L'inversion accusatoire semble de mise - également... - dans l'Eglise. Un article d’Andrea Tornielli, le vaticaniste le plus apprécié et le plus proche de Bergoglio, est paru dès le 8 octobre, quatre jours avant la publication controversée de la lettre des cardinaux conservateurs. Il donnait les informations que la lettre contenait et il accusait ses auteurs de conspirer contre le pape.
“Du rififi sous les mitres”, tel pourrait être le titre d’un film tourné durant le synode sur la famille. Sur son site internet, Sandro Magister revient sur la fameuse lettre signée de 13 cardinaux et adressée au Pape François, et donne les précisions suivantes :
“Depuis le moment où la lettre adressée par treize cardinaux au pape est tombée dans le domaine public, les autorités vaticanes, par l’intermédiaire du père Federico Lombardi, ne perdent pas une occasion d’en blâmer la publication et, de manière plus ou moins voilée, le contenu et les auteurs.
Mais alors il est bon que devienne également public un élément antérieur à la publication de la lettre des treize cardinaux. Un élément qui ne peut absolument pas être passé sous silence et après lequel il est devenu indispensable - dans le but de donner une information correcte - de vérifier ce qui s’est réellement passé, le contenu de la lettre et qui l’a signée.
Lorsqu’il a de nouveau critiqué ce 14 octobre, pendant la conférence de presse, “la fatidique lettre qui a eu bien plus d’écho qu’elle n’en mérite”, le père Federico Lombardi a paru oublier que la première personne qui ait fait éclater à grand fracas la nouvelle de ce geste confidentiel a été non pas un présumé émissaire des signataires mais bien le vaticaniste le plus apprécié et le plus proche du pape François, un homme qui est fréquemment son hôte à la Maison Sainte-Marthe : Andrea Tornielli, coordinateur du portail “Vatican Insider”.
En effet la démarche accomplie auprès du Pape par treize pères synodaux a été annoncée par Tornielli dès le 8 octobre - quatre jours avant que leur lettre ne soit connue - dans un article très informé qui a été publié simultanément par “Vatican Insider” (mais il a été retiré rapidement de sa home page) et par le quotidien “La Stampa”, en page 9.
Dans le corps de l’article, non seulement il était affirmé à plusieurs reprises, comme quelque chose d’absolument certain, que les auteurs de la révolte étaient treize - pas un de plus, pas un de moins - mais il était en outre précisé qu’il y avait parmi eux le cardinal George Pell, défini comme “le plus dur”.
L’article ne parlait pas explicitement d’une lettre mais indiquait que “les treize pères synodaux ont adressé un appel au pape” le premier jour des travaux, lundi 5 octobre. Et il s’étendait – avec une évidente maîtrise du sujet – sur l’exposé d’un certain nombre d’arguments que l’on allait effectivement retrouver par la suite dans la lettre, une fois que celle-ci aurait été publiée.
Ces arguments étaient toutefois exposés par Tornielli de manière à présenter sous un très mauvais jour les treize prélats, identifiés dès le début de l’article comme un “lobby” présent à l’intérieur du synode et se livrant à un “pressing” inspiré par des “logiques de conspiration” pour faire “entendre que le synode était ‘manipulé’ par le secrétariat général et, en dernière analyse, par le Pape, dans le but de lui faire prendre une orientation d’ouverture”.
Source : Sandro Magister.
Note de Christ-Roi. Ce sont les 13 cardinaux qui, conservateurs d'une doctrine de l'Eglise vieille de deux mille ans, ne changent rien, et ne sont donc pas les conspirateurs. Alors que ceux qui veulent changer la doctrine par une modification de la pastorale "au nom de la miséricorde", agissent, eux, plutôt en conspirateurs. On ne peut comploter que contre quelque chose de déjà fixé.
La lettre des treize cardinaux. Un élément-clé antérieur
Il s’agit d’un article d’Andrea Tornielli, le vaticaniste le plus apprécié et le plus proche de Bergoglio. Il est paru quatre jours avant la publication de la lettre. Il donne les informations qu’elle contenait et il accuse ses auteurs de conspirer contre le pape
par Sandro Magister

ROME, le 15 octobre 2015 – Depuis le moment où la lettre adressée par treize cardinaux au pape est tombée dans le domaine public, les autorités vaticanes, par l’intermédiaire du père Federico Lombardi, ne perdent pas une occasion d’en blâmer la publication et, de manière plus ou moins voilée, le contenu et les auteurs.
