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15 septembre 2018 6 15 /09 /septembre /2018 17:37

Extraits de la conférence de Jean-Louis Harouel pour le Cercle de l'Aéropage :

 

« On ne peut pas fonder une société sur les droits de l'homme, pour une bonne raison que les droits de l'homme sont un dissolvant social.

 

« En effet, dès le départ, dans les droits de l'homme, il n'y a que deux entités qui soient légitimes, l'individu et l'humanité entière. L'idée de l'homme indépendant de toute attache particulière, cette idée de droits universels s'adressant à chaque individu, elle est complètement négatrice de toutes les appartenances particulières (famille, province, régions, patrie, civilisation, etc.) Et dès le départ, il y a eu dans ce concept des droits de l'homme, il y a eu une idée de religion de substitution.

 

« Pendant un siècle et demi, les marxistes ont dit le plus grand mal des droits de l'homme, qui étaient pour eux une idéologie bourgeoise, des pseudo-droits, etc. Or, étonnement les droits de l"homme ont pris la place du communisme comme promesse d'une rédemption terrestre, comme promesse d'une émancipation de l'Humanité. Le premier à l'avoir remarqué, c'est François Furet, au début des années 1990. Il avait constaté à ce moment-là que l'Urss explosait, que le communisme s'affaissait et que les droits de l'homme avaient repris la place du communisme qui paraissait en voie d'extinction, comme projet, comme promesse du paradis sur la terre...  Et c'est une utopie. Il y a un historien américain qui s'appelle Samuel Moyn, qui appelle cela The Last Utopia (La Dernière utopie), qui a pris la place des totalitarismes affaissés les uns après les autres... 

 

« [...] Au départ, la nation, l'état-nation, c'est tout simplement une création de la Chrétienté médiévale au milieu du XIIIe siècle, où pour S. Thomas d'Aquin, il est évident qu'il y a la cité (la cité et l'empire, il reprend Aristote), mais le véritable cadre de vie, c'est le royaume national, c'est l'état-nation, l'état monarchique royal. C'est-à-dire (pour nous) l'état de Saint-Louis. Et dans le cadre de l'état-nation, dans le cadre la souveraineté nationale, il y a une dimension de propriété. Une nation, un peuple, c'est un groupe qui est propriétaire de lui-même, de son sol, qui est maître de son contenu humain, qui est propriétaire de son passé, qui doit avoir la maîtrise de son avenir, et qui est chez lui sur un sol. Combien de fois entendons-nous "on n'est plus chez soi !" Et si on n'est plus chez soi, cela montre que l'on devrait normalement être chez soi. Et quand on est chez soi quelque part, cela montre que l'on est dans sa propriété. Il y a une dimension de propriété collective dans l'état-nation. Dans un pays comme le nôtre, le peuple qui le compose est propriétaire de lui-même, propriétaire de son passé, propriétaire de son patrimoine, et devrait être normalement propriétaire de son avenir, ou de la manière de déterminer son avenir. Or tout cela, le droit de l'hommisme, la religion séculière des droits de l'homme le détruit. Elle casse de la propriété. C'est la même chose que le communisme. Simplement cela marche à un autre niveau. Le communisme cassait de la propriété individuelle, le droit de l'hommisme casse de la propriété collective... Mais finalement la mécanique est la même, le droit de l'hommisme est d'essence collectiviste. Et les nouveaux droits de l'homme, avec notamment cette dimension immigrationniste, sont indubitablement avec quelque chose de communiste en eux..

 

« Les droits de l'homme sont un dissolvant social dans n'importe quel contexte, à n'importe quelle époque, dans n'importe quelle situation, parce que les droits de l'homme c'est un faisceau de droit subjectifs, qui détruit le droit objectif. Et on ne construit pas une société sur des droits subjectifs parce que les droits subjectifs détruisent les droits objectifs et donc les fondements d'une société.

