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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 11:15
La révolution dite française (Marion Sigaut - Claire Colombi)

Les fake news ne sont pas d'hier ! Dans leur conférence à Narbonne le 14 juillet 2017 sur la révolution dite française, les historiennes Marion Sigaut et Claire Colombi ont rapporté un certain nombre des fake news colportées par les révolutionnaires en 1789, dont celui des Parisiens révoltés contre la monarchie (quand il s'agissait en fait d'émeutiers soudoyés et financés par des conjurés qui avaient décidé de détrôner le Roi), et celui des régiments étrangers, qualifiés de régiments "au sang impur", envoyés contre la population parisienne, c'est-à-dire les paroles de la Marseillaise... plus de deux ans avant leur rédaction en avril 1792 par un certain Rouget de Lisle.

Extrait :

 

"Tout ça, cela se fait autour de Philippe d'Orléans, qui va de a à z, depuis le début jusqu'à la fin, financer et exciter toutes ces émeutes.

[...] Le 'Palais royal' est l'état-major de Philippe d'Orléans, 'Grand Maître du Grand Orient', il est le maître absolu de la franc-maçonnerie de France...

 

Le 9 juillet, le jeudi 9 juillet 1789, se réunissent aux Mousseaux (Pac Monceau à Paris), dans un propriété au nord-ouest de Paris, l'abbé Sieyès, Mirabeau, Necker, Bailly (qui deviendra le premier maire de Paris), La Fayette, le général d'Estaing (tous francs-maçons... NdCR.), et cent députés amis qui étaient à Versailles... La réunion des Mousseaux a lieu une semaine, une toute petite semaine avant la 'prise de la Bastille', et on va y préparer le plan de ce qui va se préparer. On a des textes et des témoignages sur ce qui s'est dit à Mousseaux. Le plan de Philippe d'Orléans, qu'on appellera Philippe Egalité, est raconté par l'abbé Sieyès, qui dit : 'Messieurs, il ne reste à la nation française que la ressource de se mettre sous la protection du grand prince qui préside à cette assemblée. Jurons donc tous ici de ne rien négliger pour conduire ce prince immortel au sommet du gouvernement...'

 

Cela s'appelle un complot, et cela se fait au jardin des Mousseaux le 9 juillet 1789. Il s'agit en fait de renverser le trône. Tous les invités prêtent serment, le serment demandé par Sieyès. Au dessert, ils proclament le duc 'régent du royaume', en 'consistoire secret'. Mais les secrets sont comme tous les secrets, il y a toujours des gens pour délivrer les secrets par la suite... C'est comme cela qu'on le sait, et on se jure l'expulsion du roi. On prévoit d'organiser une insurrection générale à Paris le 13, le lundi 13 juillet... Il s'agit de prévoir des mesures d'intimidation contre les ennemis du prince, qui feront obstacle au plan. Le prince est très connu. Il sait qu'il a des ennemis dans la place de Paris. Et parmi ses ennemis, on a un certain Flesselles, prévôt des marchands, équivalent au maire, l'intendant Bertier, Foulon et Durocher, prévôts de la maréchaussée. D'emblée, on décide des mesures d'intimation contre ces gens, dont on pensait qu'ils seraient les ennemis du duc d'Orléans. On décide de remplacer Flesselles par Bailly, qui sera le premier maire de la commune de Paris. Décidé aux Mousseaux, ce sera chose faite dans quelques jours... On va éliminer les barons Bésenval et Breteuil, qui sont responsables de la sécurité parisienne, pour les remplacer par une sécurité municipale... Les deux officiers supérieurs de la sécurité à Paris devront être éliminés...  On veut proclamer Philippe, régent du Royaume, et créer une 'garde bourgeoise'. Il s'agit maintenant d'armer les Parisiens qui vont être d'accord avec les insurgeants.

