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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 09:19

Il y a comme une malédiction dans l'évolution du monde moderne. On peut en retracer l'origine, avec un détour immanquable par la mythologie.

Le blason des Anglo-Saxons reprend le lion (ou dragon) ailé des celtes Gallois conquis au V et VIe siècles par les Saxons et progressivement soumis avec les deux autres nations celtes constitutives (Irlandais et écossais) jusqu'au XIIIe siècle où le roi Plantagenêt Henri II, descendant des Normands, reprit à son compte la mythologie celtique du Roi Arthur, fils illégitime d'Uther Pendragon - ("tête de dragon" en gallois), fruit de la magie de Merlin et du dragon qui fit prendre à Uther les traits du mari d'Ygraine -, en rattachant sa généalogie à cette prestigieuse histoire. Une mythologie de combat qui avait été écrite contre l'envahisseur et qui devait servir aux celtes à se libérer du joug saxon. Nul n'a mieux exprimé l'"origine démoniaque des Plantagenêts" [1] et de l'actuelle monarchie britannique que Giraud de Barri, l'un des promoteurs de l'idée d'une malédiction pesant sur les Plantagenêts. Il attribue en effet à Geoffroy de Bretagne (fils d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II) - dont le fils Arthur sera assassiné un jour par son frère Jean - la réponse faite à Geoffroy de Lucy, futur évêque de Winchester (1189-1204), émissaire de son père qui le prie de se réconcilier avec lui : "Vous ne devez pas ignorer qu'il nous a été donnés par nature, et pour ainsi dire par droit d'héritage de nos ancêtres, qui nous l'ont légué et inculqué, qu'aucun de nous n'aime l'autre, et que toujours le frère combattra le frère et le fils le père de toutes les forces dont il sera capable. Ne tâchez donc pas de nous priver de nos droits héréditaires, en vous efforçant en vain de chasser le naturel". A en croire Pierre de Blois, Henri II ne dit rien d'autre : "Je suis par nature le fils de la colère, comment pourrais-je ne pas me mettre en colère?" » [2] Richard Coeur de Lion dira lui-même : "Nous qui provenons du diable, reviendrons au diable." [3].

Le blason des Anglo-Saxons reprend le lion (ou dragon) ailé des celtes Gallois conquis au V et VIe siècles par les Saxons et progressivement soumis avec les deux autres nations celtes constitutives (Irlandais et écossais) jusqu'au XIIIe siècle où le roi Plantagenêt Henri II, descendant des Normands, reprit à son compte la mythologie celtique du Roi Arthur, fils illégitime d'Uther Pendragon - ("tête de dragon" en gallois), fruit de la magie de Merlin et du dragon qui fit prendre à Uther les traits du mari d'Ygraine -, en rattachant sa généalogie à cette prestigieuse histoire. Une mythologie de combat qui avait été écrite contre l'envahisseur et qui devait servir aux celtes à se libérer du joug saxon. Nul n'a mieux exprimé l'"origine démoniaque des Plantagenêts" [1] et de l'actuelle monarchie britannique que Giraud de Barri, l'un des promoteurs de l'idée d'une malédiction pesant sur les Plantagenêts. Il attribue en effet à Geoffroy de Bretagne (fils d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II) - dont le fils Arthur sera assassiné un jour par son frère Jean - la réponse faite à Geoffroy de Lucy, futur évêque de Winchester (1189-1204), émissaire de son père qui le prie de se réconcilier avec lui : "Vous ne devez pas ignorer qu'il nous a été donnés par nature, et pour ainsi dire par droit d'héritage de nos ancêtres, qui nous l'ont légué et inculqué, qu'aucun de nous n'aime l'autre, et que toujours le frère combattra le frère et le fils le père de toutes les forces dont il sera capable. Ne tâchez donc pas de nous priver de nos droits héréditaires, en vous efforçant en vain de chasser le naturel". A en croire Pierre de Blois, Henri II ne dit rien d'autre : "Je suis par nature le fils de la colère, comment pourrais-je ne pas me mettre en colère?" » [2] Richard Coeur de Lion dira lui-même : "Nous qui provenons du diable, reviendrons au diable." [3].

"Ce que la France perd, l'Angleterre le gagne. Plus encore sur le plan commercial que sur tout autre plan, elle (l'Angleterre) est la grande bénéficiaire de la Révolution et de ses suites."[4].

 

Pourquoi ce sont l'Angleterre et la Prusse (ces fameux Anglo-Saxons que nos rois ont repoussés tout au long des siècles - Dagobert, Charlemagne, Philippe-Auguste, Charles VII et sainte Jeanne d'Arc, Louis XIV) qui ont dominé le XIXème siècle ?

 

Voici quelques-unes des principales causes du mal qui ronge notre pays depuis 1789.

