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18 novembre 2018 7 18 /11 /novembre /2018 13:43
La grande majorité des messes font aujourd’hui office de narcotiques

La grande majorité des messes font aujourd’hui office de narcotiques.

Transformées en simples occasions d’activisme et de bavardage, ces prétendues messes, tels des soporifiques spirituels, nous poussent à nous échapper de la profondeur de notre être afin de nous rendre peu à peu étrangers à la présence de Dieu.

Certes, en participant à de telles liturgies, nous restons encore dans l’Eglise ; mais c’est dans une Eglise sans Dieu et sans foi ; une Eglise où les célébrations liturgiques, vidées de leur sens, sont remplacée par un culte du « moi » par lequel les célébrants et leurs groupies imaginent encore susciter un quelconque intérêt de la part des fidèles qui y assistent.

***

« L’une des manifestations de la vie liturgique postconciliaire dont on puisse se réjouir, c’est qu’il y a toujours plus de fidèles à vouloir célébrer pleinement l’Eucharistie en recevant le Corps du Seigneur, communiant avec lui et en lui avec l’Eglise de Dieu tout entière.

Cependant, parfois, en voyant des communautés aller communier en masse, on ne peut s’empêcher d’être gagné par un secret malaise : trouve-t-on ici encore ce que saint Paul exigeait avec tant d’insistance des Corinthiens - « discerne-t-on » encore le Corps du Seigneur (1 Co 11,29) ?

On a quelquefois l’impression que la communion est considérée comme faisant partie du rituel, et qu’elle se déroule comme un rite qui ne ferait qu’exprimer l’appartenance à la communauté. Il faut que l’on comprenne beaucoup plus nettement que l’Eucharistie n’est pas sans valeur parce qu’on ne communie pas. En communiant sans discernement, nous ne nous élevons pas vers les hauteurs de la communion, mais nous ravalons le don du Seigneur à la banalité de ce qui relève de notre bon plaisir, du quotidien.

Parce que l’Eucharistie n’est pas un repas rituel, mais la prière commune de l’Eglise, au cours de laquelle le Seigneur prie avec nous et se communique à nous, elle demeure précieuse et grande, elle demeure don véritable, même si nous ne pouvons communier. Si nous comprenions à nouveau mieux cela, et qu’ainsi nous comprenions à nouveau plus exactement ce qu’est l’Eucharistie elle-même, certains problèmes de pastorale, tels que la situation dans l’Eglise des divorcés remariés, perdraient d’eux-mêmes beaucoup de leur lourde pesanteur. »

 

Cardinal Joseph Ratzinger

 

Source: PRO LITURGIA, Actualités du dimanche 18 novembre 2018

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commentaires

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Je me demandais si j'étais seul à me faire cette réflexion.<br /> Je ne fais plus d'animation liturgique depuis une trentaine d'années, à partir du moment où le nouveau curé a voulu que l'animateur soit très visible, qu'il s'agite, qu'il gesticule, qu'il fasse des mots d'accueil interminables, vides de sens et mal lus. <br /> Pour ma part je n'allais dans le chœur que si j'avais une lecture à faire (je parle bien d'une lecture liturgique, qui se fait face à l'assemblée, pas d'un de ces bla-bla dont on parsème maintenant nos célébrations). J'entonnais les chants de ma place (l'église n'est pas très grande, tout au plus 500 personnes quand c'est bien plein) et ainsi, l'assemblée chantait au lieu d'être assourdi par une sono qui ne fait qu'ajouter du bruit. À l'époque, les gens savaient ce qu'ils avaient à faire, et l'animation n'était pas une prestation de cabotin satisfait de sa médiocrité. <br /> Maintenant, l'assemblée chante peu, elle n'ose plus, car ce qui est important c'est d'écouter les animateurs (souvent plusieurs, faisant des déplacements ridicules pour se partager le micro). L'attention n'est plus sur ce qui est important, mais sur le futile.<br /> J'étais il y a quelque jour à des obsèques : Succession de CD médiocres, peu de chant, et hormis deux animatrices répondant à un animateur (en changeant de ton), il n'y avait que moi pour chanter: Les gens n'osent plus, dans la mesure où “c'est l'artiste qui chante sur la scène”. Lectures très mal faites (comme d'habitude, car les gens qui savent lire sont peu nombreux et sont mis à l'écart par les animateurs, mêmes si certains prêtres demandent qu'on préfèrent aux médiocres.<br /> <br /> Et pour le problème de la communion, c'est effectivement grave : Le comportement de l'assemblée, des animateurs liturgiques et même de beaucoup de prêtres montre bien que quasiment personne ne croit plus en la présence réelle et permanente du corps du Christ dans le saint Sacrement. Il suffit de voir les animateurs liturgiques secouer le corporal comme une nappe et le lisser à la main; de voir le peu de respect lorsque l'on regarde ce qu'il reste dans le ciboire, de voir aussi l'agitation et les bavardages dans le chœur, à moins d'un mètre de l'autel avant et après la messe.<br /> On me dit : Il faut que nos cérémonies soient conviviales… Est-ce réellement le seul but ?<br /> Il ne faut pas s'étonner que les stades aient plus de succès que nos églises: Nous ne pouvons les égaler en matière de convivialité, par contre, si nous revenions à la spiritualité, nous remplirions notre mission.
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