Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 00:00
Saint Judicaël (Gaël), roi de Bretagne (v. 650)

Il régna sur la Bretagne à partir de 632.

En 636, S. Eloi lui fit rencontrer à Clichy, près de Paris, le roi Dagobert pour signer un traité de paix entre Bretons et Francs. Deux ans plus tard, il laissa son trône et se retira dans une abbaye, près de Montfort (Ille-et-Vilaine) pour finir les 20 dernières années de sa vie dans la prière.

 

En Bretagne, l’an 658, saint Judicaël, roi de Domnonée, qui contribua beaucoup à établir la paix entre les Bretons et les Francs et, après avoir quitté sa charge, termina sa vie au monastère de saint Méen.

Martyrologe romain

 

Sources : (1); (2); (3)

Repost 1
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 00:00
Kaiserin Adelheid und König Otto I, La reine Adélaïde et le roi Othon Ier

Kaiserin Adelheid und König Otto I, La reine Adélaïde et le roi Othon Ier

Fille du roi Rodolphe II de Bourgogne et de Berthe de Souabe, née à Orbe, une commune suisse du canton de Vaud, située dans le district du jura-Nord vaudois, Alice ou Adélaïde, mariée une première fois, à 16 ans, à Lothaire II, roi d'Italie, se retrouva veuve 3 ans plus tard. 
 
Elle était à la fois reine d'Italie, reine d'Allemagne et elle sera la première en date des impératrices du Saint Empire-Romain Germanique à la suite de son mariage avec
Othon Ier.

Elle met son influence auprès de l'empereur au service de l'Église et des pauvres; elle favorise la
réforme clunisienne.

A la mort d'Othon Ier (+973), elle exerça la régence pendant cinq ans, durant l'enfance d'
Othon II. Puis à nouveau pendant la minorité d'Othon III. Ce fut pour elle, des périodes difficiles, pleines de souffrances et d'épreuves. Mais sa force de caractère et sa bonté, puisées dans sa foi, surmontèrent tous les obstacles.

Elle montra toutes les qualités d'un chef d'Etat dans la justice de sa charge et toutes les vertus chrétiennes dans sa charité attentive aux pauvres.


Elle meurt à Seltz, près de Strasbourg, en 999, lors d'un voyage qu'elle effectuait dans l'un des nombreux monastères qu'elle avait fondés.

 

Sources: (1); (2); (3)

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 00:00
Sainte-Ninon-de-Georgie.jpg
Sainte Ninon de Géorgie

Sainte Ninon de Géorgie, Vierge (IVème siècle)

 

Les Églises d'Orient la fête le 14 janvier. L'Église en Occident en fait mémoire aujourd'hui également et la célèbre le 15 décembre. Nous connaissons sa vie par l'écrivain ecclésiastique Rufin qui donna quelques détails sur la conversion de l'Ibérie, région intérieure de l'actuelle Géorgie. (1)

 

Jeune femme, nonne de Jérusalem, de la famille de S. Georges, elle avait été emmenée captive dans la capitale de la Géorgie vers 337. Comme on ne savait d'où elle venait, on la surnomma "Christiana" du nom de sa religion, ce qui devint par abréviation Nina ou Ninon.

 

Ayant appris qu'elle avait guéri un enfant, la reine Nana se fit porter chez elle pour être soigner d'un mal étrange. Recouvrant la santé, elle voulut couvrir de cadeaux sa bienfaitrice mais celle-ci refusa. La reine insistant, elle déclara que le seul cadeau qu'elle accepterait serait la conversion de ses souverains. La reine puis le roi se convertirent et demandèrent à l'empereur Constantin de leur envoyer des missionnaires.

        Dès les années 330, la Géorgie se convertit au christianisme apporté par Ninon.

 

Sainte Ninon se retira dans la région de Bobdé où, dès le 4e siècle, fut construite une cathédrale.

 

À Mzekhéta un petit oratoire rappelle aujourd'hui encore ce baptême de la Géorgie.

 

Elle est généralement représentée tenant une croix aux bras légèrement incurvés vers le bas, dite Croix de la Grappe. (2)

Sainte Nino (Église de l'Assomption à Anaouri)

Sainte Nino (Église de l'Assomption à Anaouri)

Sources: (1); (2)

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 00:00

Le plus ancien document sur la vie de sainte Odile est un parchemin du X° siècle où un moine a noté ce que la tradition orale transmettait depuis près de deux cents ans, au Mont Saint Odile qui domine la plaine d'Alsace.

Au temps du roi mérovingien Childéric II, Aldaric, troisième duc d'Alsace, père de sainte Odile, tient sous son empire toute la vallée du Rhin, de Strasbourg à Bâle. Aldaric est un chrétien sincère, mais il s'arrache avec peine aux coutumes barbares, ses réactions sont impulsives et même dangereuses : pas de pardon pour qui l'offense. En 660, alors qu’il attendait avec impatience la naissance de son fils premier-né, lui naquit une petite fille aveugle... Son premier réflexe fut de vouloir la tuer, mais devant les pleurs de sa femme, Béreswinde, il accepta de lui laisser la vie à condition que le bébé disparût aussitôt. Béreswinde, bouleversée, se mit en quête d'une nourrice. Odile fut emmenée à Scherwiller, à une trentaine de kilomètres d'Obernai. Devant le beau linge du bébé et les soins particuliers dont il était entouré, les langues allaient bon train. Bientôt Odile ne fut plus en sécurité chez la nourrice et, à un an, dut reprendre la route pour Baume-les-Dames, près de Besançon, où elle franchit les portes d'un monastère.

Pendant toute son enfance, Odile était entourée du silence et de la paix des moniales qui essayaient de lui faire oublier sa cécité : elle apprit à se diriger seule dans le cloître, à reconnaître les appels de la cloche, à chanter par cœur les offices, faisant la joie de ses mères adoptives.

 

L'évêque Ehrhardt de Ratisbonne arriva un jour au monastère pour, dit-il, baptiser la petite aveugle. Devant la communauté, Ehrhardt prononça les paroles sacramentelles : « Odilia Je te baptise au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » Odilia veut dire : soleil de Dieu. Au moment où l'eau coula sur son front, Odile ouvrit les paupières... elle voyait ! Après la guérison, l’évêque fit avertir Aldaric qui n'eut aucun geste de repentir. Il avait maintenant quatre fils et une fille, sa fille aînée était oubliée. Odile demeura donc à Palma chez les religieuses qui lui apprirent aussitôt à écrire et à lire dans les livres saints. La souffrance et la cécité l'avaient mûrie : elle faisait preuve d'une force d'âme et d'un détachement extraordinaires. Au fur et à mesure que les mois passaient, Odile sentait grandir en elle le désir de connaître sa famille. Certains voyageurs qui s'arrêtaient au monastère lui avaient déjà parlé de son frère Hugon qu’ils disaient aimable et généreux. Par l'intermédiaire d'un pèlerin, Odile lui fit parvenir une lettre qui émut Hugon au point qu’il osa affronter son père. L'heure du pardon n'avait pas encore sonné, Aldaric ne voulait pas revoir sa fille mais Hugon écrivit cependant à sa sœur de venir au château, pensant que la vue d'Odile ferait tomber la colère de son père. Hélas, à l'arrivée de sa fille aînée la colère d’Aldaric redoubla : il frappa Hugon qui mourut des suites des blessures. Ce fut le dernier accès de colère du terrible barbare qui, désespéré par la mort de son fils préféré, installa sa fille à Honenbourg et assura sa subsistance. Odile eut la patience de vivre ignorée des siens et se contente de ce que lui donnait son père qu'elle n'osait plus affronter. Elle ne vivait que pour les pauvres avec qui elle partageait ses maigres ressources. Peu à peu Aldaric se transforma et offrit à Odile le Honenbourg et toutes ses dépendances à condition qu'elle priât pour lui.

La jeune fille humiliée va devenir la célèbre Abbesse représentée par les statues et les tapisseries. Son cœur profond, son austère vertu, sa grande charité attirèrent plus de cent trente moniales et la plupart des membres de sa famille. Les travaux commencèrent rapidement pour transformer le Honenbourg en un monastère. Odile qui est une âme d'oraison, couvrit de chapelles tout le sommet de la colline dont la première fut dédiée à Notre-Dame, puis une autre à saint Jean-Baptiste qu'Odile vénérait particulièrement depuis son baptême. Un soir, la moniale chargée d'appeler ses compagnes pour l'office fut éblouie par une violente clarté : Odile conversait avec saint Jean-Baptiste. De jour, de nuit, par petits groupes qui se succédaient, les moniales chantaient sans cesse la louange de Dieu. L'Abbesse était la plus ardente à la prière ; elle aimait la mortification, mais elle était sage et prudente pour ses filles.

 

Peu de temps après la construction du monastère, Aldaric mourut. Avertie par une vision, Odile le sut en Purgatoire et se mit en prière jusqu'à ce que Notre-Seigneur lui apparût pour lui apprendre l'entrée de son père en Paradis. Une chapelle, dite des larmes, se dresse encore aujourd'hui sur la terrasse du couvent ; la tradition assure qu'une pierre creusée par les genoux de la sainte existe encore devant le maître-autel.

 

Le Honenbourg était le refuge des pauvres, des malheureux, des malchanceux et des pèlerins qui savaient y trouver bon accueil. Un vieillard tomba en montant vers le monastère. Odile le rencontra un moment plus tard et, comme pour le soulager, il fallait de l'eau, Odile implora le secours de Dieu, frappa le rocher et une source jaillit et ne tarira jamais. Mais la preuve était faite que tous ceux qui désiraient du secours ne pouvaient parvenir au sommet de la colline. Un autre monastère fut construit en bas. Aucun des deux couvents ne voulait se passer de la présence d'Odile qui allait donc du cloître du haut à celui du bas. En chemin elle aidait les éclopés et les infirmes. De toutes parts on venait la voir car on savait que ses mains étaient bénies. Parfois lorsqu'elle pansait des blessés ou des lépreux, les plaies se fermaient et les douleurs s'apaisaient. Sa préférence allait aux aveugles en souvenir de son infirmité. Elle présidait tout, elle prévoyait tout et s'intéressait à chacun en particulier.

 

Mais ses compagnes la voyaient de plus en plus lasse. Sentant la faiblesse la gagner, Odile se rendit à la chapelle Saint-Jean-Baptiste ; une dernière fois elle s'adressa à ses filles puis, à l'heure de l'office elle les envoya à l'église. Quand les moniales revinrent de l'office, Odile les avait quittées. Leur peine était grande d'autant plus que leur mère était partie sans avoir communié. Elles se mirent en prière et Odile revint à elle. Après les avoir réprimandées, l'Abbesse réclama le odileciboire, se communia et quitta définitivement la terre, le 13 décembre 720.

 

 
Le mont Sainte-Odile est une montagne vosgienne, située dans le département du Bas-Rhin, culminant à 764 mètres, surmontée par un couvent. Haut lieu de la culture alsacienne, c'est un lieu de pèlerinage très fréquenté consacré à sainte Odile, sainte patronne de l'Alsace, bien que le monastère ait été transformé en hôtel.
Le monastère a été créé vers 700 quand le père de sainte Odile lui légua le château de Hohenbourg. Sainte Odile le transforma en couvent. Très populaire, l'endroit devint un lieu de pèlerinage très fréquenté, notamment par les personnes atteintes de maladies oculaires et accueillit jusqu'à 130 moniales.
En 1789, le couvent est vendu. L'évêché de Strasbourg le rachète en 1853 et le rétablit à sa vocation monacale.
On peut encore voir le tombeau de sainte Odile dans une chapelle attenante au cloître. Les tombeaux de ses parents, y sont aussi conservés.Ces caveaux sont ornés de mosaïques remarquables.
Mont Sainte-Odile, chapelle des Larmes, détail
Mont Saint Odile en Alsace
 
Tombeau de sainte Odile , mosaïques, statuaires, chrisme qui orne le tympan d'une porte d'entrée (2:06), art roman.

 

 

Chapelle des larmes, Mont Saint Odile



Tombeau de Sainte Odile

Sources: 1, 2

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 00:00
http://reflexionchretienne.e-monsite.com/medias/images/5c5b1cfd.jpg

Sainte Lucie, Vierge et Martyre († 305)

Elle a souffert le martyre au début du IVe siècle, lors des persécutions de Dioclétien.

 

La Sainte-Lucie marque, avec l'Avent, le début de la saison de Noël. Traditionnellement une fête importante dans toute la Chrétienté occidentale, elle est aujourd'hui célébrée en Scandinavie et en Europe méridionale, particulièrement en Suède, au Danemark, en Norvège, en Finlande, en Italie, en Islande et en Croatie.

 

Lucie, jeune fille de Syracuse, vint à Catane, au tombeau de sainte Agathe, avec sa mère qui souffrait d'un flux de sang incurable. Après avoir prié un instant, Lucie s'endormit et vit en songe sainte Agathe qui lui dit : "Lucie, ma soeur, pourquoi me demander ce que ta foi a pu obtenir par elle-même ? Ta mère est guérie. Tu seras bientôt la gloire de Syracuse comme je suis la gloire de Catane." Lucie en échange de la guérison de sa mère, lui demanda et obtint la grâce de garder sa virginité. De retour à Syracuse, elle se défit de ses bijoux, vendit tous ses biens, et ne tarda pas à être dénoncée comme chrétienne par son propre fiancé.

Le gouverneur fait venir Lucie à son tribunal et lui ordonne de sacrifier aux dieux ; Lucie demeure invincible devant toutes les menaces. Les bourreaux la saisissent pour l'entraîner en un mauvais lieu ; mais, malgré leurs efforts, elle reste inébranlable comme un rocher. On la tire avec des cordes attachées à ses pieds et à ses mains sans plus de succès. On attelle plusieurs paires de boeufs pour l'ébranler ; mais toute la vigueur de ces robustes animaux ne produit aucun effet :
"Quels maléfices emploies-tu donc ? dit à Lucie le préfet exaspéré.
– Je ne recours point aux maléfices, dit-elle, mais la puissance de Dieu est avec moi.
– Comment peux-tu, femme de rien, triompher d'un millier d'hommes ?
– Fais-en venir dix mille, et ils ne pourront lutter contre Dieu." Lucie est alors couverte d'huile, de poix et de résine, et on y met le feu ; mais la flamme respecte la vierge. Enfin elle meurt d'un coup d'épée en
prédisant la paix dans l'Église (la liberté de culte pour les chrétiens).

