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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 18:42

Il était temps!

Le bourdon terrestre Bombus terrestris appartient à la famille des abeilles, les apidés. Il établit chaque année de nouveaux nids sous terre. Végétarien, cet animal se nourrit exclusivement de pollen et de nectar. Selon une étude récente, il pollinise tout aussi bien les cultures que les abeilles domestiques ( http://www.futura-sciences.com/magazines/nature/infos/actu/d/zoologie-perte-abeilles-pollinisatrices-menace-agriculture-europeenne-51517/ )

Le bourdon terrestre Bombus terrestris appartient à la famille des abeilles, les apidés. Il établit chaque année de nouveaux nids sous terre. Végétarien, cet animal se nourrit exclusivement de pollen et de nectar. Selon une étude récente, il pollinise tout aussi bien les cultures que les abeilles domestiques ( http://www.futura-sciences.com/magazines/nature/infos/actu/d/zoologie-perte-abeilles-pollinisatrices-menace-agriculture-europeenne-51517/ )

Le gouvernement était contre, l'Assemblée nationale n'en a pas tenu compte. Elle a voté jeudi l'interdiction à compter de janvier 2016 des produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes, réputés toxiques pour les abeilles, via un amendement des socialistes Delphine Batho et Gérard Bapt, député de Haute-Garonne. [1]

Pour protéger la santé humaine et la biodiversité, et particulièrement les abeilles, l'environnement et la santé, il est proposé de prolonger l'action de la France en interdisant ces substances. L'interdiction vise toute la famille des néocotinoïdes pour éviter que l'industrie ne substitue des produits cousins après le retrait d'un produit précis, selon Gérard Bapt.

Malgré ces avancées, cinq molécules restent actuellement autorisées en France (imidaclopride, thiaclopride, clothianidine, thiaméthoxame et acétamipride) et présentent une toxicité aigüe, notamment pour les abeilles.

Pour protéger la santé humaine et la biodiversité, et particulièrement les abeilles, l'environnement et la santé, il est proposé de prolonger l'action de la France en interdisant ces substances. L'interdiction vise toute la famille des néocotinoïdes pour éviter que l'industrie ne substitue des produits cousins après le retrait d'un produit précis, selon Gérard Bapt.

Appelant à "entendre le cri d'alarme des apiculteurs" vu la mortalité actuelle massive des abeilles, par exemple dans le département des Deux-Sèvres, l'ancienne ministre de l'Ecologie Mme Batho a souhaité que la France, qui a été pionnière avec le Cruiser, fasse avec tous les néonicotinoïdes "un moratoire" du même type qu'avec le maïs OGM.

L'élu socialiste de Haute-Garonne Gérard Bapt, médecin de profession, a longuement plaidé pour l'interdiction de produits au "succès commercial mondial" mais aux effets toxiques scientifiquement prouvés, selon lui, à la fois sur les insectes pollinisateurs mais aussi sur les sols, l'eau, et sur la santé humaine. Ces néonicotinoïdes sont "neurotoxiques de 500 à 10.000 fois plus que le DDT, qui est interdit" et "il n'y a pas un seul repas où nous n'en consommons pas tous les jours", a-t-il lancé. "Au Moyen-Age, on aurait appelé ça un nouveau fléau de Dieu", a dit Gérard Bapt.

Défavorable à la mesure, au motif notamment que "le cadre européen ne permet pas une interdiction stricte", la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a souligné le travail engagé par le gouvernement en matière de pesticides, y compris le plan sur la sauvegarde des pollinisateurs sauvages et des abeilles, et les discussions au niveau européen.
Mais le pesticide Poncho n'était pas interdit dans tous les pays européens lorsque la France l'a interdit, idem lorsque la France a été "en avance sur l'interdiction des biberons contenant du bisphénol", a argumenté Gérard Bapt. "L'urgence de l'interdiction s'impose" devant "un fléau durant depuis trop d'années", a appuyé l'écologiste Laurence Abeille.
Sur ces néonicotinoïdes "dévastateurs pour un certain nombre d'espèces et faisant courir un risque de santé publique", la rapporteure Geneviève Gaillard (PS) s'était montrée défavorable à "une interdiction brute", par souci d'"efficacité" et de "ne pas gêner les avancées du gouvernement", disant craindre que ces produits ne restent utilisés dans le cadre de dérogations, en l'absence d'"alternative" chimique jusqu'alors.