 

On fait croire, on fera croire à la population que les régiments du roi sont des 'mercenaires étrangers au sang impur'... On décide de faire croire à la population que les régiments étrangers, le 'royal allemand' et le 'royal bâlois', sont des régiments au sang impur, qui sont des 'féroces soldats', 'employant le drapeau de la tyrannie'... Deux ans avant, les paroles de la Marseillaise sont déjà dans le plan de Philippe d'Orléans.

La révolution dite française (Marion Sigaut - Claire Colombi)

[...] Et on fait une liste de proscription. C'est-à-dire qu'on élabore une liste de gens qu'il faudra éliminer. Et d'ici quatre jours, une grande partie de ces gens-là seront effectivement éliminés, leur tête se promenant au bout d'une pique !... Alors si cela ne s'appelle pas un 'complot', trouvez-moi un autre nom ! Cela s'appelle un complot. C'est le complot des Mousseaux.

 

Deux groupes se constituent. Un va aller au Palais royal et distribuer la liste de proscriptions, liste de nom de personnes qu'il va falloir assassiner, et l'autre groupe se répand dans Paris avec la proclamation suivante: 'Depuis longtemps, il est question d'armer la bourgeoisie de Paris. Le moment est plus pressant que jamais, et je m'étonne de l'insouciance des habitants. Seront-ils mieux défendus par des étrangers que par eux-mêmes? [...] Parisiens, [...] les ennemis du Bien public sont aux portes et font marcher contre vous des soldats étrangers !' C'est-à-dire que l'on prétend que le roi envoie contre la population parisienne des régiments étrangers ! C'est évidemment un mensonge.

 

Lire: ""Qu'un sang impur abreuve nos sillons""

 

Simultanément, on fait entrer dans Paris des brigands qui étaient retenus aux barrières. Ils vont désarmer les patrouilles, piller les corps de garde...

 

[...] On fait courir le bruit que le duc arrêtera la disette et la cherté. Le duc a beaucoup d'argent. S'il achète du blé et le distribue, il passera pour un bienfaiteur. Or, le duc d'Orléans fait partie de ces spéculateurs. Il se fait de l'argent en vendant du blé plus cher qu'avant la libre circulation des subsistances....

 

Note de Christ-Roi. Dans son ouvrage "Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme", l'abbé Barruel indique : "Necker affamera ce peuple pour le forcer à l'insurrection..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, Ed. de Chiré, Poitiers 2005, tome 2, p. 458.)

La révolution dite française (Marion Sigaut - Claire Colombi)

A l'hôtel-de-ville, les partisans de Philippe d'Orléans, proposent la formation d'une 'commune', c'est-à-dire d'un gouvernement municipal, et d'une 'garde nationale', c'est-à-dire d'armer les bourgeois.

 

A Versailles, au Conseil du roi, le Roi comprend que Necker appuie les opinions de Mirabeau et est désormais un ennemi. Et le Roi a raison, puisque Mirabeau fait partie des conjurés des Mousseaux. le Roi a compris que Necker est contre lui. Le Chapelier et le Club breton, futur club des Jacobins, comprennent ce qui est en train de se passer. Ils prennent peur et menacent de dénoncer les conjurés, et tous les gens qui étaient partie prenante pour transformer les états généraux en (soit-disant) 'assemblée nationale'... ne sont pas d'accord. Et le duc d'Orléans ne va pas retrouver l'intégralité de ceux qu'il aurait aimer mobiliser.