 

http://robert87300.r.o.pic.centerblog.net/85e3bd58.jpg

 

Le poète Dante, qui lui vouait une intense dévotion, la mentionne à plusieurs reprises dans sa Divine Comédie et la figure assise dans le Paradis juste à côté de saint Jean l'Evangéliste.

 

 

Sources: 1; 2 ; 3

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 00:00
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/6d/Menologion_of_Basil_054.jpg/220px-Menologion_of_Basil_054.jpg
Saint Daniel le Stylite († 493)

Daniel le Stylite, né à Marathe près de Samosate en Syrie (Turquie actuelle) en 410, mort en 493, fut moine, et rencontra Siméon l'Ancien, dit le Stylite (v.390-v.459), qui vivait au sommet d'une colonne et qu'il prit pour modèle. Installé près de Constantinople, à l'annonce de la mort de Siméon il résolut de vivre lui-même au sommet d'une colonne et y resta plus trente-trois ans et trois mois, dans la méditation et la prière, sans se laisser briser par la violence du froid, de la chaleur ou des vents. Il exhortait les fidèles qui venaient à ses pieds et laissait monter ceux qui voulaient lui parler.

Il exerça une grande influence dans la capitale de l'Empire d'Orient, y compris auprès des empereurs, et fut en théologie un adversaire du monophysisme.

Canonisé par les églises chalcédoniennes, il est fêté le 11 décembre.

Il exhortait les fidèles qui venaient à ses pieds et laissait monter ceux qui voulaient lui parler.

 

Sources: (1), (2)

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 00:00
IMMACULÉE CONCEPTION

de la Vierge Marie
Solennité


        
Fête de la Nativité de la Vierge.

L'immaculée conception de Marie est un dogme de l'Eglise catholique, défini le 8 décembre 1854 par le pape Pie IX dans sa bulle Ineffabilis Deus. Le dogme signifie que Marie, mère de Jésus-Christ, fut conçue exempte du péché originel. Ce privilège accordé à la Sainte Vierge avait été prédit et figuré dès l'origine du monde. Prophéties universelles d'une Vierge Mère d'un Sauveur, prophétie druidique en particulier en France, du collège national de la forêt des Carnutes sous l'appellation de "la Vierge qui enfantera". La déesse celtique a été convertie tant la croyance des Carnutes en la Vierge-Mère était propre à annoncer le mystère de l'Incarnation. Le sanctuaire de la "Virgo paritura" se trouve sur le site de l'actuelle cathédrale de Notre-Dame de Chartres. Les sanctuaires d'"Anna" sont devenus ceux de sainte Anne (la mère de Marie), aïeule elle aussi, mais du vrai Dieu..., et que les Bretons nomment toujours "Mamm Goz", grand-mère !

Par Son Immaculée Conception, Marie devait écraser la tête du serpent qui a introduit le péché originel sur la terre
.
La foi à l'Immaculée Conception est immémoriale dans l'Église ; toutefois la proclamation officielle, définitive et infaillible de ce dogme ne date que du 8 décembre 1854, époque où le pape Pie IX, dans une solennité incomparable, imposa cette croyance à tous les fidèles (magistère infaillible). Une immense acclamation de joie fit écho dans tout l'univers à la parole du Pontife, et le Ciel lui-même donna son témoignage quatre ans plus tard. L'apparition de Lourdes eut lieu au commencement de l'année 1858; Marie venait dire au monde : "Je suis l'Immaculée Conception !"


-----------------------

"Voici que je fais toutes choses nouvelles" (Ap 21,5)

 

"Aujourd'hui le Créateur de toutes choses, Dieu le Verbe, a composé un ouvrage nouveau, jailli du coeur du Père pour être écrit, comme avec un roseau, par l'Esprit qui est la langue de Dieu... Fille toute sainte de Joachim et d'Anne, qui as échappé aux regards des Principautés et des Puissances et 'aux flèches enflammées du Mauvais' (Col 1,16; Ep 6,16), tu as vécu dans la chambre nuptiale de l'Esprit, et as été gardée intacte pour devenir épouse de Dieu et Mère de Dieu par nature...

Fille aimée de Dieu, l'honneur de tes parents, les générations des générations te disent bienheureuse, comme tu l'as affirmé avec vérité (Lc 1,48). Fille digne de Dieu, beauté de la nature humaine, réhabilitation d'Ève notre première mère ! Car par ta naissance, celle qui était tombée est relevée... Si, par la première Eve "la mort a fait son entrée" (Sg 2,24; Rm 5,12), parce qu'elle s'était mise au service du serpent, Marie, elle, qui s'est fait la servante de la volonté divine, a trompé le serpent trompeur et introduit dans le monde l'immortalité."

 

Saint Jean de Damas (v. 675-749), moine, théologien, docteur de l'Église, Homélie pour la Nativité de la Vierge, 7, 10 (trad. SC 80, p. 63 rev.)



Que Salomon le très sage se taise ; qu'il ne dise plus : « Il n'y a rien de nouveau sous le soleil » (Eccl 1,9).

 

Sainte Anne tenant dans ses bras Marie et le Christ

Statue en Albatre de la Chapèle Sur Vire

 

Icône de la Vierge Marie, Damas, Syrie

 

Le couvent s'élève au dessus de la ville comme une véritable forteresse et est dédié à la nativité de Sainte Théotokos. L'icône de la Sainte Vierge est considérée comme l'une des quatre icônes existantes qui ont été peintes par S. Luc. Il y a aussi d'autres belles icônes de la Vierge et d'autres saints qui remontent au 5ème, 6ème et 7ème siècle.

 

La naissance de l'"Immaculée", la "mère du Beau" (S. André de Crète)

 

"Aujourd'hui, Adam offre Marie à Dieu en notre nom comme les prémices de notre nature. ... Aujourd'hui l'humanité, dans tout l'éclat de sa noblesse immaculée, reçoit le don de sa première formation par les mains divines et retrouve son ancienne beauté. Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine; mais naît la mère du Beau par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges et est façonnée suivant un modèle parfait et vraiment digne de Dieu... Aujourd'hui de Juda et de David est sortie une jeune vierge, portant la marque du règne et du sacerdoce de celui qui, selon l'ordre de Melchisédec, a reçu le sacerdoce d'Aaron... Pour tout dire en un mot : aujourd'hui, la réformation de notre nature commence, et le monde vieilli, soumis à une transformation toute divine, reçoit les prémices de la seconde création." (S. André de Crète, in P. Regamey, Les plus beaux textes sur la Vierge Marie)

 

Église St-Vincent de Paul, Marseille

 

La belle idée de Marie "Nouvelle Eve" se trouve déjà au IIe siècle chez S. Justin :

 

"Le Christ s'est fait homme par le moyen de la Vierge, afin que la désobéissance provoquée par le serpent prit fin par la même voie qu'elle avait commencé.

 

En effet, Eve, Vierge et intacte, ayant conçu la parole du serpent, enfanta la désobéissance et la mort; la Vierge Marie, ayant conçu la foi et la joie, répondit: 'Qu'il me soit fait selon votre parole'. Il est donc né d'elle celui dont parlent les Ecritures. Par lui, Dieu ruine l'empire du serpent et de ceux, anges ou hommes qui lui sont devenus semblables, et affranchit de la mort ceux qui se repentent de leurs fautes et croient en lui".

 

Marie, en acceptant le message de l’Ange, a conçu "foi et joie" (Dialogue avec Tryphon, 100,5)

 Basilique Sainte-Marie-Majeure, Rome

Basilique Sainte-Marie-Majeure, Rome

 

La définition dogmatique

 

La définition du dogme  de l'Immaculée Conception par Pie IX, le 8 décembre 1854, s'exprime ainsi: "Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine suivant laquelle, par une grâce et un privilège spécial de Dieu tout-puissant, et en vertu des mérites de Jésus-Christ, sauveur du genre humain, la bienheureuse Vierge Marie a été préservée de toute tache du péché originel au premier instant de sa conception, est révélée de Dieu et doit, par conséquent, être crue fermement et constamment par tous les fidèles" (Denzinger, n° 1641).

Cette définition contient surtout trois points importants:

1° la bienheureuse Vierge Marie a été préservée de toute tache du
péché originel au premier instant de sa conception. ... L'Eglise n'a pas défini quelle est la nature intime du péché originel, mais elle a fait connaître ses effets: inimitié ou malédiction divine, souillure de l'âme, état d'injustice ou de mort spirituelle, servitude sous l'empire du démon, assujettissement à la loi de la concupiscence, de la souffrance et de la mort corporelle, considérée comme peine du péché commun (IIe Concile d'Orange, Denz., 174, 175. - Concile de Trente, Denz., 788, 789). Ces effets supposentla privation de la grâce sanctifiante qu'Adam avait reçue avec l'intégrité de nature pour lui et pour nous, et qu'il a perdue pour lui et pour nous (Concile de Trente, Denz., 789).

2° c'est en vertu des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain que Marie a été préservée du péché originel, comme l'avait déclaré en 1661
Alexandre VII (Denz., 1100). On ne saurait donc plus admettre comme le soutinrent quelques théologiens au XIIIe siècle que Marie est immaculée en ce sens qu'elle n'a pas eu besoin de rédemption, et que la première grâce en elle est indépendante des mérites futurs de son Fils.

Selon la bulle Ineffabilis Deus, Marie a été rachetée par les mérites de son Fils, et de la façon la plus parfaite par une rédemption, non pas libératrice du péché originel déjà contracté, mais par une rédemption préservatrice

A l'idée de rédemption préservatrice se rattache celle-ci que Marie, fille d'Adam, descendant de lui par voie de génération naturelle, devait encourir la tache héréditaire et l'aurait encourue de fait, si Dieu n'avait pas décidé de toute éternité de lui accorder ce privilège singulier de la préservation en dépendance des mérites futurs de son Fils.

Ce point de doctrine était déjà affirmé par la liturgie dans l'oraison propre de l'Immaculée Conception, qui fut approuvée par
Sixte IV (1476) et où il est dit: "Ex morte ejusdem Filii tui praevisa, eam (Mariam) ab omni labe praeservasti". La Sainte Vierge a été préservée du péché originel par la mort future de son Fils, c'est-à-dire par les mérites de Jésus mourant pour nous sur la croix.

On voit dès lors que cette préservation de Marie diffère beaucoup de celle du Sauveur lui-même, car Jésus ne fut nullement racheté par les mérites d'un autre, ni par les siens; il a été préservé du péché originel et de tout péché à un double titre: premièrement par l'union personnelle ou hypostatique de son humanité au Verbe, ... et secondement de par sa conception viriginale, due à l'opération du Saint-Esprit, Jésus ne descend pas d'Adam par voie de génération naturelle (selon la parole de
S. Augustin, De Genesi ad litteram, liv. X, c. 19 et 20, le Christ fut en Adam "non secundum seminalem rationem", mais seulement "secundum corpulentam substantiam". Cela n'appartient qu'à lui seul.

3° La définition du dogme de l'Immaculée Conception propose cette doctrine comme révélée, et donc comme contenue au moins implicitement dans le dépôt de la Révélation, c'est-dire dans l'Ecriture et la
Tradition, ou dans l'une de ces deux sources.


Le témoignage de l'Ecriture

La bulle Ineffabilis Deus cite deux textes de l'Ecriture: Gen., III, 15 et Luc, I 28, 42.

Dans le Genèse, ce privilège est implicetement ou confusément révélé comme en germe dans ces paroles de Dieu adressées au
serpent, figure du démon (Gen., III, 15): "Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité; celle-ci t'écrasera la tête et tu la mordras au talon". Celle-ci, c'est-à-dire la postérité de la femme, car dans le texte hébreu, le pronom est masculin et désigne les descendants de la femme; de même dans les Septantes et la version syriaqye. La Vulgate a mis ipsa qui se rapporte à la femme elle-même. Le sens d'ailleurs n'est pas essentiellement différent, car la femme sera associée à la victoire de celui qui représentera éminemment sa postérité en lutte avec le démon au cours des âges.

Par elles-mêmes ces paroles ne suffisent certainement pas à prouver que le privilège de l'Immaculée Conception est révélé, mais les Pères, dans leur comparaison d'Eve et Marie, y ont vu une allusion à cette grâce, c'est à ce titre que Pie IX cite cette promesse.

La
tradition chrétienne a vu dans cette promesse, qui a été appelée le protévangile, le premier trait qui sert à désigner le Messie et sa victoire sur l'esprit du mal. Jésus représente, en effet, éminemment la postérité de la femme, en lutte avec la postérité du serpent. 

La bulle Ineffabilis Deus cite aussi dans la salutation de l'ange à Marie (Luc I, 28): "Je vous salue, pleine de grâce, vous êtes bénie entre les femmes", et les mêmes paroles dites par sainte Elisabeth sous la révélation divine (Luc, I, 42). Pie IX ne dit point que ces paroles suffisent par elles-mêmes à prouver que le privilège de l'Immaculée Conception est révélé; pour qu'elles aient cette efficacité, il faut y joindre la tradition exégétique des Pères.

 

Jean Chrysostome et Grégoire de Nazianze, icône russe du XVIIIe siècle


 

Cette tradition devient explicite avec saint Ephrem le Syrien (+373) (Dict. Théol., art. Ephrem, col. 192) et chez les Pères grecs au lendemain du Concile d'Ephèse (431), en particulier chez deux évêques adversaires de Nestorius: saint Proclus, un des successeurs de S. Jean Chrysostome sur le siège de Constantinople (434-446) et Théodote, évêque d'Ancyre (430-439), puis chez S. Sophrone, patriarche de Jérusalem (634-638), André de Crète (+ 740), saint Jean Damascène, mort vers le milieu du VIIIe siècle, dont les témoignages sont assez longuement rapportés par le P. X.-M. Le Bachelet, Dict. Apol., art., Marie, col. 223-231.

