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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 18:04

Un an après la publication des dubia le cardinal Raymond Burke présente un dernier plaidoyer au Saint-Père afin de clarté, disant que la situation "grave" s'aggrave continuellement et qu'il est "urgent" que le Pape "confirme ses frères dans la foi avec une expression claire de l'enseignement concernant à la fois la morale chrétienne et le sens de la pratique sacramentelle de l'Église".

Destiné à clarifier les passages controversés du chapitre 8 de l'exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia, les dubia par cinq questions - une pratique ancienne et coutumière visant à clarifier les domaines de la doctrine - cherchaient à déterminer, entre autres, si l'enseignement de l'Église autorisait les divorcés "remariés", engagés dans des relations sexuelles, à recevoir les sacrements.

Depuis qu'Amoris Laetitia a été publié en avril 2016, certaines conférences épiscopales, s'appuyant sur l'exhortation, ont déclaré que certains divorcés civilement remariés pouvaint désormais recevoir les sacrements en fonction de leur situation personnelle, tandis que d'autres évêques se fondent sur l'enseignement pérenne de l'Église, disent qu'ils ne peuvent pas.

Dans un entretien du 14 novembre au National Catholic register, le cardinal américain a expliqué qu'"un processus qui est subversif des parties essentielles de la Tradition a été mis en mouvement. En ce qui concerne la morale chrétienne, certains prétendent que les normes morales absolues doivent être relativisées et qu'une conscience subjective autoréférentielle doive recevoir une primauté - en fin de compte équivoque - en ce qui concerne la morale. Ce qui est en jeu, par conséquent, n'est en aucun cas quelque chose de secondaire au kérygme ou message fondamental de l'Evangile. Nous parlons de savoir si oui ou non la rencontre d'une personne avec le Christ peut, par la grâce de Dieu, donner forme au chemin de la vie chrétienne afin qu'elle puisse être en harmonie avec la conception sage du créateur. Pour comprendre l'ampleur de ces changements proposés, il suffit de penser à ce qui se passerait si ce raisonnement devait s'appliquer à d'autres cas, comme celui d'un médecin pratiquant un avortement, d'un homme politique appartenant à un cercle de corruption, d'une personne souffrante décidant de faire une demande d'aide au suicide..."

A la question "Certains ont dit que l'effet le plus pernicieux de tout cela est une attaque contre les sacrements ainsi que l'enseignement moral de l'Église. Comment peut-il en être ainsi?", voici sa réponse :

"Au-delà du débat moral, le sens de la pratique sacramentelle ecclésiale s'érode de plus en plus dans l'Église, notamment en ce qui concerne les sacrements de la pénitence et de l'Eucharistie. Le critère décisif pour l'admission aux sacrements a toujours été la cohérence du mode de vie d'une personne avec les enseignements de Jésus. Si au contraire le critère décisif devait devenir l'absence de culpabilité subjective d'une personne - comme l'ont suggéré certains interprètes d'Amoris Laetitia - cela ne changerait-il pas la nature même des sacrements? En fait, les sacrements ne sont pas des rencontres privées avec Dieu, ni des moyens d'intégration sociale dans une communauté. Ce sont plutôt des signes visibles et efficaces de notre incorporation au Christ et à son Église, par lesquels l'Église professe et active publiquement sa foi. Ainsi, en transformant la culpabilité subjective ou le manque de culpabilité d'une personne en critère décisif de l'admission aux sacrements, on mettrait en danger la regula fidei, la règle de la foi, que les sacrements proclament et actionnent non seulement par des mots, mais aussi par des gestes visibles."

Le Cardinal conclut par cette grave question :

"Comment l'Église pourrait-elle continuer à être le sacrement universel du salut si la signification des sacrements devait être vidée de son contenu?"

Le cardinal Burke s'exprime sur les Dubia un an après leur publication

Les passages les plus importants se trouvent en fin d'article :

Le cardinal Burke s'exprime sur les Dubia un an après leur publication
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