 

Outre l'oubli de son histoire et la fréquentation d'une autre narrative qui n'est pas française, la France en ce début de XXIe siècle continue de souffrir de maux apparus essentiellement à partir de 1789. Ces maux sont :

- Le mythe du grand homme charismatique, le sauveur en politique (homme providentiel, césarisme millénariste, messianisme idéologique, sécularisation du salut chrétien) associé au mépris de la vie des hommes sacrifiés pour un régime sans scrupule (bonapartisme, gaullisme pour la droite, socialisme dogmatique, communisme totalitaire pour la gauche);

- le mythe de la table rase et des lendemains radieux (permet tous les saccages iconoclastes);

- la souveraineté soit-disant nationale quand elle n'est jamais qu'oligarchie dès le départ; une "oligarchie (qui) trie les problèmes et définit les termes dans lesquels ils peuvent être résolus, ... dictature d'une minorité prétendant énoncer la Volonté générale au nom du peuple mais à la place du peuple" [5].

- le primat de l'individu, des droits de l'homme autonomes et extensifs contre commandements de Dieu et loi naturelle;

- l'illusion des catholiques imaginant changer quelque chose en politique comme si Dieu n'existait pas (Souveraineté nationale - article 3 de la Déclaration des droits de l'homme de 1789 - contre Souveraineté de Dieu). Cette manière de faire qui a été identifiée comme une "apostasie silencieuse." (St Jean-Paul II, Ecclesia in Europa, 9) est inhérente à la crise de l'autorité.

- le tout dans un "système de brigandage" [6] créé par et pour une oligarchie jacobine en 1789, animé d'un esprit permanent de guerre civile, de lutte, de désignation d'un ennemi politique à combattre et à vaincre lors des élections ou lors d'épurations (1793, 1945), de stigmatisation, de désignation de boucs émissaires, d'instrumentalisation des peurs et de rejet de l'autre (celui qui ne pense pas bien, celui qui est déviant);

- l'utilisation du diviser pour régner (instrumentalisation des clivages raciaux, ethniques, culturels, sexuels) comme leviers électoraux et clientélistes;

- l'utopie de la bonté naturelle des hommes contre la doctrine chrétienne du Péché originel (engendre l'aporie communiste);

- la nation-contrat, nation qui se crée contre la nation-héritage qui, elle, se reçoit et se respecte;

- l'esprit de système contre l'empirisme organisateur, le constructivisme et le volontarisme engendrant le totalitarisme (tout ce que veut l'Assemblée elle le peut) [7];

- la perversion des principes monarchiques;

- la subversion du langage (novlangue),

- un système de destruction et de déconstruction, "incroyable système de perversité et de vices" [8],

- une "école de meurtres et de barbarie établie à Paris, ayant détruit autant qu'il lui a été possible les principes et les moeurs sur lesquels reposait la civilisation de l'Europe...", qui "ne tardera pas à détruire aussi ces lois des nations..., qui ont adouci la pratique de la guerre, et qui plus que toute autre institution honorent les siècles du christianisme" [9].

 

Cet Etat moderne qui s'occupe de tout et veut organiser les religions pratique lui-même la confusion de tous les pouvoirs (temporel et spirituel, législatif, exécutif et judiciaire). Tout en affirmant pratiquer la "séparation des pouvoirs" et la "laïcité", il détruit totalement la laïcité, empêche la décentralisation parlementaire au sein des "assemblées représentatives des corps (intermédiaires) et des communautés (professionnelles)" [10] et empêche donc toute authentique démocratie et toute réelle décentralisation.

 

Etat-Leviathan qui se mêle de créer "l'islam de France" (alors qu'en Gaule le christianisme s'est implanté naturellement avant la construction de l'état mérovingien et la conversion de Clovis); Etat Leviathan qui se propose de former les imams et impose à l'école la théorie du genre dont personne ne veut; Etat Leviathan qui s'occupe du moindre détail, et, en conséquence, fait tout infiniment mal. [11].

 

Ce spectacle ignoble est "un genre de tyrannie que l'espèce humaine n'a pas encore connue", a pu écrire un commentateur de la Révolution en 1790. [12]

 

Il est vain d'imaginer changer quoique ce soit en restant dans ce système conçu, dès le départ, par et pour une "oligarchie aussi malfaisante que vile" [13]. Un système aussi détestable par ses moyens, qu'atroce dans son objet [14], engendrant une "grande crise non seulement dans les affaires de la France, mais dans celles de l'Europe tout entière", "peut-être (cette grande crise) dépasse-t-elle même les frontières de l'Europe." [15]

 

Conclusion

 

Pour en finir avec ces causes du mal qui ronge notre société, il faut commencer par retrouver chez nous cet esprit national français, retrouver l'esprit qui a fait notre force et notre rayonnement dans le monde pendant des siècles, sous Louis XV encore, par exemple, un esprit qui protégeait les Indiens d'Amérique du nord qui étaient alors assimilés par les Puritains britanniques à des sous-hommes bons à être dépouillés et essorés... dans la monarchie universelle britannique.

