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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 15:14

Note du blog Christ-Roi. il n’est pas licite de “faire le mal afin qu’advienne le bien...” (Rm 3, 8). En politique aussi. Traduction d'un article en italien :

(Tommaso Scandroglio pour La Nuova Bussola Quotidiana - 19 février 2018 )

Le député Maurizio Lupi revient justifie le vote en faveur de la loi sur les unions civiles et engage Saint Jean-Paul II. Mais il a tort: ​​le vote en faveur de la loi Cirinnà est moralement inacceptable. Voici pourquoi ...
 

Vous ne pouvez jamais voter pour le moindre mal

Pour certains politiciens catholiques, le moindre mal est une sorte de couverture sous laquelle se réfugier afin de se sentir davantage protégé comme si vous étiez dans le droit. Maurizio Lupi a posté un commentaire sur Facebook: "Sur les lois qui touchent les questions dites éthiquement sensibles, nous nous sommes demandé si, étant donné les chiffres au Parlement (500, contre une quarantaine de députés), il valait mieux un pur témoignage ou une tentative de changement d'une loi limitant le dommage".

L'expression “témoignage pur” signifie ici: voter contre ou s'abstenir. Lupi, quelques jours avant le vote, doit trouver un alibi crédible pour justifier aux yeux de l'électorat catholique le comportement dans son groupe et à ses collègues de parti sur le débat parlementaire sur trois lois: les unions civiles, la loi sur le Dat et le jus soli. Les deux premières normes nous apparaissent avec des preuves complètes, au moins pour le lecteur habituel de la Bussola, comme des lois injustes. Sur la troisième, nous nous référons à quelques articles publiés dans ces colonnes il y a quelques temps pour illustrer les raisons pour lesquelles vous pourriez ne pas voter en faveur de cette loi (cliquez ici, ici, et ici).

Revenons à m. Lupi qui justifie le vote en faveur de l'union civile avec l'argument suivant: "Sur les unions civiles, nous avons choisi la deuxième voie [la limitation des dégâts], et quelques changements importants (pas de péréquation juridique avec le mariage, pas d'adoption d'enfant, pas d'utérus à louer) ont été obtenus grâce à notre travail acharné et le compromis trouvé au sein de la majorité. Sans ce travail, l'adoption, et la location d'utérus aurait ouvert la voie". Les loups et les camarades avaient essayé de faire de même avec la loi sur le Dat, mais sans succès: "nous avons essayé les deux en comité, et en groupe, jusqu'à la fin, d'obtenir des amendements à améliorer, nous avons toujours dit non au son de la voix. Nous demandions essentiellement trois choses: non à l'hydratation et la nutrition considérés comme des soins médicaux, non au rôle du médecin réduit à un simple exécutant de la volonté testamentaire du patient, la possibilité de l'objection de conscience pour les structures catholiques. Nous avons demandé que la DAT a un délai limite, revu après un certain nombre d'années, de telle façon que la personne puisse les changer (ou confirmer), par exemple, en fonction des progrès de la médecine. Sur l'ensemble de la ligne. [...] Nous avons voté contre".
 

On procède par degrés dans le jugement de moralité sur les choix faits par Lupi et ses collègues. Les unions civiles et les essais biologiques sont deux lois qui sont injustes. Est-il permis de limiter leurs effets négatifs si il est impossible de bloquer leur lancement? Bien sûr. Eh bien, donc, proposer et voter sur des amendements limitant le mal contenu dans la loi: l'interdiction d'assimiler les unions civiles au mariage, l'interdiction de la location d'utérus, l'interdiction de considérer la nutrition et de l'hydratation comme des thérapies, l'interdiction de considérer le médecin un simple fournisseur de services cliniques, la possibilité d'objection en relation avec les pratiques euthanasiques.

En ce qui concerne le Dat, cependant, nous devons réfléchir davantage. Le Dat n'est pas un outil intrinsèquement mauvais pour la simple raison que rien en soi n'est mauvais (pas même une mine anti-homme). Cela dépend de ce que sont les souhaits exprimés dans le Dat et les circonstances. Dans la situation actuelle, cet outil facilite les pratiques d'euthanasie et donc un vote en faveur du Dat, même s'il est amélioré avec une date d'expiration, est un vote qui, dans le contexte actuel, pourrait favoriser la diffusion de la pratique de l'euthanasie. Bref, comme nous l'avions argumenté il y a quelques temps (cliquez ici), il est préférable de ne pas utiliser cet outil et il était donc préférable de ne pas voter pour Dat, même si perfectionné.

Revenons aux amendements pour améliorer une loi injuste: il est licite de voter pour limiter le mal en insérant dans le texte de la loi des interdictions de faire le mal ou la faculté de s'abstenir de faire le mal (par ex. Objection de conscience), illicite de donner votre vote final pour une loi qui contient en son sein de bons articles tels que ceux que nous venons de voir (interdictions et objections de conscience) et des articles pervers: légitimation des unions civiles et légitimation de l'euthanasie. C'est parce que le vote final est une approbation de tous les articles contenus dans la loi. C'est comme mettre une signature au bas d'un contrat: le signataire approuve toutes les clauses qu'il contient. Ainsi, le parlementaire peut et doit souvent voter en faveur d'amendements qui interdisent par exemple la mauvaise conduite, mais si ces amendements deviennent alors des articles d'une loi dont le ratio est mauvais, il s'agit au moment de l'approbation finale dans l'assemblée de voter contre ou, selon le cas, de s'abstenir.