 

[...] Et à chaque fois qu'il y a eu comme cela une éruption révolutionnaire millénariste, à chaque fois le paradis annoncé s'est révélé être un enfer... »

 

A la fin de sa conférence, Jean-Louis Harouel évoque son livre "Droite -gauche, ce n'est pas fini" (Desclée de Brouwer, Paris 2017) : 

 

« Et c'est ce que je montre dans ce livre, que la gauche a pour racines les hérésies chrétiennes et que la droite - la vraie droite - a pour racine le christianisme et la Chrétienté. Mais je dirais la vraie droite parce que vous savez que René Rémond disait qu'il y avait trois droites, la légitimiste, l'orléaniste, et la bonapartiste. Mais la seule vraie, c'est la légitimiste. Parce que dans l'orléanisme, il y a un peu de droite, mais il y a beaucoup de gauche, et le bonapartisme c'est pareil, il y a un peu de droite mais il y a beaucoup de gauche.

 

Alors le "ni droite ni gauche", c'est une fumisterie. En réalité, il y a la droite et la gauche, comme corps d'idées. Et puis il y a des gens qui mettent dans leurs paniers quelques fois un peu de droite et beaucoup de gauche. Mais il faut bien reconnaître que dans l'ordre politique, dans l'offre (pour employer une terminologie économiste et marchande - ce qui n'est pas tout à fait dans mes habitudes mais est une réalité -) qui nous est faite, il n'y a quasiment pas de droite, et il y a surtout de la gauche. »

 

Extraits du livre de Jean-Louis Harouel, "Les Droits de l'Homme contre le peuple (Desclée de Brouwer, Paris 2016, p. 11; 51-52; 65-71; 81-82; 88-89; 91; 94-97; 103; 124; 135-137), "un ouvrage écrit en quinze jours et quinze nuits après les attentats du 13 novembre (2015):

 

« Aujourd'hui transformés en une religion séculière de nature millénariste obsédée par la non-discrimination, les droits de l'homme exposent chaque peuple européen à voir des membres d'un autre peuple s'installer massivement chez lui et mettre à profit ces droits pour travailler à le détruire, pour faire prévaloir leur mode de vie et leurs valeurs, au détriment de ceux du pays d'accueil. Les droits de l'homme permettent à un groupe identitaire installé au sein d'une nation, étranger à elle par les origines et  les sentiments, de la combattre de l'intérieur et de chercher à s'emparer de son sol, de son être, à se substituer à elle.

« [...] Le millénarisme et la gnose ont pour point commun très important, qui est le refus de considérer que le mal peut résider en l'homme, ainsi que l'enseignent le judaïsme et le christianisme. Pour les gnostiques, le mal résulte exclusivement de l'enfermement de parcelles de l'esprit divin dans la matière et dans le temps. [...] Le responsable du mal est le démiurge Yahvé, créateur d'un monde terrestre calamiteux. [...] L'homme n'est qu'une victime. Il est innocent du mal qu'il peut faire. Saint Augustin rapporte qu'ils (les manichéens) enseignaient que "le péché n'est pas notre fait, mais l'oeuvre en nous de je ne sais qu'elle substance étrangère." Si bien que l'individu peut tout se permettre, tout en se trouvant "hors de faute". Il n'est pas responsable puisqu'il est agi par une force qui le domine. Situation infiniment confortable, quand on a fait quelque chose de mal", que de ne pas avoir à se dire qu'on en est l'auteur. (S. Augustin, Les Confessions, V.) [...] On trouve la même idée d'extériorité du mal par rapport à l'homme dans le millénarisme révolutionnaire. Celui-ci véhiculait les dogmes annonciateurs du socialisme : l'inégalité comme origine du mal, le communisme comme remède. [...] [L]e millénarisme médiéval et moderne reposait sur la certitude que l'origine du mal se trouvait non pas dans l'homme comme l'enseignait la religion chrétienne, mais dans la mauvaise organisation de la société. [...] [L]a source du mal résidait dans l'inégalité, dans l'exploitation, dans la domination. Tout cela supprimé, le mal allait disparaître...

«  [...] Le millénarisme des droits de l'homme prend le relais du millénarisme communiste, à ce changement près que la promesse de perfection sociale ne réclame plus la suppression de toute propriété, mais la négation de toute différence entre les humains. [...] D'évidence, les peuples d'Europe occidentale sont les victimes désignées de la mécanique historiciste de la religion des droits de l'homme. La disparition de ces peuples [...] constitue pour le millénarisme humanitaire l'équivalent de ce que fut pour le millénarisme communiste son obsession de détruire la bourgeoisie.