A la lumière de cette tradition exégétique les paroles de l'ange à Marie:

 

"Je vous salue, pleine de grâce", ... la Sainte Vierge n'aurait pas reçu cette plénitude de grâce si son âme avait été un instant dans l'état de mort spirituelle par suite du péché originel, si elle avait été un instant privée de la grâce, détournée de Dieu, fille de colère, dans un état de servitude sous l'empire du démon. Saint Proclus dit qu'elle a été "formée d'un limon pur" (Orat. VI).

 

Théodote d'Ancyre dit que le "Fils du Très-Haut est issu de la Très-Haute" (Hom VI, in sanctam Mariam Dei genitricem, 11-12).


Jean Damascène S. Jean Damascène écrit que Marie est la fille très sainte de Joachim et d'Anne qui "a échappé aux traits enflammé du malin" (Hom. I in Nat., 7), qu'elle est un paradis nouveau "où le serpent n'a pas d'entrée furtive" (Hom. II in dormit., 2 col 725) qu'elle est exempte de la dette de la mort, qui est une des suites du péché originel (Hom. II in dormit., 3, col 728), elle doit donc être exempte de la déchéance commune.

Si Marie avait contracté le péché originel, la plénitude de la grâce aurait été restreinte en ce sens qu'elle ne se serait pas étendue à toute sa vie. L'Eglise, en lisant les paroles de la salutation angélique à la lumière de la tradition
 et avec l'assistance du Saint-Esprit, y a vu le privilège de l'Immaculée Conception, implicitement révélé, non pas comme l'effet dans la cause qui peut exister sans lui, mais comme une partie dans le tout; la partie est actuellement dans le tout au moins implicitement énoncée.


Le témoignage de la Tradition

 Justin, Les Vrais Pourtraits et Vies Hommes Illustres, 1584 Saint Irénée
 

La Tradition, elle-même, affirme de plus en plus explicitement cette vérité. S. Justin  (Dial. cum Tryphone, 100), S. Irénée (Ad. Haereses, III, XXII, 3, 4; V, XIX), Tertullien (De Carne Christi, XVII), opposent Eve cause de la mort et Marie cause de la vie et du salut. Cette antithèse est constamment rééditée par les Pères (par exemple saint Cyrille de Jérusalem, saint Ephrem, saint Epiphane, saint Ambroise, saint Jérôme, saint Augustin, saint Jean Chrysostome, etc.), et elle trouve place dans les documents les plus personnels du magistère suprême, en particulier dans la bulle Ineffabilis Deus. ... Les Pères disent souvent de Marie qu'elle est immaculée, qu'elle a toujours été bénie de Dieu pour l'honneur de son Fils, qu'elle est intemerata, intacta, impolluta, illibata, entièrement sans souillure. 
 

Mosaïque de la Basilique de Saint Ambroise de MilanSaint AugustinS. Ambroise dit de même de Marie qu'elle est exempte de toute souillure du péché "per gratiam ab omni integra labe peccati" (in Ps. CXVIII, 22, 30; P. L., XV, 1521), et S. Augustin que "au sujet seulement de la Sainte Vierge Marie, l'honneur du Seigneur ne permet pas de soulever la question du péché" (De natura et gratia XXXVI, 42; P. L. XLIV, 267).

Il faut ajouter que, depuis le VIIe et le VIIIe siècle, on célèbre dans l'Eglise, surtout dans l'Eglise grecque, la fête de la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie: en Sicile au IXe, en Irlande au Xe, presque dans toute l'Europe au XIIIe.

Le Concile de Latran de 649 (Denz., 256) appelle Marie, "immaculée".

En 1476 et 1483, Sixte IV
parle en faveur du privilège à propos de la Conception de Marie (Denz. 734 s.)

Le Concile de Trente (Denz., 792) déclare lorqu'il parle du péché originel qui atteint tous les hommes, qu'il n'est pas de son intention d'y inclure la bienheureuse et immaculée Vierge Marie. En 1567, Baius est condamné pour avoir enseigné le contraire (Denz., 1073). En 1661, Alexandre VII
affirme le privilège en disant que presque tous les catholiques l'admettent, quoiqu'il ne soit pas défini (Denz., 1100). Enfin, le 8 décembre 1854, est promulgué la définition solennelle (Denz., 1641). 

(P. Reginald Garrigou-Lagrange O. P., La Mère du Sauveur et notre vie intérieure, Les Editions du Cerf, Imprimatur 1941, rééd. Editions Saint-Rémi, p. 36-45).

 

Le 8 décembre, illuminons nos fenêtres en l’honneur de Notre-Dame!

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 00:00

 

Saint Ambroise et l'empereur Théodose, Peter Paul Rubens, huile sur toile 1618-1620, Vienne (Autriche) Kunsthistorisches Museum, N° inventaire 524

 

Ambroise, fils d'un préfet des Gaules et d'Occident, était gouverneur de Milan.

Sa grand-tante, la belle Aurelia Sotheris, vierge chrétienne, fut suppliciée le 10 février 305, flagellée puis décapitée sur la Via Appia. Baptisé à 35 ans, il devint prêtre et évêque à la demande de la foule ; il combattit avec succès l'arianisme, et fut l'inventeur de nombreuses reliques de saints.

Afin de pouvoir poursuivre leur cursus honorum, beaucoup d'hommes de l'aristocratie romaine, quoique chrétiens de coeur, repoussaient leur baptême jusqu'à leur vieillesse. Ils considéraient que le sacrement laverait les fautes qu'ils auraient dû commettre dans l'exercice des magistratures. Cette attitude perdurera longtemps après la conversion de l'empire puisque dans les années 350 le père de saint Ambroise, préfet du prétoire d'Occident, mourra sans avoir été baptisé en dépit de sa réelle ferveur. Ses deux fils, qui commencèrent par suivre à leur tour la carrière administrative, en avaient fait autant. Ambroise fut baptisé en catastrophe, à trente-cinq ans, puis aussitôt ordonné prêtre et sacré évêque de Milan, ce qui d'ailleurs, n'était pas une procédure canoniquement valable et autorisée...

 

Le fléau des ariens

 

L'évêque de Milan, Auxence, qui était arien, venait de mourir. Les évêques de la province, le clergé, les fidèles, assemblés pour élire son successeur, ne pouvaient s'entendre. La lutte électorale était vive entre catholiques et hérétiques ariens (négateurs de l'unité du Père et du Fils et donc de la Trinité). Le peuple, réuni à l'église, semblait prêt à faire une sédition pour obtenir un évêque, dont il était privé depuis vingt ans par la faute des ariens, le magistrat Ambroise, gouverneur de la Province, accourut, se rendit à l'église pour calmer la foule ; mais voici qu'un enfant l'interrompit et cria : « Ambroise évêque ! » C'était la voix du Ciel ; celle du peuple y répondit, et le temple retentit de ce cri répété avec enthousiasme : « Ambroise évêque ! Ambroise évêque !  » La multitude saisit ce mot avec enthousiasme; tous, ariens et catholiques, répétaient ce mot. Ambroise protesta ; il objecta qu'il n'était que catéchumène, il se fraya un passage à travers la foule et s'esquiva en son palais ; mais la foule le suivit, déjoua tous ses stratagèmes et répèta cent fois le même cri. Il s'enfuit à cheval pendant la nuit, mais il perdit son chemin, et à son grand étonnement se retrouva le matin à son point de départ (374). 

Ambroise fut le fléau des ariens et le vaillant défenseur de la vraie foi. Dans plusieurs conciles, il confondit Priscillien, Jovinien et d'autres hérétiques. Saint Ambroise défendit courageusement le christianisme contre les païens et le préfet Symmaque. A la fin du IVe siècle, sous Théodose, le gouvernement de l'Empire était en effet toujours assumé par des païens : avec le sénateur païen Symmaque, Préfet (384), puis consul (391), et son collège Prétextat, "tout le Sénat tenait encore pour le paganisme"; Les Vestales habitaient toujours le "Temple de la Mère des dieux". Ambroise, dut combattre pour s'opposer aux initiatives de Symmaque en faveur du culte païen; il nota dans la polémique qui s'ensuivit que les païens devaient être satisfaits de voir les places publiques, les portiques et les bains toujours remplis des statures de leurs dieux...

Parmi toutes ses vertus, l'énergie, une fermeté tout apostolique, semble avoir été la principale. Un jour on vint lui apporter un ordre injuste signé par l'empereur Valentinien : « Allez dire à votre maître, répondit Ambroise, qu'un évêque ne livrera jamais le temple de Dieu. »

Bientôt il apprit que les hérétiques ariens, soutenus par l'autorité, allaient s'emparer de deux basiliques : « Allez, s'écria Ambroise du haut de la chaire sacrée, dire aux violateurs des temples saints que l'évêque de Milan excommunie tous ceux qui prendront part au sacrilège. »

 

Le fait le plus célèbre : le châtiment qu'il osa imposer à l'empereur Théodose Ier

 

En 390, la population de Thessalonique (Grèce) se révolta contre l'impôt et tua le gouverneur ainsi que plusieurs magistrats. L'empereur chrétien Thédodose Ier fit alors massacrer autour de 7 000 personnes qu'il avait fait rassembler dans l'hippodrome. Ce prince dont les mains étaient encore souillées du sang versé au massacre de Thessalonique, se présenta au seuil du temple. Ambroise était là, mençant de l'excommunier : « Arrêtez, lui dit-il ; imitateur de David dans son crime, imitez-le dans sa pénitence. » Théodose, craigant cette dernière peine, accepta la pénitence publique et resta pendant huit jours à la porte de l'église (Seignobos, Histoire de la civilisation ancienne, Masson et Cie éditeurs, 1900, vol. 1, p. 343), marquant ainsi la subordination du pouvoir temporel au pouvoir spirituel.

  Saint Ambroise fut un grand évêque, un savant docteur, un orateur éloquent, un homme de haute sainteté.

Parmi les saints qu'il priait et affectionnait, Ambroise vouait une grande dévotion à saint Laurent. A Milan, pour récupérer les reliques des martyrs, il se fia aux inspirations divines, qui lui permirent à plusieurs reprises d'inventer des reliques, terme qui ne signifie pas qu'il les a supposées mais qu'il les a découvertes... Il retrouva ainsi Celse et Nazaire, Vital et Agricola, Gervais et Protais, martyrisés à la fin du IIIe siècle.

Ambroise consacra une partie de son traité De virginibus à sainte Agnès de Rome, Vierge et Martyre (304) dont il raconta la vie en s'appuyant sur des témoignages de témoins oculaires du procès, encore vivants et très âgés à la fin du IVe siècle.

Avec sainte Monique, il travailla efficacement à la conversion du grand saint Augustin.

Il organisa la liturgie de son diocèse, qui est restée sous son nom jusqu'à ce jour (rite ambrosien). C'est lui qui, d'après la tradition, a le premier réglé la forme du chant ecclésiastique (cantus ambrosianus, seu firmus). Ce n'est qu'à la fin du IVe siècle que saint Ambroise imposa, pour parler de l'assemblée dominicale (dominicum), le mot missa, messe.

Dans sa charité sans bornes, il ne craignit pas de vendre les vases sacrés de l'église pour le rachat des captifs. Il mourut la veille de Pâques, en 397.

Saint Ambroise convertissant Théodose, toile de Pierre Subleyras, 1745.

 

 

Sources

(1) L'Evangile au Quotidien ; (2) Anne Bernet, Les Chrétiens dans l'Empire romain, des persécutions à la conversion Ier - IVe siècle, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 298, 372, 442, 453, 461, 464 ; (3) Wikipedia ; (4) Mgr Paul Guérin, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 753-754.

 

. Les évêques, derniers défenseurs authentiques de la "Romanitas" : saint Léon le Grand, pape et docteur de l'Église († 461)

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 00:00
http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/photo/art/default/2558989-3608960.jpg?v=1292735626

Saint Nicolas, archevêque de Myre

(†  324)

 Saint Nicolas de Patare, né en Lycie (Asie mineure, actuelle Turquie) entre 250 et 270 ap. J.-C., fut le fruit des prières de ses pieux parents. Il eut l'esprit ouvert aux choses divines dès sa plus petite enfance ; à peine sut-il manger, qu'il sut jeûner. Il avait un oncle évêque, qui, voyant avec admiration les vertus de Nicolas, l'ordonna prêtre dès qu'il eut l'âge requis et fit de lui cette prédiction : "Il sera la consolation des affligés, le sauveur des âmes en péril, le bon pasteur qui rassemble ses brebis égarées au bercail de Jésus-Christ." (1)

Après un pèlerinage aux Lieux saints, Nicolas se retira à Myre, espérant échapper aux honneurs qu'il voulait éviter avec tant de soin, et à la mort de l'évêque de Myre, qui arriva peu de temps après, il fut élu pour lui succéder. Il semble que ce nom "Myre" soit lycien, la racine "Myrrh" pouvant signifier "la cité de la déesse mère". Des vestiges romains, partiellement dégagés, comportent pour l'essentiel des thermes et un théâtre. Celui-ci fut détruit en 141 par un tremblement de terre et rebâti ensuite.

 

Une de ses premières œuvres fut de sauver l'honneur de trois filles exposées à la perte de leur vertu ; il les dota toutes, l'une après l'autre, et il le fit si discrètement, que c'est à la fin seulement que le père, touché d'admiration, surprit la main du bienfaiteur.  

