Louis XVI était « profondément charitable. Il lui arrivait, de bon matin, de se rendre à pied chez les familles les plus pauvres de Versailles.
"Parbleu, Messieurs, dit-il un jour en riant à l'adresse des gardes qui venaient de le retrouver, il est cruel que je ne puisse aller en bonne fortune sans que vous le sachiez !"
Un roi visitant les chaumières, cela ne s'était pas vu, depuis Henri IV !
Un jour, le directeur des Bâtiments, La Billarderie d'Angiviller, se vit tancer pour avoir dépensé en son absence 30.000 livres afin de restaurer une pièce des petits appartements :
"J'aurais rendu trente familles heureuses !' clamait-il avec indignation dans tout le château.
Sur sa cassette personnelle qu'on appelait le Comptant du roi, il entretenait quantité de familles nobles ou d'officiers sans fortune, des femmes ou des filles de militaires, réglait les dégâts et accidents de chasse, alimentait les bonnes œuvres du curé de Versailles.
En avril 1781, il visita incognito l'Hôtel-Dieu où s'entassaient à trois ou quatre par lit des centaines de malades et de malheureux, dans des chambres qui ressemblaient à des cloaques. Il en ressortit en pleurs, décidant de prendre à sa charge la création de lits individuels et de dortoirs spécialisés pour chaque type d'infection. »
Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin Editions, Lonrai 2012, p. 245-246.
Louis Auguste, dauphin, décrivait à l'âge de treize ans dans ses Réflexions sur mes entretiens avec M. le duc de la Vauguyon [1] une monarchie patriarcale :
"Le roi, le berger, le père ne sont qu'une même chose." Il n'y a pas de différence entre gouverner une famille et gouverner un Etat ! (Dixième entretien)
Le bon roi est au services de ses peuples dont il doit faire le bonheur, sans rechercher sa propre gloire:
"Je me garderai bien de toujours parler aux peuples de mes besoins et presque jamais des leurs; je veux qu'ils sachent que mon premier désir et mon soin principal seront toujours de les soulager, de les décharger et de les encourager..." (Septième entretien)
Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin Editions, Lonrai 2012, p. 47-48.
Avant d'être exécuté, Louis XVI pardonne encore et prie pour ses ennemis :
Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France.
En mémoire du saint roi Louis XVI, mort en martyr catholique "en haine de la Foi" (Pie VI) le 21 janvier 1793 à 10 h 22 place de la Révolution (actuelle "Place de la Concorde", Paris),
Notes
[1] , dont une copie postérieure faite par le comte de Provence fut découverte en 1836 et publiée en 1851 par le Comte de Falloux. L'ouvrage a été réédité en 2000 par Culture et Tradition, Paris, avec une préface de Jean Meyer. Il a fait l'objet d'une analyse fouillée par Ran Halévi (Le Savoir des Princes, du Moyen Âge aux Lumières, Fayard, Paris 2002.)
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