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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 17:43

Le suffrage universel, nous en sommes certains, ne ramènera pas le Bien commun. Nous affrontons non un régime mais une idéologie. Si on affrontait un régime politique, on pourrait se soulever contre un régime. Mais contre une idéologie ce n'est pas la même chose.

Jean de Viguerie

Comment donc résister à une idéologie, avons-nous vu s'interroger l'historien Jean de Viguerie ?

De la Résistance passive à la liberté

Le plus illustre pamphlet politique de tous les temps, le discours intitulé "De la Servitude Volontaire ou le Contr’un" écrit par Étienne de la Boétie au XVIe siècle alors qu’il n’avait que 18 ans, est très intéressant à découvrir car il s’applique au pouvoir mis en place dans les républiques contemporaines quelles qu’elles soient...

Il n’y a plus un tyran élu ou non ou un roi héréditaire à la tête de la nation mais une caste de politiciens qui sont élus par un peuple ayant abandonné toute idée de liberté en se laissant tyranniser par des politiciens dont ils sont en définitive les complices puisqu’ils les ont mis au pouvoir et en sont devenus les victimes consentantes. [1]

 

Les systèmes électoraux eux-mêmes ont été peaufinés par les politiciens pour servir les intérêts de ces mêmes politiciens selon une mécanique qu’on peut ne qualifier que de machiavélique [Machiavel était l'ancêtre du républicanisme et de la politique moderne] car les minorités non inféodées aux groupes d’intérêt n’y ont aucune chance de représentativité. Les libertés individuelles disparaissent les unes après les autres, la propriété privée est menacée, l’intimité de la personne est surveillée et les agents du fisc, tels les fermiers généraux de l’Ancien Régime, se sont arrogé un droit de regard sur nos achats, nos revenus et nos dépenses, nous sommes écoutés, espionnés à la minute près, l’éducation de nos enfants depuis l’école maternelle jusqu’à l’université est prise en charge par le tyran, notre santé dépend du bon vouloir du tyran, en un mot nous sommes totalement asservis par le pouvoir en place qui dispose d’une police agressive et aux ordres et éventuellement de l’armée pour asseoir son pouvoir indéfectible.

 

Il reste encore quelques monarchies en Europe dont les rois ou reines n’ont plus aucun pouvoir mais ce pouvoir est détenu par le monde politique sous les ordres d’un tyran d’un autre genre, président ou premier ministre selon les pays, qui détient même le triste pouvoir d’envoyer à la guerre les citoyens assujettis à sa tyrannie et y compris d’engager son pays dans une guerre dont la majorité des citoyens ne veulent viscéralement pas.

 

Tout est décrit par La Boétie, scrupuleusement, et il y a 441 ans de cela ! La Boétie était un libertarien avant l’heure. Ce jeune homme prônait la désobéissance civile (et civique), le refus de payer l’impôt, l’objection de conscience et la non-violence, même s’il n’utilisait pas dans son discours ces termes aussi précisément, pour faire échec à la tyrannie du politique sur le citoyen, au sens grec du terme c’est-à-dire habitant de la cité.

Mais il faut avant tout que les citoyens, dix, cent, mille, des cités entières, des millions (selon La Boétie), prennent conscience qu’ils sont tyrannisés par le monde politique qu’ils ont eux-mêmes mis au pouvoir. Ce que La Boétie n’a pas mentionné dans son Discours est la collusion entre le monde de la finance et le monde politique, et souvent certains milieux industriels comme l’industrie de l’armement, de l’énergie ou plus récemment des télécommunications et ces rapprochements naturels, aux yeux du citoyen moyen, y compris l’éducation et la santé pour mieux parachever cette œuvre de domination, sont contre nature et tout au contraire organisés pour mieux asservir ce citoyen déjà réduit à l’état de serf (au sens du XVIe siècle) alors entièrement soumis à ce système tyrannique à qui il a pourtant attribué ce pouvoir.