 

L'habitude qu'il avait de pourvoir anonymement à la dot des jeunes filles pauvres, en introduisant discrètement des cadeaux dans leurs maisons est à l'origine de la légende du père Noël, version profane ou « laïcisée » de l'histoire du saint évêque. En Turquie, et particulièrement à Demre (nom actuel de Myre), les deux personnages sont confondus et le souvenir de saint Nicolas est maintenu. (2)

 

 http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/db/Ancient_Roman_theater_in_Myra.jpg/280px-Ancient_Roman_theater_in_Myra.jpg
Le théâtre de Myre

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/79/St_Nicolas_Les_Heures_de_Jean_de_Vy_%26_Perrette_Baudoche_v1450.jpg/220px-St_Nicolas_Les_Heures_de_Jean_de_Vy_%26_Perrette_Baudoche_v1450.jpgDès lors il s'appliqua à devenir le modèle de son troupeau. Il ne mangea plus qu'une fois le jour, et jamais de viande ; il faisait toujours lire à sa table quelque livre de la Sainte Écriture ; ses nuits se passaient en oraison, et la terre dure était sa couche pour le peu de repos qu'il prenait. Levé avant le jour, il réveillait ses clercs pour chanter des hymnes et des psaumes ; aussitôt le soleil paru, il allait à l'église et employait le reste du jour à ses diverses fonctions pastorales.

 

Nicolas, sous la persécution de Dioclétien, fut jeté dans un cachot et mis à la torture ; mais on n'osa pas le faire mourir, par peur de la vengeance de son peuple.

 

Peu de Saints ont opéré de plus nombreux et de plus éclatants miracles. Tantôt il apparaît à Constantin pendant la nuit, pour lui ordonner de mettre en liberté trois innocents qui doivent être exécutés le lendemain ; tantôt il se montre, en pleine tempête, à des matelots en danger qui l'ont appelé à leur secours. Il est surtout légendaire entre mille, le miracle de la résurrection de trois enfants tués par un boucher et hachés menu, pour être mêlés à la viande de son commerce. On l'honore comme le patron des écoliers.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/cf/MYRA_0245.jpg

Statue de Saint-Nicolas à Myre

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/df/MYRA_0252.jpg/800px-MYRA_0252.jpg


Église Saint-Nicolas de Myre

 

 

L'église Saint-Nicolas, appelée par les Turcs Noel baba kilisesi (église du père Noël) est un édifice byzantin, orné de fresques et partiellement restauré. Elle se trouve près du centre de la ville et reçoit la visite de nombreux touristes et pèlerins, russes en particulier.

La première église Saint-Nicolas de Myre remonte au VIe siècle. L'édifice actuel fut construit essentiellement au VIIIe siècle. Un monastère vint s'ajouter au milieu du XIe siècle. En 1863, le tsar Alexandre II de Russie acheta le bâtiment et entama une restauration. En 1963, on dégagea les ailes Est et Sud. En 1968, la tombe de saint Nicolas fut couverte d'une toiture.

Le sol de l'église est réalisé en opus sectile, une mosaïque de marbre coloré, et des fresques subsistent sur les murs. Un ancien sarcophage grec a été réutilisé pour recevoir les reliques du saint, qui reposent aujourd'hui dans la basilique de Bari. De nouveaux travaux de restauration sont en cours (2009). En 2007, après de nombreux refus, le gouvernement turc a donné l'autorisation d'y célébrer le culte chrétien.

Un archevêque membre du saint synode du patriarcat de Constantinople porte le titre d'archevêque de Myre.

 

Aujourd'hui Nicolas est le Saint patron des écoliers, des enfants, des marins et bateliers, des avocats du barreau de Paris, des célibataires, mais aussi de la Lorraine, de la Russie, de la ville de Houilles, de la ville de Fribourg, de l'île de Terre-de-Bas aux Saintes, de l'Université de Valladolid en Espagne et de la ville de Bari en Italie. (3)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0b/Saint-P%C3%A8re-sur-Loire_%28croix_pr%C3%A8s_du_pont%29_5702a.jpg/800px-Saint-P%C3%A8re-sur-Loire_%28croix_pr%C3%A8s_du_pont%29_5702a.jpg

Plaque invoquant saint Nicolas fixée sur la croix érigée par les mariniers de Saint-Père-sur-Loire, avant le passage sur le pont menant sur l'autre rive, à Sully-sur-Loire.

 

Sources: (1); (2); (3)

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 00:00
Saint-Gerald--Archeveque-de-Braga----1109-.jpg
Saint Gérald, Archevêque de Braga (✝ 1109)

Né dans le Lot, S. Gérald était maître de chant dans l'abbaye de Moissac (Tarn-et-Garonne).


De passage, Bernard, archevêque de Tolède, le décida à le suivre dans son diocèse pour devenir maître de chœur. Sa réputation de sainteté et de musicien fit que le clergé de Braga (Portugal) le nomma évêque de leur diocèse. 

 

Là, il s'investit complètement dans la remise en ordre du diocèse qui avait beaucoup souffert de l'occupation des Maures. Il construisit ou reconstruisit de nombreuses églises et mourut en allant consacrer la dernière.

 

Sources: (1), (2)

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 00:00

Sainte Barbe naquit aux environs de Nicomédie et vécut au milieu du IIIe siècle à Héliopolis (aujourd'hui Baalbek au Liban) sous l’empereur Maximien.

 

Sainte-Barbe--Barbara---Vierge-et-Martyre--255-.jpg

Statue de Sainte Barbe récente, située dans la chapelle Sainte-Barbe (1545), Enclos paroissial de Saint-Herbot (ancienne paroisse de l'évêché de Cornouaille, Finistère). Source

Son père, nommé Dioscore, riche édile païen, s'aperçut qu'elle était chrétienne au moment où elle refusa obstinément un mariage. Saisi de fureur, il se précipita sur elle pour la transpercer ; mais Barbe s'enfuit. Peu après, la courageuse vierge, découverte dans la retraite ou elle s'était cachée, fut amenée à Dioscore, qui la conduisit lui-même à Marcien, préteur de la ville. 


Barbe fut frappée d'abord à coups de nerfs. Le lendemain, sa fermeté la fit condamner à être déchirée avec des peignes de fer et brûlée avec des torches ardentes. La douce victime endura tout, le sourire sur les lèvres.

La foule des païens commençait à s'émouvoir d'un si étonnant spectacle. Le juge résolut de tenter un supplice plus horrible que tous les autres pour la pudeur de la vierge. Il la fit dépouiller complètement pour lui faire traverser avec ignominie les rues de la ville, pendant que les bourreaux la fouetteraient cruellement. Puis le juge ordonna de lui trancher la tête. Mais Dioscore, son père, s'écria : "C'est à moi de la frapper !" et saisissant son épée, il trancha la tête de l'innocente victime agenouillée devant lui. Dioscore fut aussitôt châtié par le Ciel : il mourut frappé par la foudre.

Les empereurs byzantins vénéraient particulièrement ses reliques qu’ils firent transférer à Constantinople au VIe siècle. Une partie de ces reliques fut emmenée en Italie par les Vénitiens, et une autre au XIe par Anne Comnène la fille de l'empereur bizantin Alexis Ier Comnène à Kiev, où elles se trouvent toujours à la Cathédrale Saint Vladimir.

 

Sainte Barbe, calcaire polychromé, Villeloup (Aube) vers 1520-1530

Sainte Barbe est la patronne des Pompiers et tous les corps de métiers qui ont à redouter la foudre ou le feu.

On l'invoque également contre la mort subite et imprévue.

Le fort patronage que lui vouaient les mineurs de fond s’est progressivement transmis aux ouvriers et ingénieurs des travaux souterrains (tunnels, cavernes, etc.) avec la disparition progressive de l’industrie minière occidentale.

De nos jours, une sainte Barbe trône toujours à l’entrée des tunnels en construction pour protéger les ouvriers-mineurs des accidents de chantier.

 
 

Sainte Barbe est généralement représentée en jeune fille, avec une palme de martyre, elle peut porter une couronne, un livre. Une tour à trois fenêtres, un éclair constituent également d'autres attributs de la sainte.

 

Sources : 1, 2

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 00:00
Saint François-Xavier († 1552), Apôtre des Indes et du Japon

François Xavier naquit dans une famille noble de Navarre (Pays Basque). Il était originaire d'une vieille famille de Basse-Navarre (Jaxu près de Saint-Jean-Pied-de-Port).

 

Après de brillantes études au collège Sainte-Barbe, à Paris, il enseigna la philosophie avec un succès qui, en lui attirant les applaudissements, développa l'orgueil dans son cœur.

 

Ignace de Loyola, converti, étant venu à Paris pour perfectionner ses études et cherchant à recruter des compagnons pour jeter les bases de la Compagnie de Jésus, s'éprit d'amitié et d'admiration pour ce jeune homme. Le 15 août 1534, sept jeunes gens, parmi lesquels Ignace et Xavier, prononcèrent leurs vœux dans une chapelle souterraine de l'église de Montmartre. La "Compagnie de Jésus" était fondée.

 

Sceau de la Compagnie de Jésus, ou christogramme, IHS, représente les trois premières lettres de IHΣOYΣ, « Jésus » en grec, ultérieurement réinterprété comme "Ièsous hèmôn sôter", "Iesus Hominis Salvator" ("Jesus Sauveur de l'homme").

 

Quelques années plus tard, Xavier, devenu prêtre était prêt pour sa mission. Ignace le désigna pour la mission des Indes. Xavier commença par la conversion de Goa. Une mission finie, une autre l'appelait ; l'ambition du salut des âmes était insatiable dans son cœur. Il rencontra des difficultés incroyables, l'ignorance des langues, l'absence de livres en langues indigènes, les persécutions, la défiance et la rivalité des ministres païens. Xavier, par son énergie et le secours de Dieu, triompha de tout ; Dieu lui donna le don des langues, le pouvoir d'opérer des miracles sans nombre. Il évangélisa, en onze années, cinquante-deux royaumes et baptisa une multitude incalculable.

 

Son plus beau et son plus difficile triomphe fut la conquête du Japon. Il aspirait à convertir la Chine, pour rentrer en Europe par les pays du Nord, quand Dieu appela au repos cet incomparable conquérant des âmes, qu'on a justement surnommé l'apôtre des Indes et du Japon.

 

Saint-Francois-Xavier---Voyage-de-St-Francois-Xavier-en-A.PNG

 

 

Sources : 1, 2 

 

Litanies de Saint-François-Xavier

 

. Bse Inès Takeya, martyre (+ 1626)

. 188 martyrs japonais béatifiés à Nagasaki

. Ils brûlent le tabernacle mais les hosties restent intactes

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 00:00
Sainte Bibiane ou Viviane, vierge et martyre († 363)

Bibiane ou Viviane naquit à Rome. Son père (Flavien), préfet de Rome, sa mère (Dafrose) et sa soeur (Démétrie) souffrirent le martyre avant elle, sous l'empereur Julien l'Apostat.

 

Flavien, officier supérieur s'étant déclaré contre ce prince, fut jeté en prison ; il eut l'honneur d'être dégradé, privé de tous ses biens, et de tous ses emplois, marqué au front d'un fer rouge comme un esclave, il en mourut peu de temps après avec la qualité glorieuse de Confesseur et de Martyre de Jésus-Christ, en Toscane, où il avait été exilé dans un lieu que l'on appelait "l'Aquae Faurinae" aujourd'hui "Acqua pendente".

 

Sa femme Dafrose, et ses filles Bibiane et Démétrie, restaient à Rome exposées aux coups du tyran. Il ne les oublia pas. Apronien, préfet de Rome et favori de Julien l'Apostat, était aussi méchant que lui. Comme il se rendait à Rome pour prendre possession de son gouvernement, il perdit un oeil. Il crut que c'était par quelques maléfices des magiciens, c'est à dire des chrétiens; car on les appelait ainsi à cause des fréquents miracles qu'ils faisaient. Le dépit qu'il eut de cet accident lui fit décharger sa fureur sur les chrétiens, et il commença la persécution par la famille flavienne.

 

 Sainte Dafrose, mère de Bibiane, fut d'abord enfermée dans sa maison avec ses deux filles, pour les y faire mourir de faim ; mais, ce supplice lui paraissant trop lent, on l'en tira quelque temps après, par l'ordre du gouverneur Apronien, et on lui trancha la tête.

 

 On aurait pu croire qu'après la mort de leurs parents, deux jeunes soeurs Bibiane et Démétrie seraient épargnées. Quelle crainte ou quelle défiance pouvait inspirer deux jeunes filles? Il n'en fut pas ainsi. Elles avaient encore des richesses, d'ailleurs elles étaient chrétiennes. C'en fut assez pour exciter la convoitise et la colère du tyran. Il leur fut signifié qu'elles eussent à renoncer au christianisme et à adorer les dieux de l'empire; sinon elles devaient s'attendre à une mort encore plus cruelle que celle de leurs parents. Le préfet les dépouilla d'abord de tous leurs biens, puis il les envoya en prison avec ordre de les laisser manquer de tout, ne doutant point que cette épreuve de la misère et de la faim n'ébranlât leur constance et ne les disposât à céder à ses volontés. Mais Dieu les soutint par sa grâce comme cette horrible tentation de l'indigence et de la faim. Apronien, voyant que cette tentative avait mal réussie eut recours à une autre plus dangereuse. Il employa les caresses les plus flatteuses et les promesses les plus séduisantes.

 

Malgré une très longue privation de toute nourriture, elles parurent au tribunal plus fortes et plus belles que jamais : « Craignez, leur dit le juge, une mort honteuse et cruelle. » Les biens de ce monde, répondent-elles, ne peuvent plus avoir pour nous aucun attrait, nous n'aspirons qu'à posséder Jésus-Christ ; plutôt mille morts que la trahison à nos promesses ! »

 

À ces mots, Démétrie qui était encore toute jeune, tombe morte aux pieds de sa sœur. Dieu, peut-être par compassion pour elle, et pour ménager sa faiblesse, lui épargna les horreurs du supplice.

