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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 10:51
Ma réponse à la dernière video des "Brigandes"

Cet article est ma réponse à la dernière video des "Brigandes", intitulée "Radio Brigandes III - Novembre 2015 - Franc-maçonnerie, la blanche et la rouge" (description : "entretien avec Marianne, chanteuse leader des Brigandes, et Antoine, représentant du Comité de Salut Public, sur le thème de la Franc-Maçonnerie et du Christianisme. Interview et révélations d'un franc-maçon chrétien"), dans laquelle les "Brigandes" expliquent d'où viennent leurs critiques radicales contre les Jésuites et l'Eglise de Vatican II : des francs-maçons déistes "chrétiens" (sic). Ce faisant, les "Brigandes" présument (sans le dire) une entrée légitime dans la franc-maçonnerie "traditionnelle" "chrétienne" qui serait la "bonne" franc-maçonnerie pour combattre la mauvaise, "républicaine", athée. La dérive des "Brigandes" est regrettable. Il y avait en effet, à la base, au travers de chansons, un bon fond de combat pour Dieu et la France. Cette dérive et ces accointances maçonniques se retrouve dans les milieux nationalistes, cathos libéraux, identitaires qui grouillent de francs-maçons "chrétiens", "catholiques", en réalité francs-maçonniques ou para-maçonniques. Leur point commun est qu'ils appellent tous à voter dans le cadre des institutions dites "républicaines" (le plus souvent "front national"). C'est-à-dire à alimenter la machine satanique de la Révolution fonctionnant sur le principe du moteur (deux pôles différents, un courant, la haine), et à privatiser le pouvoir entre les mains d'une minorité.

 

Lire: Principe du moteur de la Révolution

La royauté est la république

 

Depuis leur critique radicale des Jésuites venue par la suite, après leur troisième chanson - me semble-t-il - d'apparence catholique, je me doutais sans être certain de qui était derrière ce groupe "les Brigandes", mais au moins, maintenant, c'est clair ! Je les remercie de cet éclaircissement. Cela me permet de supprimer les différents articles que j'ai publiés de ce groupe, présentant leurs videos. C'est en effet une demande de l'Eglise dans une Bulle apostolique - frappée de l'infaillibilité du Pape Clément XII, In Eminenti de 1738, où le Pape Clément XII parle en tant que successeur de Saint Pierre, en vertu de son "plein pouvoir apostolique"-, de ne pas "propager", "entretenir", "recevoir chez soi", "y être inscrits", "entretenir de quelque manière que ce soit" "les dites sociétés de francs-maçons", "et cela sous peine d'excommunication." "Une constitution valable à perpétuité." [1] La Bulle apostolique In Eminenti constitue encore aujourd'hui le droit canonique en vigueur sur la franc-maçonnerie.

 

Le grand argument avancé par "les Brigandes", est celui des francs-maçons eux-mêmes, selon lequel il y a différents courants, différents buts dans la franc-maçonnerie. Or, si la franc-maçonnerie affiche effectivement des différences de courants doctrinaires (loges déistes, loges athées, loges de "droite", loges de "gauche", loges traditionnelles, loges progressistes), il ne faut pas pour autant tomber dans le piège et s'imaginer que toutes ces loges n'ont pas de but commun, une mystique commune. La franc-maçonnerie a qu'un seul but : le renversement de l'alliance du trône et de l'autel ("saine collaboration" entre les deux pouvoirs, expression de Jean-Paul II), et la destruction de l'Eglise. [2]

 

Rappelons - ce qui est condamné par la Bulle In Eminenti -, que les francs-maçons font un pacte couvert du secret, que par ce pacte ils ouvrent des portes à Satan (c'est la raison de la condamnation), et qu'ils sont de plus en nombreux à devoir aujourd'hui consulter des prêtres exorcistes pour être délivrés de troubles divers (vexations, obsessions, et, dans les cas les plus graves, possessions diaboliques). Ces troubles, pour être guéris, nécessitent d'abord une conversion à Jésus-Christ et à son Eglise. Il faut une confession, la récitation d'actes d'abjuration, des prières de délivrance. Et ensuite, il faut une vie quotidienne de prière, chaque jour, en particulier le matin et le soir, où il est bon de répéter régulièrement des actes d'abjuration.

 

La meilleure source pour connaître l'histoire de la franc-maçonnerie révolutionnaire reste après deux siècles un livre dont les informations n'ont jamais été contredites du vivant de l'auteur, qui avait reçu des témoignages et des aveux, ni même après: les Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme de l'abbé Barruel (1797), un jésuite...

Dans cet ouvrage, Barruel nous apprend que tous les Francs-maçons ne sont pas des agents conscients de ce qu'ils font. Il incrimine les arrières-loges dont les initiés supérieurs (grades supérieurs que très peu atteignent) manipulent, à leur insu, l'ensemble des maçons, et où ne se rencontre qu'une même finalité, la destruction de "toute religion", de toute autorité qui ne soit pas maçonnique, la destruction du catholicisme qui, par son clergé, sa hiérarchie et son autorité est la seule institution en mesure de s'opposer à leurs plans, et la construction d'un "régime universel dominateur", leur "république universelle".

