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9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 08:10
En Russie, le collège de Saint-Basile prépare le retour des Tsars !

Ce matin, à Saint-Basile, on a hissé le drapeau impérial avec son aigle à deux têtes. Devant une imposante bâtisse aux couleurs blanches et bleues, qui rappelle les multiples petits palais de Saint-Pétersbourg qui bordent la Neva, des écoliers de tout âge sont rassemblés et écoutent, dans un alignement parfait, l’hymne impérial qui retentit. Dans les couloirs de ce collège, sur les murs, s’alignent les différents portraits des Tsars Romanov, cette dynastie qui a occupé le trône d’Ivan le Terrible de 1613 à 1917. Ici, le temps semble s’être arrêté comme immuable. Baptisée du nom d’un saint orthodoxe, l’école ne cache pas ses intentions. Foi, nationalisme, culte du tsarisme, elle prépare ses étudiants à la restauration de la monarchie dans la plus pure tradition slave.

(...) Les russes souhaitent-ils donc vraiment une monarchie ? En mars dernier, un sondage de l’Institut VTsIOM paru à l’occasion du centenaire de la chute des Romanov, affirmait que seulement un tiers des russes soutenait un tel projet (28% contre 22% en 2013). Mais pour l’école, ce sondage est aussi révélateur d’autres choses. Celle d’une jeunesse qui cherche ses repères nationaux et qui trouvent dans le principe monarchique, la solution qui permettrait le retour de la grandeur russe. Un crédo pour Saint-Basile qui impose l’uniforme scolaire dans la plus grande tradition britannique comme les nattes aux jeunes filles. Selon ce même sondage, les jeunes russes âgés de 18-24 ans et 25-34 ans sont ceux qui soutiendraient le plus l’idée de la restauration de la monarchie avec respectivement 33% et 35% d’opinion favorable.

Le temps passe, les cloches de l’église orthodoxe qui trône au milieu du campus verdoyant rappelle aux visiteurs que la religion et patriotisme sont indissociables de la monarchie. 400 étudiants, du primaire au secondaire, assistent aux cours délivrés par Saint-Basile comme aux messes qui jalonnent leur année scolaire. Nicolas II et sa famille ont été béatifiés par le synode orthodoxe en 2000 ; ils ont leur place parmi les icônes que l’on trouve dans les nombreuses églises et basiliques orthodoxe, héritières de Constantinople dont Moscou s’est toujours voulue la nouvelle Rome.

Pour le fondateur de Saint-Basile, l’oligarque Konstantin Malofeev, 43 ans, le concept monarchique ne peut que réconcilier les russes avec leur passé tumultueux. L’homme est sulfureux, proche du Président Vladimir Poutine (dont certains verraient bien ceindre une couronne) et combat autant le lobby gay dont il voit une « perversion décadente » venue de l’Occident que son libéralisme. Il a fondé Tsargrad, une chaîne ultra-orthodoxe, qui a interviewée Marine Le Pen lors de la dernière élection présidentielle. Le même qui a mis en contact le Front national et le Kremlin. Ce n’est d’ailleurs pas sa seule connexion française. L’homme d’affaires, qui finance les séparatistes russes dans le Donbass et a noué des contacts avec le gouvernement de Crimée (dont le Premier ministre a réclamé en mars la restauration de la monarchie), s’est rapproché de Philippe de Villiers, un autre pilier de la droite nationaliste française, pour exporter son concept du Puy du Fou et l’adapter à la sauce russe. Les valeurs de la famille, que partage l’ancien député de Vendée, sont d’ailleurs enseignées dans son école, soutenue par l’épiscopat orthodoxe.

Pour Zourab Chavchavdze, qui a noué des liens avec des unités de cosaques vues sur le front de guerre, se veut déterminer dans ses fonctions. Il a été le mentor de Konstantin Malofeev et l’a initié au concept monarchique durant son adolescence. Pour le directeur de Saint-Basile, il forme d’ores et déjà une élite de futurs fonctionnaires prêts à assurer leur rôle dès que le tsar sera restauré : « Les étudiants seront moralement solides, religieux, intellectuels et patriotes, et auront toutes les chances de prendre le pouvoir" déclare-t-il avec le sourire. Sans préciser toutefois de quel prétendant il s’agirait tant les Romanov sont divisés entre deux branches qui revendiquent l’héritage de Nicolas II.

 

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