Sainte-Bibiane-ou-Viviane--vierge-et-martyre-----copie-1.jpgQuant à Bibiane, le juge la livra aux mains d'une femme de mauvaise vie, Rufine, qui après avoir promis de la faire changer de religion essaya de la pervertir ; elle employa d'abord les flatteries et les bons traitements et feignit de lui témoigner une amitié sincère ; puis bientôt elle eut recours aux menaces, aux injures et aux coups. Bibiane résista courageusement à toutes ses tentatives, elle demeura pure et digne du céleste Époux. La méchante femme dut avouer au juge Apronien qu'elle avait perdu son temps et sa peine. Celui-ci, furieux de son peu de succès, ordonna de frapper de verges la vierge chrétienne jusqu'à ce qu'elle eût rendu l'esprit. 

 

Bibiane fut donc attachée à une colonne, et les bourreaux s'acharnèrent sur son corps innocent jusqu'au moment où elle s'affaissa mourante à leurs pieds. Elle expira au bout de quelques instants, le 2 décembre 363. Son corps fut jeté à la voirie pour y être dévoré par les chiens ; mais aucune d'elles n'en approcha pendant les deux jours qu'il demeura exposé. Il est écrit que « Dieu veille sur les restes de ses saints. » Deux jours après, un prêtre courageux nommé Jean put s'emparer pendant la nuit de cette dépouille et l'ensevelir ; Il l'enterra auprès de Dafrose, sa mère, et de Démétrie, sa sœur en face du palais de Ficinius. Ce lieu fut toujours respecté des chrétiens. Depuis ils y bâtirent une chapelle sous le nom de la sainte. Cette chapelle dura jusqu'à ce que le pape Simplice la remplaça par une église qu'il éleva en son honneur. Cette église fut rebâtie et magnifiquement ornée en 1628 par le pape Urbain VIII. Il y fit la translation des corps des trois saintes qui avaient été trouvés depuis peu. Leurs précieuses reliques furent placées sous le grand autel, dans un tombeau de porphyre, et au dessus, la statue de Sainte-Bibiane, en marbre, qui passe pour un des plus beaux morceaux de sculpture qu'on voit en Italie. Le culte de Viviane était déjà en honneur à Rome au Ve siècle.  

 

Seul maître de l'Empire à partir de 361, Julien l'Apostat mourut le 26 juin 363, en livrant bataille contre les Perses. Il avait renié son baptême et, durant son rêgne éphémère, tenté d'anéantir le christianisme en lui substituant une sorte de paganisme rajeuni auquel il n'est pas sûr qu'il croyait. Il rendit leur liberté d'action à toutes les sectes chrétiennes, espérant qu'elles s'entre-détruiraient l'une l'autre, il fit des lois scolaires propres à provoquer l'apostasie des enfants chrétiens, réserva les emplois, civils et militaires aux seuls païens, frappa d'ostracisme tous ceux qui passaient pour professer la religion du Christ. Sans aller jusqu'à porter des édits sanglants contre eux il les rendit tellement odieux qu'on put souvent, çà et là, les torturer et mettre à mort impunément.

 

Sculpture Italienne - Terre Cuite - Sainte Vivienne - Sainte Bibiane - Ange (Le Bernin - Gian Lorenzo Bernini)
Héliogravure originale sur papier d'art. Anonyme. 1920

 

  

Prière*

Sainte Bibiane
tu as grandi dans une famille chrétienne
toute dévouée au Christ.
Fidèle à cet héritage si précieux
tu as continué à propager la Bonne Nouvelle
au-delà des menaces, jusqu'au don
de ta vie dans le martyre.
À ton exemple, puissions-nous demeurer
enracinés dans le Christ,
et empressés à témoigner de l'évangile.

Par ton intercession
que le Seigneur nous accorde d'accueillir
courageusement les difficultés de la vie.
Que notre foi demeure solide
afin que nous marchions avec persévérance
à la suite du Seigneur ressuscité
jusqu'au jour où Il nous réunira dans
la plénitude de son Amour
pour l'éternité des siècles.
AMEN.

Sainte-Bibiane PRIE POUR NOUS
Vous tous saints et saintes des premiers siècles PRIEZ POUR NOUS

 

 

Sources : 1, 2

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 00:00
Sainte Florence, convertie par saint Hilaire († après 360)

Martyrologe Romain : À Poitiers, après 360, sainte Florence, vierge, qui fut convertie au vrai Dieu par l’évêque S. Hilaire quand il était exilé en Asie et qui le suivit quand il revint vers les siens. [1]

 

Sainte Florence, fille spirituelle de Saint-Hilaire, qui l'avait suivi depuis la Phrygie, a vécu en ermite à Comble (commune de Celle-Lévescault) qui devint lieu de pélerinage au cours des siècles. (secteur pastoral de Vivonne)

Ses reliques se trouvent à Celle l'Evescault-86 (église romane, chapelle dédiée à Sainte-Florence de Comblé) sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.

Elle figure sur un vitrail de l'église Saint-Nicolas de Moncontour du diocèse de Poitiers.

"La tradition dit que saint Hilaire (303-367) prenait ses quartiers à Celle-l’Evescault où il avait de vastes propriétés, et où il bâtit un monastère. Sur sa propriété de Comblé, village à l’est de la commune, saint Hilaire aurait proposé à sainte Florence de se retirer pour vivre en ermite, après l’avoir consacrée à Dieu. Cette jeune fille avait suivi l’évêque Hilaire depuis la Phrygie (Turquie actuelle) où il avait été déporté par l’Empereur Constance II. Florence mena à Comblé une vie de sainteté, dans la prière et la mortification et elle mourut à l’âge de 29 ans." (source: Pèlerinage à Comblé, sur le tombeau de sainte Florence - Fondation Européenne pour la recherche sur les pèlerinages) [2]

 

 

Sources: 1, 2,

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 00:00
Saint André, Apôtre († 62), Patron de la Grèce, de la Russie et des pêcheurs

Saint André, frère de saint Pierre, est le premier des apôtres qui ait connu Jésus-Christ, aussitôt après son baptême sur les bords du Jourdain. André avait en effet été, avec Jean l'évangéliste, l'un des deux premiers disciples de Jean le Baptiste à suivre Jésus. (1)

 

Les Grecs l'appellent "Protoclet", c'est-à-dire "le premier des appelés". Toutefois son appel définitif ne date que du moment où Jésus le rencontra avec son frère Simon (Pierre), jetant les filets pour pêcher, dans le lac de Tibériade, et leur dit à tous deux : « Suivez-Moi, Je vous ferai pêcheurs d'hommes. »

 

André a donné son nom à une croix en X qui fut celle de son supplice.

 

Après la Pentecôte, André prêcha dans Jérusalem, la Judée, la Galilée, puis alla évangéliser les Scythes, les Éthiopiens, les Galates et divers autres peuples jusqu'au Pont-Euxin (Asie Mineure).

Les prêtres de l'Achaïe (Grèce) prirent soin d'envoyer aux églises du monde entier la relation de son martyre, dont ils avaient été les témoins oculaires. Menacé du supplice de la croix, il dit : « Si je craignais ce supplice, je ne prêcherais point la grandeur de la Croix. » Le peuple accourt en foule, de tous les coins de la province, à la défense de son apôtre et menace de mort le proconsul. Mais André se montre, calme la foule de chrétiens ameutés, les encourage à la résignation et leur recommande d'être prêts eux-mêmes au combat.

Le lendemain, menacé de nouveau : « Ce supplice, dit-il au juge, est l'objet de mes désirs ; mes souffrances dureront peu, les vôtres dureront éternellement, si vous ne croyez en Jésus-Christ. » Le juge irrité le fit conduire au lieu du supplice. Chemin faisant, l'apôtre consolait les fidèles, apaisait leur colère et leur faisait part de son bonheur. D'aussi loin qu'il aperçut la croix, il s'écria d'une voix forte :
« Je vous salue, ô Croix consacrée par le sacrifice du Sauveur ; vos perles précieuses sont les gouttes de son sang. Je viens à vous avec joie, recevez le disciple du Crucifié. Ô bonne Croix, si longtemps désirée, si ardemment aimée, rendez-moi à mon divin Maître. Que par vous je sois admis à la gloire de Celui qui par vous m'a sauvé. »

Il se dépouilla lui-même de ses vêtements, les distribua aux bourreaux, puis fut lié à une croix d'une forme particulière, appelée depuis croix de Saint-André. Le saint, du haut de sa croix, exhortait les fidèles, prêchait les païens, attendris eux-mêmes. Une demi-heure avant son dernier soupir, son corps fut inondé d'une lumière toute céleste, qui disparut au moment où il rendit l'âme.(2)

 

André est représenté en sautoir sur sa croix en X, appelée "decussata" en raison de sa ressemblance avec le decussis, le chiffre romain dix.

Il est invoqué pour que la vérité se fasse dans les fausses accusations, contre la coqueluche des enfants, la stérilité, les maux de gorge, la goutte, et par les filles qui veulent trouver un mari (3).

 

Sources:

(1) Jean-Christian Petitfils, Jésus, Fayard, La Flèche 2011, P. 25.

(2) http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20101130&id=8643&fd=0 

(3) Le Petit Livre des Saints, Editions du Chêne, tome 2, 2011, p. 10.

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 00:00
Saint-Saturnin-ou-Sernin.jpg

Saint Saturnin est le premier évêque de Toulouse. Son nom latin « Saturnius », a été transformé dans la langue d'Oc en « Sarni » puis francisé en « Sernin ».

 

Saturnin mourut martyrisé en 250 pour avoir refusé de se plier à l'obligation qui était faite à tous les citoyens par l'empereur romain Dèce, de sacrifier aux dieux païens.

 

Il aurait été jeté sur les marches du Capitole, le temple dédié à Jupiter qui se trouvait à l'emplacement de l'actuelle place Esquirol. Puis il fut attaché par les pieds à un taureau furieux que l'on devait immoler et traîné le long du cardo maximus (la rue Saint-Rome) jusqu'à la rue du Taur (taureau).

 

Son corps aurait été lâché à l'endroit de l'actuelle église du Taur qui s'est appelée Notre-Dame de Saint-Sernin jusqu'au XVIème siècle. C'est là que le corps aurait été enterré en cachette. 

 

À la fin du IVème siècle et au tout début du Vème l'évêque Exupère prit la décision de transférer les reliques de Saint Sernin à l'emplacement de la basilique actuelle et d'y construire un édifice.

 

Source

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 00:00
Saint Jacques de la Marche, Franciscain (1391-1476)

Saint Jacques de la Marche, Franciscain (1391-1476)

Ami de S. Bernardin de Sienne et de S. Jean de Capistran, saint Jacques de la Marche fut un grand orateur qui parcourut la Dalmatie, la Bosnie, la Hongrie, la Bohème, la Pologne et l'Italie, où il convertit des foules d'hérétiques. [1]

 

Né en 1391, il était originaire de la Marche d'Ancône (Italie); son berceau fut entouré d'une vive lumière qui présageait d'une manière évidente son glorieux avenir.

 

Quand il fut en âge de choisir un état de vie, sa première pensée fut de se faire Chartreux: mais quelques relations qu'il eut avec les Franciscains le décidèrent à entrer dans leur Ordre. Il fut, dès son noviciat, le modèle des vertus héroïques. Il ne donnait que trois heures au sommeil et passait le reste de la nuit à prier au pied du crucifix, pendant que des larmes inondaient son visage.


C'est dans la méditation des souffrances de son Sauveur qu'il puisa cette énergie surhumaine dont il montra de si beaux exemples durant ses courses apostoliques. Jamais il ne mangeait de viande; un peu de pain et quelques herbes étaient sa nourriture. Tous les jours il se donnait la discipline jusqu'au sang, et, pendant dix-huit ans, il porta sur sa chair nue un cilice avec une cotte de mailles armée de pointes de fer aiguës. Telle fut la préparation de l'apôtre.

 

Il eut d'immenses succès, en Allemagne, contre les hérétiques; dans une seule ville, deux cents jeunes gens, entraînés par ses exemples embrassèrent la vie religieuse. Une fois, les hérétiques tentèrent de l'empoisonner; mais voyant le plat se briser, au seul signe de la Croix fait par le Saint, ils s'écrièrent: "Le doigt de Dieu est là", et ils se convertirent.

 

Saint-Jacques-de-la-Marche.jpg
St Jacques de la Marche et le breuvage empoisonné

En Norvège et en Danemark, il administra le Baptême à deux cent mille personnes. La Bohème était la proie de l'hérésie. A Prague, les hérétiques, pleins d'admiration pour l'éloquence de l'apôtre, lui promirent de se convertir s'il faisait un miracle. Après avoir invoqué Dieu et fait le signe de la Croix, il avala un breuvage empoisonné sans en ressentir aucun mauvais effet.


De retour en Italie, ayant affaire à un batelier qui refusait de lui faire traverser le Pô, Jacques n'hésita pas, étendit son manteau sur le fleuve et vogua heureusement vers l'autre rive.

 

Un jour qu'il avait combattu avec véhémence le vice de l'impureté, un auditeur, qui s'était cru visé personnellement, alla se poster sur son passage, dans un sanctuaire dédié à Marie, pour l'assassiner; mais il entendit une voix irritée qui lui cria: "Malheureux! Que fais-tu en Ma présence? Tu veux faire mourir Mon serviteur et le serviteur de Mon Fils!" Le coupable, demi-mort de peur, renonça à son criminel dessein.

 

Le prodige le plus étonnant de l'illustre apôtre fut la découverte et la résurrection d'un enfant assassiné par un juif et coupé en morceaux. [2]

 

Son amour de la pauvreté allait si loin, que c'était pour lui un sujet de joie que de manquer du nécessaire. Ayant été élu archevêque de Milan, il prit la fuite, et ne voulut jamais accepter cet honneur.

 

Il rendit la santé au duc de Calabre et au roi de Naples, attaqués de maladies dangereuses. Il mourut au couvent de la Trinité, près de Naples, le 28 novembre 1479, à l'âge de quatre-vingt-dix ans. [3]

 

 

Sources:

 

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_de_la_Marche

[2] Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
http://www.magnificat.ca/cal/fran/11-28.htm ; http://www.gloria.tv/?media=364298

[3] Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p.335.

