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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 16:15

Le tout sécuritaire de Valls est largement insuffisant et ne fait "pas un projet politique". C'est ce que nous n'arrêtons pas de dire sur ce blog. C'est ce qu'a compris aussi Emmanuel Macron, pour qui, face à la menace islamiste, "le défi est sécuritaire, géopolitique mais aussi économique, social et culturel.Le mot important ici est "culturel". Pour une fois qu'on n'a pas droit à un couplet sur la "laïcité", nous ne cacherons pas notre joie de voir Valls finement remis à sa place :

Le petit coup de béquille de Macron à Valls : "la sécurité n'est pas un projet politique"

Vendredi matin, le ministre de l'Economie a distillé son projet politique pour l'avenir du pays alors que ses relations avec le Premier ministre sont tendues, rapporte "Lci.tf1".

 

C'est la réponse du berger au berger. Recadré entre les lignes jeudi par Manuel Valls lors de ses vœux à la presse, l'invitant à mettre son "égocentrisme et narcissisme" au service de l'intérêt général, [1] Emmanuel Macron a répondu vendredi matin lors des siens. Le ministre de l'Economie, dont les relations avec le Premier ministre sont tendues, a affirmé se méfier de "la comédie humaine". Alors que Manuel Valls insiste sur "une époque qui a changé" pour justifier le tournant sécuritaire du gouvernement face au terrorisme, le jeune patron de Bercy a rétorqué que "la sécurité n'était pas un projet politique". Et d'affirmer : "Il n'y a qu'une seule question à laquelle nous devons répondre : quelle société nous voulons, quel pays nous voulons". [2]

 

Salle pleine à craquer pour le show Macron vendredi 29 janvier. Une heure et demie debout, sans note pour un quasi discours de politique générale et une grosse séance de questions-réponses. Avec, en bonus, la petite référence au philosophe Michel Foucault au bout de trente secondes. Les vœux à la presse du ministre de l’Economie contrastaient singulièrement avec l’exercice un brin convenu de ses collègues de Bercy, Michel Sapin et Christian Eckert, il y a quinze jours. Pour autant, le jeune inspecteur des finances ne s’est pas privé de distiller quelques messages très politiques sur fond de rivalité croissante avec le Premier ministre Manuel Valls.

 

Emmanuel Macron a refait entendre sa petite musique sur la menace terroriste et les thèmes régaliens chers au chef du gouvernement. Déjà, après les attentats de Paris de novembre, il avait provoqué la polémique en affirmant que la France devait assumer une "part de responsabilité" dans le "terreau" sur lequel le totalitarisme islamiste a prospéré, se "nourissant de la défiance que nous avons laissé s'installer dans la société". Une sortie qui lui avait valu une réponse indirecte cinglante de Valls: "J’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses ou des explications culturelles ou sociologiques à ce qui s’est passé."

 

Macron a donc profité de ses vœux pour répliquer et marteler sa différence: "le défi est sécuritaire, géopolitique mais aussi économique, social et culturel, il faut comprendre, non pas pour excuser." Et d’ajouter: "la sécurité n’est pas un projet politique, notre projet c’est la construction d’une société efficace, juste et ouverte." L’occasion dans la foulée de consacrer une longue tirade aux bienfaits de sa loi sur la croissance puis d’évoquer pêle-mêle l’éducation, la formation ou encore l’Europe. [3]

 

Lorsqu'aucune politique de prévention, d'éducation et de civilisation n'est prise en amont mais qu'au contraire ne reste à l'horizon que la morne platitude du nihilisme jacobin, lorsque la "laïcité" jacobine est le seul lien qui doit faire vivre ensemble les gens et les "rassembler", il ne faut pas s'étonner que pour répondre au basculement dans la violence de quelques fanatiques orientaux, le pays bascule lui-même dans la violence de la dictature sécuritaire - façon "Grand Orient de France" - [4], sans qu'aucune élévation spirituelle ou culturelle ne soit envisagée.

 

"Les petites phrases, c'est parfois l'univers dans lequel nous vivons les uns et les autres", a déclaré M. Macron. 

"Je crois que la seule façon d'en sortir, c'est de remettre les choses dans leur contexte, dans leurs intentions, d'éviter finalement qu'on ne préfère collectivement la comédie humaine à l'explication du cours du monde. Pour ma part, j'ai choisi mon camp", a-t-il ajouté. 

 

Le locataire de Bercy, citant au passage le philosophe Michel Foucault, a insisté sur la nécessité "de savoir expliquer, de savoir recontextualiser, de savoir redonner du sens", face à "un monde qui va de plus en plus vite". 

"Nous sommes toutes et tous plongés dans cet +ordre du discours+ dont parlait Foucault, qui n'est jamais innocent", a insisté le ministre. "Ca parle, ça commente, ça écrit, c'est repris, et nous avons eu égard à tout cela une vraie responsabilité." 

 

L'Ordre du discours est la leçon inaugurale donnée par Michel Foucault au Collège de France, en 1970. Le philosophe y souligne que "dans toute société la production du discours" est "contrôlée", afin "d'en conjurer les pouvoirs et les dangers". [5]

Sources

 

[1] La réponse de Macron "le Narcisse", à Valls, Lci.tf1, 29.01.2016

[2] Le petit coup de béquille de Macron à Valls : "la sécurité, pas un projet politique", Lci.tf1, le 29 janvier 2016 à 15h01 , mis à jour le 29 janvier 2016 à 15h08.

[3] Macron-Valls: la guerre de tranchée continue, challenges, Publié le 29-01-2016 à 15h52

[4] L’ancien "Grand Maître" du "GODF" Patrick Kessel a loué le Premier Ministre : "«Manuel Valls, l’a réaffirmé [son attachement à la laïcité] à raison et à plusieurs reprises, déclarant récemment qu’il «y a urgence à renouer avec le sens de la laïcité, notre socle commun, (…) ferme, non négociable» qui doit «permettre de rassembler». Une fois encore, la fréquentation de Manuel Valls de deux loges du GODF, de 1986 à 2005, a laissé des traces fortement appréciées par certains de ses anciens frères." Source: Patrick Kessel applaudit Manuel Valls, blogs.lexpress, le 25 janvier 2016.

[5] Macron dit ne pas vouloir s'enfermer dans les "petites phrases" et cite Foucault, L'Express, Par AFP , publié le 29/01/2016 à 15:25 , mis à jour à 15:25

 

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