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3 juin 2018 7 03 /06 /juin /2018 14:33
Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, Dieu fait-il concourir les démons au salut des hommes ?, Collection Sed Contra, éd. Artège-Lethielleux, 2018

Présentation de l'ouvrage

 

Dieu fait-il concourir les démons au salut des hommes ?

 

Fruit de la première thèse de doctorat en français sur le démon, cet ouvrage de théologie convoque aussi les analyses de l'histoire et des sciences, les textes de la Bible et des Pères de l'Église ainsi que ceux des religions non chrétiennes.

S'appuyant principalement sur l'œuvre de saint Thomas d'Aquin pour examiner les problèmes des exorcistes actuels, l'étude offre une réflexion spéculative au service d'une urgence pastorale.

Sont décrits les diaboliques tactiques ordinaires (tentations) et extraordinaires (vexations, obsessions, infestations et possessions), et les liens maléfiques, en particulier la magie, le spiritisme ou les vices.

Mais le démon reste soumis à Dieu. C'est pourquoi sont détaillés également les armes pour la contre-attaque et les remèdes que saint Thomas propose, avec la Tradition de l'Église, contre l'Ennemi infernal. Les rôles du Christ, de la Vierge, des anges, des sacrements ou des exorcismes, mais aussi des vertus morales ou de la prière sont ainsi précisés.

C'est un véritable manuel de combat spirituel que l'Aquinate a rédigé sans le vouloir, en éparpillant dans ses écrits des centaines d'affirmations, qui formaient autant de pièces d'un puzzle ici reconstitué.

L'Écriture Sainte, la Tradition catholique, le Magistère, la vie des saints et l'expérience des exorcistes montrent alors que la tentation de la révolte face à la violence de ces attaques maléfiques s'efface dans la contemplation de la Sagesse divine, qui sait utiliser la méchanceté du démon pour stimuler la sainteté des hommes.

Né en 1971, le père Jean-Baptiste (Guillaume Golfier), chanoine régulier à l'abbaye de Lagrasse (Aude), est diplômé en philosophie, en histoire et en théologie (doctorat ICT-ISTA Toulouse). Cet ouvrage est le fruit de sa thèse, d'accompagnement de personnes en souffrance et d'échanges avec de nombreux exorcistes et théologiens. 

Extrait de la préface du Père Philippe-Marie Margelidon, o.p.

 

"La modernité théologique - et la postmodernité - considère avec difficulté l'idée d'ange. Elle renvoie le diable aux croyances populaires, à l'étude des mentalités, quand ce n'est pas, avec une visée plus religieuse, à de la superstition. Le démon est devenu une figure symbolique du mal de l'homme, un principe impersonnel, social ou culturel, des idéologies ou des structures politico-culturelles. Au mieux, chez les théologiens, il est une figure métapersonnelle de la négativité à l'oeuvre dans la culture, une puissance de néant dont le statut est indéterminé. Les quelque tentatives de reformulation et de transposition du discours traditionnel, surtout chez les protestants (par exemple, P. Tillich ou K. Barth), ne vont guère au-delà de l'interprétation mythique. Seuls quelques écrivains font du diable plus qu'une figure de style, comme par exemple C.S Lewis et G. Bernanos, ce dernier replaçant le démon au coeur du mystère du mal et du péché. En revanche, la théologie du mal radical et de la 'finitude ontologique' (Adolph Gesché ou Joseph Moingt) a remplacé le démon par un concept. Le démon n'est pas un ange mais seulement un concept heuristique.

[...] La dimension démoniaque dans l'histoire et la vie de l'homme ne doit pas être occultée, car elle fait effectivement partie de la dramatique humaine (cosmique et théologie ?) du mal. Au XXe siècle, seuls les théologiens Louis Bouyer et Hans Urs von Balthasar ont osé le dire, non sans quelques ambiguïtés. Le Christ est vainqueur du démon: il s'agit, pour eux comme pour les Pères, d'une affirmation fondamentale et première de la foi. Or cette affirmation ne suscite pas encore réellement l'attention des théologiens en ce début de XXIe siècle. La christologie reste frileuse; elle ne surmonte pas les réticences, les réserves et l'inhibition de la génération précédente. Pourtant l'Écriture, le Nouveau Testament en particulier, nous parle de ce combat spirituel, de cette lutte implacable entre le Christ rédempteur, l'Église et les puissances des ténèbres. Le péché de l'homme a pourtant quelque chose à voir avec le péché de l'ange, avec Satan qui, s'il n'est pas toujours l'instigateur de tous les péchés des hommes, en tire toujours avantage. [On doit remarquer que le Catéchisme de l'Église catholique (1997), le dit très explicitement; Cf. CEC n° 390-397] La diffusion du mal moral dans l'histoire et dans les cultures ne se comprend pas sans son influence, et la théologie du salut et de la grâce ne peut l'omettre sans réduction de la Révélation et appauvrissement de la foi. Comme le dit très justement l'historien des doctrines Basile Studer, "sans cette prise en considération, on ne peut évaluer complètement l'oeuvre salvatrice de Jésus-Christ". D'où l'intérêt du livre du père Golfier.