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 00:00

Les quatre semaines incluant les quatre dimanche précédant la veille de Noël correspondent au temps de l'Avent.
« Avent », du latin adventus, signifie venue, arrivée. Pour les chrétiens, ce terme classique est employé pour désigner la venue du Christ-Sauveur parmi les hommes.

Depuis le pape Grégoire le Grand, l'Avent représente la période de la préparation de la venue du Christ. Elle commence avec le 4e dimanche avant Noël et marque le début de l'année chrétienne :

« En célébrant chaque année la liturgie de l’Avent, l’Eglise actualise cette attente du Messie ; en communiant à la préparation de la première venue du Sauveur, les fidèles renouvellent leur désir ardent de son second avènement. » (Cf. Catéchisme de l’Eglise catholique).

L’introït du Ier dimanche de l’Avent est comme une feuille de route qui prise l’attitude que devra avoir le fidèle durant toute son existence terrestre : Ad te levavi animam meam... Vers toi j’élève mon âme.

Les paroles du Rorate Caeli ne résonnent plus souvent dans nos églises paroissiales durant l’Avent, mais la puissance évocatrice de sa mélodie continue de chanter dans nos cœurs pendant notre marche vers la Nuit Sainte. (Source)

Nicolaus Bruhns (1665-1697) Nun komm der Heiden Heiland (Viens maintenant, Sauveur des païens)

 

« Ne pleure point ; voici, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux. » (Ap., 5, 5)

 

 

Nun Komm der Heiden Heiland (Viens maintenant, Sauveur des païens), cantate de Bach, composée à Weimar en 1714 pour le premier dimanche de l'Avent.

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 00:00
Martyre de Sainte Catherine, peinture de Masolino da Panicale

Martyre de Sainte Catherine, peinture de Masolino da Panicale

Catherine naquit à Alexandrie, d'une famille de première noblesse. Comme elle ne se hâtait pas de recevoir le baptême, Dieu lui envoya une vision où la Sainte Vierge la présentait au divin enfant qui détournait les yeux avec tristesse, et disait : « Je ne veux point la voir, elle n'est pas encore régénérée. » À son réveil, elle résolut de recevoir promptement le baptême. Quand elle l'eut reçut, Jésus lui apparut, lui donna mille témoignages d'amour, la prit pour épouse en présence de Marie et de toute la cour céleste, et lui passa au doigt l'anneau de son alliance.

 

Catherine, douée d'une haute intelligence, suivit avec le plus grand succès les leçons des plus grands maîtres chrétiens de l'école d'Alexandrie, et acquit la science des docteurs.

 

Dans une grande fête du paganisme, célébrée en présence de l'empereur Maximien, elle eut la sainte audace de se présenter devant lui, de lui montrer la vanité des idoles et la vérité de la religion chrétienne. La fête terminée, Maximin, étonné du courage et de l'éloquence de la jeune fille, réunit cinquante des plus savants docteurs du paganisme et leur ordonna de discuter avec Catherine. Préparée par la prière et le jeûne, elle commença la discussion et fit un discours si profond et si sublime sur la religion de Jésus-Christ comparée au culte des faux dieux, que les cinquante philosophes, éclairés par sa parole en même temps que touchés de la grâce, proclamèrent la vérité de la croyance de Catherine et reçurent, par l'ordre du cruel empereur, le baptême du sang, gage pour eux de l'immortelle couronne.

Maximien, malgré sa fureur, plein d'admiration pour la beauté et les hautes qualités de Catherine, espéra la vaincre par l'ambition en lui promettant sa main. Il essuya un refus à cause de son "mariage mystique" avec le Christ.

 

Pendant deux heures l'innocente vierge subit le supplice de la dislocation de ses membres sur un chevalet, et celui des fouets. Le lendemain, Maximin, surpris de la trouver plus belle et plus saine que jamais, essaya de triompher de sa résistance. Il la fit soumettre au terrible supplice des roues, mais les roues volèrent en éclats et tuèrent plusieurs personnes. Le tyran, confus de tous ces prodiges, ordonna de lui trancher la tête.

 

Avant de mourir, elle avait demandé et obtenu deux choses de son divin Époux : que son corps fût respecté après le supplice, et que l'ère des persécutions prît bientôt fin. Plus tard, son corps fut transporté par les anges sur le mont Sinaï. Les souvenirs bibliques attièrent au Sinaï de nombreuses colonies monastiques dès le IVe siècle. La plus célèbre fut celle de l'abbaye Sainte-Catherine fondée par l'empereur Justinien en 527. La Tradition nous assure que des moines découvrirent le corps de la jeune femme. La dévotion à sainte Catherine est une des plus répandues en Europe,  compris dans les églises orthodoxes.

 

Beaucoup d'églises contenaient sa statue (entre autres celle de Domrémy-la-Pucelle, le village natal de Sainte Jeanne d'Arc), ou un portrait figurant le plus souvent une roue.

 

À 13 ans, sainte Jeanne d'Arc entendit les voix des sainte Catherine d'Alexandrie, de Marguerite d'Antioche (Jean-Baptiste Roussot, Les deux voix de Sainte Jeanne d'Arc: Sainte Catherine d'Alexandrie, Sainte Marguerite d'Antioche) et de l'archange saint Michel lui demandant d'être pieuse, de libérer le royaume de France de l'envahisseur et de conduire le dauphin sur le trône.

 

De très nombreuses corporations se sont placées sous le patronage de sainte Catherine d'Alexandrie. Celles qui utilisaient des mécanismes comportant des roues, et celles de l'intellect.

 

La Sorbonne eut, entre autres saints, Ste Catherine d'Alexandrie comme patronne.

 

L'Ordre de la Très Sainte Trinité, ordre religieux fondé en 1193 pour le rachat des captifs chrétiens pris par les barbaresques, vénère Catherine comme sainte patronne. 

 

Attributs: anges, anneaux d'or, colombe, enfant, épée du martyre, roue brisée à pointes.

 

Sources : 1; 2; Christophe RENAULT, Les Saints et leurs attributs, Histoire de l'Art, Mémo Gisserot, Editions Jean-Paul Gisserot, Luçon 2009, p. 20.

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 00:00
Sainte Flora par Le Titien

Sainte Flora par Le Titien

Dans le califat de Cordoue, tous les chrétiens et ceux qui leur donnaient asile étaient condamnés à mort. La jeune Flora, repoussée de toute part, se réfugia dans une église et y rencontra Maria, elle aussi traquée. Ensemble, elles se rendirent au tribunal où elles dénoncèrent toutes deux l'Islam; elles moururent décapitées, martyres sous le règne d'Abd al-Rahman II, le 24 novembre 851. Maria fut exécutée pour blasphème et Flora pour apostasie.

 

Flore née d'un père musulman et d'une mère chrétienne, la loi islamique faisait d'elle une musulmane mais, en secret, elle avait été élevée dans la foi chrétienne. Son propre frère s'aperçut de ses convictions chrétiennes et la dénonça au juge (le cadi). Elle fut condamnée à être battue de verges. Elle reçut des coups qui la blessèrent à la tête et lui découvrirent les os du crâne. Puis on la remit à son frère pour qu'il la persuade de revenir à l'islam car elle était tenue pour avoir abjuré cette religion et elle méritait, à ce titre, la mort. Flore réussit à tromper la vigilance de son frère et à s'échapper. Elle trouva refuge à Ossaria, chez une sœur où elle put reprendre des forces. Après quelques jours, elle revint à Cordoue pour aller prier publiquement dans l'église Saint-Ascicle, un martyr des premiers siècles. Là, elle rencontra Marie, la sœur du diacre Valabonse qui venait tout récemment de recevoir la couronne du martyr. Les deux vierges, remplies de zèle, décidèrent de se présenter ensemble devant le juge pour confesser leur foi. Elles furent d'abord emprisonnées dans un cachot obscur peuplé de femmes grossières. C'est pour elle que l'évêque de la ville, Euloge de Cordoue rédigea son Exhortation au martyre. Après un dernier interrogatoire, elles furent décapitées pour avoir selon le juge et selon la loi abjuré l'islam et embrassé la foi chrétienne.

 

(Source: Alban Butler, Vie des pères, des martyrs et des autres principaux saints, traduit en français par l'abbé Godescard, Toulouse, 1808.)

 

Sources: 1; 2 ; 3

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 00:00
Saint Clément, Pape (Ier siècle), Patron des marins

Saint Clément était né à Rome. Riche, instruit, ardent à chercher la vérité, il trouva dans la religion chrétienne la satisfaction entière des exigences de sa raison et des aspirations de son âme. Non seulement il se fit chrétien, mais il seconda les apôtres dans la prédication de l'Évangile ; et saint Paul, dans son épître aux Philippiens, rappelant les travaux de Clément, assure que son nom est écrit au Livre de vie. Cet attachement de Clément aux apôtres, ce zèle qu'il montra pour la foi, l'on fait appeler par les Pères homme apostolique.

 

Élevé à l'épiscopat par saint Pierre, il devait être son troisième successeur, vers l'an 91 (liste des papes). 

Clément vit la chute et la mort de Néron, ainsi que la prise et la ruine de Jérusalem (70).

Sous l'empereur Vespasien (69-79), Clément fut conduit au tribunal du préfet Mamertinus qui demeura émerveillé de la sagesse de ses réponses. On provoqua une émeute au sujet de Clément ; et dans le trouble qui s'ensuivit, les uns disaient : « Quel mal a-t-il fait ? ou plutôt quel bien n'a-t-il pas fait ? Les malades qui reçoivent sa visite sont guéris; quiconque l'aborde accablé de tristesse s'en retourne le coeur joyeux, il ne fait de mal à personne et fait du bien à tout le monde. » Les autres, poussés par l'esprit du diable, s'écriaient : « C'est de la magie, il détruit ainsi le culte de nos dieux, car il nie la divinité de Jupiter ; il appelle Hercule un esprit immonde; la sainte déesse Vénus, une prostituée ; quant à Vesta, il dit faussement qu'elle a été brûlée. Il parle de même de la très sainte Minerve; et encore de Diane, de Mercure, de Saturne, de Mars; enfin, il couvre d'opprobres tous les noms de nos dieux et leurs temples. Qu'il sacrifie ou qu'il meure. »  : « Que Clément sacrifie aux dieux ou soit exilé en Chersonèse ! » Quelle ne fut pas la joie du saint exilé, de trouver dans ce lointain pays deux mille chrétiens depuis longtemps condamnés par sentence juridique, et occupés à travailler le marbre. A la vue du saint et célèbre évêque Clément, la consolation de ces chrétiens fut indicible, tous s'approchèrent de lui avec des gémissements et des pleurs ; ils disaient : « Prie pour nous, saint pontife, afin que nous devenions dignes des promesses du Christ. » Clément, ayant appris qu'ils avaient été déportés pour leur foi en Dieu, répondit : « Dieu, leur dit l'humble pontife, m'a fait une grâce dont je n'étais pas digne, en m'envoyant au milieu de vous. Ce n'est point sans raison que le Seigneur m'a conduit en ces lieux : c'est afin que, prenant part à vos souffrances, je puisse partager vos couronnes, vous apporter des consolations et vous donner l'exemple de la patience. »

Mamertinus, préfet de la ville, ne pouvant tolérer cette sédition, se fit amener Clément. Il le dévisagea et dit : « Je sais que tu es de race noble, ainsi que me l'atteste le peuple. Mais tu as embrassé l'erreur, et tu rends un culte à je ne sais quel Christus, sans honorer les dieux qu'on vénère dans les temples. Renonce donc à toute vaine superstition, et honore les dieux. »

Clément dit : « Je désirerais que Ton Excellence, dans sa sagesse, voulût bien écouter ma défense, et considérer que, si je suis accusé, ce n'est point à cause d'une émeute, mais pour la doctrine que je prêche. Car si, semblables à une meute de chiens, ils aboient contre nous et nous mettent en pièces, ils ne peuvent du moins empêcher que nous ne soyons des hommes raisonnables ; quant à eux, ils sont toujours des êtres sans raison. Toute sédition a pour auteurs des ignorants, ce qui fait qu'on ne peut avec sûreté l'embrasser et qu'elle est dépourvue de justice et de vérité. Que le silence se rétablisse, ce repos qui donne à un homme la facilité de se recueillir ; dans cet état, il pourra trouver le Dieu véritable et lui engager sa foi. »

Mamertinus envoya à l'empereur Trajan ce rapport sur Clément. « Le peuple ne cesse d'assaillir Clément de cris séditieux; mais on ne saurait alléguer de témoignage digne de créance contre sa conduite. » Trajan répondit qu'on devait l'obliger à sacrifier ou le reléguer au delà du Pont-Euxin, dans une ville perdue de la Chersonèse

 

Les généreux confesseurs de la foi, au milieu de leurs rudes travaux, étaient souvent privés d'eau et devaient aller la chercher à une très forte distance. Plein de confiance en Dieu, Clément dit aux chrétiens : « Prions le Seigneur, qui a fait jaillir l'eau d'un rocher du désert ; il nous viendra en aide. » Il se mit donc en prière, et bientôt, levant les yeux, il aperçut sur la colline un agneau blanc comme la neige, qui de son pied droit indiquait une source d'eau vive jaillissant soudain. À partir de ce jour, les martyrs eurent de l'eau en abondance. La nouvelle de ce miracle fit une grande impression dans tout le pays, les conversions se multiplièrent, des églises se bâtirent, et quelques années plus tard le paganisme était complètement détruit.

 

Saint Clément nous a laissé dans ses lettres le plus charmant tableau de ses missions apostoliques.

 

Ce fut seulement sous Trajan, après plus de vingt ans d'exil, que le saint Pape, devenu très suspect à cause de son zèle et de ses succès, fut précipité au fond de la mer, une ancre au cou.