La plus récente critique date d’hier. Au cours de la conférence de presse quotidienne d’accompagnement des travaux du synode, le directeur du bureau de presse du Vatican a critiqué pour la énième fois "la fatidique lettre qui a eu bien plus d’écho qu’elle n’en mérite".
Mais alors il est bon que devienne également public un élément antérieur à la publication de la lettre des treize cardinaux. Un élément qui ne peut absolument pas être passé sous silence et après lequel il est devenu indispensable – dans le but de donner une information correcte – de vérifier ce qui s’est réellement passé, le contenu de la lettre et qui l’a signée.
Le post qui suit dit tout ce qu’il suffit de savoir.
Il a été publié hier, uniquement en italien, sur le blog "Settimo cielo". Le voici à nouveau ci-dessous. Il est également traduit en anglais, en français et en espagnol. Pour que tout le monde soit informé.
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La "conjuration des treize". Voici qui l’a racontée le premier
Lorsqu’il a de nouveau critiqué aujourd’hui, 14 octobre, pendant la conférence de presse, "la fatidique lettre qui a eu bien plus d’écho qu’elle n’en mérite", le père Federico Lombardi a paru oublier – à l’instar d’un grand nombre de journalistes et de prélats –que la première personne qui ait fait éclater à grand fracas la nouvelle de ce geste confidentiel a été non pas un présumé émissaire des signataires mais bien le vaticaniste le plus apprécié et le plus proche du pape François, un homme qui est fréquemment son hôte à la Maison Sainte-Marthe et qui l’a interviewé à plusieurs reprises : Andrea Tornielli, coordinateur du portail "Vatican Insider".
En effet la démarche accomplie auprès du pape par treize pères synodaux a été annoncée par Tornielli dès le 8 octobre - quatre jours avant que leur lettre ne soit connue - dans un article très informé qui a été publié simultanément par "Vatican Insider" (mais il a été retiré rapidement de sa home page) et par le quotidien "La Stampa ", en page 9.
"La Stampa" avait placé l’article à la rubrique "Coulisses", sous le titre : "Synode manipulé, l'accusation de 13 prélats. Le Pape répond : assez de logiques de conspiration".
Dans le corps de l’article, non seulement il était affirmé à plusieurs reprises, comme quelque chose d’absolument certain, que les auteurs de la révolte étaient treize – pas un de plus, pas un de moins – mais il était en outre précisé qu’il y avait parmi eux le cardinal George Pell, défini comme "le plus dur".
L’article ne parlait pas explicitement d’une lettre. Cependant il indiquait que "les treize pères synodaux ont adressé un appel au pape" le premier jour des travaux, lundi 5 octobre. Et il s’étendait – avec une évidente maîtrise du sujet – sur l’exposé d’un certain nombre d’arguments que l’on allait effectivement retrouver par la suite dans la lettre, une fois que celle-ci aurait été publiée.
Ces arguments étaient toutefois exposés par Tornielli de manière à présenter sous un très mauvais jour les treize prélats, identifiés dès le début de l’article comme un "lobby" présent à l’intérieur du synode et se livrant à un "pressing" inspiré par des "logiques de conspiration" pour faire "entendre que le synode était 'manipulé' par le secrétariat général et, en dernière analyse, par le pape dans le but de lui faire prendre une orientation d’ouverture".
L'article continuait et se concluait avec de larges citations de la "réponse" donnée en séance le lendemain matin, mardi 6 octobre, par le secrétariat général du synode et par le pape François aux auteurs de l’appel, retournant ainsi contre eux – et non plus avec l'autorité de l’auteur de l’article mais avec celle du souverain pontife lui-même – l'accusation de "conspiration".
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L'article de Tornielli publié le 8 octobre, en trois langues, sur "Vatican Insider" :
> Il Papa: no a logiche cospirative al Sinodo
> Pope urges bishops not to give in to conspiracy theories
> Papa Francisco : no a las lógicas de conspiración en el Sínodo
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