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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 10:56

Historien des gauches, éditorialiste à Marianne, Jacques Julliard, brocarde la manie de la gauche de traquer les intellectuels "comme on poursuit des délinquants" faisant "de ces «cibles» des vedettes absolues". Analysant la réaction des Français à la traque des intellectuels dans un entretien au Figaro du 26 septembre, il reprend notre expression de résistance passive :

C'est ainsi que successivement Alain Finkielkraut (qui au départ était plutôt un homme de gauche), Éric Zemmour (qui n'a jamais été à gauche), Michel Houellebecq (qu'il est impossible de situer) et Michel Onfray (qui vient de l'extrême gauche) ont été traqués comme on poursuit des délinquants. Aujourd'hui, quand on ouvre Le Monde ou Libération, on se demande toujours avec inquiétude de quoi l'on est coupable. Ce qui est frappant, c'est que le public a répondu à cette dérive. La gauche, et ce n'était pas son intention, a fait de ces «cibles» des vedettes absolues. Prenons le cas d'Alain Finkielkraut, son espèce de damnatio s'est traduite par son élection à l'Académie française, avec le retentissement considérable qui a suivi. Michel Houellebecq, au moment du 11 janvier, a été désigné dans des éditoriaux à la vindicte des islamistes. Comment a réagi le public? En faisant de son dernier livre un succès incroyable. En moins de six mois, il a vendu 650 000 exemplaires. Et Zemmour a obtenu un énorme succès avec Le Suicide français, Onfray se vend très, très bien. Tout se déroule comme s'il y avait une sorte de résistance passive de l'opinion à cette chasse aux sorcières.

Jacques Julliard

Jacques Julliard évoque la "résistance passive"

Source: Jacques Julliard : « Des intellectuels ont été traqués comme on poursuit des délinquants», Le Figaro, Par Vincent Tremolet de Villers Mis à jour le 25/09/2015 à 23:36 Publié le 25/09/2015 à 19:34

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