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14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 21:40
Oui il faut changer de "république"

(Sous Charlemagne) La loi est "intangible" parce qu'elle "appartient au peuple", le roi ne peut y "toucher quant au fond".

Jean Favier, Charlemagne, Texto, Le Goût de l'histoire, Lonrai 2013, p. 334-335

Oui il faut changer de "république", oui il faut changer les institutions et de constitution. Oui, la forme républicaine du gouvernement peut faire l'objet d'une révision (contrairement à ce que prétend faussement l'article 89 de la constitution de la Ve république selon lequel "La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l'objet d'une révision" [1]). 

Non, critiquer la manière non-démocratique dont fonctionne le parlement n'est pas "réactionnaire". Non, expliquer l'abstention et la défiance croissante des Français envers les institutions n'est pas "fasciste"... Ceux qui disent cela sont des professionnels de la politique qui ont passé leur vie à vivre sur le dos des Français, veulent que rien ne change dans leur république, et ne souhaitent en réalité que conserver leurs privilèges. 

Oui, sous l'Ancien Régime, il y avait plus de démocratie qu'aujourd'hui. Oui "la modernité est une époque qui est moins démocratique que celle d'avant" (Francis Dupuis-Déri). Oui au "Moyen Âge", le peuple était plus souverain qu'aujourd'hui, parce que la loi lui appartenait et que le peuple n'attendait pas que le souverain lui parle à l'oreille pour se déterminer lui-même. Les Français veulent un État mais pas d'un État tatillon oppresseur qui lui confisque ses droits. "Dans certaines provinces, les sujets du roi pouvaient naître, vivre et mourir sans avoir directement affaire à l’Etat." [2] Tandis que dans la modernité, "la politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde" (Citations, Paul Valéry - 1871-1945, Tel Quel, 1941), sous Charlemagne, la loi est "intangible" parce qu'elle "appartient au peuple", le roi ne peut y "toucher quant au fond". [3] Sous "l'Ancien Régime", "le principe des libertés nationales était posé dans cette maxime fondamentale de l'Etat français : Lex fit consensu populi et constitutione regis, "consentement de la nation et décret du prince", voilà l'antique formule du pouvoir législatif en France, depuis l'établissement de la monarchie." [4] Roi et peuple ne faisait qu'un. La souveraineté populaire était indivisible.

La "république" a vu naître la ploutocratie ou régime de quelques riches (Les 1 % les plus riches du monde possèdent plus que les 99 % restants !). Sous l'Ancien régime, il était interdit à la noblesse de s'enrichir indéfiniment (suspect de moyens malhonnêtes ou de corruption). La bourgeoisie calquant ses valeurs sur celles de la noblesse, des richesses individuelles dépassant des PIB de nations étaient impossibles. Le 1% des plus riches qui possèdent les 99% restants était inimaginable du fait des valeurs de la société de l'époque (le Christ Roi à la place de l'argent-roi). Les valeurs de cette société étaient précisément ce qui gênait la bourgeoisie d'affaires qui a pris le pouvoir en 1789.  "À l'ancienne aristocratie se substitue l'aristocratie des riches. C'est une chose qui n'a pas été assez vue. On a dit : la Révolution de 1789 a donné le pouvoir à la bourgeoisie. C'est vrai, mais dans la bourgeoisie elle l'a donné à l'Argent". [5] "Étrange conclusion: la Révolution, faite au nom de l'égalité, a enrichi les riches et appauvri les pauvres... C'est un résultat qu'on retrouvera sur d'autres terrains." [6] "Le vieil instrument de 'progrès', le parlementarisme, est en ruine. Il n'est plus qu'un trompe-l'oeil, et devient un mensonge. Face aux barons, il faut un roi". [7]

La dérive connue de la démocratie depuis l'Antiquité est l'oligarchie (le pouvoir de quelques-uns). Cette dérive oligarchique, la privatisation du pouvoir, la prétention des élites "démocratiques" de parler au nom du peuple et à la place du peuple (peuple jugé inculte ou plongé dans les ténèbres, incapable de se déterminer), l'impression pour les Français que le système est irréformable, que rien ne changera, le sentiment que l'avenir sera moins radieux qu'hier, le sentiment d'un pouvoir lointain qui ne cherche qu'à diviser pour mieux régner (partis politiques, exacerbations des différences, principe du moteur de la Révolution), sont les vrais vraies raisons de la défiance croissante et de l'organisation des Français en dehors des institutions de la république. Dans ces conditions, doter les députés, comme sous l'Ancien Régime, de mandats impératifs, instaurer un mécanisme de contrôle de l'élu en cours de mandat, établir une déclaration nationale d'appartenance à une société secrète, serait une manière de redonner aux Français le pouvoir qui leur a été confisqué. Sans ces mesures radicales, il est prévisible que la tendance naturelle à se désolidariser d'institutions jugées hostiles et étrangères n'augmente encore.

L'autorité en haut, les libertés en basEn France, la monarchie a trois millénaires. Les Gaulois connaissaient déjà ce régime politique comme moyen de prise de décision au niveau national et comme meilleur gardien du Bien commun. Depuis toujours, la vraie chose de tous, la vraie république dans notre pays, c'est la monarchie. 

"Ce qu'il faudrait à ce pays, c'est un Roi", a pu dire Charles de Gaulle... [8]

Notes

 

[1] "Les Constitutions de la France depuis 1789", édition mise à jour au 1er septembre 1995, GF Flammarion, p. 450 

[2] Michel Antoine, Louis XV, Fayard, 1989

[3] Jean Favier, Charlemagne, Texto, Le Goût de l'histoire, Lonrai 2013, p. 334-335

[4] Mgr Freppel, La Révolution française, Autour du centenaire de 1789, Paris: A. Roger et F. Chernoviz, 1889, p. 33

[5] Jacques Ploncard d'Assac, Les jeunes ont droit à la vérité, Société de philosophie politique, Lisbonne 1970, p. 105

[6] René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 174

[7] J.-J. Servan-Schreiber, L'Express du 26.10.64 cité in Jacques Ploncard d'Assac, Critique nationaliste, La Librairie Française, Paris, p. 31

[8] Georgette Elgey, La République des Illusions 1945-1951 ou la Vie secrète de la IVe république, Les Grandes Etudes contemporaines, Fayard, Rennes 1965, p. 92.

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