[...] La question de l'influence du démon dans les actions humaines, individuelles ou collectives, ne se prête pas à une explication simple. Les données de la Révélation et de la théologie catholique sont lacunaires. La thèse du père Golfier est, sous ce rapport, un essai de synthèse et de prospection.

[...] La publication de cette thèse vient combler un vide et susciter, nous l'espérons, d'autres travaux sur un sujet qui mérite décidément l'attention du théologien et du pasteur ensemble. Ce n'est pas si fréquent.

Non, le diable n'est pas partout, directement et immédiatement, derrière toutes les actions négatives et mauvaises des hommes; cependant ces actions l'intéressent, il sait profiter de tout ce que les créatures rationnelles soustraient au dominium divin, et c'est aussi ce qu'il faut voir et mesurer sans faux-semblant. Il convient de le dire ! Or, à cet égard, la théologie savante et la prédication populaire sont souvent frileuses, ce qui, à l'opposé, facilite toutes sortes d'exagérations, de peurs et de discours improbables, qui font les avantages des marchands et probablement, du démon lui-même."

 

fr. Philippe-Marie MARGELIDON, o.p., Directeur de la Revue thomiste

Extrait de l'Introduction :

 

[...] B. Pourquoi un tel silence théologique contemporain en démonologie ?

 

1. Une incrédulité déjà ancienne

 

[...] Ce silence relève-t-il de la crise doctrinale contemporaine que notait le bienheureux pape Paul VI sur ce sujet ?

 

À propos du démon et de l'influence qu'il peut exercer sur les individus, sur les communautés, sur des sociétés entières ou sur les évènements, il faudrait réétudier un chapitre entier de la doctrine catholique auquel on s'intéresse peu aujourd'hui. Certains pensent pouvoir trouver une compensation suffisante dans l'étude de la psychanalyse et de la psychiatrie, dans des expériences de spiritisme qui aujourd'hui, malheureusement, se répandent tant dans certains pays. On a peur de retomber dans de vieilles théories manichéennes ou dans de funestes divagations, fantaisistes et superstitieuses. Aujourd'hui, on préfère afficher un esprit fort, sans préjugés, positiviste, quitte ensuite à attacher foi gratuitement à tant de lubies magiques ou populaires, ou, pire encore, à livrer son âme [...] à des expériences sensuelles [...] ou aux séductions idéologiques des erreurs à la mode. Ce sont là autant de fissures par lesquelles le Malin peut facilement s'insinuer pour altérer l'esprit de l'homme. [Bx Paul VI, audience générale du 15 novembre 1972, in DC (1972), p. 1054]

 

On sait, par ailleurs, que la défiance en matière d'exorcisme et la tendance à ramener les cas de possession ou d'infestation à des maladies nerveuses, ne remontent pas à l'après-concile. En France, elles semblent attestées depuis plus d'un siècle. 

[...] Cette incrédulité des clercs remonterait peut-être même au siècle des Lumières. [Gabriele AMORTH, Exorcisme et Psychiatrie, Paris, F.-X. de Guibert, 2002, p. 16-33.] La chasse aux sorcières y cessa aussi irrationnellement qu'elle avait commencé.

Ainsi, une démythification rationaliste conduit à considérer, dans l'Église même, les attaques diaboliques comme des délires psychiatriques. Nous sortons à peine de cette longue période d'incrédulité. Si les exorcistes diocésains en France par exemple, sont bien plus nombreux que dans les années 1970-1980, bien des clercs paraissent encore sceptiques face aux enseignements très clairs du Catéchisme ou de la Conférence épiscopale. [Le catéchisme de l'Église catholique, édition définitive 1998 (CEC) traite du démon aux n° 391-395, et l'évoque dans une quarantaine d'autres n°. La Commission doctrinale de la Conférence des évêques des France (CEF) a publié une mise au point: Note doctrinale n° 13 "À propos du diable et de son pouvoir", 23 novembre 2014]

 

2. La rareté des phénomènes et leur classement

 

[...] Si ces phénomènes se multiplient aujourd'hui de façon préoccupante [Nous donnerons des exemples au fil de nos pages et un résumé significatif en Annexe 6], nous pouvons parler de rareté vue leur proportion.