 

On envoya sur les lieux le préfet Aufidianus. Il fit d'abord périr un grand nombre de fidèles par divers genres de supplices. Voyant qu'ils s'offraient tous avec joie au martyre, il épargna la multitude et ne réserva que le bienheureux Clément, espérant le contraindre à sacrifier. Mais, le voyant si ferme dans la foi au Seigneur, et craignant de ne pouvoir jamais lui faire changer de sentiment, il dit à ses satellites : « Qu'on le mène au milieu de la mer, qu'on lui attache une ancre au cou, et qu'on le précipite au fond, de peur que les chrétiens ne l'honorent comme un Dieu. » L'ordre exécuté, toute la multitude des chrétiens se rendit au rivage, priant sur la plage, avec des cris et des lamentations. Alors les disciples du saint martyr, Cornelius et Phoebus, leur dirent : « Prions tous ensemble, afin que le Seigneur daigne nous montrer les reliques de son martyr. » Pendant que le peuple priait, la mer se retira d'elle-même à la distance de trois milles. Et le peuple s'étant avancé sur le terrain laissé à sec, on trouva un édifice ayant la forme d'un temple de marbre, construit par les anges; et dans un tombeau de pierre reposait le corps du bienheureux Clément, disciple de l'apôtre saint Pierre. L'ancre avec laquelle il avait été submergé était placée près de lui. Ses disciples furent avertis par une révélation de ne point enlever le corps; et l'oracle céleste,ajouta que désormais tous les ans, le jour du combat du saint martyr, la mer se retirerait pendant sept jours, et qu'on y pourrait marcher à pied sec. Ce qu'il a plu au Seigneur d'accomplir jusqu'à ce jour pour la gloire de son nom.

 

Les marins ont pris saint Clément pour patron.

 

Sources : 1; 2; 3

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 00:00
Sainte Cécile, vierge et martyre († 230)

Jeune sainte qui souffrit le martyre sous l'empereur Alexandre Sévère, Cécile est l'une des fleurs les plus suaves de la virginité chrétienne. Elle voua sa vie très jeune à Dieu; mariée de force vers l'âge de quinze ou seize ans, elle continua à respecter son vœu de virginité.

 

L'histoire de Sainte Cécile, qui n'est pas dénuée de beauté et de mérite, est construite en partie de légendes. La romance de Cécile et Valérien est connue depuis la légendaire passion de Cécile écrite en 535. Toutefois, son nom, le fait qu'elle fonda une église et qu'elle fut enterrée dans une crypte des catacombes de saint Callixte, le contexte tout comme l'existence d'un Valérien et d'un Tubercius, tous faits historiquement vérifiables à son sujet, il est certain que cette vie de saint est basée sur quelques faits réels. C'est l'un des martyrs des débuts de l'Église les plus vénérés, mentionné dans le canon de la messe depuis 496.

  

Fille d'un illustre patricien de la famille des Caecilii, dont sont issus beaucoup de sénateurs, seule chrétienne de sa famille, alors qu'elle eût consacré sa virginité à Jésus-Christ, elle dut se résigner à sortir de la maison paternelle, où elle vivait dans la prière, lecture des livres saints et le chant des cantiques, pour épouser le jeune Valérien, homme que ses parents lui choisirent, noble et bon, connu pour être de grande compréhension, mais païen. 

 

Le soir des noces, quand les époux se trouvèrent seuls, Cécile s'adressa doucement à Valérien : « Ami très cher, lui dit-elle, j'ai un secret à te confier : mais peux-tu me promettre de le garder ? » Ayant reçu le serment du jeune homme, elle reprit :
 « Écoute. Un ange de Dieu veille sur moi, car j'appartiens à Dieu. S'il voit que tu m'aimes d'un mauvais amour, il me défendra, et tu mourras ; mais si tu respectes ma virginité, alors il t'aimera comme il m'aime, et sa grâce s'étendra aussi sur toi. » Troublé, Valérien répondit : « Cécile, pour que je puisse croire à ta parole, fais-moi voir cet ange.
- Si tu crois au vrai Dieu et si tu reçois le baptême des chrétiens, tu pourras voir l'ange qui veille sur moi. »

 

Valérien accepta la condition, se rendit près de l'évêque Urbain (Urbanus), à trois milles de Rome (non le pape homonyme) lut l'évangile selon Luc, fut instruit, reçut le baptême et revint près de Cécile. Près d'elle, il aperçut un ange au visage lumineux, aux ailes éclatantes, qui tenait dans ses mains deux couronnes de roses et de lis, et qui posa l'une de ces couronnes sur la tête de Cécile, l'autre sur la tête de Valérien, et leur dit : « Je vous apporte ces fleurs des jardins du Ciel. » Les deux jeunes époux vécurent dans la chasteté et se dévouèrent aux bonnes oeuvres. 

 

Valérien avait un frère nommé Tiburce ; au récit de ces merveilles, il abjura les idoles et se fit chrétien. Valérien et Tiburce s'employèrent à donner des sépultures aux corps des martyrs que le préfet Amalchius faisait tuer comme criminels. Les deux frères furent bientôt dénoncés, demeurèrent invincibles dans la confession de leur foi et eurent la tête tranchée. Maximus, l'officier chargé de rendre la sentence, après avoir vu une apparition de martyrs, se convertit soudainement à la religion chrétienne et subit le même sort. Les trois hommes furent exécutés aux alentours de Rome. Cécile parvint à racheter les corps et les ensevelit au cimetière Praetextatus, sur la Via Appia.

 

Cécile ne tarda pas à comparaître elle-même devant le tribunal du préfet de Rome. Son interrogatoire, que Dom Guéranger tenait pour authentique, a des accents d'une hauteur telle qu'il méritait d'être cité. 

 

- « Jeune femme, quel est ton nom ? lui dit-il.

- Caecilia.

- Ta condition ?

- Libre, patricienne, clarissime.

- Je te parlais de ta religion.

- Ta question manquait donc de clarté puisqu'elle donnait lieu à double interprétation.

- D'où peut te venir une pareille assurance ?

- D'une conscience pure et d'une foi qui ne se cache pas.

- Ignores-tu de quels pouvoirs je dispose ?

- Le pouvoir de l'homme ressemble à une outre pleine de vent. Perce l'outre; elle se dégonfle. Tout ce qui ressemblait à de la consistance s'est envolé!

- Tu as commencé par l'insolence et tu continues sur le même ton!

- Il n'y a d'insolence que pour ceux qui affirment des choses erronées. Démontre-moi que j'ai dit une sottise; je conviendrai de mon insolence. Sans quoi, tes reproches sont une pure calomnie.

- Ne sais-tu pas que j'ai sur toi pouvoir de vie et de mort ! 

- Non tu te trompes. Tu n'as que le pouvoir de me tuer. Tu ne peux rendre la vie aux morts. Et si tu soutiens le contraire, tu mens ! » Elle conclut, en désignant les statues des dieux qui président aux audiences :

-  « Ces statues en pierre seraient plus utiles si on les jetait dans un four pour en faire de la chaux. Elles s'usent dans l'oisiveté et ne sont pas plus capables de se défendre elles-mêmes des flammes que de t'arracher, toi, à la perdition. »

 

Auparavant, sans illusion sur le sort qui l'attendait, la jeune veuve confia tous ses biens au pape Urbain et lui recommanda ceux qu'elle avait convertis, ainsi que sa maison pour en faire une église : elle subsiste aujourd'hui, c'est Sainte Cécile du Trastevere, à Rome. Le préfet la fit reconduire chez elle et ordonna de la laisser mourir dans la salle de bains embrasée de vapeurs ; Dieu renouvela pour elle le miracle des Hébreux dans la fournaise. Le bourreau vint pour lui trancher la tête ; mais il le fit si maladroitement, qu'elle ne mourut que trois jours après. Touchés par son exemple, ses parents et sa famille embrassèrent la foi pour laquelle elle avait choisi de mourir (c'est probablement à cette conversion familiale qu'il faut rapporter les quatre cents convertis de sainte Cécile dont parle la passion. Si l'on compte les affranchis et les esclaves, le nombre n'a rien d'incroyable).

 

Un évènement assez rare sinon exceptionnel conforte la dévotion autour de sainte Cécile, en apportant à sa sainteté un cachet de parfaite authenticité : la découverte, lors de la seconde invention des reliques, en 1599, de son corps intact, préservé des lois ordinaires de la décomposition. En 1590, le titre de Santa Cecilia au Transtévère appartenait au cardinal Paolo Emilio Sfondrate, disciple de saint Philippe Néri et neveu du pape Grégoire XIV. La vieille basilique dont il était titulaire était en mauvais état et nécessitait des travaux de restauration urgents. Mgr Sfondrate s'y employa. Or, au cours de ces travaux, le 20 octobre 1599, des ouvriers mirent au jour, sous l'autel principal, deux tombeaux de marbre blanc. Bon connaisseur de l'histoire de la Ville, le cardinal ne se posa pas de question : il s'agissait des sépultures données en 817 par le pape Pascal Ier à la martyre et à ses compagnons. A cette date en effet, le souverain pontife, navré des déprédations répétées dont les catacombes avaient fait l'objet depuis les premières invasions barbares au Ve siècle, prit la décision de ramener intra muros le plus possible de martyrs de l'Antiquité, les mettant à l'abri des pillages. Cécile, enterrée sur la Via Appia, et dont on craignait que la sépulture ait été profanée pendant les guerres lombardes, avait été l'une des premières mise en sûreté. Elle repose depuis dans la basilique élevée à l'emplacement de sa maison, au Transtévère. Près d'elle, son époux, Valérien, son beau-frère Tiburce, et le sous-officier Maxime qu'ils avaient converti, ainsi que deux souverains pontifes, Urbain et Lucius. Mgr Sfondrate n'eut aucun doute sur l'identité des martyrs, mais il se souvint de ce que rapportait la Tradition. A l'ouverture du tombeau, le pape Pascal Ier avait trouvé, dans le sarcophage des trois hommes, ce qu'ils s'attendait à y découvrir après plus de sept siècles : quelques ossements. Mais, dans celui de Cécile...

 

Sainte Cécile

Mgr Sfondrate fit ouvrir les sépultures. Dans l'une, les restes des trois saints, en effet, moins le chef de Valérien, que Pascal Ier avait retiré. Dans la seconde... Sous le drap de soie précieuse dont le pape, au IXe siècle, recouvrit la dépouille, une jeune fille étendue. Son corps préservé de toute trace de corruption, on eut cru qu'elle dormait, et non qu'elle était morte. Elle portait encore une robe blanche brochée d'or, un vêtement de patricienne, couvert de taches sanglantes, tout comme les linges posés à ses pieds. Selon l'usage, les fidèles qui l'ont ensevelie ont recueilli précieusement le sang qui coulait des plaies de la martyre. Ces plaies, elles sont trois, comme le rapportait la passion, trois blessures portées à la gorge par la main d'un bourreau si tremblant qu'il fut incapable d'achever sa besogne et laissa Cécile mourante étendue sur le sol. La tête était presque détachée du tronc, et ce détail explique pourquoi, lorsque l'on a couché la défunte dans le cercueil, le corps avait pris cette position étrange dans laquelle la mort l'avait trouvée, couché sur le côté mais le visage tourné vers le fond. L'index gauche était demeuré dressé, ainsi que trois doigts à la main droite. Sfondrate et les témoins de l'invention des reliques, saisis, se souvinrent de cette mention de la passion : Cécile, égorgée, incapable de parler, agonisante, avait eu encore la force d'esquisser ce geste, ultime confession du mystère de la Sainte Trinité. Dieu en trois personnes.

Pour contempler le visage de la sainte, il eut fallu le retourner. Et la toucher. Confondus de respect, aucun de ces hommes n'osa porter une main qu'ils eurent estimé sacrilège sur la vierge martyre. Aucun de ceux qui viendront la vénérer ne l'osera, pas même le pape Clément VIII. Cécile sera recouchée dans sa tombe, après qu'un sculpteur en renom, Maderno, sera venu prendre des esquisses de son corps, qui serviront à l'admirable statue témoin du miracle.

   

Le Martyre de sainte Cécile, par Maderno ,

représentant fidèlement la martyre baignant dans son sang comme elle tomba après les coups et telle qu'on la trouva lors de l'ouverture de sa tombe en 1599.

   

Lors de nouvelles fouilles archéologiques, réalisées en 1902, le sarcophage ne fut pas rouvert, ce qui ne permit pas d'opérer des vérifications plus scientifiques. Cela n'ôte rien à la sincérité et à la probité des témoignages recueillis au IXe et au XVIe siècles. (Source : Anne BERNET, Les Chrétiens dans l'Empire romain, des persécutions à la conversion Ier - IVe siècle, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 183-190)

 

Actuellement Cécile et Valérien sont à nouveau réunis pour l'éternité. Leurs reliques ainsi que celle de St Urbain se trouvent dans une voûte somptueuse sous le grand autel de l'église Sainte Cécile de Trastevere qui lui a été dédiée par Sfondrati.

 

Sainte Cécile est la patronne des musiciens, des chanteurs, luthiers et des autres fabricants d'instruments de musique.

 

Tandis que les instruments de musique retentissaient pour ses noces, Cécile chantait pour Dieu dans son cœur. Il faut ajouter qu’à la fin du Moyen-Age, on attribuait à Sainte Cécile, la composition de plusieurs hymnes, et c’est ainsi que  chanteurs et musiciens se placèrent sous son patronage au XVème siècle.

 

On la représente avec une couronne de fleurs, un plant de lys, un instrument de musique et une épée.

 

Depuis le XVème siècle, l'emblème de Sainte Cécile est devenu l'orgue. Sur des représentations imagées, elle y est figurée avec un orgue, une harpe ou un autre instrument de musique. Auparavant elle était couronnée de roses, portant une palme ou occupée à convertir son mari Saint Valérien, etc...

 

Les plus anciennes images de Cécile sans instruments de musique ont été trouvées au VIème siècle sur des fresques romaines dans les catacombes de St Callixte.

 

Après qu'elle fut peinte par Raphaël en organiste, son image est devenue un sujet favori pour les vitraux.

 

Raphaël, Le Dominiquin ou encore Carlo Dolci ont peint des tableaux de sainte Cécile.

