La "Francia" (nom latin de la France), plus tard également nommé l'empire franc (imperium francorum), royaume des francs (regnum francorum), royaume franc ou occasionnellement terre franque, était le territoire habité et gouverné par les Francs du IIIe au Xe siècle.
Entre 253 et 260, en effet, des Francs et des Alamans firent des incursions en Gaule romaine. Les Francs participèrent à un raid qui les conduisit jusqu'en Espagne et en Afrique. Après avoir été refoulés et cantonnés dans un territoire par Aurélien (qui sera empereur de 270 à 275), Francs et Alamans franchirent une seconde fois, massivement, le Rhin et ravagèrent la Gaule de fond en comble.
Incapables de les vaincre, Rome en fit ses alliés. Les Francs reçurent des territoires à administrer, des ressources à exploiter, essentiellement des terres et devinrent des alliés de Rome, au point que lorsque des rois barbares frappèrent monnaie, ce ne fut pas leur propre effigie qu'ils mirent sur leur monnaie mais celle de l'empreur romain.
La Table de Peutinger dessinée dans la réédition de Bergier en 1728. Source : http://www.reims-histoire-archeologie.com/notice38-voies-antiques.html
L'auteur poursuit :
"Décembre 496, qui marque le baptême du roi franc, c’est LA date fondatrice pour les tenants d’une France qui serait à leurs yeux indissociables du christianisme."
C'est pourtant le cas !
Ainsi la nouvelle religion s'insérait dans les coutumes ancestrales du peuple celte qui continuait à revenir aux endroits jadis honorés, mais pour un culte purifé et d'une tout autre essence.
Dans la suite des temps, l'histoire du christianisme en Gaule se confond avec l'histoire même du peuple français. Quelques îlots du paganisme subsistaient aux Ve et VIe siècles, mais on peut considérer que toute trace en avait disparu définitivement à la fin du VIIe siècle. (Régine Pernoud, Histoire du peuple français, Des origines au Moyen Âge, Nouvelle Librairie de France, Paris 1951.)
Il n'y a que ceux qui n'aiment pas la France pour nier ce fait et ne pas vouloir faire remonter notre pays au baptême de Clovis ou même avant !
Pour tout peuple, toute civilisation, d'ailleurs, la religion est d'abord un élément de la civilisation, y compris pour la république soit-disant "laïque" qui prône sa "religion" laïque... (Cf. Voir Claude Bartolone (PS) veut imposer "la religion de la république"; Franc-maçonnerie "religion de la république" : Vincent Peillon jette le masque)
L'aspiration à la transcendance des Francs, peuple païen ayant une forte religiosité se conjuguait à merveilles avec celle que l'on rencontrait chez les Gaulois, ayant lui-même à sa tête un clergé de druides qui se convertirent naturellement au IIe et IIIe siècle à la religion trinitaire catholique (Anne Bernet: "Toutatis, Hésus et Taranis, la triade celtique, une ébauche de conception trinitaire"). Cette conjugaison a donné naissance à la nation française, dite "Fille aînée de l'Eglise", issue du baptême du roi des Francs Clovis.
On situe traditionnellement la date du baptême de Clovis à Reims avec 3000 guerriers par Saint Rémi, évêque de Reims, le 25 décembre 496 ou 498, voire 506" (Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, Baptême de Clovis, baptême de la France, De la religion d'État à la laïcité d'État, Éditions Balland, Mayenne 1996, p. 23).
Par la sainte Ampoule qui aurait servi au baptême de Clovis se trouve symbolisée la doctrine chrétienne, selon laquelle tous les hommes étant égaux, aucun d'eux ne peut exercer l'autorité sur ses semblables si ce n'est par une délégation de Dieu, à qui il devra des comptes. D'ailleurs, l'expression, par la grâce de Dieu roi de France, telle qu'on l'employait aux temps féodaux, n'est pas autre chose qu'une forme d'humilité. (Georges et Régine Pernoud, Le tour de France médiévale, Stock, Évreux 1982, p. 63).