En effet, probablement '99,99% de l'action du démon est occulte' [Jean-Régis FROPO, alors exorciste du diocèse de Toulon, entretien dans l'hebdomadaire Famille Chrétienne, n° 1889, du 29 mars 2014, p. 29], et relève de la simple tentation, connue de tous les hommes. Seul un cas sur 10 000 relèverait alors de l'infestation, de la vexation ou de l'obsession diabolique, manifestations extraordinaires que nous définirons plus loin [Retenons déjà que ces tactiques extraordinaires rarissimes voient le démon s'en prendre sensiblement au corps ou au psychisme de sa victime: maladie, coups, accidents inexplicables humainement, qui dépassent la simple tentation concernant l'un des sept péchés capitaux. Cf. la vie du saint Padre Pio († 1968), qui regorge de ces phénomènes diaboliques]. Parmi ces cas rares, seule une part encore plus infime, de l'ordre de 5/1000, renverrait à la possession [... Ainsi, en 2015, sur 2500 personnes acceptées pour une délivrance au service de l'archidiocèse de Paris, une douzaine ou une quinzaine bénéficieront du grand exorcisme, réservé aux personnes possédées, ou gravement infestées, soit 0,5%. le chiffre est le même dans le diocèse de Perpignan. En 2017, le chiffre pour l'Île de France semble passer à 50/an, soit 2%... Le Père Fropo nous a indiqué en janvier 2016, qu'en 9 années de ministère à Toulon (2005-2014), il a rencontré une proportion comparable: 30 cas de possessions sur 2000 personnes reçues (1,5%). Le successeur du P. Fropo, l'abbé Christophe Beaublat, a déjà rencontré le même pourcentage de vrais possédés (1,5%), soit 11 cas sur 737, de septembre 2014 à janvier 2016, et 23 faux possédés, souvent paranoïaques (3% des personnes reçues)], soit une personne sur 200 000 environ [... les exorcistes consultés ont reconnu humblement avoir fait des erreurs, par exemple en ne repérant pas une emprise cachée sous une maladie psychique. Médecins et psychologues ne connaissent pas, eux nons plus, l'infaillibilité.] Seules ces situations pourraient nécessiter le grand exorcisme.

[...]

 

III. BUT ET MÉTHODE

 

A. Méthode choisie. Nécessité épistémologique d'un dialogue entre les disciplines

 

1. Lectio divina et sciences théologiques

 

[...] Thomas n'ayant pas eu l'intention de rassembler les pièces de son puzzle en une somme de démonologie, nous avons cherché à voir, au regard de synthèses démonologiques actuelles, si ces affirmations étaient lacunaires. Ainsi avons-nous utilisé la trame des cinq modes d'attaque [tentation, infestation, vexation, obsession, possession], ou des trois types d'assaut [tentation, lien, emprise] du démon, et le schéma de sept portes ouvertes au diable [Hérédité chargée, blessures d'enfance, médiumnité naturelle, attachement à un lieu ou objet infesté, répétition de péchés graves, refus de pardonner, refus de s'abandonner], afin de pouvoir répartir les affirmations thomasiennes, tout en précisant que l'Aquinate lui-même n'avait pas fait toutes ces distinctions.

Tactiques du diable in Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, éd. Artège-Lethielleux, 2018 , p. 41

Tactiques du diable in Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, éd. Artège-Lethielleux, 2018 , p. 41

2. Usage de sciences annexes et auxiliaires

 

[...] Restreindre l'action maléfique à une opération purement spirituelle est tout simplement erroné. Analyser les tactiques du diable par de pures spéculations serait alors une erreur de méthode qui ravirait Satan, comme l'a souligné avec sagacité et humour C.S. Lewis.