« [...] Naguère condamnée par le millénarisme communiste parce que réputée bourgeoise et oppressive du prolérariat, la civilisation de l'Europe occidentale est aujourd'hui condamnée par le millénarisme des droits de l'homme parce que sa population est blanche et qu'est perçu comme une injustice son niveau de vie envié par l'Afrique et le Moyen-Orient. L'îlot de différence jalousée qu'est l'Europe occidentale se trouve mortellement menacé par la religion des droits de l'homme, car son existence contrevient au dogme qui sous-tend cette religion : le mêmisme. 

« [...] Le mêmisme [...] exige que l'on proclame - contre l'évidence - la parfaite identité de tous les hommes. Le mêmisme, c'est le dogme de l'interchangeabilité de tous les humains. [...] [T]ous les hommes étant parfaitement interchangeables, des Maliens ou des Turcs en nombre illimité peuvent indifféremment replace au pied levé des Français indigènes pour faire fonctionner correctement la France. Il est bien évident que c'est faux, mais c'est un article de foi, un dogme religieux.

« C'est au nom de ce dogme que les Européens se voient aujourd'hui sommés par le gnostico-millénarisme de la religion des droits de l'homme de disparaître en tant que civilisation en en tant que nations pour se fonde dans le grand tout d'une humanité mondialisée...

« [...] Pierre Manent déclarait en 2010 : "Je suis très surpris de la léthargie des Européens qui semblent consentir à leur propre disparition. Pis, ils interprètent cette disparition comme la preuve de leur supériorité morale." (Pierre Manent, Valeurs Actuelles, 25 novembre 2010). Le même constat a été effectué par Malika Sorel-Sutter: "On ne peut pas dire à un peuple : 'Vous êtes destinés à disparaître et vous devez l'accepter.' Or, c'est précisément ce qui est en train de se passer. [...] On demande aux peuples européens de disparaître: c'est une entreprise terrifiante." (Malika Sorel-Sutter, Le Figaro Magazine, 6 mai 2011; Valeurs actuelles, 21 avril 2011) 

« [...] Tout comme le millénarisme communiste, le millénarisme humanitaire est capable de broyer des millions d'humains, physiquement et psychologiquement. Aussi bien que le projet du paradis communiste, le projet du paradis humanitaire peut avoir son cortège de victimes. Dans les deux cas, au nom de l'amour.

« [...] C'est ici que la haine de soi, la culpabilisation, la repentance ont leur utilité. C'est un moyen psychologique de faire légitimement passer l'autre avant soi. Le masochisme européen est l'outil obligé de la religion humanitaire.

 

Un amour obligatoire

 

« [...] [U]n devoir d'amour de l'autre. Cette dimension d'amour des droits de l'homme est longtemps restée strictement dans le registre de la morale individuelle. Elle ne relevait que de la conscience de chacun, qui était absolument libre de s'y conformer ou non. [...] Ce devoir restait purement éthique: il n'entraînait pas d'obligation juridique et donc pas de sanction judiciaire. L'autre ne disposait pas du droit de s'adresser aux tribunaux pour exiger l'accomplissement du devoir d'amour qui lui était moralement dû. Cette fraternité pouvait être fervente et sans limite, mais elle était librement consentie.

« Or tout a changé dans le seconde moitié du XXe siècle après l'entrée en vigueur de la Convention européenne des droits de l'homme de 1950. [...] Il en est résulté une nouvelle version de la morale des droits de l'homme, centrée sur l'obsession de la non-discrimination. L'État s'est approprié cette "morale renouvelée". [...] Dès 1972, la loi Pleven a introduit la sanction pénale de tout propos jugé susceptible d'encourager à une quelconque discrimination. [...] Le nouveau code pénal de 1994 sanctionne comme des délits pénaux "une série de pratiques discriminatoires". [...] Du code civil ainsi que de diverses autres lois, il en résulte une obligation juridique de non-discrimination : celui qui "propose au public quelque avantage" ne doit en exclure personne pour cause de sexe, de race, de religion, etc. Désormais, si quelqu'un estime avoir fait l'objet d'une discrimination de la part d'un autre individu, d'une entreprise ou d'un organisme quelconque, cette personne ou une association désireuse d'agir pour elle peut déclencher un procès pénal.

« [...] L'amour qui est au coeur de la religion séculière des droits de l'homme n'est pas l'amour chrétien, même s'il présente des ressemblances avec lui. C'est une version profondément déformée de l'amour évangélique.

