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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 17:40

La république dite "française" est un régime politique nihiliste et religieux à la fois par esprit de système (Cf. La "religion de la république"™ : Vincent Peillon plus fort que Robespierre !). Un système destructeur qui ne s'appuie pas sur l'expérience mais qui au contraire, nie ce qui a précédé, nie l'héritage, nie la nation-héritage (la remplace par la nation-contrat de Rousseau), et refuse le fait identitaire racial, ethnique, religieux et culturel du peuple français. Elle cherche à créer un monde parfait, de partout et de nulle part à la fois. Ainsi, le "français de souche n'existe pas", a pu dire l'UMP Henri Guaino.

 

Déplorant le processus qui conduit à la "haine de soi", la journaliste Elisabeth Lévy a bien identifié le défaut majeur de la république dans un entretien donné au Figaro le 13 mars. Elle identifie ce défaut comme conduisant le système à refuser aux Français de souche un "droit d'aînesse" légitime qui devrait les conduire à avoir une "différence d'héritage" :

 

"(L'expression "français de souche") est une façon de parler des autochtones, groupe aux contours flous, bien sûr (mais il est tout aussi difficile de définir ce qu'est un juif, un arabe, un musulman)Le mot même implique une marque d'ancienneté, un droit d'aînesse conféré non pas aux individus mais à leurs mœurs et à leurs usages. Si la gauche pousse des cris d'orfraies dès que le mot est prononcé, même par François Hollande et même de façon dépréciative, c'est parce qu'elle nie avec la dernière énergie l'existence de la chose. Il n'y a pas de peuple français, ni d'identité française, mais simplement des citoyens égaux, quoique certains soient structurellement par essence victimes et d'autres structurellement par essence coupables." [1]

 

Ce "droit d'aînesse" évoqué par Elisabeth Lévy, fait que :

 

si sur "le plan du droit, il n'y a aucune différence entre un «de souche» et un «issu de»", [...] l'un est un héritier en droite ligne de la culture majoritaire, l'autre doit se l'approprier. Cette différence d'héritage justifie pleinement, par exemple, que Noël soit un jour férié et que Kippour et l'Aïd ne le soient pas…."

 

Il ne manque plus donc à Elisabeth Lévy et aux républicains qu'à pousser le raisonnement jusqu'au bout et à admettre que si la république est la matrice de l'antifrancisme contemporain négateur des "Français de souche", elle est aussi la matrice de l'antisémitisme moderne [2] et le moteur de tous les génocides...

Napoléon rétablit le culte israélite, sur le modèle des deux autres religions officielles (catholique et protestante). Il nomme le grand rabbin de France.

Napoléon rétablit le culte israélite, sur le modèle des deux autres religions officielles (catholique et protestante). Il nomme le grand rabbin de France.

Nous trouvons la virtualité du totalitarisme révolutionnaire dans la réunion des deux principes de 1789, le "volontarisme" (la Volonté générale) et le "constructivisme" (tout ce que veut l'Assemblée, elle le peut). Le phénomène a été expliqué par l'historien Patrice Gueniffey. [3]

Rapporté aux Indiens d'Amérique du Nord - ces indigènes qui au 19e siècle ont été physiquement éliminés et remplacés par les Anglo-Saxons au nom de la "démocratie" et des "droits de l'homme" -, le processus "émancipateur" né en 1789 doit faire disparaître les authochtones pour qu'ils laissent la place à une humanité nouvelle, régénérée et renouvelée, l'Homme nouveau.

La république, par sa volonté messianique de créer la Paix, la Justice et le paradis sur terre, crée les conditions du pire. Par sa prétention à organiser le religieux (lois antichrétiennes de 1789, concordat napoléonien, loi de 1905, judaïsme crifisé, islam absorbé par Leviathan), elle institue la christianophobie, l'antisémitisme et l'islamophobie.

Si la République détruit l'être, c'est parce qu'elle ne supporte pas l'affirmation d'une identité qui ne soit pas la sienne. Afin de créer ce qui n'existe pas encore (l'Homme nouveau, un homme dirigé et gouverné dans tous les sens du terme), la république de partout et de nulle part à la fois, détruit l'homme qui existe. 

Bien plus donc que de détruire le passé par la Tabula rasa, elle détruit le présent par esprit de système pour créer un monde sinistre, indifférencié, sans race et sans frontière où l'humanité diversifiée aura été éliminée. Or, la nature ne se laisse pas maltraiter impunément sans réaction violente. Comme toutes les idéologies totalitaires avant elle, l'idéologie républic-haine se fracassera bientôt sur le mur du Réel. Les attentats de Paris de janvier 2015 sont déjà venus lui rappeler qu'elle ne peut pas tout faire et qu'à un moment ou un autre le Réel reprend ses droits. 

Ce n'est pas d'une idéologie dont l'humanité a besoin, mais d'un esprit de réalisme. Plus que jamais, la monarchie française, régime empirique respectueux de l'héritage reçu, est ce qu'il faut donner à la France en priorité.

Notes

 

[1] Elisabeth Lévy: «La gauche se maintient au pouvoir en désignant le camp du mal», Le Figaro, Par Alexandre Devecchio Mis à jour le 13/03/2015 à 19:49 Publié le 13/03/2015 à 19:01

[2] Le phénomène de l'antisémitisme moderne issu de 1789 a été expliqué par F. HADJADJ dans Le Livre Noir de la Révolution française (Cerf, Paris 2008, p. 743): « L'émancipation fut le prélude de l'extermination. Son effet constate Arendt, fut seulement de rendre le Juif plus "voyant" et de redoubler son statut de paria: pas entièrement assimilé à la nation française, et désormais étranger à ses propres traditions, il se trouve dans cette posture contradictoire d'avoir à "être et ne pas être un juif" (H. ARENDT, La Tradition cachée, VIII, Paris, Christian Bourgeois, 1993, p. 129). Comment ne deviendrait-il pas la figure de l'hypocrisie ? [...] L'avenir a prouvé la mortelle ambiguïté du mot lancé par Clermont-Tonnerre en 1789 : rien aux Juifs en tant que nation, tout aux Juifs en tant qu'individus. Cette émancipation fonde l'antisémitisme moderne, révolutionnaire et peut-être républicain : le Juif en tant que Juif, c'est-à-dire dans son appartenance à un peuple incompréhensible, doit disparaître. Il faut qu'il s'assimile. Et s'il n'y parvient pas (les circonstances s'arrangeront toujours pour l'empêcher), s'il persiste dans l'irrationalisme d'une surnaturelle élection, il se met lui-même hors jeu. Il devient le parasite de l'universel, et l'adversaire de l'égalité. »

[3] "L'association du volontarisme et du constructivisme constitue ainsi la première racine de la Terreur révolutionnaire. L'histoire de la Terreur [...] ne commence de ce point de vue ni en 1793 ni même en 1791 ni en 1792 : elle est consubstantielle à la Révolution qui, dès 1789, se présente comme une pure aventure de la volonté". (P. Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 50.)

 

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