 

B. Un débouché inattendu en théologie pastorale

 

[...] On sait qu''une explosion de l'occultisme' [Cf. Mircea ELIADE, Occultisme, sorcellerie et modes culturelles, coll. NRF, Paris, Gallimard 1978] caractérise notre époque. Environ 40% des Occidentaux disent croire au paranormal et 30% avouent des pratiques allant de la lecture des horoscopes à l'invocation d'esprits ou à la pratique de la voyance [François MATHIJSEN, Les Expériences paranormales, imprimi potest du père Charles DELHEZ et imprimatur de Mgr André-Joseph LEONARD), coll. Que Penser de... ?, n° 84, Namur, Fidélité, 2014, p. 5. Docteur en psychologie, l'auteur indique (p. 14) des études récentes selon lesquelles 20% des personnes interrogées ont pratiqué le spiritisme en Europe, 30% aux Etats-Unis. Les chiffres sont probablement bien plus importants en Afrique et en Amérique du Sud...] Le saint théologien du XIIIe siècle peut-il aider les exorcistes et autres pasteurs d'aujourd'hui, confrontés à un phénomène aussi inquiétant qu'exponentiel [Cf. Annexe 6]? [...]

 

C. Plan et titre retenu

 

1. De saint Thomas à Lewis

 

Nous avons fait le choix de ce terme de tactique en référence au livre désormais célèbre de Clive Staples Lewis, Tactique du diable [The Screwtape Letters, livre paru pour la première fois en 1942, traduit de l'anglais par B. V. Barbey, coll. Foi vivante, Delachaux & Niestlé, 1967. Dernière édition française: Emprunte Temps présent, 2010, préface d'Irène Fernandez] évoqué par le pape François en 2014 [Homélie du 11 avril 2014 à la Maison Sainte Marthe]. Lewis n'emploie pas le terme de tactique dans son titre, mais l'idée lui est fidèle et le lecteur français y est aujourd'hui habitué. On sait que cet universitaire irlandais (1898-1963) fut professeur à Oxford puis à Cambridge, y enseignant la littérature du Moyen-Âge et de la Renaissance. Il se convertit au christianisme anglican en 1931, sous l'influence de deux catholiques célèbres: John Ronald Reuel Tolkien et Gilbert Keith Chesterton. Or l'auteur des Chroniques de Narnia (120 millions d'ex. vendus) avait étudié saint Thomas pour son apologétique. 

Roman épistolaire présentant la tentation du point de vue du diable et non du nôtre, sa Tactique du diable imagine le dialogue entre un novice démon, Wormwood, et son oncle chevronné, Screwtape, qui lui explique comment s'emparer de l'âme du pauvre humain Tine. Nous avons très vite été frappé par la justesse psychologique et la précision théologique, fidèle à la démonologie thomasienne, de ce bref roman, fort drôle au demeurant. [Ce roman a été mis en scène jusqu'en février 2015, avec succès, à l'espace Bernanos de Paris, par Michel-Olivier Michel. Il est recommandé par la CEF, Note doctrinale n° 13 'A propos du diable', p. 13, note 49.]

[...] Saint Thomas utilise entre autres le mot impugnatio, que l'on peut rendre par 'tactique'. Ce vocable semble lui être propre en démonologie, et cette originalité paraît singulière.

 

 

2. Parcours logique de ce travail

 

[...] Satan aime maintenir sous son emprise la créature humaine qu'il a fait tomber dans le péché. Plus rares que la tentation mais plus fréquentes que les manifestations extraordinaires de la possession, les liens emprisonnent et polluent la vie des victimes après qu'une porte a été ouverte au démon. De quoi s'agit-il ? Blessure ou péché ? Nous évoquerons aussi les questions de l'hérédité polluée et des vices, de l'astrologie, du spiritisme, des pactes et de la magie (2e partie, ch. 3). Enfin, Lucifer sait briller aux yeux des hommes par ses assauts, rares mais spectaculaires. Que sont ces tactiques extraordinaires, ces vexations, comme celles des incubes par exemple, ces infestations, obsessions ou possessions? Comment une telle violence semble-t-elle possible ? (2e partie, ch. 4).

Mais l'analyse des seules offensives du diable pourrait laisser un goût amer au lecteur et un souvenir dangereux pour le fidèle. Car dans la foi catholique, le démon reste soumis à Dieu. C'est pourquoi, nous avons tenu à présenter, dans une troisième partie, la contre-attaque, les armes offensives et défensives et les remèdes que saint Thomas propose, avec la Tradition de l'Église, contre l'Ennemi infernal.

 

 

Ci-dessous, retrouvez une video de mars 2016 du père Christophe Beaublat sur le diable : 

Extrait

 

"Il (Satan) exerce le job de tentateur. C'est son métier. C'est le travail ordinaire du démon. On est tous concerné par la tentation. Notre Seigneur a voulu nous montrer l'exemple de la victoire dans les tentations (40 jours de jeûne dans le désert). On reste libre. On n'est jamais obligé de succomber à la tentation.