 

Samedi 11 juillet (1789). Il est 21 heures au café de foire dans l'enceinte du Palais royal, Danton est avec Choderlos de Laclos (l'agent de Philippe d'Orléans). Mirabeau arrive tout pâle, il dit qu'il est allé aux Champs de Mars et que les 8 à 10 000 hommes commandés par Bésenval ne sont pas du tout gagnés à la propagande : ils ne se sont laissés avoir ni par l'argent qu'on leur a proposé..., ni par les filles qu'on leur avait envoyées. Il pensait pouvoir compter sur un retournement des soldats du Champ de Mars et vraisemblablement cela ne sera pas le cas, ils ne sont pas du tout gagnés à la propagande. Donc il annonce un plan que les 'contre-révolutionnaires' (le mot est celui d'un franc-maçon, NdCR.), lui ont remis. Et il dit qu'il arrive de Versailles, où on lui aurait donné le plan que les contre-révolutionnaires auraient élaboré à Versailles. Or, le plan en question, c'est lui qu'il l'a rédigé avec Danton ! (le complot dans le complot... NdCR.) Il raconte que les 'contre-révolutionnaires' à Versailles (c'est-à-dire le roi et le gouvernement), veulent dissoudre l''assemblée nationale', arrêter tous ses membres, ainsi que ceux de l'assemblée des électeurs de Paris. Il annonce que si le peuple se porte aux Invalides en pensant s'emparer des armes, parce que les Invalides sont également un arsenal, on a ordre de 'tirer au canon sur le peuple'... Au même instant, le Champ de Mars vomira ses colonnes de troupes sur Paris et le Royal allemand avec Lambesc se répandra dans Paris et sabrera les femmes et les enfants. Voilà le plan préparé par le Roi, dixit Mirabeau et son ami Danton, qui ont tout inventé. La ville sera canonnée et livrée à 6000 brigands et on pendra les électeurs du conseil municipal de Paris. Il est urgent d'imprimer et de diffuser cette nouvelle, qui est une fausse nouvelle... On imprime et on diffuse dans Paris !  [...] A 11 heures du soir, on apprend que le Roi a renvoyé Necker. Ils ne l'avaient pas su avant : ils n'avaient pas le téléphone. Les fausses nouvelles de Mirabeau et Danton circulent déjà. Paris est persuadé que le Roi prépare un coup de force sanglant contre Paris..."

(Fin de citation)

Deuxième partie de la conférence. Claire Colombi :

 

"La république a été une grande pourvoyeuse de mensonges en tout genre !"

Dans cette deuxième partie, Claire Colombi aborde la raison économique et financière du choix par les francs-maçons de la date de la 'prise de la Bastille' comme jour de fête nationale :

 

Extrait :

 

"C'est peut-être pour cela qu'en loge, ils ont décidé que la prise de la Bastille deviendrait notre fête nationale. C'est que la Bastille a été construite par le roi Charles VI, le père de Charles VII, le gentil dauphin de Jeanne d'Arc, parce que au milieu du XIVe siècle, Etienne Marcel, prévôt des marchands, avait mené une révolte parisienne des corporations et des gens qui voulaient déjà prendre le pouvoir (le roi Charles VI, tout jeune, était parti dans les Flandres faire la guerre durant la Guerre de Cent Ans) et ils avaient décrété une espèce de commune de Paris durant quelques semaines (cela avait duré deux mois). Ils réclamaient que le Roi ne puisse plus voter ni l'impôt ni le Budget sans l'accord de la Commune de Paris, et il est retiré au Roi le droit de battre monnaie. C'est-à-dire qu'en 1350, quand il y a des types qui veulent prendre le pouvoir, ils décident que c'est eux qui vont battre monnaie et qui décident combien on va en tirer et que c'est eux qui tiennent la planche à billets... On est en 1350. C'est-à-dire que les méthodes ont pas trop évolué !

 

Et aujourd'hui, Etienne Marcel a une statue : les républicains de 1880 lui ont fait une statue à côté de l'Hôtel-de-Ville. Terrifié parce qui s'était passé, Charles VI avait fait édifié la Bastille, pour se protéger de la Commune de Paris."

 

Les questions du public:

Marion Sigaut : "Toutes les décisions qui ont été prises par le roi à partir de 1789, c'est le pistolet sur la tempe."

La révolution dite française (Marion Sigaut - Claire Colombi)
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