 

Dryden a composé en son honneur une ode célèbre ainsi qu'Henry Purcell en 1692 avec l'ode à sainte Cécile Hail! Bright Cecilia.

 

Le compositeur hongrois Franz Liszt a composé une œuvre chorale nommée La légende de sainte Cécile en 1874.

 

Plus récemment, l'Estonien Arvo Pärt  a composé Cecilia, vergine romana en 2000, oeuvre pour choeur mixte et orchestre pour l'Académie nationale de Sainte-Cécile  de Rome.

 

 

 

 

 

 

Sources

 

1; 2; 3; 4; Anne Bernet, Les Chrétiens dans l'Empire romain, des persécutions à la conversion Ier - IVe siècle, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 183-190.

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 00:00
Présentation de la Vierge Marie - Mémoire

Les parents qui aiment Dieu lui ont, de tout temps, consacré leurs enfants, avant et après leur naissance. Parmi les Juifs, existait de plus l'usage de consacrer quelques fois à Dieu les enfants en bas âge ; on les amenait au Temple, où avait lieu la cérémonie de la consécration, puis ils habitaient dans les dépendances du Temple et servaient les prêtres et les lévites dans leurs fonctions. Nous avons des exemples de cette consécration spéciale dans la personne de Samuel et de quelques autres saints personnages. Il y avait aussi des appartements pour les femmes dévouées au service divin. 

L'évangile ne nous apprend rien de l'enfance de Marie ; son titre de Mère de Dieu efface tout le reste. Mais la tradition est plus explicite ; elle nous apprend que la Sainte Vierge, dans son enfance, fut solennellement offerte à Dieu dans son temple. Cette présentation est le sujet de la fête qu'on célèbre aujourd'hui. Où mieux que loin du monde, dans l'enceinte du temple, Marie se fût-elle préparée à sa mission ? Douze années de recueillement, de prière, de contemplation, telle fut la préparation de l'élue de Dieu.

Voici, d'après saint Jérôme, comment se divisait la journée de Marie au temple : depuis l'aurore jusqu'à 9 heures du matin, Elle priait ; de 9 heures à 3 heures elle s'appliquait au travail des mains ; ensuite elle se remettait à la prière, jusqu'au moment où arrivait sa nourriture. Marie, au jour de sa présentation, nous apparaît comme le porte-étendard de la virginité chrétienne. Après elles, viendront des légions innombrables de vierges consacrées au Seigneur, dans le monde ou à l'ombre des autels ; Marie sera leur éternel modèle, leur patronne dévouée, leur guide sûr dans les voies de la perfection. (1)

 

http://p5.storage.canalblog.com/56/72/249840/21110725_p.jpg

La fête de la présentation de la Vierge Marie au Temple est célébrée en Orient depuis le VIe siècle. Elle semble liée à la dédicace de l’église de Sainte-Marie-la-Neuve à Jérusalem (543). Elle est devenue une des douze grandes fêtes de la liturgie byzantine :

 

« Après ta naissance, divine Fiancée, tu fus présentée au Temple du Seigneur pour être élevée dans le Saint des Saints comme une Vierge sanctifiée » (Lucernaire).

 

Rome montra plus de réserve à l’égard de la tradition suivant laquelle, Marie, à l’âge de trois ans, aurait été présentée au Temple de Jérusalem pour y prier et servir Dieu et se préparer ainsi à sa grande vocation. Cette hypothèse est proposée dans l’Evangile apocryphe intitulé le Protévangile de Jacques, composé probablement en Egypte au milieu du IIe siècle. L’Eglise n’a pas retenu cet ouvrage comme canonique, en raison de sa datation tardive et du merveilleux qui y foisonne. Cependant, ce récit qui se présente comme l’œuvre de Jacques le Mineur est déjà évoqué par saint Justin (mort vers 165) dans le Dialogue avec Tryphon et Origène s’y réfère explicitement dans son Commentaire de S. Matthieu. Il s’agit de la plus longue glose sur des événements qui précèdent les récits évangéliques (d’où le nom « protévangile »). Cet apocryphe raconte avec détails la conception de Marie, sa présentation à trois ans et son enfance au Temple, ses fiançailles à treize ans avec Joseph - un veuf âgé - puis la naissance de Jésus. Précisons que l’on chercherait en vain une obligation particulière dans la Loi de Moïse qui justifierait la présentation d’une enfant de cet âge au Temple.

Introduite en Avignon au XIVe siècle, la fête de la Présentation est reconnue par le pape Grégoire XI en 1372. Elle ne sera cependant inscrite au calendrier liturgique d’Occident qu’en 1585, par le pape Sixte V, eu égard à l’interprétation symbolique qu’on peut en donner : Marie est le modèle de l’Eglise, qui comme elle, se consacre au service de son Dieu par un don total de tout son être. La Vierge est aussi le véritable Temple où Dieu établira sa demeure au moment de l’Annonciation, préfigurant ainsi la Jérusalem céleste dont l’Agneau qui demeure en son milieu, est l’unique flambeau (Ap 21,23). Cette fête établit ainsi un lien entre le Temple ancien de pierre, et l’Arche de la Nouvelle Alliance, le sein très pur de la Vierge, sur laquelle descendra bientôt la shekinah, la gloire du Dieu vivant.

Prolongeant notre méditation à la lumière de l’enseignement de Saint Paul : « Vous êtes le temple de Dieu » (1 Co 3,16), il apparaît juste et bon de « prendre chez nous » (Jn 19,2) Marie, afin qu’elle continue dans le Temple de nos cœurs, le service du Dieu vivant auquel elle s’est consacrée dans le Temple de Jérusalem dès sa petite enfance.

« Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère. » Nul doute que Marie se dévoue toute entière à porter aux hommes les grâces du salut obtenues par son Fils, afin que s’accomplisse la volonté du Père, qui « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Ti 2, 4). Elle nous aidera aussi à discerner quelle est notre part dans ce travail d’enfantement du monde nouveau, et à l’accomplir dans la paix et la joie de l’Esprit.

Quelques jours avant le commencement de l’Avent, tournons donc résolument notre pensée vers la Mère de Dieu, dont l’humble et silencieuse attente demeure le modèle de notre propre attente pendant ce temps liturgique. La fête de la présentation de Marie au Temple est aussi traditionnellement la Journée des religieuses contemplatives, dont la vie incarne la patiente vigilance de l’Eglise guettant le retour de son Epoux. Mais cette perspective ne doit-elle pas aimanter toute vie chrétienne, quel que soit notre état de vie ?

 

« O Marie, enfant chérie de Dieu, que ne puis-je vous offrir et vous consacrer les premières années de ma vie, comme vous vous êtes offerte et consacrée au Seigneur dans le Temple ! Mais hélas ! Ces premières années sont déjà bien loin de moi ! J’ai employé un temps si précieux à servir le monde et vous ai oubliée en écoutant la voix de mes passions. Toutefois il vaut mieux commencer tard à vous servir que de rester toujours rebelle. Je viens donc aujourd’hui m’offrir tout entier à votre service, et consacrer à mon Créateur, par votre entremise bénie, le peu de jours qu’il me reste encore à passer sur la terre. Je vous donne mon esprit, pour qu’il s’occupe de vous sans cesse, et mon cœur, pour vous aimer à jamais. Accueillez, ô Vierge Sainte, l’offrande d’un pauvre pécheur ; je vous en conjure par le souvenir des ineffables consolations que vous avez ressenties en vous offrant à Dieu dans le Temple. Soutenez ma faiblesse, et par votre intercession puissante obtenez-moi de Jésus la grâce de lui être fidèle ainsi qu’à vous, jusqu’à la mort, afin qu’après vous avoir servie de tout mon cœur pendant la vie, je participe à la gloire et au bonheur éternel des élus. Amen »

Saint Alphonse-Marie de Ligori. (2)

http://vitrail.ndoduc.com/vitraux/img1/02_P1210584.JPG

 

Vitrail Présentation de la Vierge Marie au Temple, Cathédrale Saint Étienne - Meaux - 77 - FR

 

Sources: 1, 2

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 00:00
Christ-Roi (Fête)

A Lui seul soit le gouvernement

 

La louange et la joie

 

Jusqu'à l'accomplissement des temps. Amen !

 

Les jours meilleurs arrivent !

 

Les bons temps arrivent !

 

Par le rachat du Sang du Christ !

 

Maintien dans la joie

 

Félicitations !

 

Et bonne fortune !

 

La Paix du Christ vient

 

Le Règne du Chrits arrive

 

Rendons grâce à Dieu. Amen.

 

21. Les Etats, à leur tour, apprendront par la célébration annuelle de cette fête que les gouvernants et les magistrats ont l'obligation, aussi bien que les particuliers, de rendre au Christ un culte public et d'obéir à ses lois. Les chefs de la société civile se rappelleront, de leur côté, le dernier jugement, où le Christ accusera ceux qui l'ont expulsé de la vie publique, mais aussi ceux qui l'ont dédaigneusement mis de côté ou ignoré, et punira de pareils outrages par les châtiments les plus terribles."

(
Pie XI, Lettre encyclique Quas Primas instituant la fête du Christ-Roi, § 21., 1925)


La Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ (Cardinal Pie)
 
P. THEOTIME DE SAINT JUST O.M.C.
LECTEUR EMERITE EN THEOLOGIE
LA ROYAUTÉ SOCIALE DE N. S. JESUS-CHRIST D’APRÈS LE CARDINAL PIE

 

Image du Christ, Roi des Nations; extrait de la magnifique tenture de l'Apocalyspe exposée au chateau d'Angers, rescapée des destructions de la Révolution dite française.(Merci aux divers responsables qui ont permis la mise en valeur de ce trésor)
Image du Christ, Roi des Nations; extrait de la magnifique tenture de l'Apocalyspe exposée au chateau d'Angers, rescapée des destructions de la Révolution dite française.(Merci aux divers responsables qui ont permis la mise en valeur de ce trésor)

 

{Editions de Chiré BP 1 86190 Chiré en Montreuil 05 49 51 83 04 /
Editions Sainte jeanne d'Arc les Guillots 18260 Villegenon 02 48 73 74 22 }


«JESUS-CHRIST EST LA PIERRE ANGULAIRE DE TOUT L'EDIFICE SOCIAL. LUI DE MOINS, TOUT S'EBRANLE, TOUT SE DIVISE, TOUT PERIT...»

«METTEZ DONC AU CŒUR DE NOS CONTEMPORAINS, AU COEUR DE NOS HOMMES PUBLICS, CETTE CONVICTION PROFONDE QU'ILS NE POURRONT RIEN POUR LE RAFFERMISSEMENT DE LA PATRIE ET DE SES LIBERTES, TANT QU'ILS NE LUI DONNERONT PAS POUR BASE LA PIERRE QUI A ETE POSEE PAR LA MAIN DIVINE : PETRA AUTEM ERAT CHRISTUS ».

«JESUS-CHRIST, C'EST LA PIERRE ANGULAIRE DE NOTRE PAYS, LA RECAPITULATION DE NOTRE PAYS, LE SOMMAIRE DE NOTRE HISTOIRE, JESUS-CHRIST, C'EST TOUT NOTRE AVENIR... » (CARDINAL PIE : ŒUVRES , V, 333 ; VIII, 54 ; X, 493).

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 00:00
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/71/Elisabeth_elisabeth02.jpg/448px-Elisabeth_elisabeth02.jpg
Sainte Élisabeth de Hongrie († 1231)

Baptisée du nom de la mère de Jean-Baptiste, Elisabeth est la fille du roi de Hongrie. Elle naît en 1207.

Après une enfance tout angélique, elle fut fiancée au jeune prince Louis de Thuringe. Son mariage se révéla très heureux, les deux époux partageant le même idéal, celui de saint François d'Assise au service des pauvres. Dès lors Élisabeth donnait tout ce qu'elle avait à ces derniers. Sa piété, son amour de Dieu la poussait au sacrifice.

Les deux jeunes époux, unis par la foi encore plus que par la tendresse, eurent toujours Dieu comme lien de leur affection. Louis était un prince éminent par ses vertus et sa sagesse. La dévotion d'Élisabeth n'était ni triste, ni exagérée ; on ne la voyait jamais qu'avec un visage doux et aimable.

Elle aimait à porter aux pauvres de l'argent et des provisions. Un jour qu'elle portait dans son manteau du pain, de la viande, des œufs et autres mets destinés aux malheureux, elle se trouva tout à coup en face de son mari : « Voyons ce que vous portez » dit-il ; et en même temps il ouvre le manteau ; mais il n'y avait plus que des roses blanches et rouges, bien qu'on ne fût pas à la saison des fleurs. C'est le miracle de sainte Élisabeth de Hongrie.

Quelle douleur pour Élisabeth, quand son mari partit pour la croisade ! Elle souffrit avec courage cette séparation qui devait être définitive. Élisabeth restait veuve avec quatre enfants. Alors commença sa vie d'épreuves. Chassée du château, réduite à la pauvreté la plus entière, méprisée, elle sut se complaire en ses souffrances, et mourut à vingt-quatre ans sous l'habit du Tiers Ordre de S. François.

On représente souvent Elisabeth portant sa couronne et un panier de provisions. La rose est son emblème.

 

 

 

Elle est un des principaux personnages de l'opéra de Richard Wagner, Tannhäuser (Dresde 1845).

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d8/Wagrez_Tannhauser_in_the_Venusberg.jpg/444px-Wagrez_Tannhauser_in_the_Venusberg.jpg

Tannhauser dans le Venusberg, 1896

 

Un oratorio de Franz Liszt a pour sujet la légende d'Elisabeth de Hongrie.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/cd/Elisabet_av_Th%C3%BCringen.jpg/425px-Elisabet_av_Th%C3%BCringen.jpg

The Charity of St. Elizabeth of Hungary, 1895, Collection of Fred and Sherry Ross.

 

Elisabeth fut canonisée en 1235 et sa fête est le 17 novembre.

 

Sources : (1), (2) Le Petit Livre des Saints, Editions du Chêne, tome 1, 2011, p. 52, (3)

 

Repost 1
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article