 

Mais le travail extraordinaire du démon, c'est pour certaines personnes qui sont concernées par un certain nombre de causes que l'on va trouver dans le domaine de l'occultisme. L'occultisme c'est deux volets, le volet connaissance et le volet influence.

La connaissance, c'est la recherche des choses cachées (dans notre langage ecclésiastique, on appelle cela la divination, c'est-à-dire la voyance, le spiritisme, les mediums, tout ce qu'il est possible de rencontrer et partout dans le monde où qu'on aille), la recherche de choses cachées, la connaissance de choses secrètes, ésotériques, mystérieuses (la gnose, etc.).

L'influence, c'est de l'ordre de l'agir, l'action, agir sur, avoir des pouvoirs (ce que dans notre langage ecclésiastique on appelle la magie). Donc la divination et la magie sont les deux volets de l'occultisme où l'on peut rencontrer le démon. C'est le domaine du démon, l'occultisme.

Les gens qui viennent me voir me le disent évidemment, parce qu'ils ne vont pas commencer à dissimuler ces choses-là: ils souffrent, donc ils ont envie d'être débarrassés de leurs problèmes. Ils me disent: oui, c'est vrai je suis allé voir une voyante, un coupeur de feu, un sorcier, un marabout, un magnétiseur. Derrière ces mots, il faut voir exactement ce dont il s'agit, ce qu'ils sont allés chercher et ce qu'ils ont obtenu. Ces gens-là ont pu faire eux-mêmes cette démarche, ou alors, on l'a faite pour eux, parce qu'ils avaient un problème de santé et on les a emmenés chez un sorcier, quelqu'un qui utilise des pouvoirs particuliers pour soigner.

Ou alors, cela peut aussi être quelqu'un qui est victime d'un mauvais sort (sortilège, mauvais sort, magie noire, sorcellerie). Parce que dans la magie, pour simplifier, il y a trois sortes de magie.

Il y a celle dont je viens de parler qui est dans le domaine médical ou para-médical, c'est ce que l'on appelle la magie blanche, parce que le but est bon. Obtenir la guérison, ne plus souffrir. Ce qui est mauvais c'est les moyens utilisés pour atteindre ce but. Vous connaissez l'adage populaire 'la fin ne justifie pas les moyens'. Même si la fin, le but, l'objectif est bon, on n'a pas le droit d'utiliser n'importe quel moyen. C'est ce qu'on appelle la magie blanche, très répandue et qui à mon avis le sera de plus en plus dans le domaine médical, le domaine de la santé.

Il y a la magie rouge, rose ou sexuelle, ou magie amoureuse, c'est jeter un sort sur quelqu'un pour qu'il tombe amoureux de vous. Si la personne qui est victime de ce mauvais sort est vulnérable, c'est-à-dire si elle ne pratique pas (si elle n'est pas baptisée encore plus), si elle vit loin de Dieu, en état de péché, elle est vulnérable et elle peut recevoir ce sortilège de plein fouet et se retrouvée piégée, pieds et poings liés. Je connais plusieurs exemples. C'est très répandus en Afrique noire, au Maghreb aussi. Le pays où l'on pratique le plus ce genre de magie c'est le Maroc. C'est pas loin, c'est de l'autre côté de la Méditerranée. Et je connais plusieurs exemples de gens qui se sont faits piégés.

Et puis, il y a la magie noire. Magie noire parce que le but est mauvais. Le but c'est faire du mal, faire en sorte que quelqu'un divorce, perde son travail, tombe malade, ait un accident, que sais-je. Et dans certains cas cela marche très bien en effet si la personne qui est victime de ce mauvais sort est vulnérable. Cela ne marche pas à tous les coups. C'est pour cela que les gens qui sont très sérieux dans leur vie chrétienne (sauf très rare exception) ne viennent pas me voir, parce qu'ils n'ont pas besoin des services d'un exorciste. Cela je le vois, je le constate tous les jours: les gens qui sont très sérieux dans leur vie chrétienne n'ont pas à avoir peur du démon, ils sont très protégés. Sinon je changerai de métier... Parce que je pense que je dois être en tête des ennemis à abattre pour le démon, mais je n'ai pas à avoir peur car je sais que je suis protégé (par la messe, les sacrements, de réconciliation, l'eucharistie, la récitation du chapelet, l'Adoration eucharistique, la lecture de la Bible, etc.)"

 

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