« [...] (L'amour dans) [L]e christianisme évangélique, [...] c'est une démarche purement personnelle, intérieur et libre. La religion séculière des droits de l'homme transforme radicalement cette démarche en lui fixant pour objet non plus Dieu, mais l'homme-Dieu de la gnose, en la rendant collective et en lui donnant un caractère obligatoire. [...] [I]l s'agit comme on l'a vu d'obtenir le paradis sur la terre en instaurant hic et nunc un amour de l'autre jusqu'au mépris de soi au nom de l'humanité divinisée. C'est au nom de cet amour que l'on est requis de voir l'autre comme le même, fût-ce contre l'évidence. 

« [...] Avatar actuel de la religion de l'humanité, la religion séculière des droits de l'home est un système politico-religieux réglementariste, coercitif et répressif dont l'État est en même temps l'Église.

« [...] Il y a une véritable trahison du peuple par l'État. Car si tout État a des devoirs envers l'humanité, il a des devoirs prioritaires envers le pays dont il constitue le visage institutionnel. Il doit veiller prioritairement à ses intérêts, sa prospérité, son inscription dans la durée. Mais en Europe occidentale - et en France moins qu'ailleurs -, l'État n'a presque aucun souci des intérêts concrets du peuple. Son avenir importe peu. L'État veille seulement à sa sainteté, à sa vertu, par le respect obligatoire des dogmes du millénarisme de l'amour de l'autre jusqu'au mépris de soi. Les manifestations d'opinions non conformes à ces dogmes sont les nouveaux crimes religieux, sanctionnés par un nouveau droit pénal religieux...

« [...] [D]ès 1965 [...] Léo Strauss [...] expose que le libéralisme repose essentiellement "sur la reconnaissance d'une sphère privée, protégée par la loi, mais où la loi ne peut pénétrer." Or une interdiction légale de toute discrimination signifie une inquisition policière et judiciaire constante au sein de la vie privée, et donc "l'abolition de la sphère privée, la négation de la différence entre l'État et la société, la destruction de l'État libéral." (Leo Strauss, cité par Pierre Manent, La raison des nations, p. 82-83) Bref, un système totalitaire. Il est fou et suicidaire de faire de l'amour absolu de l'autre la norme juridique suprême sanctionnée par le juge.

« [...] Or, une fois laïcisées et transformées en religion séculière d'État dont les violations sont sanctionnées par le droit, les valeurs évangéliques sont socialement catastrophiques. Il y a un côté impraticable de l'Évangile pour la vie normale. Aimer son ennemi, tendre l'autre joue : ce sont des chemins de sanctification individuelle, pas des règles de droit que l'on peut imposer à toute une population. [...] Le Christ conseille de pardonner sans fin et de tendre l'autre joue quand on est frappé. Mais cela concerne la morale individuelle et non la justice publique. 

 

Effets sociaux mortifères de la religion des droits de l'homme

 

« Dans la dénaturation des idées chrétiennes par le millénarisme humanitaire, la gnose joue un rôle décisif.

« Détestée par la gnose, la famille est une grande victime de ce rejet du legs biblique. Sa destruction se fait au nom des valeurs d'origine chrétienne (l'égalité, la liberté), mais coupées de la religion chrétienne et utilisées par des groupes d'influence d'inspiration gnostique, à commencer par la franc-maçonnerie. 

« Des règles nées de valeurs individualistes (comme la libéralisation du divorce, le droit à l'avortement) et égalitaires (comme l'égalité successorale de l'enfant naturel et de l'enfant légitime, ou encore le mariage homosexuel) ont investi le droit, pour le plus grand agrément des bénéficiaires et au grand détriment de la solidité de l'institution familiale.

