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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 01:03

Y a-t-il un fascisme de la république dite française ?

« Le fascisme […] promet l'ordre et la force, la prospérité et le renouveau, il exalte la grandeur de la patrie en ranimant les souvenirs de l'Empire romain. Son fondateur, Benito Mussoloni. [...] Son premier programme s'inspire des thèmes du socialisme et du nationalisme. […] C'est […] l'affirmation de la suprématie de l'État, valeur absolue, qui réclame toutes les énergies à son service, fût-ce au mépris des personnes, et qui sollicite tous les moyens, y compris la violence.

 

Benito Mussolini en 1938.

 

Mussolini se présente comme le « sauveur » de l'Italie, le duce, le guide, le chef auquel il faut obéir. Dans la république, il y a aussi cette dimension du leader, du sauveur de la Révolution, depuis Robespierre, en passant par Napoléon Bonaparte à l'homme providentiel, qui n'est jamais que l'homme d'un parti qui devient président de la Ve république.

 

Pie XI

« […] Le Syllabus (de Pie XI en 1864) (39e proposition) avait déjà condamné une telle conception qui fait de l'État l'origine et la source de tous les droits et qui lui reconnaît une autorité sans limites.

 

« […] En mai 1931, il (Mussolini) fait fermer les cercles catholiques de jeunes et il supprime la procession de la fête-Dieu. À Rome et dans toute l'Italie, des escouades fascistes déploient leur violence contre les sièges des œuvres catholiques et contre les adhérents, garçons et filles. Mussoloni couvre lui-même les excès en concluant une interview de façon catégorique : "L'enfant, dès qu'il est en âge d'apprendre, appartient à l'État, à lui seul, sans partage possible."

 

Pie XI décide alors de réagir fermement. Son encyclique du 5 juillet 1931, Non abbiamo bisogno, rédigée en italien, condamne le totalitarisme étatique, repousse "une idéologie qui se résoud en une vraie statolâtrie païenne".

 

« […] Le conflit entre l'Église et le fascisme reprend avec le renversement de la politique italienne et la réalisation de l'Axe Rome-Berlin. […] À la veille du dixième anniversaire des accords du latran, Pie XI s'apprête à dénoncer l'attitude du fascisme à l'égard de l'Église. Mais il meurt le 10 février 1939. » (1)

 

Formule condamnée n°XXXIX du Syllabus : «L’État, étant l’origine et la source de tous les droits, jouit d’un droit qui n’est circonscrit par aucune limite.» 

 

Hormis les prétentions de ranimer l'Empire romain et la promesse affichée de la force, cette définition du fascisme correspond étrangement à la république dite française, particulièrement dans la promesse de prospérité (progrès) et de renouveau, dans le culte de l'homme providentiel, la prétention d'éduquer « l'enfant dès qu'il est en âge d'apprendre » (Mussolini), dès 3 ans chez Emmanuel Macron.

 

La promesse de renouveau est celle des politiciens républicains et francs-maçons qui ont une vénération quasi superstitieuse et religieuse pour le mot "changement", depuis Nicolas Sarkozy, sa "France d'après", son "monde nouveau" ("De cette crise va naître un monde nouveau". N. Sarkozy, voeux à la nation 31-12-2008; "Changer le monde" LipDub avec les jeunes de l'UMP en 2009) ; en passant par François Hollande et sa promesse "le changement c'est maintenant", le Nouveau Monde d'Emmanuel Macron. Un côté haineux contre la nature et la Création, qu'il faut changer, recréer. Au final, les naïfs se font systématiquement avoir avec ce type de promesses fallacieuses qu'affectionnent les francs-maçons depuis 1789 avec Rabaut de Saint-Etienne et son "pour rendre le peuple heureux, il faut le renouveler, changer ses idées, changer ses lois, changer ses moeurs, changer les hommes, changer les choses, tout détruire, oui, tout détruire, puisque tout est à recréer". (Rabaut-Saint-Etienne cité dans Henri Delassus, La Conjuration antichrétienne, Le Temple maçonnique voulant s'élever sur les ruines de l'Eglise catholique, 1910, rééd. Expéditions pamphiliennes 2007, p. 280). Pour Emmanuel Macron le "Nouveau Monde" fait furieusement penser à l'ancien monde en pire.