Clovis placera sa conversion sous le patronage de St Martin et publia un décret imposant à son armée la même dévotion. "Comment
"D’un point de vue plus politique, sa conversion est surtout pour Clovis une manière de s’assurer le précieux soutien de l’Église"
Cet argument constamment répété par la propagande du Régime tendant à laisser entendre que la conversion de Clovis relevait du calcul politique est faux. Au contraire, du point de vue politique, le choix de Clovis du catholicisme associé à l'Empire romain faible et lointain, plutôt que celui de l'arianisme (peuplades barbares voisines) n'était pas logique, le plus facile ni le plus sûr pour son royaume. A ce moment-là, à la fin du Ve s., l'Eglise et les fidèles sont opprimés de tous côtés par des princes hérétiques . L'empereur Anastase, en Orient, est livré aux Eutychiens; Theodorick, roi d'Italie, Alarik, roi des Wisigoths en Espagne et en Aquitaine, Gondebald, roi des Burgondes, Trasamond, roi des Vandales en Afrique, professent les erreurs d'Arius. Il restait encore à Clovis à convertir ses 3000 guerriers, dont la majorité étaient païens ! Clovis devait s'assurer que son armée et les peuples barbares environnants ne bougeraient pas. Par son baptême, il se mettait tout ce monde à dos. Tous les peuples vaincus de l'Empire romain étaient catholiques, mais toutes les nations barbares et victorieuses étaient ariennes (Gaule, Espagne, Italie, Afrique.) Il lui fallait donc se séparer de tous ses peuples amis, issus de la même origine germanique, pour adopter la religion de peuples vaincus de race étrangère et ennemie ! L'argument du calclul politique ne tient pas.
"et de ce qui reste des élites gallo-romaines,"
En 496, les élites gallo-romaines étaient effectivement déjà chrétiennes depuis plus d'un siècle...
"Ajoutons que baptisé ou non, Clovis n’est pas de roi de France mais rex francorum, roi des Francs."
Si Clovis n'a pas le titre de "roi de France", la "France" (Francia) déjà connue sous ce nom dans les cartes romaines est une réalité géopolitique incontournable.
"843 : c’est l’année du traité de Verdun, qui résout le problème posé par la mort de Charlemagne – un empereur dont les Allemands revendiquent autant l’héritage que les Français."
Oui, quel est le rapport avec l'ancienneté de notre "France" ?
"La partie occidentale, qui couvre les deux-tiers environ de l’Hexagone actuel, désignée comme Francia occidentalis, est dirigée par Charles le Chauve."
Et alors ?
"987 : la dynastie capétienne s’installe sur le trône pour les 8 siècles qui suivent. Mais pendant belle lurette encore, les Capétiens successifs ne règnent en réalité que sur leurs propres terres."
Tout historien sait que l'autorité du roi ne s'étendait pas simplement à son domaine propre, tel un simple prince féodal, mais à l'ensemble du Regnum francorum, conquis depuis Clovis, dont les frontières étaient déjà grosso modo celles que l'on connaît aujourd'hui. De Clovis à Charlemagne, ces frontières ne cesseront pas de s'étendre. Les Capétiens recentreront leur royaume sur le pré-carré national. (Cf. Les fortifications de Vauban)
Comme chef féodal et duc de France, Hugues Capet, par exemple, avait pour vassaux directs les comtes de Blois, Anjou, Maine, et les comtes bretons du Mans et de Rennes pour arrière-vassaux. Huit grands fiefs relevant nominalement de la Couronne, indépendants en fait se partageaient le reste du territoire : Flandre, Normandie, Bourgogne, Guyenne, Gascogne, Toulouse, Gothie (Narbonne et Nîmes) et Barcelone : la suzeraineté capétienne sur ces duchés et ces marches venait de l’héritage de Charlemagne.
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dulce France
Une chose est certaine : on peut bien tordre les mots dans tous les sens pour le plaisir d’un discours électoral de circonstance,"
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