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Christ Roi

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26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 13:32
Augustin COCHIN, La Machine révolutionnaire, Oeuvres, Préface de Patrice Gueniffey

Lés éditions Tallandier ont publié en avril "Augustin Cochin La Machine révolutionnaire, Oeuvres", avec une préface de Patrice Gueniffey. Les textes sont réunis, présentés et annotés par Denis Sureau.

 

« Si un historien fut longtemps ignoré, et pour de mauvaises raisons, c’est bien Augustin Cochin. On peut même dire que l’homme et l’oeuvre seraient tombés dans un oubli complet si François Furet ne les avait tirés du sépulcre où l’historiographie révolutionnaire de la Révolution les avait ensevelis. À l’heure où l’on se gargarise de mots, à l’heure où le despotisme de “l’opinion”, ou de ce qui en tient lieu, se fait plus sentir que jamais, à l’heure où la démocratie partout célébrée est davantage un mantra qu’une réalité, en ces temps de disette et de médiocrité de la pensée, le retour aux grandes oeuvres, originales et puissantes, est toujours comme un bain de Jouvence. » Patrice Gueniffey

 

Chartiste de formation, historien de métier et sociologue de tempérament, Augustin Cochin est mort au champ d'honneur à trente-neuf ans, en 1916. François Furet le considérait comme l'un des deux historiens, qui, avec Tocqueville, surent penser la Révolution française. Cochin est assurément celui qui a mis à jour le mécanisme de la Révolution, au sein de sociétés de pensée qui vont modeler une opinion publique nouvelle et l'esprit démocratique moderne.

 

Extrait (p. 566) :

 

"Nous en voulons à la maçonnerie, vous le verrez tout de suite [...] : dans un pays où les anciens corps indépendants, provinces, ordres ou corporations, tombent en poussière, un parti organisé d'une certaine manière s'empare fatalement de l'opinion, la dirige artificiellement, par le seul fait de son jeu mécanique, sans rien devoir ni à des causes naturelles, économiques ou autres, ni à l'action légitime de ses idées, ni même au nombre de ses affiliés ou au talent de ses chefs. Le règne de l'intérêt général, celui de la majorité numérique, sont des chimères; le peuple passe des mains de la minorité qui a le droit de commander, aux mains de la minorité qui a l'art de tromper. Il faudrait montrer qu'une telle organisation existait en 89, d'autant plus dangereuse que la Société d'alors ne songeait qu'à se garder du côté de l'autorité légitime, depuis longtemps inoffensive; qu'il n'y a pas eu, de 89 à 95, un seul mouvement populaire, la Vendée exceptée, qui n'ait été décidé, organisé, déterminé dans tous ses détails, par les chefs d'un 'Caucus' secret; que les principes qui servent de façade à la République depuis Rousseau jusqu'à Paul Bert n'ont jamais été pris au sérieux et appliqués de bonne foi que par d'honnêtes conservateurs qui voyaient cette façade de la rue; et surtout - et c'est là le grand point - qu'il n'y a pas un miracle, un accident dans l'histoire de la Démocratie, mais une loi générale et l'effet nécessaire d'un certain état politique."

***

"Le peuple passe des mains de la minorité qui a le droit de commander, aux mains de la minorité qui a l'art de tromper". Pour illustrer cette phrase d'Augustin Cochin, voici un extrait de Patrice Gueniffey dans La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire (Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 206-210) :

 

« dans le régime démocratique, [...] (e)n théorie, le nouveau citoyen se voit reconnaître un pouvoir de contribuer à la formation des décisions.

[...] Mais en réalité, il a moins de prise sur la décision qu'il n'en a jamais eu (Voir P. Gueniffey, Le Nombre et la raison, La Révolution française et les élections, éd. de l'EHESS, Paris 1993, p. 208-213). En effet, la participation démocratique [...], constitue une double fiction dont l'effet est de transférer le pouvoir théoriquement possédé par les individus à une oligarchie composée de professionnels de la politique. Cette oligarchie trie les problèmes et définit les termes dans lesquels ils peuvent être résolus, médiation indispensable pour transmuer la poussière des volontés individuelles en 'volonté collective'. La toute-puissance de la 'machine', ou du parti, est la réalité de la liberté du citoyen moderne. Tout comme, à l'intérieur de la société de pensée ou du mouvement jacobin, le pouvoir réel se trouve entre les mains du 'cercle intérieur', dans la société globale le peuple est réellement dépossédé de son pouvoir au profit du parti indispensable au fonctionnement de la démocratie.  

 "Pas de liberté sans organisation", admet Augustin Cochin, qui reconnaît ainsi la nécessité fonctionnelle des médiations pour engendrer de l'unité à partir de la multiplicité des volontés; mais, ajoute-t-il aussitôt, "pas de liberté avec l'organisation", puisque c'est en réalité l'appareil, la machine, qui fabrique seule l'opinion de ce peuple abstrait (A. Cochin, La Révolution et la libre pensée: la socialisation de la pensée (1750-1789), Plont-Nourrit, Paris 1924, p. 174).

Le fonctionnement oligarchique de la démocratie apparaît ainsi comme la conséquence nécessaire de l'illusion initiale de la démocratie : la construction du social à partir d'une entité sans existence concrète, l'Individu. C'est bien pourquoi le jacobinisme est emblématique aux yeux de Cochin. S'il incarne par son principe le fondement de la démocratie, il en dévoile aussi, à l'apogée de son influence, le mensonge: la dictature d'une minorité prétendant énoncer la Volonté générale au nom du peuple mais à la place du peuple. La tyrannie de l'an II, ou la démocratie sans masque.

[...] Plus les citoyens sont investis d'un pouvoir théorique important, moins ils exercent d'influence réelle: ce qu'avait bien compris Cochin.

[...] Dans la réalité, [...] [l]es électeurs sélectionnent ceux qui décideront en leur nom sans réellement les choisir - puisque la sélection des candidats leur échappe - et sans exercer une véritable influence sur les décisions qui seront prises ultérieurement. »

 

***

Ci-dessous voici la dernière video de Sacr Tv  sur le "processus révolutionnaire", consistant à créer un "homme nouveau"  ou "le processus génocidaire de la Révolution de 1793 à aujourd'hui" :

Extrait:

 

"Nous sommes le seul pays au monde à avoir voté des lois d'extermination et d'anéantissement. On ne les a ni retirées, ni abrogées. [...] Et nous avons toujours ces lois d'extermination et d'anéantissement dans notre arsenal juridique.

 

[...] En conscience partagée, ceux qui se sentent les héritiers de la Révolution française vont créer un système de pensée qui va faire que le bourreau va devenir la victime et la victime le bourreau. Et donc on a créé toute une mécanique qui a été établie de toute pièce les 17 et 18 octobre 1793, avec une inversion qui va être amplifiée par les hommes politiques, par les historiens officiels, ou pas, et qui donne le discours officiel à l'heure actuelle." (Reynald Secher, sur Radio courtoisie, le 4 juillet 2017)

 

***

Comment lutter efficacement contre les idées révolutionnaires ?

Principe du moteur de la Révolution

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