le pécheur, intercédant et risquant sa vie pour lui. Enfin, le Guarani est l'image du Sauveur innocent qui peut délier du péché en pardonnant (le toucher est comme un geste sacramentel d'absolution.)" (Fin de citation)

 

 

 

François touche les malades (Mt 9)

François touche les malades (Mt 9)

Jésus guérit les malades (Mt 9)

Jésus guérit les malades (Mt 9)

Partager cet article
Repost0

commentaires