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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 14:04

Boris le Lay expose un regard catholique (donc religieux) sur l'islam et l'islamisation adressé aux musulmans, aux européens de souche et à ceux qui souhaiteraient avoir une réponse européenne et chrétienne sur ces sujets. Il évoque la « schizophrénie des démocraties ».

Extrait :

« Les musulmans sont sur une situation schizophrénique qui est que le discours démocratique ambiant qui leur explique qu'ils peuvent pratiquer leur religion, qu'ils ont le "droit" de la pratiquer moyennant le respect des lois en vigueur et le paiement de leurs impôts.

Cependant on voit bien qu'il y a quantités de problèmes et qu'il y a un rejet fondamental des sociétés d'accueil, des musulmans et de l'islam. Quelque soit d'ailleurs la nature ou la sensibilité prônée par un tel ou un tel. Et cela, les musulmans le perçoivent très mal parce qu'en fait il se se disent d'un côté "on nous dit qu'on peut pratiquer notre religion" et de l'autre, au quotidien, dans les media, l'islam est un thème qui revient sans arrêt, nous sommes maintenant suspects systématiquement, on est toujours sous le feu des projecteurs, mais nous ne sommes jamais ceux qui font les débats, c'est-à-dire, en fait, on est toujours spectateurs de ce qui se dit à la télévision ou à la radio ou dans la presse, mais on n'est jamais acteurs, ou peu acteurs. On ne nous fait pas parler, nous n'avons pas notre place reconnue. Donc on a des démocrates de gauche, des démocrates de droite, on a aussi des gens d'extrême droite, des gens de tous les bords, qui parlent en notre nom, qui parlent de notre religion, qui parlent de ce que nous sommes, éventuellement de nos pays d'origine, de nos nationalités, etc., mais nous n'existions pas. Donc, en fait, il y a un fossé béant entre ce qui est dit, entre la narration des élites démocratiques et le vécu au plus près des populations musulmanes qui vivent en Europe. Et la conclusion que tirent beaucoup de musulmans est: "ces gens sont vraiment des hypocrites et des menteurs. Ils font semblant de nous aimer alors qu'en réalité ils passent leur temps à dire du mal de nous, à nous montrer du doigt, à créer des débats à notre sujet, sans jamais que l'on puisse s'exprimer, ou alors ils choisissent les interlocuteurs préalablement, etc."

Et ils ont raison, explique Boris le Lay. Mais simplement, cela, ce sont les démocrates. Cela c'est le propre des républiques. Les républiques sont hypocrites par définition. C'est une constante avec les démocraties. Les musulmans n'ont pas à faire à des gens qui leur donnent un discours clair et franc, et cela, ça crée un vrai malaise chez les musulmans. Parce qu'ils sont là, et de plus en plus nombreux à cause de l'immigration, et en même temps ils ne sont pas là. Ils ne sont pas intégrés réellement. Beaucoup sont présents dans la vie économique, mais ils participent très peu à la vie politique, à la vie, intellectuelle, et leur religion, leur spiritualité n'est en réalité pas admise malgré le discours ambiant.

Quel est le regard catholique (donc religieux) sur l'"islamisation" ?

Comme vous l'avez vu avec l'affaire Charlie Hebdo, la tentation est grande chez les laïcards d'injurier la foi des musulmans, injurier au sens strict, en faisant des caricatures, etc. C'est là vraiment un point de vue d'athée et de communiste, de pouvoir tourner en dérision ce qu'il y a de sacré pour ceux qui croient. [...] (Cette attitude) ne sert pas la vérité, ni le débat. Ils injurient parce qu'ils ne tiennent rien pour sacré. Et cela, du point de vue catholique ce n'est pas une attitude acceptable.

Notre point de vue c'est pas d'islam en Europe chrétienne, mais aujourd'hui nous sommes dans une Europe apostate où ce sont les républiques et les démocraties qui se sont imposées. Ceci est un discours spirituel, ce n'est évidemment pas un discours de laïcard.

La schizophrénie profonde des démocraties

Les démocrates qui ont une vision athée, quantitative et égalitaire des hommes se fichent de la propre tradition religieuse de l'Europe, de la réalité identitaire de l'Europe, au nom d'une vision complètement déréalisée de nature socialiste, marxiste, droit de l'hommiste de l'humanité où un homme égale un homme indépendamment de son contexte d'origine.

Du coup, ils (les démocrates) disent à tous les peuples de la terre "vous êtes bienvus, vous pouvez venir vous installer chez nous, vous respectez les lois de la république et de la démocratie et tout va fonctionner très bien".

Mais dans le même temps, on dit "il faut que (vous les musulmans), vous soyez des mécréants pour être de bons citoyens."

