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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 22:54

L’anecdote a été racontée aux pères synodaux par le curé de Trieste, dom Roberto Rosa, nommé directement par le Pape pour participer au synode. L’invitation inattendue du pape est arrivée après que le Saint-Père ait lu une lettre écrite par dom Roberto précisément sur le thème des divorcés remariés, une lettre allant bien entendu dans le sens de la réforme de la pratique actuelle. Une pratique qui, faut-il le rappeler, participe pourtant d’une disciple directement liée à la loi divine sur les deux sacrements que sont le mariage et l’eucharistie.

Cette histoire a été rendue publique lors du briefing d’hier et faisait partie d’une série de comptes-rendus fournis aux journalistes concernant les débats en séance. Des comptes-rendus qui ne mentionnent jamais le nom des intervenants et qui sont souvent remaniés par le service de P. Lombardi et sont introduits avec un « ce qui m’a touché… » très impartial. Curieusement, dans ce synode qui « ne doit pas se focaliser sur la question des divorcés remariés », il semble que l’on n’ait parlé de rien d’autre lors de la séance d’hier.

Avec l’anecdote du bambin qui partage son hostie avec son père divorcé remarié, on a frôlé le storytelling [NdT : une technique de communication manipulatrice faisant appel aux émotions]. Et de fait, les commentaires n’ont pas tardé à s’emparer de l’aspect le plus sentimental de l’histoire. Plusieurs ont évoqué l’émotion qui a saisi les pères dans la salle, d’autres ont mis en évidence cette souffrance qu’éprouvent les enfants pour leurs parents divorcés remariés qui ne peuvent accéder à la Saint Eucharistie.

Au-delà de la bonne foi du bambin et du respect dû à ses nobles sentiments, il n’en demeure pas moins que ce que raconte don Rosa demeure un abus liturgique, s’agissant techniquement d’une profanation du Corps et du Sang du Seigneur réellement présents. On pourrait donc s’interroger sur le genre de catéchèse que cet enfant a reçue concernant le respect de l’eucharistie et sur le don de la crainte de Dieu. Ce dernier étant un don de l’esprit qui « est le sentiment sincère et fébrile que l’homme éprouve devant la « Majesté Terrible » de Dieu (Jean-Paul II, Angélus du 11/6/1989). Un don qui permet de faire grandir le sens du mystère de Dieu présent entre nous, particulièrement dans l’eucharistie, quelque chose qui précède toute autre considération. Au synode, en revanche, il semblerait que prévalent plutôt des considérations de nature socio-pastorales qui ne tiennent pas la route devant la présence sacramentelle du Christ dans l’eucharistie et dans le mariage.

Il est inutile d’essayer de discuter du fond du problème puisque désormais, qu’on le veuille ou non, le synode semble céder à un certain sentimentalisme. L’écrivain catholique John Waters le rappelait récemment dans une belle interview qui avait accordée à l’hebdomadaire Tempi lorsqu’il évoquait la bataille menée en Irlande pour la vérité du mariage contre le mariage homosexuel. Walters rappelait alors un problème important :

« Nous avons compris », a-t-il déclaré, « que pendant des débats, les faits et les arguments rationnels n’avaient aucune valeur : seules comptaient les émotions et les faits inexistants répandus par la propagande et que les gens finissaient par croire. A l’issue des premiers débats, nous nous disions « tout s’est bien passé, nous les avons remis à leur place avec nos arguments » mais la réalité était tout autre. Quand tu crois avoir gagné une controverse sur base d’arguments rationnels, c’est que tu as probablement perdu parce qu’aujourd’hui, le monde ne vit que dans une dimension émotionnelle ». (Lorenzo Bertocchi). LNBQ.

Le bambin, le papa divorcé et l'hostie divine. Emotion au synode

Source: Synodo 2015 Osservatorio, Publié le 16/10/2015, traduction via Diakonos.be

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