Cette interdiction était réclamée depuis longtemps par les apiculteurs qui luttent contre une mortalité accrue de leurs colonies. La production de miel en France en 2014 a baissé d'un tiers par rapport à 2013 pour tomber à environ 10.000 tonnes, le niveau le plus bas depuis 20 ans, indiquait ce jeudi l'Union nationale des apiculteurs français (Unaf) qui pointe encore du doigt les insecticides.
En 1995, plus de 32.000 tonnes avaient été récoltées mais depuis la production annuelle ne cesse de baisser, les colonies enregistrant des mortalités très élevées causées par certains pesticides et parasites comme le frelon asiatique, ainsi que par la perte d'une partie de leur habitat provoquée par la monoculture intensive.
En 2014, des conditions météorologiques "catastrophiques pour les abeilles", selon l'Unaf, ont encore aggravé la mortalité qui a atteint 50 à 80% dans les grandes régions de production comme Provence-Alpes Côte d'Azur, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

A la suite de l'action menée par la France pour que l'Union européenne interdise le Cruiser OSR sur le colza, la Commission européenne a restreint l'utilisation de trois substances actives de la famille des néonicotinoïdes, rappelle l'exposé de l'amendement. [2]

Les pays industrialisés sont les plus touchés et rien qu'en France, la population des abeilles a diminué de 20% entre 2005 et 2010 [3], et près de 10 % des quelque 2 000 espèces sauvages d'abeilles européennes sont menacées d'extinction. Si aucune mesure n'est prise, 5 % supplémentaires le seront dans un futur proche, selon une enquête de la Commission européenne rendue publique aujourd'hui.[4]

S'il est possible de vivre sans miel, la vie sans abeilles serait, elle, beaucoup plus complexe. La santé des abeilles, souvent qualifiées de "sentinelles de la nature", est le reflet de celui de la biodiversité. En tant qu'insecte pollinisateur, elle a un rôle crucial dans l'équilibre naturel et notamment la survie de nombreuses plantes.

Des recherches ont été menées sous la direction de Simon Potts de l’université de Reading (Royaume-Uni) pour mieux caractériser cette problématique à l’échelle européenne, mais aussi dans 41 pays se trouvant sur ce continent. Les résultats viennent d’être présentés dans la revue Plos One. Entre 2005 et 2010, les besoins en pollinisation ont augmenté cinq fois plus rapidement que le nombre de colonies d’insectes disponible. Par conséquent, l’Europe manque cruellement d’abeilles. Nous ne posséderions que deux tiers des abeilles domestiques requises pour polliniser les cultures, ce qui représente un déficit d’environ 13,4 millions de colonies. comme l’a souligné Simon Potts dans un communiqué : « nous nous dirigeons vers une catastrophe dans les années à venir, sauf si nous agissons dès maintenant. Les pollinisateurs sauvages ont besoin d’une meilleure protection. » [5]

 

Notes

 

[1] http://france3-regions.francetvinfo.fr/midi-pyrenees/2015/03/19/abeilles-sur-proposition-de-gerard-bapt-l-assemblee-nationale-vote-l-interdiction-des-neonicotinoides-en-2016-678733.html

[2] http://www.ouest-france.fr/abeilles-lassemblee-vote-linterdiction-des-neonicotinoides-en-2016-3266070

[3] http://www.francesoir.fr/societe-environnement/abeilles-les-pesticides-neonicotinoides-interdits-par-lassemblee-nationale

[4] http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/03/19/abeilles-l-assemblee-vote-l-interdiction-des-insecticides-neonicotinoides-en-2016_4597273_3244.html#xtor=RSS-3208

[5] http://www.futura-sciences.com/magazines/nature/infos/actu/d/zoologie-perte-abeilles-pollinisatrices-menace-agriculture-europeenne-51517/

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