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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 11:19
Philosophie de la royauté, Yves-Marie Adeline (Editions Via romana, mai 2015)

Le laïcisme impossible, d'Yves-Marie Adeline *

 

par Dofiar

 

 

Yves-Marie Adeline vient de publier, en ce mois de mai 2015, un nouveau livre de philosophie politique intitulé « Philosophie de la royauté », publié aux éditions Via romana.

 

Dans ce livre qui succède au Pouvoir légitime, au Royalisme en questions, à La Droite où l’on n’arrive jamais, à La Droite impossible, à l’Histoire mondiale des idées politiques, l'auteur traite (p. 237 et 238), de la laïcité et du laïcisme, de leurs origines, de leurs différences et de l’incohérence qu’il y a, pour un chrétien, à adhérer au laïcisme révolutionnaire.

 

LE LAÏCISME IMPOSSIBLE

 

« La laïcité est une invention chrétienne, et même avant le christianisme : une invention judaïque, davidique, quand à l’époque de Samuel, Israël sort de la judicature et se donne un pouvoir royal civil indépendant de l’autorité religieuse (le roi Saül, puis David). Mais le laïcisme, lui, est révolutionnaire : il consiste en ce que le pouvoir politique refuse toute légitimité aux autorités religieuses et tout lien nécessaire entre ses lois et les lois morales.

 

C’est ce qui oppose Antigone et Créon : la première entend désobéir à l’édit du chef légitime, elle s’autorise donc à enterrer le cadavre de son frère, en vertu d’une loi supérieure aux lois humaines : un homme, même un traître, a le droit d’être enterré après son supplice.

 

C’est également ce qui rend le laïcisme théoriquement impossible dans le christianisme. Les chrétiens professent qu’il n’existe pas d’autre issue que de refuser l’indifférentisme religieux au nom duquel une cité n’aurait pas d’autre but que de vivre pour elle-même. Le laïcisme absolu, de type révolutionnaire, contribue à faire de la nation une chose-en-soi, désincarnée, déshumanisée, n’ayant pas d’autre projet que d’exister, comme une plante, une pierre, un atome, toutes ces choses qui sont utiles à la vie elle-même, mais seulement à la vie ; tandis que la nation est composée, selon la foi, de chairs renfermant des âmes, des êtres appelés au surnaturel, promis à l’Au-delà.

 

En d’autres termes, le laïcisme (non plus seulement la laïcité) des États et l’indifférentisme des hommes de foi sont encore une forme de vitalisme, de naturalisme, c’est-à-dire d’abdication de l’esprit au profit de la bête. Ainsi, l’Écriture enseigne que Babel fut détruite par la main de Dieu, précisément parce que la référence commune de ses bâtisseurs était eux-mêmes, et non pas Dieu. Babel, œuvre commune, et signe magnifique du génie humain, devenait une idole, une transposition de l’homme à la pierre : un transport de l’homme non pas par la matière vers l’esprit, mais au contraire, par l’esprit, par la science, vers la matière. Le Grand Destructeur de Babel est le premier à nous avoir fait comprendre que science sans conscience n’est que ruine de l’âme. De même que l’homme n’est pas fait pour la science, il n’est pas fait non plus pour la cité : ce sont la cité, la science qui, inversement, doivent servir l’homme, en tant qu’être doué d’une âme orientée vers l’infini. »

 

 

Source

Présentation du livre :

 

Philosophie de la royauté, Yves-Marie Adeline *

 

En ce début du XXIe siècle, la royauté semble être devenue une institution appartenant au passé. Les États monarchiques sont minoritaires en Europe depuis le cataclysme des deux guerres mondiales, et plus encore dans le reste du monde : pour une petite vingtaine de royaumes en Asie, trois en Afrique, un seul en Amérique… et encore le Canada relève-t-il de la monarchie britannique : aucun monarque américain.

Une propagande omniprésente et continuelle enseigne la royauté comme étant systématiquement celle de Caligula, fût-ce à quelques mètres des frontières belge, hollandaise ou luxembourgeoise, au-delà desquelles on n’a pourtant jamais entendu dire que les sujets qui y vivent souffrent un cauchemar quotidien. Les grandes figures comme Louis XIV sont dévalorisées, déformées, parfois même par des caricatures présentées comme des portraits. Louis XVI est montré comme un imbécile dont la stupidité justifie le passage à la république, suivant un sens de l’histoire. Rechercher l’institution royale, même si elle a présidé à treize siècles d’existence de la France, est regardé sans examen comme un retour en arrière.

Ce livre expose une anthropologie de la royauté.

 

* Yves-Marie Adeline, docteur de l’Université de Paris 1, est connu pour son œuvre universitaire et littéraire rassemblant aujourd’hui près d’une trentaine d’ouvrages.

 

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