En ce qui concerne le monde politique français en particulier, mais le pamphlet de La Boétie s’applique à n’importe quel régime politique de n’importe quel pays sur cette planète, il n’y a aucune distinction de couleur ou d’idéologie entre la gauche et la droite, entre l’extrême gauche, le centre ou l’extrême droite, entre républicains ou démocrates, entre chrétiens-démocrates et partis populaires – des dénominations usurpées et vides de sens – entre travaillistes ou conservateurs, ce sont des classifications sans fondement car tous les partis politiques n’ont qu’un seul objectif : se faire élire avec l’appui de la haute finance puis asservir leur électorat, le tyranniser et l’appauvrir. Les riches ne votent même pas, ils achètent les politiciens, c’est beaucoup plus efficace

La servitude moderne comme toute servitude est proprement démoniaque. Elle dégrade et corrompt l'homme afin de maintenir sur lui sa domination spirituelle. Sur le plan strictement politique, c'est la raison pour laquelle la Tyrannie moderne a marqué sa différence avec la pensée politique traditionnelle dans son refus catégorique de considérer la morale comme actrice et fondement de la politique. Cette autonomie radicale de la politique - totalement étrangère à la pensée des Anciens comme à celle des grands docteurs scolastiques - ne fait que traduire l’apparition avec Machiavel d’une nouvelle conception de l’État, conçu comme comme une valeur en soi, indépendante des fins poursuivies, et une valeur absolue.

Ainsi, les Révolutionnaires de 1789 avec leur république absolue ont-ils constitutionnalisé le principe d'un "régime" politique amoral où la source de toute légitimité politique n'est plus ni Dieu ni le droit naturel même, mais la Volonté générale (article 6) combiné à la Souveraineté nationale (article 3) tout en déclarant à côté dans le même temps .... l'existence de "droits naturels et imprescriptibles" (sic) (article 2), mais qui ne reposent absolument sur rien.

Comment sortir de cette servitude ?

 

C’est le principe de la Résistance passive combinée à la désobéissance civile (technique reprise d’Henry David Thoreau à Gandhi).

La révolte classique oppose la violence à la violence. La Résistance passive refuse d'être complice d'un pouvoir illégitime et de nourrir ce pouvoir par sa propre coopération. Elle combine la désobéissance civile théorisée par La Boétie, à l'action passive (Exemple: le boycott autant que possible des media-menteurs, le refus de consommer tel ou tel produit, le refus de participer à l'inversion des souverainetés, des fins, le refus de participer à la soit-disant "vie" politique, etc.)

La Boétie est un des premiers théoriciens de ce mode d’action qu’il faut distinguer de la rébellion, qui elle est active.

Or, dans un régime politique qui n'en est pas un comme la république, la révolte nourrit l'idéologie dominante qui, tel un parasite, se nourrit de chaque réaction du peuple pour ressouder ce qu'elle nomme l'"unité républicaine".

Pour se défaire donc de cette malédiction qui agit tel un envoûtement collectif et qui fait que les gens pensent avoir un quelconque pouvoir grâce à un bulletin de vote, il s'agit d'abord pour chacun à son niveau, de refuser de nourrir le parasite. C'est un combat intérieur contre les Principautés et les puissances du mal, qui a ses répercussions sur notre environnement proche. Combat intérieur dans lequel les conseils de sainte Jeanne d'Arc, Patronne secondaire de la France, prennent tous leurs sens. Nous combattons "en nom Dieu".

La non-violence ou le principe de la Résistance passive s'impose alors comme un mode d'action politique nouveau qui combine les effets de la désobéissance civile à l'action passive dans chaque geste de notre vie quotidienne, animé de la grâce surnaturelle.

Sans le soutien actif du peuple en effet, les tyrans n’auraient aucun pouvoir. C'est la grande leçon de La Boétie.

La Résistance passive, dirais-je, suffit à briser les chaînes des dominations supérieures par intervention des Puissances supérieures d'abord en nous, qui ensuite, se communiquent à notre environnement immédiat. Puissances supérieures, dont nous sommes en définitive, les seuls convocateurs.

Cette sagesse chrétienne était aussi celle des Chinois :

 

Depuis l’homme le plus élevé en dignité, jusqu’au plus humble et plus obscur, devoir égal pour tous : corriger et améliorer sa personne ; ou le perfectionnement de soi-même est la base fondamentale de tout progrès et de tout développement moral.

Confucius, Doctrine de Confucius ou les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine, Traduit du Chinois par M.G. Pauthier, Librairie Garnier Frères, 1921, p.73.

Les intentions étant rendues pures et sincères, l’âme se pénètre ensuite de probité et de droiture ; l’âme étant pénétrée de probité et de droiture, la personne est ensuite corrigée et améliorée ; la personne étant corrigée et améliorée, la famille est ensuite bien dirigée ; la famille étant bien dirigée, le royaume est ensuite bien gouverné ; le royaume étant bien gouverné, le monde ensuite jouit de la paix et de la bonne harmonie.

Doctrine de Confucius ou les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine, Traduit du Chinois par M.G. Pauthier, Librairie Garnier Frères, 1921, p.73

En nom Dieu, les gens d'armes combattront, et Dieu donnera la victoire.

Sainte Jeanne d'Arc

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