« La liberté souveraine de l'individu absolutisé rejoint elle aussi le vieux mépris gnostique d'un ordre naturel conforme à la tradition biblique. La Genèse dit que furent créés l'homme et la femme - "Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femmes il les créa" (Gn 1:27) -; et point n'est besoin d'être croyant pour savoir que les humains sont sexués. Mais, dans une logique gnostique, l'individu souverain affranchi du respect de toute règle, et même de la prise en compte du réel, peut bien se réclamer du sexe qui lui plaît. Le Décalogue dit que l'on doit honorer son père et sa mère. Pourtant, la même conception gnostique qui autorise l'individu à faire tout ce qu'il veut, engendre, quand elle est consacrée par le droit, des pseudo-familles bi-paternelles ou bi-maternelles. Les criminels ont toute la sympathie de la religion séculière des droits de l'homme, qui, dans une logique gnostique d'indifférence au bien et au mal, réprouve la sévérité à leur égard de la tradition biblique. La prédilection de Marcion pour le criminel et pour l'ennemi est aujourd'hui largement reprise par une justice dmnée par la religion des droits de l'homme. Nous sommes en plein marcionisme judiciaire. La prohibition du meurtre a perdu beaucoup de son autorité morale. Le "tu ne tueras pas" n'est vraiment pris au sérieux que pour préserver les assassins de la peine capitale. Parallèlement, la désinvolture gnostique envers le Décalogue conduit l'idéologie des droits de l'homme à revendiquer diverses possibilités de tuer (suicide assisté, euthanasie, etc.) Quand à la phobie gnostique de la procréation, elle se retrouve dans l'usage généralisé de la contraception et plus encore dans le banalisation de l'avortement. On est ici au coeur de la gnose.

« [...] Les fanatiques de l'immigration prétendent mener en faveur des étrangers un combat citoyen. Mais c'est une contre-vérité. Au nom de l'immigration érigée en droit de l'homme, ils mènent en réalité un combat pour la destruction des nations européennes au moyen des flux migratoires. Leur combat est un combat mondialiste, un combat contre la cité et la citoyenneté. Bref, un combat anti-citoyen.

 

Discriminer pour bloquer les flux migratoires

 

« [...] Sur son territoire, chaque peuple a droit à ce que soit respectée son "identité propre" (Malika Sorel-Sutter, Migration - intégration, Paris, Mille et une nuits, 1011, p. 254). Il faut revenir à l'amour prioritaire de soi. La France doit modifier son droit pour mettre fin à l'immigration de colonisation. [...] Pour cela, il faut que la France cesse de se comporter comme le bureau d'aide sociale et médicale de l'univers. Il faut changer la législation pour qu'il n'existe plus d'avantage matériel (prestations, allocations, logement, soins médicaux gratuits) à pénétrer ou rester de manière illégale sur le territoire français. [...] Bref, il est indispensable de discriminer. Comme l'observait le grand politologue italien Norberto Bobbio, la justice veut que les égaux soient traités de façon égale et les inégaux de façon inégale. Une discrimination ne sera injuste qu'à cause de "l'inexistence de raisons valables pour un traitement inégal", si bien qu'il peut y avoir des discriminations justes (Norberto Bobbio, Droite et gauche, Paris, éd. du Seuil, 1998, p. 1088-109). Dans la logique de la cité, la discrimination juste par excellence est celle que l'on fait entre le citoyen et le non-citoyen, les nationaux et les étrangers.

 

Conclusion

 

« [...] Très grand nom du droit international privé, Henri Battifol observait qu'un faisceau de droits subjectifs ne résout aucunement le problème premier de toute société qui est celui de la vie en commun et que l'erreur du libéralisme individualiste a été de croire que la protection de l'individu suffirait à organiser la vie en commun. (cité par Yves Lequette, De la Proximité au fait accompli, Mélanges en l"honneur du Professeur Pierre Mayer, Paris, LeGDJ, 2015 , p. 514-515).

« [...] Avec la religion des droits de l'homme, s'estompe l'idée de citoyenneté. l'idée d'une appartenance commune rassemblant les citoyens d'un même pays fait place à une juxtaposition d'individus ne se définissant plus que par leur "droit à avoir des droits", selon la célèbre formule de Hannah Arendt. (Hannah Harendt, Les origines du totalitarisme, 1951, Paris, éd. Gallimard, 2002)

[...] On dit toujours qu'un peuple ne doit pas s'enfermer dans son passé, or c'est ce que nous faisons avec notre culte béat de la religion des droits de l'homme. La France ne peut espérer survivre qu'en rompant avec son culte de non-discrimination. Elle doit tout particulièrement maintenir et surtout restaurer la nécessaire discrimination entre nationaux et étrangers, qui est le fondement de la cité. Là est le véritable combat citoyen. »

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