 

Lire : Illuminés de Bavière : l'illuminisme au XVIIIe siècle

 

Barruel décrit les moyens de la franc-maçonnerie pour parvenir à ses fins. La méthode franc-maçonnique est un moyen, mettre tout sur le même plan, le relativisme (dénoncé à plusieurs reprises par Benoît XVI) et l'acceptation de ce moyen.

Et dans ce moyen, tous les moyens du mal sont permis et même encouragés. Les francs-maçons sont formatés à prendre pour le bien le mal ou à les mettre sur le même plan en discussion et en "dialogue" (c'est la suppression des 10 Commandements) :

 

"Sous prétexte de découvrir une Religion plus parfaite, il (Weishaupt) leur a persuadé - aux adeptes - que le Christianisme du jour n'est que Superstition & tyrannie. Il leur a soufflé toute sa haine pour les prêtres & pour l'état actuel des Gouvernements. C'en est assez pour l'aider à détruire; il se gardera bien de leur dire ce qu'il veut édifier..." (A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , 1798, t. III, p. 151).

 

"Si pour détruire tout christianisme, toute religion, nous avons fait semblant d'avoir seuls le vrai Christianisme, seuls la vraie religion; souvenez-vous que la fin sanctifie les moyens, que le sage doit prendre pour le bien tous les moyens du méchant pour le mal. Ceux dont nous avons usé pour vous délivrer, ceux que nous prenons pour délivrer un jour le genre humain de toute religion, ne sont qu'une pieuse fraude que nous nous réservons de dévoiler dans ce grade de Mage ou de Philosophe Illuminé" (A. Barruel, ibid., t. III, p. 264).

 

Or, vous le savez, depuis la Génèse et la tentation d'Eve qui discuta avec le démon au sujet du fruit de l'Arbre, on ne discute pas avec le démon. Plus intelligent, celui-ci nous entraîne dans ses filets, par l'acceptation du moyen du "dialogue". Cette discipline est impérative.

 

Répondons tout de suite ici que si les membres des "Brigandes" demandent de ne pas mettre dans le même panier tous les francs-maçons, ils n''hésitent pas, eux, à utiliser ce procédé s'agissant des Jésuites, en disant "les Jésuites" en général pour dire qu'ils sont tous mauvais...

 

Enfin, si en 1793, la franc-maçonnerie athée, progressiste, a pris le pas et a éliminé les francs-maçons déistes chrétiens, ce n'est aucunement une preuve que la franc-maçonnerie aurait différents buts et que donc il n'y aurait pas de "complot" (sic), ou que ce serait pas aussi évident, etc., comme c'est répété dans la video. C'est précisément parce qu'en 1793, elle n'avait pas plus besoin de ceux-ci et qu'après s'être servi d'eux, elle les a éliminés dans un processus bien défini par l'historien de l'Empire et de la Révolution, Patrice Gueniffey : un processus "radicalisation cumulative du discours" "réside le moteur de l'hubris révolutionnaire qui, d'outrance en surenchère dans la définition des buts et dans les choix des moyens, conduit inexorablement à la violence" (Patrice Gueniffey, Histoires de la Révolution et de l'empire, Tempus, Paris 2011, p. 186). Une fois le nettoyage idéologique réalisé, la franc-maçonnerie s'est auto-dissoute en France (en 1793 en pleine Terreur). Elle a fermé les loges quelques années, afin de revenir quelques années plus tard sous Napoléon Ier, puis sous la Restauration, la Monarchie de Juillet, la Seconde République, le Second empire, la IIIe république, la IVe république, et enfin, la Ve république.

 

Aujourd'hui, la meilleure réponse à faire à la franc-maçonnerie est de lui demander de répondre aux exigences de transparence démocratique en se déclarant devant le Parlement.

 

Lire: Election présidentielle 2017 : Déclaration officielle des lobbys maçonniques

Suisse : Le parlement du Valais envisage d'obliger les francs-maçons à se déclarer devant lui

Notes

 

[1] Les Enseignements originaux des Papes sur la franc-maçonnerie, De 1717 à nos jours, Pierre Tequi éditeur, Saint-Céneré 1998, p. 15-17.

[2] Satan qui travaille derrière la franc-maçonnerie à la ruine de l'Eglise ne parviendra pas à ses fins, car l'Eglise a les promesses d'assistance éternelle de Notre Seigneur Jésus-Christ : "les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle" (Mt, 16, 18); "Et moi, je suis avec vous toujours jusqu'à la fin du monde" (Mt, 28, 20.)

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commentaires

C
Très bien vu. J'avais fait aussi une critique sur "chevaucher le dragon" en expliquant que chez les catholiques on terrasse le dragon. L'emballage est trompeur, les voix sont belles, mais ce sont celles des sirènes.
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I
"J'avais fait aussi une critique sur "chevaucher le dragon" en expliquant que chez les catholiques on terrasse le dragon."



En effet.



"L'emballage est trompeur, les voix sont belles, mais ce sont celles des sirènes."



Tout indique que chez "les Brigandes", ce qui compte c'est l'adoption du moyen, un relativisme, qui est aussi la méthode de la franc-maçonnerie. Mettre le bien et le mal en discussion, l'Eglise en discussion, les condamnations papales infaillibles en discussion (comme si cela était permis), tout en se disant "chrétien".