 

La conception du pouvoir où (sous couvert de «souveraineté nationale»), l’État est en fait (dans les faits) la source et l'origine de tous les droits via la démocratie dite «représentative» est celle de la république. Pour Jacques Chirac en 1995, «il n'y a pas de loi morale au-dessus de la loi civile» («non à une loi morale qui primerait la loi civile», Jacques Chirac, Journal du Dimanche, avril 1995). Tout est possible, y compris le pire.

 

En 1789 déjà, « "aucune barrière ni droit naturel ni règle constitutionnelle" ne devait s'opposer, selon Mirabeau, à une majorité législative (en l'occurrence issue d'une minorité activiste dans le pays). Ce régime n'est qu'une forme de la tyrannie. Sous l'angle de l'État de droit, elle marque une régression par rapport à la pratique au XVIIIe siècle, de l'Ancien Régime. C'est ce que Hayek appelle une "démocratie illimitée", et ce que Benjamin Constant avait stigmatisé comme une "souveraineté illimitée". » (2)

 

En France, par exemple en 2019, la sécurité de manifestants contre les politiques économiques et sociales du gouvernement, les manifestants pacifiques se retrouvent blessés, éborgnés par des tirs de flashball des forces dites de l'"ordre". Cette force employée à la défense d'institutions qui ne respectent même pas la dignité humaine la plus élémentaire a pu faire l'objet de plaintes auprès de la Cour pénale internationale sur la base de la l'article 7 du "Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale". En réponse, sans viser un pays en particulier, l'Europe et l'ONU ont condamné le 14 février 2019 « l'usage disproportionné de la force par la police. »

 

Source: http://www.lefigaro.fr/international/2019/02/14/01003-20190214ARTFIG00278-l-europe-condamne-l-usage-disproportionne-de-la-force-par-la-police.php

 

Selon les auteurs du communiqué de presse diffusé le 14 par le groupe d'experts des droits de l'homme de l'Onu, «les restrictions imposées aux droits ont également entraîné un nombre élevé d'interpellations et de gardes à vue, des fouilles et confiscations de matériel de manifestants, ainsi que des blessures graves causées par un usage disproportionné d'armes dites "non-létales" telles que les grenades et les lanceurs de balles de défense ou flashballs».

 

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201902151040029128-experts-denonciation-restrictions-droits-manifestants-france/

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201902151040029128-experts-denonciation-restrictions-droits-manifestants-france/

CONCLUSION. Face à une statolâtrie envahissante et sans limites, et un État prêt à blesser des manifestants pacifiques, il est urgent de retrouver le sens de l'humanité et de remettre de l'humain dans nos institutions.

Add. Le Figaro 6 mars 2019: «Gilets jaunes»: l'ONU réclame à Paris une enquête sur «l'usage excessif de la force».

Dans un discours à Genève, la Haut-commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, Michelle Bachelet, a mis en cause les conditions du maintien de l'ordre lors des manifestations des «gilets jaunes». Des critiques déjà formulées en février au sein de l'ONU, mais aussi de l'UE et de la CEDH.

Source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/03/06/01016-20190306ARTFIG00119-gilets-jaunes-l-onu-reclame-a-paris-une-enquete-sur-l-usage-excessif-de-la-force.php

Source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/03/06/01016-20190306ARTFIG00119-gilets-jaunes-l-onu-reclame-a-paris-une-enquete-sur-l-usage-excessif-de-la-force.php

Notes

 

(1) Paul CHRISTOPHE, 2000 ans d'Histoire de l'Église, Nouvelle Édition Mame Desclée, Paris 2017, p. 1004-1008.

(2) Le Livre noir de la Révolution française, par Pierre CHAUNU, Jean TULARD, Émmanuel LEROY-LADURIE, Jean SÉVILLIA, Cerf, Paris 2008, p. 14.

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