Ils (les démocrates) leur disent : "Nos valeurs (démocratiques) prévalent sur les vôtres. Et là, c'est la schizophrénie, parce qu'on demande aux individus qui viennent et qui portent avec eux leur civilisation - c'est logique - on leur demande de l'abandonner. Mais jamais ils ne l'abandonneront. »

« Tandis que nous, notre discours nationaliste et chrétien, précise Boris le Lay, c'est de dire vous ne venez pas chez nous et chez vous vous avez les valeurs que vous voulez. Cela ne nous concerne pas. Ca c'est cohérent. Les démocrates, eux, sont des schizophrènes en puissance, et ils n'arrêtent jamais avec ce discours qui est un discours paternaliste, un discours qui de fait devient agressif (nous dirons impérialiste, Ndlr.) puisqu'on cherche à changer les musulmans en profondeur, on veut les faire abandonner ce qu'ils croient, ce qu'ils tiennent pour sacré. Donc, c'est constamment une propagande pour les faire changer et leur faire admettre des valeurs qui ne sont pas les leurs. Mais, encore une fois, c'est normal qu'ils se sentent agressés. Mais en même temps ils viennent (ici) et on leur demande de s'adapter. Et moi je dis c'est impossible et cela sera toujours impossible. Et cela il faut le comprendre pour ne pas faire ce genre d'erreurs et faire des politiques migratoires délirantes si après elles se tournent en paternalisme permanent, en agressions verbales permanentes, en tentatives d'embrigadement permanentes des populations qui viennent et qui importent leur civilisation. C'est une schizophrénie.

Donc nous, les catholiques, nous ne voulons pas changer les musulmans, éventuellement les convertir si pour certains d'entre eux - la minorité - veulent entendre la parole chrétienne. Mais sinon, non, on ne veut pas les changer. Cela ne nous intéresse, ce n'est pas notre problème, on ne veut pas les modifier en profondeur pour en faire des démocrates. Donc cela, de notre point de vue, ce n'est juste pas possible.

Donc on veut évidemment se séparer de l'immigration musulmane et inverser cette immigration. Donc, on invite les musulmans et les afro-musulmans à repartir dans leur pays et à les mettre en valeur, mais certainement pas de venir chez nous imposer leur civilisation. Cela c'est la responsabilité des démocrates. Mais ils devront aussi répondre de leur responsabilité. »

« Donc nous n'avons pas d'impérialisme idéologique ,

Evidemment le catholicisme est missionnaire et a vocation à se répandre sur la terre entière, précise Boris le Lay. Mais pas par la force des armes (c'est la mission) et toujours par l'évangélisation, pas par le chantage idéologique comme le font les démocrates, mais par un appel à la conversation, c'est très différent. Cela doit venir de l'intérieur.

[...] Donc, en fait on est dans cette schizophrénie à l'échelle globale des démocraties qui font venir des immigrés musulmans, qui matraquent les populations de souche pour qu'elles acceptent l'islam au nom de la tolérance religieuse, ce qui est une valeur absurde en tant que telle et une valeur antichrétienne, et dans le même temps font la guerre à des pays musulmans pour des intérêts matériels. Donc cette schizophrénie-là on ne peut pas en sortir. Le point de vue catholique sur ce sujet c'est que nous, on ne veut pas faire la guerre à des pays musulmans, on ne veut pas bombarder des pays musulmans, on ne veut pas aller en Irak tuer des populations civiles en les bombardant. On ne veut pas aller en Afghanistan faire la même chose, ni en Libye. Et c'est cela l'hypocrisie des démocraties, c'est qu'elles n'hésitent pas à tuer des milliers, des centaines de milliers, voire des millions de gens à coups de bombes, au nom de leurs droits de l'homme, sans sourciller, alors qu'ils vont pleurer si l'on écorche peut-être un immigré chez nous. Cela c'est la grande hypocrisie des régimes démocratiques occidentaux. Et donc ils mènent des guerres que nous nous récusons, que moi je récuse. J'ai toujours été à tire personnel, contre les guerres en Irak, en Afghanistan, en Libye et contre le jeu trouble qui se passe en Syrie. Parce que l'on n'a pas à agresser des pays tiers qui vivent déjà dans des conditions pas toujours faciles, on n'a pas à semer la guerre civile chez eux, à assassiner des femmes, des enfants, des vieillards, etc.

Donc nous sommes totalement cohérents, ce que ne sont pas ces démocraties occidentales fondamentalement antichrétiennes et anti-identitaire qui ne respectent pas l'identité des peuples qu'ils agressent et qui font violence à leurs propres populations par le jeu de l'acculturation, de l'immigration et même voire de l'islamisation induite.

[...] Donc voilà ce qu'on pouvait dire sur l'islam. C'est un discours clair, vrai, qui ne s'embarrassent pas de faux-semblants. [...] Avec cette ligne de conduite, chacun devrait savoir beaucoup mieux à quoi s'en tenir et il devrait y avoir beaucoup moins de malentendus et que peut-être paradoxalement la nature des tensions évoluerait, en tout cas au niveau global. »

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