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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 09:54

En janvier 1737, une terrible épidémie de peste désola la ville de Mexico. Beaucoup fuirent la capitale et allèrent s'établir sur les hauteurs de la Guadalupe. Or, parmi ses habitants, on ne déplora aucun décès dû à l'épidémie, ce qui démontra le pouvoir de protection de l'image miraculeuse. Des neuvaines étaient célébrées et l'image miraculeuse de Notre-Dame de Guadalupe allait de paroisse en paroisse..., sans confinement.

283 ans plus tard, face à l'épidémie du coronavirus, ce dimanche 12 avril 2020, solennité de la Résurrection du Seigneur, les peuples des Amériques et des Caraïbes ont été consacrés à leur sainte patronne, Notre-Dame de Guadalupe, depuis la basilique nationale de Mexico. 

https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2020-04/consecration-ameriques-notre-dame-guadalupe-coronavirus.html

https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2020-04/consecration-ameriques-notre-dame-guadalupe-coronavirus.html

En ce dimanche 12 avril 2020, solennité de la Résurrection du Seigneur, les peuples des Amériques et des Caraïbes ont été consacrés à leur sainte patronne, Notre-Dame de Guadalupe, depuis la basilique nationale de Mexico. 

 

«Aujourd’hui, nous nous sentons de nouveau petits et fragiles face à la maladie et à la douleur, et nous te demandons de protéger tous les hommes, surtout les plus vulnérables de tes enfants : les personnes âgées, les enfants, les malades, les indigènes, les migrants».

 

En ce jour de consécration des peuples d’Amériques et des Caraïbes à Notre-Dame de Guadalupe, Mgr Miguel Cabreros Vidarte, président du CELAM (Conseil épiscopal latino-américain) a rappelé l’ardente dévotion démontrée depuis des siècles par les Américains envers leur sainte patronne, surtout en temps d’épreuves, et l’a priée pour la fin de l’actuelle pandémie.

 

[...] Mgr Cabreros Vidarte a remercié les évêques mexicains d’avoir adhéré à l’initiative du CELAM et d'avoir organisé cet acte de consécration qui s’est déroulé après la messe célébrée ce dimanche par le primat du Mexique, le cardinal Carlos Aguiar Retes.

 

Les évêques d’Amérique latine, des Caraïbes, des États-Unis, du Canada et des Philippines ont pris part à la célébration grâce à sa retransmission en direct à la radio, à la télévision et sur les réseaux sociaux. Plus de 40 000 personnes ont également pu prier et suivre la messe ensemble, via facebook.

 

L’Amérique latine compte plus de 60 000 cas de contagion au Covid-19 et recense plus de 2 500 décès. Le Brésil figure en tête des pays les plus touchés, parmi lesquels figurent l’Équateur, le Chili et le Pérou.

 

[...] [L]es États-Unis sont à l’heure actuelle, le nouvel épicentre de la pandémie avec ce terrible bilan : plus de 22 000 morts pour environ 550 000 cas déclarés.

 

***

Notre-Dame de Guadalupe - église d'Irapuato, Mexique

Notre-Dame de Guadalupe - église d'Irapuato, Mexique

Note du blog Christ Roi.

Historique du rôle joué par Notre-Dame de Guadalupe dans la formation de l'État du Mexique :

 

Les apparitions de Notre-Dame de Guadalupe ont joué un rôle capital dans la formation du Mexique. Le rôle de Notre-Dame de Guadalupe pendant la lutte pour l'indépendance du Mexique en est une illustration éclatante.

 

Son rôle est certainement appelé encore à se développer en un siècle d'incroyance et de sécularisme. Aujourd'hui, cette image miraculeuse est appelée à jouer un rôle véritablement universel.

 

En janvier 1737, une épidémie de peste désola la ville de Mexico. Les autorités religieuses et civiles eurent l'idée de demander l'aide de la Vierge de Guadalupe. Le clergé refusa d'abord de s'adresser à Notre-Dame de Guadalupe; il cherchait plutôt à acclimater parmi les Indiens le culte des Vierges espagnoles auxquelles il était habitué. Cependant, les Indiens, eux, se sentaient davantage attirés par la Vierge de Guadalupe. Au cours du XVIIe et du XVIIIe siècle, son culte s'était tellement développé parmi les Indiens et les métis qu'il était devenu, de fait, la manifestation religieuse la plus importante du Mexique. Mais pour les autorités civiles, c'était un peu comme détrôner leur propre Vierge pour introniser à sa place celle des Indiens (rebeca Lopez Mora, Guadalupe de mexico, el fin de una epidemia y el inicio de un reinado, Historica, Coleccion V.) Beaucoup fuirent la capitale et allèrent s'établir sur les hauteurs de la Guadalupe. Leurs maisons furent bientôt si nombreuses qu'elles réunirent les deux agglomérations. Or, parmi ses habitants, on ne déplora aucun décès dû à l'épidémie, ce qui démontrait le pouvoir de protection de l'image miraculeuse. Des neuvaines étaient célébrées et l'image miraculeuse allait de paroisse en paroisse.

