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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 10:35

Valeurs Actuelles a publié mardi 7 juillet une information passée quasi inaperçue dans les media. Il s'agit de propos détonants d'un haut personnage public publiés le lendemain dans Le 1 Hebdo.fr, quant à la forme du régime politique.

 

Emmanuel Macron : royaliste

L'entretien paru le 8 juillet dans le journal hebdomadaire Le 1 est consultable sur son site internet. [1]

Voici ci-dessous, l'article de Valeurs Actuelles :

 

Emmanuel Macron : royaliste !

 

Surprenant. Dans un entretien à paraître demain 8 juillet dans l’hebdomadaire Le 1, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron affirme qu’il manque à la France… un roi.

 

Macron : royaliste !

 

Dans un long entretien à paraître demain mercredi 8 juillet dans l’hebdomadaire Le 1, Emmanuel Macron évoque sans tabou son penchant royaliste. D’emblée, Macron affirme : « la démocratie est-elle forcément déceptive ? Lui est-il demandé ? Il nous manque un roi ».

 

« Le peuple français » n’a pas « fondamentalement » voulu la mort de la figure du roi

 

Et le jeune ministre de poursuivre sa démonstration : « La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même (…) il y a un processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, donc je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d'y placer d'autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l'espace. On le voit bien avec l'interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu'on attend du président de la République, c'est qu'il occupe cette fonction. Tout s'est construit sur ce malentendu ». Il y a fort à parier que le chef de l’Etat saura apprécier ces déclarations.

 

Source : Emmanuel Macron : royaliste !, Valeursactuelles.com, Mardi 07 Juillet 2015 à 19:13 (mis à jour le 07/07/2015 à 19:14)

 

Le Point a ironisé :

 

"Attention, Monsieur le Ministre : remettre en cause la forme actuelle du régime en France fait justement partie des nouveaux critères de surveillance et de mise sur écoutes déterminés dans la dernière loi renseignement !" [2]

En introduction, le 1 Hebdo.fr explique qu'il ressort de l'analyse du ministre que "le vide idéologique des partis est manifeste, à droite comme à gauche." Cette analyse est dorénavant partagée par de nombreux observateurs comme dernièrement sur Bfm-Tv, où Thierry Arnaud, a parlé d'un "aveu de faiblesse" à propos du vote obligatoire et d'une "crise de l'offre politique" qui explique les taux records d'abstention et la défiance croissante des Français envers la classe politique. C'est ce vide laissé par la république qui devra être comblé par la figure du Roi, seule capable d'incarner l'unité française.

 

Néanmoins, pour revenir aux propos d'Emmanuel Macron, ex-banquier d'affaires chez Rothschild & Cie, il ne faudrait pas se laisser abuser pour autant, si l'on rapporte ceux-ci à sa loi supprimant des jours fériés catholiques Outre-Mer, loi culturelle et religieuse concernant tous les Français qui a été imposée d'en-haut en catimini et sans débat dans l'opinion... Cette manière de diriger la France n'est pas du tout conforme à la pratique politique monarchiste d'un Haut Moyen-Âge par exemple, sous Charlemagne, où la loi du roi ne pouvait pas aller contre la loi des gens et les traditions du peuple... parce que cette loi, précisément, appartenait au peuple :

 

Sous Charlemagne, la loi est "intangible" parce qu'elle "appartient au peuple", le roi ne peut y "toucher quant au fond" (Jean Favier, Charlemagne, Texto, Le Goût de l'histoire, Lonrai 2013, p. 334-335).

 

le-peuple-de-France-laisse-eclater-sa-joie-faisant-un-trio.JPG"Le roi n'a rien d'un autocrate. Pour bien des affaires législatives ou politiques, qui ne sont pas dans le champ d'application du ban royal, la rédaction de l'assemblée paraît avoir infléchi ou déterminé la décision royale" (J. Favier, ibid., p. 303).

 

"En 792, il (le roi) évoque les nombreuses plaintes de ceux qui 'n'ont pas conservé leur loi'. Si quelqu'un dit qu'on lui a refusé le bénéfice de sa loi, écrit le roi, les missi (sorte de préfets de l'époque NdCR.) doivent bien dire que ce n'est ni la volonté ni l'ordre du roi. On punira le missus ou le comte qui aura confondu les lois. Pour limiter les contentieux, le roi prescrit que l'on fasse enquête pour savoir 'quelle est la loi de chacun, d'après son nom' !

 

"Lorsque le roi ajoute aux lois, c'est pour clarifier les ambiguïtés et combler les lacunes, non pour changer le sens de la législation" (J. Favier, ibid., p. 348.)

 

Une pratique royaliste du pouvoir s'interdirait ainsi par exemple de changer de civilisation par le haut comme a pu le déclarer et l'imposer en toute impunité une "ministre de la Justice" de la Ve république, Christiane Taubira, qui dans un entretien publié dans "Ouest France", le 7 novembre 2012, a déclaré à propos du projet de loi sur l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels qu'il s'agissait d'une "réforme de société et on peut même dire une réforme de civilisation" (sic) ! Ce qui est du jamais vu dans l'histoire de France, hormis lors de la Révolution dite "française".

 

Quoiqu'il en soit, le véritable royalisme aujourd'hui, un royalisme au service du peuple à l'instar de celui pratiqué par nos rois Capétiens, par exemple à Bouvines, dont on a vu que le 800e anniversaire embarrassait l'Oligarchie, s'attacherait à défendre le peuple contre la domination des Grands féodaux (ceux de l'Argent et de la finance mondialiste), dégager donc la France de l'asservissement de la dette comme financement de la vie politique partout dans le monde depuis deux siècles...

 

Notes

 

[1] « J’ai rencontré Paul Ricœur qui m’a rééduqué sur le plan philosophique », Le 1 Hebdo.fr, Entretien, N°64, 08 juillet 2015

[2] Emmanuel Macron, plus royaliste que socialiste, Par Le Point.fr, Publié le 07/07/2015 à 18:38 - Modifié le 07/07/2015 à 19:01 | Source Le Point.fr

[3] "C'est une réforme de société et on peut même dire une réforme de civilisation", a déclaré Christiane Taubira, le 7 novembre 2012, dans un entretien publié dans "Ouest France", à propos du projet de loi sur l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels.

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commentaires

Le pédagogue 30/01/2016 15:57

Le pédagogue :


Il paraît que le ministre de l’économie de François Hollande, prône l’inverse de ce que fait le gouvernement de la gauche caviar.
Et que fait le gouvernement ?
L’inverse de ce que prône le ministre de l’économie.
Et que prône le ministre de l’économie ?
L’inverse de ce que fait le gouvernement.
Il paraît aussi, il y a de cela un certain temps déjà, qu’il a été demandé à un expert anglais, qu’est-ce que le capitalisme ?
Il a répondu : c’est l’exploitation de l’homme par l’homme.
El le socialisme ?
C’est l’inverse, a-t-il précisé.

Dagmar 08/07/2015 16:17

Ça pue des loges a plein nez