 

Le mondialisme impérialiste anglo-saxon ne date pas d'hier. Ce mondialisme capitaliste agressif n'avait comme contre-modèle que le modèle protecteur français. Il s'agit de le retrouver.

 

Vive Dieu, vive le Roi, vive la France !

 

Bataille de Tolbiac, fresque du Panthéon (Paris) de Paul-Joseph Blanc vers 1881

Bataille de Tolbiac, fresque du Panthéon (Paris) de Paul-Joseph Blanc vers 1881

Notes

 

[1] Jean Favier, Les Plantagenêts, Origines et destin d'un empire, XIe-XIVe siècles, Fayard, Poitiers 2004, p. 649.

[2] Martin Aurell, L'Empire des Plantagenêts 1154-1224, Edition Le Grand Livre du Mois, Paris 2002, p. 49.

[3] Martin Aurell, ibid., p. 7.

[4] René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 220.

[5] Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 206-207.

[6] Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France, Pluriel Histoire, Paris 2004, p. 599.

[7] "L'association du volontarisme et du constructivisme constitue ainsi la première racine de la Terreur révolutionnaire. L'histoire de la Terreur [...] ne commence de ce point de vue ni en 1793 ni même en 1791 ni en 1792 : elle est consubstantielle à la Révolution qui, dès 1789, se présente comme une pure aventure de la volonté." (P. Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 50.)

[8] Edmund Burke, Première et deuxième lettres sur la paix régicide, 1797, in Réflexions sur la Révolution de France, ibid., p. 557.

[9] Edmund Burke, Lettre à un membre de l'Assemblée nationale de France, publiée en janvier 1791, ibid., p. 359.

[10] Charles Maurras, Kiel et Tanger, La République française devant l'Europe 1895-1921, Bibliothèque des Œuvres Politiques Versailles, Évreux 1928, p. 236.

[11] Cf. Variation d'une phrase de Charles Maurras in La Dentelle du rempart, Choix de pages civiques en prose et en vers (1886-1936), Préface de Bernard Grasset, Editions Bernard Grasset, Mayenne 1937, p. 131 : "Etat français qui se mêle de tout aujourd'hui, même de faire des écoles et de vendre des allumettes, et qui, en conséquence, fait tout infiniment mal, vendant des allumettes ininflammables et distribuant un enseignement insensé, l'Etat est lui-même impuissant à remplir sa fonction d'Etat. Il est abandonné aux représentants du pouvoir législatif."

[12] Discours de M. Burke, sur la situation actuelle de la France, cité in E. Burke, Réflexions sur la Révolution de France, Pluriel Histoire, Paris 2004, p. 329.

[13] Edmund Burke, ibid, p. 157.

[14] Cf. Variation d'une phrase d'Edmund Burke in Discours de M. Burke sur la situation de la France le 9 février 1790, ibid., p. 327 : "Tant que je vivrai, j'opposerai mes efforts à l'introduction d'une démocratie détestable dans ses moyens, atroce dans son objet. Et je déclare que, quelque soit mon respect pour les grands talents, et quelque besoin qu'ait mon âme de l'amitié, je romprai, s'il le faut, avec mes meilleurs amis, et me réunirai à mes plus grands ennemis pour repousser cette peste d'une innovation destructive de tout principe d'une saine et sûre réformation. ... La régénération dont on s'entretient dans ce pays est la destruction et non la réformation des Etats: il y a plus, elle rend impossible toute bonne réformation".

[15] Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France, ibid., p. 13.

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commentaires

France 22/12/2015 06:41

C'est un article concis, intéressant. Toutefois, on ne peut que s'interroger à la lecture de ce grossier détail : "st jp II". Compte-tenu des centaines de casseroles qu'il a trainé, des modifications dans les procédures de béatification, canonisation, afin imposer des faux saints, devenant des alibis pour affirmer et poursuivre la destruction de Rome de l'intérieur. C'est le genre de détail impossible à avaler. C'est comme : croire que bergoglio est un pape, comment un tel individu peut bénéficier de l'assistance du Saint-Esprit et de l'infaillibilité, quand un seul exemple montre le scandale public : bergoglio, archevêque pionçant sur un trône au fon du chœur, juste après sa messe pendant qu'un spectacle de tango sensuel se déroule sous son autorité, que les "fidèles" applaudissent. Messe émaillée d'anomalies gravissimes par ailleurs. Aucune réparation publique pour un scandale public n'a été effectuée. Il est évident que un tel gugusse aurait été excommunié ou déchu de sa charge d'archevêque, même au début du 20e siècle. Même chose pour wojtyla.