En fait, on ne peut jamais légitimer le mal, parce que légitimer signifie attribuer une valeur juridique à des comportements qui n'ont aucune valeur morale, et ne peut donc jamais être votée en faveur d'une loi injuste. Parce que voter signifie que vous approuvez le contenu de tous les souhaits exprimés dans une loi, à la fois licites et illicites. Un tel vote serait une action intrinsèquement mauvaise qui ne pourra non plus jamais être accomplie, ni à une bonne fin - pour tempérer la méchanceté d'une loi – ni dans un état de nécessité, pour empêcher l'adoption de la loi injuste. Par conséquent, le vote en faveur des unions civiles fourni par Lupi n'est pas éthiquement acceptable. En ce qui concerne la loi sur le Dat, Lupi a voté contre non pas parce que la loi est injuste, mais seulement parce que le texte de la loi n'incluait pas les améliorations que le député voulait inclure.

Le coordinateur de Nous avec l'Italie, pour justifier son vote, remet en question le n. 73 de l'Evangelium vitae qui se lit comme suit: "un parlementaire, dont l'opposition personnelle absolue à l'avortement serait manifeste et connue de tous, pourrait licitement apporter son soutien à des propositions destinées à limiter les préjudices d'une telle loi et à en diminuer ainsi les effets négatifs sur le plan de la culture et de la moralité publique." Dans ce n. le pontife implique, parce qu'il a introduit implicitement la réflexion doctrinale en matière de morale, la limitation des préjudices ne peut d'elle-même mettre en place une action mauvaise. Par exemple, si le Gars se saisit de trois personnes et demande à Caio de tuer une quatrième, en échange du salut des trois, Caio, afin de limiter les dégâts, ne peut pas partir d'un point de vue moral de tuer cette quatrième personne. Aussi pour éviter le lancement d'une loi injuste (pour "limiter les préjudices"), il n'est pas permis de voter en faveur d'une loi moins injuste, car elle est toujours injuste.

Le moindre mal ne peut être accompli pour la simple raison qu'en tout cas il est mauvais. Ainsi Humanae Vitae : "s'il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d'éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand, il n'est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu'il en résulte un bien, c'est-à-dire de prendre comme objet d'un acte positif de volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et, par conséquent, une chose indigne de la personne humaine, même avec l'intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux." (14

En ce qui concerne l'exégèse correcte de n. 73 nous rappelons un passage de n. 71 de la même encyclique   qui sert de critère herméneutique pour le n suivant. 73 et qui concerne le droit à la vie mais qui affecte évidemment tous les comportements contraires à la dignité humaine: "Les pouvoirs publics [...] ne peuvent cependant jamais accepter de légitimer, au titre de droit des individus [...] l'atteinte portée à d'autres personnes par la méconnaissance d'un droit aussi fondamental que celui à la vie." Le texte exclut donc les "moindre maux", tels que la légitimation de comportements moins mauvais que d'autres et donc le vote en faveur d'une loi injuste pour empêcher le lancement d'une autre loi plus injuste. Les exceptions au vote en faveur d'une règle injuste sont également exclues du passage suivant également contenu dans n. 73: "L'avortement et l'euthanasie sont donc des crimes qu'aucune loi humaine ne peut prétendre légitimer." S'il est interdit de légitimer le mal, il est également interdit de voter en faveur d'une loi qui a légitimé le mal. Et en effet le n. 90 affirme explicitement à propos des lois qui attaquent la vie des gens: "je renouvelle avec vigueur mon appel à tous les hommes politiques afin qu'ils ne promulguent pas de lois qui, méconnaissant la dignité de la personne, minent à la racine la vie même de la société civile."

Encore plus explicite est, sur l'interdiction de voter pour une loi injuste, qui reste injuste, même si c'est moins pire que le projet initial, la suite de l'adoption d'un document de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, signé par Jean-Paul II intitulé Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles, où explicitement est invoqué le n. 73, et se compose des éléments d'exégèse suivants : "Dans le cas qui est proposé pour la première fois à l'Assemblée législative un projet de loi en faveur de la reconnaissance juridique des unions homosexuelles, le catholique a le devoir moral d'exprimer clairement et publiquement son désaccord et de voter contre le projet de loi. L'octroi du vote en faveur d'une loi nuisible pour le bien commun de la société est un acte gravement immoral" (10). Dans le même n. 73 nous rappelons aussi le principe doctrinal suivant présent dans le document de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi intitulé Déclaration sur l'avortement procuré : "Dans le cas d'une loi intrinsèquement injuste, comme celle qui admet l'avortement ou l'euthanasie, il n'est donc jamais licite de s'y conformer, « ni ... participer à une campagne d'opinion en faveur d'une telle loi, ni ... donner à celle-ci son suffrage »".

Pour plus d'informations, nous citons encore la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et sa Note doctrinale sur quelques questions concernant l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, où est cité la troisième section du n. 73, évoquée par Lupi, mais à la suite de cette clarification herméneutique qui suit immédiatement: "Dans ce contexte [celui évoqué par n. 73, troisième section Ndlr], il faut ajouter que la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne de favoriser par son vote la mise en œuvre d'un programme politique ou d'une loi unique dans laquelle les contenus fondamentaux de la foi et de la morale sont détournés par la présentation de propositions alternatives ou contraires à ces contenus ".

La revue de ces citations herméneutiques de n. 73 nous conduit à conclure: la limitation du dommage est licite, mais à condition que la limitation du dommage ne s'identifie pas dans le vote à une loi injuste, même si celle-ci est moins mauvaise que le projet original. Encore plus en résumé, ne votez jamais pour le moindre mal.

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