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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 09:29

La doctrine chrétienne catholique contient toute une théologie de la force notamment dans la théologie du combat spirituel contre les Sept péchés capitaux

 

"Qu'est-ce qu'un péché capital ? Pas forcément un péché plus grave que les autres, mais un péché d'où les autres dérivent... C'est un péché qui vient en tête de liste (capital dérive du latin caput, 'tête'), un péché principiel, si l'on veut, comme une des sources du mal.

 

C'est un "péché originaire qui en engendre d'autres. Ainsi, le manque de tempérance dans l'alimentation peut générer le manque de sobriété dans la parole ou dans d'autres domaines. S'attaquer à un péché capital, c'est couper les ailes à d'autres péchés dont il est la source. Identifier le péché capital, le péché-mère, c'est tôt ou tard identifier et combattre les péchés-fils."  [1]

"Le royaume des cieux est forcé et les violents s'en emparent" (Mt 11, 12). Il faut être courageux et fort pour reconnaître, combattre et contenir son péché capital dominant. Cette force est une grâce qui vient bien évidemment du Christ. On trouve dans le Christ et Sa Passion les meilleures remèdes pour combattre son péché capital dominant. Deux livres évoquent ce sujet : Les 7 Péchés capitaux ou ce mal qui nous tient tête" de Pascal IDE (Mame, Paris 2015) et "Une lutte pour la vie, Connaître et combattre les péchés capitaux" de Enzo BIANCHI chez Médiaspaul (2012). Ces deux livres sont complémentaires : le premier apporte une foule impressionnante d'informations, de réflexions, de citations; le second se veut éclairant et utile dans le rude combat contre les tentations.

 

Mais dans ce combat où des lumières du ciel descendent sur nous pour nous aider à vaincre, il faut toujours se rappeler l'enseignement de Sainte Thérèse d'Avila : le mérite d'une âme ne réside pas dans les faveurs spirituelles qu'elle reçoit mais dans les vertus qu'elle acquiert.

 

"Un des aspects aujourd'hui les plus négligés de la vie chrétienne est certainement celui du combat spirituel. [...] Combien sont ceux qui connaissent aujourd'hui cet art du combat, que ma génération recevait encore fréquemment en héritage de guides spirituels ordinaires ? Victimes de cette ignorance, nombreux sont les chrétiens qui se sont accoutumés à succomber aux tentations, convaincus qu'il n'y a rien à faire contre elles, puisqu'ils n'ont jamais rien appris à leur égard.

 

"[...] Il faut pourtant dire clairement que l'édification d'une personnalité humaine et spirituelle robuste n'est pas possible sans le combat intérieur, sans un exercice au discernement entre le bien et le mal, qui permet de parvenir à dire des 'oui' convaincus et des 'non' efficaces : 'oui' à ce que nous pouvons être et faire en conformité au Christ; 'non' aux pulsions égocenriques qui nous aliènent et contredisent nos rapports avec nous-mêmes, avec Dieu, avec les autres et avec les choses, rapports appelés à être caractérisés par la liberté et l'amour." Cela "ne signifie donc ni tomber dans un dualisme spirituel, selon lequel il faudrait nier l'humain pour affirmer Dieu, ni s'abîmer dans une attitude piétiste et individualiste. Cela signifie au contraire affirmer la dimension humaine et chrétienne essentielle d'une ascèse - mot qui, ne l'oublions pas, signifie 'exercice' -, d'un combat pour parvenir à une vie pleine et accomplie : la vie chrétienne, une vie 'à la nature du Christ' (Ep 4,13 "jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude.").

 

"Pour le chrétien, le combat spirituel est donc une exigence inhérente au baptême [...] : 'Par ce baptême, le chrétien s'engage à demeurer toujours en tenue militaire, à porter ce que Paul appelle les 'armes de la justice' (Rm 6,13-14) et les 'armes de la lumière' (Rm 13,12). "En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ." (Ga 3, 27)

 

Martyrius, un Père syriaque du VIIe siècle écrivait : 'Est-ce que par hasard la lutte intérieure, l'effort sur les pensées et la guerre contre les passions, ne seraient pas aussi rudes que la guerre extérieure contre les persécutions, et que la torture du corps ? Il me semble, à moi, qu'ils sont encore plus rudes, dans la mesure où Satan est plus cruel et plus méchant que les hommes méchants.'

 

"[...] Le coeur est donc le lieu du combat invisible; c'est là que peut commencer le retour à Dieu, la conversion (voir Jr 3,10; 29,13).

 

"Pour les Pères du désert, [...] la reconnaissance de la tentation et la prise en charge du combat contre elle sont indispensables au salut.