 

Le chapitre de la cathédrale entreprit alors les démarches pour que la Vierge de Guadalupe soit reconnue comme Patronne principale de la ville de Mexico. Un édit royal autorisa cette reconnaissance le 27 avril 1737, 206 ans après l'apparition. Peu à peu, les autres cités du Mexique adoptèrent aussi la Vierge de Guadalupe comme Patronne et protectrice, en 1746. (François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 111 et p. 138.)

Notre-Dame de Guadalupe - Colline du Tepeyac Mexico

Notre-Dame de Guadalupe - Colline du Tepeyac Mexico

Le 25 avril 1754, Benoît XIV proclama Notre-Dame de Guadalupe Patronne du Mexique en citant à son sujet le Psaume 147,20 : "Il (Dieu) n'en a fait autant pour aucune nation", phrase aujourd'hui célèbre dans tout le Mexique.

 

En 1810, durant la guerre du Mexique pour l'Indépendance contre l'Espagne, son image précéda les Insurgés dans la bataille. (Niceto de ZAMACOIS, Historia de Mexico, Barcelona-Mexico, 1878-1882, VI, 253, cité in Eric R. WOLF, The Virgin of Guadalupe : A Mexican national symbol, p. 64 ). La bannière de la Guadalupe mena les insurgés ; et leur cause est appelée "sa loi." (Luis GONZALEZ y GONZALEZ, El Optimismo nacionalista como factor en la independancia de Mexico, Estudios de historiografia americana, Mexico 1948, p. 194, cité in Eric R. WOLF, The Virgin of Guadalupe : A Mexican national symbol, p. 68 ). Le Père Miguel Hidalgo y Costilla rejoignit les premiers groupes révolutionnaires en s'emparant de l'image de la Guadalupe pour en faire la bannière des Insurgés. "L'intuition de Hidalgo", écrit l'historien D. Luis Castillo Ledon, "d'adopter la Vierge de Guadalupe comme drapeau de l'armée libératrice, était, sans aucun doute, une grande pensée politique. Comme le mouvement qu'il venait de lancer devait s'appuyer sur les masses indigènes et métisses, il comprit que la seule idée de liberté était un peu abstraite pour entraîner les foules. Il fallait l'unir à la religion et adopter un symbole qui représentât, à la fois, les croyances de la multitude et le sentiment national." ( D. Luis CASTILLO LEDON, cité dans  François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 138. )

Détail révélateur : à la fin de la guerre, le traité de paix fut appelé très officiellement "Traité de Guadalupe-Hidalgo".

 

En 1828, le Congrès de Mexico déclarait le 12 décembre, fête de Notre-Dame de Guadalupe, fête nationale.

 

Le 2 février 1848, c'est à la sacristie de la basilique de la Guadalupe que fut signé le traité de paix mettant fin à la guerre avec les États-Unis, et le traité porta aussi le nom de "traité de Guadalupe". (François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 111 et p. 138.)

 

Dans la Grande Révolution de 1910, Emiliano Zapata et ses rebelles agrariens combattirent sous son emblème (Antonio POMPA y POMPA, Album del IV centenario guadalupano, Mexico, 1938, p. 173, cité in Eric R. WOLF, The Virgin of Guadalupe : A Mexican national symbol, p. 64.)

 

Le 4 août 1910, la Vierge de Guadalupe est proclamée Patronne de toute l'Amérique latine par saint Pie X. Pie XI renouvela cette proclamation.

 

Durant la persécution du gouvernement socialiste franc-maçon en 1926, qui vit le culte public suspendu, les Cristeros combattirent sous son emblème, au cri de ¡Viva Cristo Rey! ("Vive le Christ Roi !". (Jean Sévillia, Boulevard Voltaire, 12 mai 2014)

 

Durant les terribles séismes de 1985, beaucoup vinrent se réfugier pour un temps au pied de la colline comme l'avaient fait les habitants lors de la peste de 1737.

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Publié par Ingomer - dans Religion