Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 novembre 2017 1 20 /11 /novembre /2017 07:14

Source: La Nuova Bussola Quotidiana

Dalla rivista illuminista spunta un Voltaire cattolico

20-11-2017

Rino Cammilleri

Du magazine illuminé apparaît un Voltaire catholique

François-Marie Arouet (1694-1778) signait avec le pseudonyme de Voltaire et vous savez quel était son sport favori: tirer à bout portant sur le christianisme. C'est la fameuse phrase "Écrasez l'infâme !" (Écraser l'infâme, c'est-à-dire avant tout l'Église catholique). Cependant, comme Napoléon (mais aussi comme Cavour), à la fin de la vie, il voulait le prêtre. Oui, parce que vous ne savez jamais. Il ne sera pas le premier - ni le dernier - de ceux qui, après avoir donné le corps et leurs œuvres au diable, donneront du moins l'âme à Dieu. En fait, la nouvelle de sa conversion à l'article de la mort est une nouveauté, rapporté par Aleteia.org le 16 novembre 2017.

Le professeur Carlos Valverde a noté le volume XII d'un vieux magazine français: Correspondance littéraire, philosophique et critique (1753-1793). En avril 1778, pages 87-88, voici le document manuscrit (ou dicté) de Voltaire en personne: "je, soussigné, déclare que le fait d'avoir vomi du sang il y a quatre jours, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, et ne pas être en mesure d'aller à l'église, le curé de la paroisse de Saint-Sulpice, a voulu ajouter à ses bonnes actions que de m'envoyer à monsieur Gauthier, prêtre. Je suis allé en confession avec lui, et si Dieu dispose de moi, je meurs dans la sainte religion catholique dans laquelle j'étais né, en espérant que la miséricorde divine daigne pardonner toutes mes fautes, et si j'ai scandalisé l'Église, je demande pardon à Dieu et à elle. Signé, Voltaire, 2 mars 1778, chez le marquis de Villevielle, en présence de monsieur l'abbé Mignot, mon neveu, et de monsieur le marquis de Villevielle, mon ami."

 

Voltaire mourut le 30 mai suivant , et rien n'indique qu'il ait changé d'avis à l'égard de ce 2 mars. Une profession de foi extraordinaire pour celui qui a consacré sa vie, avec les armes de l'ironie et du sarcasme, à vomir la haine de l'Église et du christianisme. Bien sûr, l'âme humaine est insondable. Ou peut-être simplement, la peur, quatre-vingt-dix. Serait-ce un bluffe, cette conversion sur le fil du rasoir? Cela ne semble pas, car le magazine en question a été édité par des encyclopédistes tels que Diderot et Grimm. Puis parce qu'il renvoie à cet autre document: "Nous déclarons cette copie conforme à l'original, qui est resté entre les mains de M. Abbe Gauthier et que nous avons tous deux signé, comme ce certificat. Paris, 27 mai 1778. L'abbé Mignot (le marquis de Villevielle). Le magazine, dans le numéro qui dépeint la mort de Voltaire, proteste à l'éloge de ce dernier, "le plus grand, le plus illustre, peut-être le seul monument de cette ère glorieuse, dans lequel tous les talents, tous les arts de l'esprit humain semblait s'être élevé au plus haut degré de perfection."

Dans le numéro de juin, apparaît une lettre de l'abbaye de Scellières à l'évêque de Troyes. Celle-ci interdisait à Voltaire d'être inhumé à l'abbaye comme le voulait sa famille, mais le prieuré averti de la profession de foi que Voltaire avait écrite (ou dictée) le 2 mars ne pouvait pas rejeter consciencieusement la demande. Ce document confirme également la conversion de Voltaire. Cependant, le corps de Voltaire resta peu dans cette abbaye. Quelques années plus tard, en 1791, la Révolution triomphante, ignorant peut-être ce qui se passa le 2 mars 1778 chez le marquis de Villevielle, le porta avec honneur au Panthéon parisien, c'est-à-dire à l'ancienne église de Sainte-Geneviève désacralisée, et le plaça devant Rousseau, un autre grand héros de cette "ère glorieuse".

Partager cet article
Repost0

commentaires