 

"[...] Il faut veiller (voir Mt 24, 42-43; 25,13; 26,2-3; 16,15; etc.; Mc 13,33; Lc 21; Ep 6,18; He 13,17), être attentif (Mc 13, 23-33; Ep 5, 15; Col 4, 17; He 3, 12; 2 Jn 8, etc.), être sobre et tempérant (1Th 5, 6-8; 2 Tm 4,5; 1 P 1,13; 4-7; 5,8), être sur ses gardes (Lc 17,3, Ac, 20, 28; etc.).

[...] Au lieu de juger le comportement d'autrui, chacun de nous devrait avoir le courage de regarder avant tout à soi-même (voir Mt 7, 3-5; Lc 6, 41-42).

 

La vigilance représente le milieu vital de la foi, de l'espérance et de la charité (Cf. Marc LE MOINE, Lettre à Nicolas 10, 17-29; 12-18-38), et elle constitue un moyen très efficace de lutte contre ce qu'un moine du VIe siècle définissait les 'trois géants puissants et vigoureux' : l'ignorance, l'oubli, la négligence (Apophtegmes des Pères du désert, Collection alphabétique, Poemen 135). Elle est de fait la matrice de toutes les vertus chrétiennes. [...] Dans la tradition chrétienne orientale, l'attitude de vigilance, définie par des noms différents, a reçu à juste titre le rôle d'instrument privilégié du combat contre le péché et, avant cela même, contre les tentatives démoniaques de s'introduire dans l'esprit humain à travers les loghismoi, les 'pensées', les suggestions de l'esprit et du cœur. [...] C'est pourquoi il est dit : 'Si la suggestion du diable t'assaille, ne le laisse pas entrer dans ton cœur' (Qo 10,4 "Si la colère du chef s’allume contre toi, ne quitte pas ton poste : le sang-froid fait éviter de grandes fautes.") Celui qui n'est pas attentif à garder son intelligence ne peut pas devenir pur en son cœur, pour être jugé digne de voir Dieu (voir Mt 5,8). Celui qui n'est pas attentif ne peut pas devenir pauvre en esprit (voir Mt 5,3) Il ne peut pas non plus être affligé et pleurer (voir Mt 5,4), ni devenir doux (voir Mt 5,5) et paisible, ni avoir faim et soif de la justice (voir Mt 5,6). Pour tout dire, il n'est pas possible d'acquérir les autres vertus autrement que par cette attention. 

Saint Antoine le Grand, Ermite, par Zurbaran.

Saint Antoine le Grand, Ermite, par Zurbaran.

Que le souvenir de l'éternité, disait-il, ne sorte jamais de votre esprit. Pensez, tous les matins, que peut-être vous ne vivrez pas jusqu'à la fin du jour ; pensez, tous les soirs, que peut-être vous ne verrez pas le lendemain matin. Faites chacune de vos actions comme si elle était la dernière de votre vie.

Veillez sans cesse contre les tentations , et résistez courageusement aux efforts du démon : cet ennemi est bien faible quand on sait le désarmer ; il redoute le jeûne, la prière, l'humilité et les bonnes œuvres.

Saint Antoine, Ermite

"Ce n'est pas l'effort humain qui fait remporter la victoire, mais la grâce de Dieu qui, à travers la mort de l'homme à lui-même, agit en lui et le vivifie.

 

"Dans ce dur combat il faut se doter d'armes spirituelles (2 Co 3,5 "ce n’est pas à cause d’une capacité personnelle que nous pourrions nous attribuer : notre capacité vient de Dieu.")

 

"Philothée le Sinaïte écrit : 'Dès que tu prends conscience d'une pensée, réfute-la. Mais aussitôt appelle vite le Christ à ton aide.'" [2]

 

"La doctrine des péchés capitaux désigne les sept voies majeures par lesquelles l'homme se détourne de son véritable bonheur. [...] Les péchés capitaux sont des miroirs aux alouettes, des routes en trompe-l'oeil, des impasses masquées, des séductions de substitution. Ces sept vices mènent la course. Ils entraînent derrière eux la hordes des sévices dérives : lâcheté, médisance, infidélité, ambition, mensonge, cruauté... la liste est interminable. 

 

[...] En hébreu, le verbe pécher signifie : manquer son but, se tromper de cible. [...] Pécher est se tromper de bonheur. Or le bonheur est Dieu même : l'homme est fait pour l'infini et Dieu seul est le Bien infini. [...] Une idole est une réalité finie qui se fait passer pour infinie. Or seul l'infini peut combler le coeur humain." [3]

 

Dit autrement, "pécher, c'est poser un acte derrière lequel se dissimule une idole qui nous fait croire au vrai bonheur, alors que le vrai bonheur trouve sa source en Dieu seul.

 

"[...] Le péché, au fond, c'est toujours se préférer soi-même à Dieu et, du coup, se détourner du bonheur authentique.

 

"[...] Et si l'amour servait à rendre heureux celui qui aime, et à le rendre heureux d'un bonheur que nul ne peut lui ravir et qui jamais ne passera ?" [4]

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